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lundi 31 juillet 2017

Imagination Land

Je suis capable de lire dans les pensées depuis que je suis toute petite. Ce n'est pas vraiment comme montré dans les films, cependant. Ce n'est pas écouter une sorte de radio. C'est tellement plus immersif que ça. C'est comme si je vivais les pensées. Que j'étais dedans. C'est une expérience passionnante lorsque vous lisez les bonnes pensées. Le problème est justement d'en trouver qui valent le coup.

Honnêtement, lire des pensées d'adultes est aussi barbant que de déclarer ses impôts. Les pensées d'enfants, bien au contraire, sont exceptionnelles. Elles ne sont pas encombrées par le travail, le stress et les insatisfactions. L'esprit d'un enfant est rempli d'imagination et d'aventure. C'est pourquoi je suis devenue professeur de maternelle.

Je reste assise à mon bureau, regardant les enfants colorier. Je souris alors qu'ils griffonnent sur le cahier, avec leurs crayons. Je m'approche doucement et je regarde à travers leurs pensées. En un instant, je décolle avec Carlos dans une fusée, à travers des galaxies tourbillonnantes.  Je visite de lointaines planètes remplies d'extraterrestres ressemblant à des blobs et de Martiens à 2 têtes. Je souris, et je passe à Marcy. Je peux sentir les cannes à sucre et les dragées alors que je suis entrainée dans un véritable monde de sucreries, parsemé d'arbres en chewing-gum et de cascades de caramel liquide. Marcy joue à la marelle avec un bonhomme de pain d'épice, riant de son petit rire si mélodieux.

J'étais sur le point de passer à Thomas, quand j'ai senti quelqu'un tirer sur ma robe. J'ai regardé vers le bas et j'ai vu Sarah. C'était une des plus adorables petites filles que j'avais jamais vues. De beaux cheveux blonds et bouclés, de grands yeux bleus et un sourire radieux.

"Madame Dupree, j'ai fait ça pour vous !" s'était-elle exclamée, me tendant un papier. Je l'ai pris dans les mains pour voir dessus un dessin me représentant en petit bonhomme, avec au-dessus la phrase "J'aime Mme Dupree" répétée plusieurs fois avec des couleurs différentes.
"J'adore ton dessin !", lui avais-je répondu, en la serrant dans mes bras. 

Sarah n'était dans ma classe que depuis quelques jours, alors je n'avais pas encore eu l'occasion de lire dans ses pensées, afin de voir un aperçu de ses rêves et espoirs. Je me suis approchée et je me suis plongée dans son esprit. Et j'ai presque vomi de dégoût.

Je m'étouffais alors que j'étais assaillie par des vagues de puanteur. La fétide puanteur de la mort. L'œil de mon esprit était aveuglé par une obscurité qui semblait presque vivante, qui se répandait à travers mon cerveau, cherchant à effacer tout ce qu'elle touchait. Dans le néant, je sentais des tentacules gluantes autour de moi, s'enroulant autour de ma jambe, sur mon visage, appartenant à une bête gigantesque qui semblait à la recherche de nourriture. Puis, le silence a été brisé par un affreux tumulte, m'éclatant presque les tympans. Les cris de milliers d'âmes, pleurant de désespoir. Implorant la libération de la mort.

Puis, l'instant d'après, j'étais de retour dans ma classe. J'ai quitté l'esprit de Sarah, espérant qu'elle n'ait pas remarqué mes tremblements.

"C'est... un très beau dessin, Sarah", lui avais-je dit, presque en chuchotant. "Maintenant, retourne à ton bureau et prépare-toi pour le déjeuner, d'accord?"

Elle a hoché la tête et sautillé vers son bureau. Alors que je la regardais s'en aller, je me suis dit que les pensées d'un enfant sont les choses les plus merveilleuses sur Terre.

Mais, quelle que soit la chose dans cette robe bleue, ce n'était certainement pas une enfant.

Traduction : Kamus

Source

mercredi 26 juillet 2017

Explication de l'absence de Vidfinn sur le forum

Trouvé sur un forum

Salut les amis.

Pour répondre à vos interrogations qui fusent depuis un certain temps, je me devais de faire ce topic.
Vous avez été nombreux à soulever l’absence de Vifinn, membre apprécié du forum, qui ne s’est plus connecté depuis plus de 7 mois, sans donner de nouvelles.
Étant son ami, je pense pouvoir affirmer que je suis le dernier à l’avoir vu connecté sur le forum, et je comptais vous faire part de mes inquiétudes, même si je sais que beaucoup de membres, notamment les modérateurs, sont déjà au courant.

Je ne m’abaisserai pas à commenter, mais voici une copie de notre conversation par sms du Mercredi 15 Juin 2016 au Samedi 18 Juin pour répondre à vos interrogations :

______________________________

Putain mec
Faut que je te racontes

Tg
Je suis en pleine partie là
       
On s’en fout juste lis c’est marrant

Bon vas y connard
       
Devines qui me parle sur Skype

...
Encore un bot de merde qui veut ta money ?
       
Exact
Je suis mort

C’est pas genre le troisième de la semaine ?
       
Mais grave putain
Mais bon ça me fait rire donc nsm

T’oublieras pas de lui donner le code de ta carte bancaire débile
       
Tg
« Je vous ai contacté sur Skype car je tenais absolument à vous rencontrer mademoiselle »
;)

« mademoiselle » ?
       
Ouais je me suis mis en meuf t’as pas vu ?
C’est pour attirer les bots justement

...t’es chelou
Bon je vais bouffer je re
       
A + bb
« Je m’appelle Léonard Paul Bommers, je suis un jeune américain hospitalisé » no shit sherlock
« Je vais bientôt mourir, et j’aimerais pouvoir donner mon riche héritage »
Je m’amuse beaucoup à lui répondre de la merde
Le jeu c’est de voir en combien de temps il me bloque

Re.
Putain t’es encore là-dessus ?
       
Putain
Mec
Mec

Oui
Oui putain

       
Il veut qu’on s’appelle
Je fais quoi

...bah go connard
       
Ok j’appelle

C’est chelou

Hum ?
       
Le mec a mis sa cam mais il parle pas et y’a genre une marionnette c’est marrant

...hein
       
Genre sa cam c’est une marionette

...go me  montrer

       
Ok attend

tkt  

http://i.gyazo.com/35228577a1e490a2d2148dd42f1c3fb1.mp4

   
Voilà.

...oulah t’es tombé sur un débile

       
Grave
Je raccroche ?

Ben oui on s’en fout

Bon on joue ?

       

______________________________


Putain mec

...oui bonjour ça va et toi ?

       
Le mec me spam

Hein

       
Genre le bot marionnette chelou il arrête pas de m’appeler la
Chaque fois que je décroche il rappelle

...bloque le débile

       
Attend
Je décroche

...mais pourquoi

       
Tg.
Y’a encore la marionnette

...srx ?

       
Ouais
http://i.gyazo.com/f74bb270e7db516dace8980a8ecb9d34.mp4

Bon mec bloque le il est chelou

       
Y’a des bruits chelous derrière
Genre des cris
Ya des cris derrière lui
Je suis flippé la mec

...bloque le et viens jouer

       
Ouais
Ouais
Ok
Overwatch ?

Go.

______________________________        

       
Putain
Mec
Mec
Répond

Répond putain

Oui re c’est bon

Y’a quoi ?

       
La marionnette
Dans ma rue yavait un mec avec la marionette

mec on se connait depuis 2 ans t’as cru j’allais croire à tes conneries ?

       
Mec
Sur ma mère
Je te jure je l’ai vu

...va raconter ça à un débile

       
Mais putain ec
Mec
Je flippe là

Mais t’es sérieux ou ?..
       
Je le vois plus

Bon bah voilà
Tu te tapes des flippes mec calme toi nan ?
Je flippe pas dès que je vois Jeff Panacloc moi hein

       
ta gueule
comment il m’a retrouvé ?

...tu lui a donné ton adresse ?

       
Il vient surement pour réclamer ta carte hein

       
Dans le jardni
Jardin
La marionette est dans le jardin

Non t’es juste en train de te taper un délire
T’as recommencé les joints ou ?..

       
Putain mais
Je te jure
http://i.gyazo.com/13d2cc07db8a45713ba36250373342ae.jpg
LA
DANS LE BUISSON

Frère je vois rien c’est un vieux tee shirt ton truc

       
Putain mais

..bon
Au pire
Va la chercher dans ce cas non ?
Et puis brûle la débile.

       
Ouais ouais

...mec ?
Bon termine ton truc et après on overwatch

Mec ?


______________________________





Vidfinn ne m'a plus jamais répondu.


Nous tenions à remercier tous ceux qui se sont intéressés à notre dernier communiqué, et ceux qui sont venus se joindre à nous sur le forum. Il nous faudra encore un petit moment pour voir comment cela impactera le site, mais la communauté a pris un petit coup de boost grâce à vous. Merci à tous de continuer à nous suivre à travers les années.

dimanche 23 juillet 2017

Communiqué de l'équipe de CFTC : remise au point

Avant-propos : Comme annoncé un peu plus tôt dans la journée sur Facebook, voici un communiqué devant retranscrire l'avis des membres actifs du forum. Je précise bien actifs, ce qui signifie qu'on ne parle que d'une petite poignée de personnes qui sont avec nous depuis un moment et montrent encore de l'intérêt quant à la survie de notre site et de sa communauté. Toutefois, si je devais oublier un élément qui semble important à préciser, j'invite ces membres à venir garnir la section des commentaires, qui sera d'ailleurs l'un des sujets que nous allons aborder ici.

Bonsoir à toutes et à tous, que vous soyez membre du forum, habitué.e de la section commentaire ou que vous apparteniez à la majorité silencieuse venue rechercher du divertissement chez nous. Suite à quelques discussions en interne et constatations de ma part, il a été décidé qu'il était temps de remettre quelques points sur les i d'une part, et revenir sur quelques détails de notre activité qui semblent mal ou pas compris par un nombre trop important de gens. Pour plus de lisibilité, voilà un petit index vous permettant d'atteindre directement le sujet qui vous intéresse. Il serait toutefois plus indiqué de lire la totalité du post, même si vous ne vous sentez pas concerné.e. La dernière partie est particulièrement importante.

L'anarchie dans la section commentaire


La remarque a été refaite dans les derniers jours sur la trollpasta La vie de Tommy, et elle fait écho à d'autres plus anciennes : les commentaires du site sont devenus une vraie plaie. Autant être honnête de but en blanc, elle donne de moins en moins envie de s'y rendre, y compris au personnel du staff qui ne voit plus ça que comme une corvée, ce qui est bien dommage. La faute au nombre de débats stériles et aux insultes qu'on y trouve presque quotidiennement. Les principaux concernés se reconnaîtront d'ailleurs très vite. Ce qui suit s'adresse cependant à chaque personne qui souhaiterait commenter sur le site, habituée ou nouvelle.

Au cas où vous l'auriez oublié, l'espace de commentaires est un lieu où tout le monde est supposé s'exprimer en respectant autant les personnes fournissant le travail qui nous permet de publier, que les autres internautes s'exprimant par le même biais. Une succession de commentaires agressifs ne donne pas envie de prendre part à la conversation, ce qui mène au bout d'un certain temps à la désertification de cet espace. De même, personne n'a envie de s'ennuyer à essayer de publier quoi que ce soit si les seules choses qu'on peut en tirer sont des "c'est de la merde". Réfléchissez un peu à ce que vous dites, vous avez des êtres humains en face de vous, et peu importe à quel point vous pouvez ne pas apprécier les autres, ici n'est pas le lieu pour déverser votre haine.

Raison pour laquelle les commentaires sont modérés. Nous avons réfléchi un moment à la marche à suivre, et malheureusement nous en sommes venus aux mêmes conclusions que ce qui a été évoqué dans les commentaires sur La vie de Tommy : le meilleur moyen d'éviter ce genre de débordement, c'est de couper le mal à la racine. Tous les messages comportant des insultes, qu'elles soient directes ou voilées, seront systématiquement supprimés, et si un participant récurrent s'avérait ne pas prendre en compte ces recommandations, la totalité de sa participation sera effacée, utile ou non, et sa présence ne sera plus tolérée.

J'insiste sur le fait que nous parlons des insultes, pas des critiques. Que vous veniez par exemple dire, comme je l'ai déjà cité plus haut, "c'est de la merde", c'est insultant pour l'auteur, et rien d'autre. Si vous venez dire que vous trouvez ce que vous avez lu mauvais, ça ressemble déjà davantage à un avis. L'idéal serait que vous disiez ce qui vous a plu et déplu (ou juste déplu), même si ça doit être brouillon ou tenir sur une seule ligne. Une discussion doit toujours être possible, c'est l'essence même des commentaires.

Nous trouvons cela vraiment dommage de devoir rappeler des choses comme ça, et de devoir gaspiller de l'énergie et du temps à modérer cet espace, alors qu'ils pourraient nous servir à préparer davantage de contenu. Quant à ceux qui viennent pour troller, ils se tirent vraiment une balle dans le pied : en faisant fuir les gens des commentaires, voire du site, c'est tout le trafic du site qu'ils diminuent. Ça pourrait finir par signifier la fermeture complète des commentaires, voire du site (inutile de publier s'il n'y a plus de public). Étant donné que vous venez aussi pour vous divertir, ce serait vraiment contre-productif.

On publie quoi, déjà, ici ?


Une remarque qui a été faite par les membres du forum : autant dans les nouveaux inscrits que dans les commentaires, il semblerait que le terme "creepypasta" soit mal compris par beaucoup de monde, ce qui pose énormément de problèmes. Alors retenez bien une fois pour toute que creepypastas et nouvelles horrifiques sont deux choses différentes. CFTC n'est pas prévu pour être un blog littéraire, ça n'a jamais été le cas. À l'origine, les creepypastas étaient définies ni plus ni moins que comme les légendes urbaines d'internet. C'est toujours notre vision des choses, peu importe comment les choses ont pu évoluer outre-atlantique ou sur d'autres pages françaises qui se préoccupent davantage du moment de gloire personnel de voir son nom affiché que de l'esprit de la chose (et c'est bien à cause de ça que le genre s'essouffle).

La véracité ou fausseté des propositions n'est absolument pas prise en compte dans le processus de sélection. Nous avons déjà publié certaines choses qui se sont avérées vraies, d'autres fausses, et d'autres encore qui ne sont que des rumeurs sans qu'il soit possible de réellement savoir. Que l'information soit trouvable sur d'autres sites (douteux ou non), dans des médias ou ailleurs n'est pas un critère de rejet. Ce qui est important, en revanche, c'est que ce soit un minimum crédible quand on sait que c'est faux (et si on ne sait pas, ou si on sait que c'est vrai, la question ne se pose pas). C'est vous et vous seuls qui devez vous faire votre opinion. Lorsque les creepypastas ont débuté, les gens cherchaient des informations un peu partout sur internet pour savoir, ça faisait partie intégrante du mystère qui les entourait. Nous tenons à conserver cet état d'esprit.

Pourquoi, me direz-vous. J'ai déjà eu à plusieurs reprises affaire à des gens qui trouvaient ça "débile". La réponse est pourtant toute simple : des sites qui vous publient des histoires d'horreur, il y en a des dizaines (et nous ne trouvons pas ça mal, sinon nous n'ouvrerions pas le Nécronomorial, sur lequel vous pourrez trouver des récits de ce genre de très bonne qualité). Mais ils ont tous en commun le fait de publier des choses dont vous savez très bien qu'elles sont fausses. Pendant votre lecture, vous acceptez ce que vous lisez, c'est comme ça qu'on ressent du frisson, c'est ce qu'on appelle la suspension consentie d'incrédulité, mais une fois que c'est fini, vous repartez la tête tranquille.

L'angoisse que l'on peut ressentir en découvrant quelque chose qui pourrait être réel, dont vous ne savez pas grand-chose au final, le besoin frénétique de savoir qui vous mène à toujours essayer de creuser davantage pour être sûr, l'inquiétude dont vous ne pouvez pas vous débarrasser même après avoir fini votre lecture, tout cela représente un spectre de sensations totalement différentes. Et ça, ce n'est pas reproduit par le premier bouquin de Chair de Poule venu. Voilà ce qui fait l'originalité de CFTC, et ce pourquoi nous ne changeons pas notre ligne éditoriale. Le fait que vous vous attendiez à autre chose est en partie responsable de votre déception quand vous lisez nos publications. Un lien vers un article beaucoup plus détaillé sur la question (qui a déjà été posée il y a quatre ans, des ajustements sont donc nécessaires) devrait mis à disposition sous peu.
CFTC c'est devenu à chier

Il est fort possible que le point précédent explique une partie de ce que j'ai pu voir en commentaires sur certaines publications, mais d'autres points sont encore à préciser. On nous reproche la dégradation de la qualité de notre contenu, et on nous pointe diverses raisons, qui ont parfois leur part de vérité mais omettent souvent la réalité des choses. On va essayer d'en faire le tour.

Il faut déjà se rappeler que les administrateurs ne sont pas (forcément) ceux qui ont rédigé les publications, ce point a l'air d'avoir été un peu mieux intégré dernièrement, mais un rappel ne fait pas de mal. Ce que nous faisons, c'est publier anonymement (ceci est lié au dernier point : si vous avez un auteur, càd quelqu'un qui a inventé ce que vous venez de lire, vous êtes à 100% certain que c'est faux, en n'ayant qu'un récit, vous ne savez pas si quelqu'un a imaginé tout ça, si ça a été trouvé sur internet ou si ça a juste été rédigé dans une forme plus agréable à lire).

Sans transition, ce que nous faisons aussi, c'est corriger ce qui doit être publié. J'ai vu un commentaire qui demandait si les correcteurs étaient en grève, eh bien non, il n'y en a tout simplement plus. Nous sommes actuellement deux, avec un niveau d'orthographe différent, pour s'occuper de tout ça, ça prend beaucoup de temps, et selon que ce soit publié par moi ou Kamus, ça n'aura du coup pas été corrigé de la même manière. Vous pourriez nous dire que nous n'avons qu'à recruter, mais la vérité est que très peu de gens veulent devenir correcteur sur le forum, et les rares candidatures que nous avons eues n'ont pas réussi à passer le test. Mais si vous êtes intéressés et avez un excellent niveau en français, le recrutement est toujours ouvert.

Quant aux productions en elles-mêmes, nous ne pouvons vous proposer que ce qui nous est proposé à nous, ça ne dépend pas de notre bonne volonté. Il y a des périodes où nous recevons beaucoup de choses, et des périodes creuses. Et dans les périodes où nous recevons beaucoup de choses, il arrive parfois que la qualité ne soit simplement pas au rendez-vous. Baisser nos standards n'est pas une solution, car si nous publions plus mais que vous êtes davantage déçus, ça ne fait qu'empirer le problème. Voilà pourquoi il est inutile de se plaindre de passer d'un rythme de publication de tous les deux jours à toutes les semaines : nous faisons notre possible pour publier le plus régulièrement possible, mais quand nous n'avons rien, nous n'avons rien.

Enfin, le processus de sélection en lui-même implique un vote argumenté, qui doit permettre d'améliorer les propositions avant publication si besoin est, et permet d'obtenir un avis plus large que celui de vos seuls administrateurs, qui, en dépit de leur habitude du genre, ne peuvent pas être toujours objectifs. De plus, avoir une série de membres qui indiquent clairement qu'ils sont pour ou contre le passage sur le site nous permet de travailler plus vite lorsque nous avons besoin de publier rapidement, ou quand le nombre de propositions est élevé. Cependant, depuis quelques temps, ce sont toujours les mêmes qui critiquent, et ils sont très peu nombreux. Ce qui fait que l'absence du moindre d'entre eux (et ils peuvent bien l'être, nous avons tous une vie derrière nos écrans) ralentit considérablement notre rythme. À l'époque où nous avions entre une vingtaine et une quarantaine de membres plus ou moins actifs en plus des membres de passage, ce n'était pas un problème, maintenant qu'il y en a moins de dix, staff compris, c'en est un.

Rappel : à quoi sert le forum


Tout cela nous mène au centre névralgique du site, et qui est pourtant ignoré par beaucoup de monde : le forum. Contrairement à ce que certains pensent, quand ils ne l'ignorent pas totalement, le forum ne sert pas qu'à venir proposer une de vos productions qui sera publiée dans l'heure. Les creepypastas existent depuis longtemps, et beaucoup de choses ont déjà été explorées, ce qui fait qu'une idée qui vous a paru originale nous aura parfois été proposée deux ou trois fois dans les mois précédents. Par ailleurs, lorsqu'on ne s'inspire pas de faits réels (et je dis bien s'inspirer de faits réels, pas dire à tout le monde que ce que vous racontez est vrai alors que ça sort de votre imagination), construire un récit de qualité ET crédible aux yeux de tous (ce qui inclut de nombreux paramètres) n'est pas une chose simple. Les gens qui ont réussi à faire accepter leur première proposition sans la moindre modification se comptent sur les doigts des mains. Sur le forum, vous avez la possibilité de travailler avec les autres, voir ce qui ne va pas, améliorer si ça a du potentiel ou chercher d'autres idées s'il n'y a rien à tirer de votre idée de départ. Idéalement, si vous venez pour proposer quelque chose, dites-vous d'emblée que ce sera refusé tel quel, mais que vous aurez l'occasion de rendre encore meilleur que vous ne l'imaginez déjà ce que vous avez fait. Et qui sait, vous aurez peut-être une bonne surprise.

Mais au-delà de ça, c'est sur le forum que tout se passe avant la publication : les traductions, la recherche de contenu sur le web, les critiques, les corrections. Plus nous avons de membres investis là-dedans, plus le fonctionnement du site est fluide. Ce n'est pas parce que vous ne comptez pas créer de creepypasta que vous n'êtes pas les bienvenus, bien au contraire. Un avis bien aiguisé est précieux pour ceux qui s'essayent à la publication. Il y a toujours des pages que nous n'avons pas vérifiées sur les sites étrangers (et pas seulement anglophones) qui renferment potentiellement des trésors et que vous pourriez nous indiquer si vous tombiez dessus (un index des traductions déjà faites est tenu à jour pour vous assurer de ne pas être déçu).

Et en plus de ça, il y a bien d'autres moyens de contribuer à la vie du forum. Les textes du Nécronomorial sont également à critiquer ou à écrire, pour les plus littéraires, mais au-delà de ça, d'autres sections renferment des sujets très variés, allant de l'exploration urbaine aux discussions sur le paranormal, ou bien des jeux et autre passe-temps dans la section libre. Il est prévu pour être un lieu vivant, sur lequel il est d'ailleurs plus facile d'échanger que par commentaires, et c'est bien ce qui lui a permis d'exister aussi longtemps : on ne reste pas sur un forum sans vie. Et s'il n'y a personne pour rester sur le forum, alors il n'y a personne pour continuer d'alimenter CFTC, peu importe combien de personnes continuent de lire toutes nos pages chaque jour.

Cette dernière partie visait à lever les appréhensions que certains peuvent avoir, et souligner l'importance du forum pour ceux qui pensent qu'il ne s'agit que d'un gadget. L'inscription est simple, la validation par un administrateur est toujours rapide, et il y a beaucoup à faire, si on s'en donne la peine. Et il ne faut pas se laisser intimider par les autres membres, même si certains peuvent se révéler chiants, vous pouvez tout aussi bien les ignorer, l'ancienneté ne leur donne pas tous les droits. En cas de problème, que ce soit avec l'un d'eux ou avec quelque chose que vous ne comprenez pas sur le site, le staff est aussi là pour vous aider. Alors si vous aimeriez participer davantage à la vie de CFTC, la porte vous est grande ouverte. N'oubliez pas qu'à la base, ce site a été créé par des amateurs, pour des amateurs. Et aujourd'hui, les amateurs, c'est vous.


mardi 18 juillet 2017

SAR (partie 4)

Salut tout le monde ! Je suis de retour de mon stage, et j’ai beaucoup d’histoires vraiment intéressantes à vous partager. J’en ai tellement que je vais les diviser en deux parties, ce post étant la première. J’aimerais bien toutes les mettre d’un coup, mais je n’ai pas encore pu toutes les écrire. Il ne s’est rien passé d’extraordinaire durant le stage, juste un accident avec un débutant que j’ai trouvé intéressant. Puisqu’il me semble que vous attendiez avec impatience ces histoires, je vais enchaîner sans plus tarder. Je les relierai toutes aux personnes qui me les ont racontées.

K.D : K.D est un vétéran qui est agent SAR depuis environ quinze ans. Elle se spécialise dans les missions de sauvetage en haute montagne, et est considérée comme une des meilleures dans son domaine. C’était une des plus enthousiastes à me raconter ses anecdotes, et étant donné qu’on était ensemble dans beaucoup d’exercices, elle a fini par m’en transmettre quatre qui m’ont vraiment marquée.

  • Elle m’a raconté la première lorsque je l’ai interrogée sur ses appels les plus traumatisants. Elle a secoué la tête, et m’a dit que les appels tragiques arrivaient plus fréquemment en montagne, puisque le risque d’accidents graves est plus élevé. Il y a à peu près cinq ans, un des parcs où elle travaillait a connu une série de disparitions. C’était une mauvaise année, m’a-t-elle dit, une des pires au niveau de la météo. Il tombait plus de trente centimètres de neige tous les deux jours, et quelques alpinistes sont morts dans des avalanches. Ils avaient averti les gens de ne pas s’écarter des sentiers battus, mais bien sûr il y en a toujours qui n’écoutent pas. Dans un cas en particulier, une famille entière avait été décimée, parce que le père pensait mieux s’y connaître que les gardes forestiers, et a emmené sa femme et ses enfants dans une zone à risques. Ils avaient des raquettes, et autant que K.D pouvait le supposer, ils s’étaient aventurés sur un pan neigeux qui devait avoir l’air solide, sans l’être réellement. Il a cédé sous leur poids, et cette famille a dégringolé sur plus de cent mètres. Ils ont atterri sur les rochers en bas, et les parents sont morts sur le coup. Un des enfants a subi le même sort, mais les deux autres ont survécu. Un s’en est sorti avec une jambe et des côtes cassées, tandis que l’autre n’avait presque rien, à part quelques contusions et une cheville foulée. L’enfant sauf a laissé son frère pour aller chercher du secours. K.D a dit qu’il n’avait pas fait un kilomètre avant qu’une tempête ne lui tombe dessus. L’enfant s’est arrêté et a essayé de se réchauffer, ou peut-être simplement de se reposer, et a fini par mourir de froid. K.D et ses collègues ont fini par retrouver la famille avec l’aide de témoins qui les avaient vus s’enfoncer dans la nature, et c’est elle qui a trouvé l’enfant mort de froid en cherchant du secours. Elle m’a dit qu’il avait commencé à neiger, juste assez pour cacher l’horizon, mais pas au point de rendre les recherches impossibles. Elle a vu une silhouette assise dans la neige, et elle l’a rejointe le plus vite possible. Elle m’a décrit en détail comment elle a d’abord réalisé qu’il s’agissait d’un enfant, puis, au fur et à mesure qu’elle se rapprochait, qu’il était mort, et enfin qu’il avait gelé dans une des positions les plus pitoyables qu’elle n’ait jamais vues. L’enfant était assis droit, avec ses genoux serrés contre sa poitrine. Il les entourait de ses bras, et sa tête était enfouie dans son manteau. Lorsqu’elle a retiré le manteau pour voir son visage, elle a constaté qu’il était mort en pleurant. Son visage était déformé, et les larmes avaient gelé sur ses joues. Elle a dit qu’il était affligeant de voir à quel point l’enfant était terrifié au moment de succomber à l’hypothermie, et en tant que mère, ça lui avait brisé le cœur. Elle m’a dit plusieurs fois combien elle espère que le père brûle en enfer en ce moment même.


  • Une autre de ses histoires traumatisantes qui m’a marquée lui est arrivée alors qu’elle n’était encore qu’une novice. On avait signalé à son équipe qu’un alpiniste expérimenté n’était pas rentré chez lui la veille. Sa femme était convaincue que quelque chose de grave était arrivé, parce qu’il rentrait toujours chez lui à l’heure. Ils sont partis à sa recherche, et ont dû escalader ce qui semblait être des pans très ardus de la montagne. Ils sont arrivés sur une zone relativement plate, et K.D a repéré du sang sur la neige. Elle a suivi la piste, et a commencé à trouver des petits morceaux de chaire. Elle n’était pas sûre de quelle partie du corps ils pouvaient provenir, mais plus elle progressait, et plus il y en avait. Cette piste de sang et de chaire la mène à un endroit abrité, en contrebas d’un versant, et c’est là qu’elle trouve l’alpiniste. Elle a dit qu’il y avait beaucoup de sang, bien plus qu’elle n’en avait jamais vu auparavant. Il gisait là, face contre terre, un bras tendu devant lui, comme s’il était mort en rampant. En regardant de plus près, elle voit qu’il est en partie éviscéré, ce qui explique la provenance des morceaux de chaire qu’elle a vu. Le type possède un pic à glace coincé dans un étui à sa hanche, couvert de sang. Ils ne pourront jamais savoir avec certitude ce qui s’est passé bien entendu, mais elle m’a expliqué comment elle voyait les faits : le gars a essayé d’escalader la paroi jusqu’à la zone de plat suivante, et il se servait d’un pic à glace pour grimper. Il est probablement tombé sur une aspérité friable, et il a chuté. Dans sa chute, ou au moment de l’atterrissage, il s’est empalé sur son pic, ce qui l’a éviscéré. Il s’est traîné au sol, en semant des morceaux de lui-même, et il est mort sous la falaise. Le gore ne la dérange pas tant que ça, mais je suppose que certaines des personnes qui l’ont aidée à s’occuper du corps ont dû vomir lorsqu’elles l’ont retourné et qu’une bonne partie de ses intestins se sont déversés.


  • Je lui ai dit que ça m’intéressait qu’elle me parle de ses expériences de disparitions complètes. Son regard s’est éclairé, et elle s’est penchée vers moi. « Tu veux entendre un truc vraiment bizarre ? » me demande-t-elle. Elle m’explique que lorsqu’elle a commencé, il y avait une affaire qui avait fait beaucoup de bruit dans la presse. Une famille était partie cueillir des baies dans une zone de la forêt assez proche de l’entrée du parc. Ils avaient deux petits garçons, tous deux de moins de cinq ans, et à un moment de la journée, l’un des deux disparait. Il y a une battue très importante, et ils ne trouvent rien du tout. C’est une autre de ces affaires où le gosse semble ne jamais avoir été sur les lieux. Les chiens se contentent de s’asseoir et ne reniflent rien, aucune trace de l’enfant n’est trouvée. Les recherches se poursuivent sur à peu près deux mois, mais finissent par être annulées. Six mois plus tard, la famille revient pour déposer des fleurs sur la stèle érigée à la mémoire de l’enfant. Ils amènent leur autre fils. Alors qu’ils posent les fleurs, ils perdent de vue le gosse pendant trois secondes à peine, et dans ce laps de temps ce dernier s’évapore dans la nature. Évidemment, les parents sont plus que dévastés. C’est déjà assez horrible de perdre un enfant, mais c’est inimaginable d’en perdre deux. La battue est énorme, une des plus grosses de l’histoire de l’État. Il y a environ trois cents volontaires qui inspectent la moindre parcelle du parc, à la recherche de l’enfant. Mais une fois encore, aucune trace de lui. Les recherches se poursuivent pendant à peu près une semaine, certains fouillent à des kilomètres de l’endroit où il a disparu. Et puis, presque deux semaines plus tard, un volontaire situé à presque trente kilomètres de la zone de recherches officielle nous contacte par radio pour nous signaler qu’il a trouvé le gosse. Ils ont supposé que l’enfant était mort, cependant le volontaire affirmait qu’il était non seulement en vie, mais aussi en bonne forme. K.D et son équipe vont récupérer le gamin, et ils ne peuvent en croire leurs yeux lorsqu’ils arrivent sur place : c’est effectivement l’enfant porté disparu. Ses vêtements sont propres, il n’a aucune trace de terre sur lui, et il ne semble pas traumatisé. Le volontaire explique qu’il l’a trouvé assis sur une souche, à jouer avec un petit fagot de brindilles tenues ensemble avec une sorte de vieille ficelle. K.D lui demande où il était passé, avec qui il était durant ces deux semaines, et l’enfant lui répond qu’il était avec « l’homme flou ». Alors K.D croit dur comme fer au bigfoot, donc elle devient toute excitée et lui demande ce qu’il veut dire par « flou ». Est-ce qu’il était poilu ? Mais l’enfant lui répond que non, il n’était pas poilu. C’était un « homme flou », et il décrit un homme qui serait de forme trouble, « comme lorsque tu fermes tes yeux mais pas complètement ». Il a dit que l’homme avait surgi des bois et l’avait emmené avec lui loin dans la forêt. L’enfant raconte qu’il dormait dans un arbre creux, et que l’homme flou lui donnait des baies à manger. K.D lui demande si l’homme était méchant, s’il effrayait l’enfant, et ce dernier lui répond que « non, il n’était pas effrayant. Mais je n’aimais pas qu’il n’ait pas d’yeux. » K.D me dit qu’ils ramènent le gosse à la base, et un policier le raccompagne en ville pour recueillir plus de détails sur ce qu’il s’est passé. Ce policier est un de ses amis, et elle m’a dit que l’enfant a raconté être gardé à l’intérieur de cet arbre, et qu’il recevait des baies dès qu’il avait faim. Il pouvait se promener dans un rayon bien défini, mais que s’il essayait d’aller plus loin, l’homme flou « s’énervait et hurlait très fort bien qu’il n’ait pas de bouche ». Lorsque l’enfant avait peur la nuit, l’homme flou « éclaircissait » et lui donnait le fagot de brindilles. Il a dit que l’homme flou voulait le garder, mais qu’il a dû le laisser partir parce qu’il n’était pas « le bon genre ». Il ne peut ou ne veut pas en dire plus que cela. Son témoignage a laissé les policiers perplexes, et les recherches pour son frère ont été renouvelées, sans résultats. Le gamin n’a aucune idée d’où son frère peut être, et personne ne l’a trouvé.


  • La dernière histoire que K.D m’a racontée est quelque chose qui lui est arrivé alors qu’elle s’est retrouvée séparée de son groupe de formation, quand elle était encore une novice. Ils apprenaient les bases de la haute altitude sur un versant bien cartographié de la montagne, et elle a dû aller au petit coin. Elle s’est éloignée d’une cinquantaine de mètres du groupe pendant la pause déjeuné, et elle a fait ce qu’elle avait à faire. Je vais utiliser ses mots exacts pour raconter la suite : « Donc je vais pisser, et quand j’ai fini je pars rejoindre le groupe. Mais j’ai à peine fait deux pas que je réalise n’avoir aucune idée d’où je me trouve. Et c’était pas genre « ah, j’ai pris un mauvais tournant ». Je veux dire que j’avais absolument aucune putain d’idée d’où je me trouvais. Si tu m’avais demandé, je pense pas que j’aurais été capable de te dire dans quel État on était. C’était un peu comme ce que je m’imagine que les amnésiques ressentent, tu vois ? T’es complètement perdue, et tu sais pas du tout quoi faire. Donc je suis restée là pendant un moment, à essayer de comprendre où diable est-ce que j’étais et ce que je devais faire. Mais plus je restais là, et plus je devenais confuse et déboussolée, donc j’ai commencé à marcher. Je me souviens avoir pris une direction au hasard. Mais ça ne fait qu’empirer, jusqu’à ce que je ne me souvienne même plus ce que je fais sur la montagne. Je me contente de patauger dans la neige, et puis je me mets à entendre cette voix. C’est presque comme si elle était dans ma tête. Comme si une grenouille pouvait parler, genre grave et rauque. Et elle ne cesse de me répéter « tout va bien, tout va bien, tu as simplement besoin de trouver quelque chose à manger. Trouve quelque chose à manger et tout ira bien, contentes-toi de continuer à marcher et trouve quelque chose à manger. Mange. Mange. » Donc je commence à chercher quelque chose que je peux manger, et je te jure que je n’ai jamais eu aussi faim de toute ma vie. C’était monstrueux, et je pense que j’aurais avalé tout ce que tu aurais pu me mettre sous le nez. J’avais perdu la notion du temps, et je n’avais aucune idée du temps que j’avais passé dehors lorsque j’ai entendu une véritable voix se rapprocher de moi. Je vais dans sa direction, et je tombe sur un autre agent SAR, qui a l’air complètement effrayé. Il court vers moi, en me demandant si je vais bien et ce que je fous ici. Et ce qui est flippant, c’est que pendant qu’il court vers moi, je me surprends à saisir mon couteau de chasse à ma ceinture. Je ne réfléchis même pas à ce que je fais, tout ce que je sais à ce moment c’est qu’il faut que je mange. Si je ne mange pas, je n’irai jamais bien à nouveau, donc je dois juste manger. Il me voit faire ce geste, et il recule immédiatement. Il me crie de poser mon couteau, qu’il ne va pas me faire de mal, et ça m’a fait comme un déclic. Tout d’un coup, je sais précisément où je suis, et je lâche le couteau. Je cours le rejoindre, et je lui demande combien de temps a durée mon escapade, en imaginant qu’il me dirait un truc comme une demi-heure. Mais il me dit que j’ai disparu pendant deux putains de jours. J’ai dépassé deux pics, et je me suis presque retrouvée de l’autre côté de la montagne. Si j’avais continué, j’aurais fini par m’aventurer dans environ cinq cents kilomètres de nature sauvage, et ils ne m’auraient jamais retrouvée. Il n’arrive pas à croire que je ne suis pas morte, et bien sûr je n’ai pas la moindre idée de quoi en penser. De mon point de vue il ne s’était écoulé que très peu de temps. Je ne dis rien, je me contente de le suivre jusqu’au point de rassemblement, d’où on me raccompagne à la base pour être transportée à l’hôpital. Une fois sur place, ils me font passer toutes sortes de tests, afin d’essayer de comprendre ce qui s’est passé. Le plus probable selon eux est que j’ai eu une sorte d’état de fugue étrange, ce qui ressemble un peu à une amnésie, ou une attaque bizarre qui m’a retourné le cerveau. Mais la vérité est qu’on ne sait vraiment pas. Ça ne s’est jamais produit à nouveau, mais crois-moi, depuis je ne reste jamais seule dehors. Les gens me charrient parce que je les force à m’accompagner quand je m’éloigne du groupe, mais je leur dis qu’il vaut mieux m’entendre pisser dans la neige que me perdre dans les montagnes glacées pendant deux putains de jours.


EW : La personne suivante à qui j’ai parlé est E.W, un ancien instructeur qui travaille maintenant comme secouriste. Il participe toujours aux opérations comme celle-ci pour nous filer un coup de main, mais il ne travaille plus à plein temps. Il s’était spécialisé dans la recherche des enfants perdus, il semblait avoir un sixième sens pour deviner où ils étaient allés. C’est une légende parmi les plus vieux vétérans, mais ça le gêne qu’on le complimente sur son travail. Il s’est assis avec moi un soir, lors du dîner, et on a fini par s’échanger des histoires. La plupart étaient assez banales, mais quand on en est venus à nos appels les plus bizarres, je lui ai parlé de mon ami qui était monté sur des escaliers. Il est devenu silencieux, et m’a demandé si j’avais entendu parler de ce petit garçon qui avait disparu de son parc il y a quelques années de cela. Je n’étais pas au courant, donc il m’a raconté cette histoire.
  • Ils étaient dehors, à la recherche de ce garçon de sept ans, Joey, qui avait disparu près d’une rivière. Bien entendu, la première hypothèse était qu’il était tombé et s’était noyé, mais lorsqu’ils ont amené des chiens, ces derniers ont mené les agents SAR loin de la rivière, vers une des parties les plus denses de la forêt. Quand on recherche des gens, on le fait selon un modèle de quadrillage, et on fouille chaque « carré » de fond en comble. Ce que l’équipe d’E.W a tout de suite remarqué était que le modèle qui se dessinait était très inhabituel. Les chiens sentaient l’odeur de Joey dans des carrés séparés, mais ne la retrouvaient pas dans les carrés adjacents. Si on le compare à un échiquier, l’odeur de Joey revenait sur les cases noires, mais jamais dans les blanches. Et ça, bien sûr, ça n’avait rien de logique, parce que comment ce gosse aurait pu sauter d’une case à l’autre sans laisser son odeur là où il passait ? E.W et son coéquipier sont arrivés dans un nouveau carré sur le quadrillage, et il a aperçu des escaliers une quinzaine de mètres plus loin. Il dit à son partenaire qu’ils ont besoin d’aller chercher à côté des escaliers, mais ce dernier refuse catégoriquement. Il explique à E.W qu’il avait juré de ne jamais s’en approcher, et que bien qu’ils étaient courants, il ne voulait pas prétendre qu’ils étaient normaux. Il dit à E.W qu’il resterait à portée de vue pendant qu’E.W les inspecte. E.W m’a dit qu’il était agacé, mais qu’il comprenait son pote, et qu’il ne l’a pas forcé. « Je suis allé jusqu’aux escaliers. Ils étaient petits, un peu comme ceux d’une cave. Je ne ressens rien de particulier à leur sujet,  les escaliers je veux dire, donc je n’ai pas spécialement peur. Je suppose que je suis comme tout le monde, je préfère ne pas trop y penser. Bref, je me rapproche, et je vois qu’il y a quelque chose sur la première marche, un peu roulé en boule. Mes cheveux se hérissent, parce que bien sûr tu espères toujours le meilleur scénario. Et on pensait trouver l’enfant en vie, parce qu’il n’avait disparu que depuis quelques heures. Mais j’ai tout de suite su que c’était lui, et qu’il était mort. Il s’était recroquevillé comme une petite boule sur la marche, en se tenant le ventre. Il avait l’air d’avoir terriblement souffert au moment de sa mort, mais je ne voyais pas de sang, sauf sur ses lèvres et son menton. J’ai prévenu les autres par radio que je l’avais trouvé, et on a ramené son corps à la base. Cette pauvre famille, ils étaient ravagés. Les parents ne parvenaient pas à comprendre comme il avait pu mourir, parce qu’il avait disparu depuis si peu de temps. Et pour couronner le tout, on n’avait pas de cause du décès claire, ce qui n’a fait qu’empirer les choses. J’ai supposé qu’il avait probablement mangé quelque chose d’empoisonné, puisqu’il se tenait le ventre quand je l’ai trouvé, mais je n’ai rien osé dire. C’est déjà suffisamment difficile d’avoir perdu son enfant sans qu’un stupide mec des SAR vous donne ses hypothèses sur la chose. Ils l’ont emmené, et je suis rentré chez moi en essayant de ne pas trop y penser. Je déteste trouver des enfants morts, tu sais. J’aimais ce boulot, mais c’est une des raisons qui m’ont fait arrêter. J’ai deux filles, et l’idée de les perdre était juste… » Il a marqué une pause à ce moment. Je ne suis pas super à l’aise avec les trucs émotionnels comme ça, et c’est toujours gênant de voir un homme pleurer, donc je ne savais pas trop quoi faire. Il a cependant fini par reprendre ses esprits, et il a continué. « On n’a pas toujours des nouvelles des médecins légistes sur les causes de décès. On n’a pas vraiment à savoir, je suppose, et parfois ils pensent que c’est illégal de nous en faire part, pour je ne sais quelles conneries de loi. Mais j’ai un ami qui travaille au département du shériff, et il ne rechigne pas à me filer des infos intéressantes quand je lui demande. Dans ce cas toutefois, c’est lui qui m’a appelé, environ une semaine plus tard. Il me demande si je me souviens de l’enfant, c’est bien sûr le cas, et il dit qu’il se passe des choses vraiment étranges. Il me dit « E.W, mec, tu vas penser que je suis dingue, mais le légiste a aucune idée de ce qui a pu arriver à ce gosse. Il n’a jamais rien vu de pareil. » Il a continué en m’expliquant que le médecin n’arrivait pas à croire ce qu’il avait vu en ouvrant l’enfant. Les organes du petit étaient comme du gruyère. Il y avait des trous très propres de la taille d’une pièce de monnaie dans chacun d’eux, à part son cœur et ses poumons. Mais son colon, son estomac, ses reins, et même un de ses testicules étaient bourrés des ces trous nets. Mon ami a dit que le légiste l’avait décrit comme si quelqu’un avait pris une perforatrice, et avait tout perforé, tellement ils étaient propres. Mais l’enfant n’avait pas une égratignure sur lui, aucune blessure d’entrée ou de sortie. Ce qui se rapprochait le plus de ça était le gars qui s’était rempli de chevrotine en nettoyant son fusil l’année dernière. Personne n’avait la moindre idée de ce qui avait pu être à l’origine de cet état. Mon ami m’a demandé si j’avais déjà entendu parler de quelque chose du genre, ou si on avait déjà eu un cas similaire par le passé. Mais je n’avais jamais entendu parler de quoique ce soit de semblable, et je lui ai dit que je n’allais pas lui être d’un grand secours. Autant que je me souvienne, le médecin a déterminé la cause de la mort comme une « intense hémorragie interne », ou un truc du genre, mais personne ne sait vraiment ce qui s’est passé. Je n’ai jamais pu oublier ce gosse. J’en fais des cauchemars parfois. Je ne laisse pas mes enfants aller dans les bois seuls, et quand on y va ensemble je ne les perds jamais de vue. Autrefois j’aimais ces endroits, dehors. Mais cette affaire, et quelques autres, leur ont retiré tout leur charme. » Le dîner était terminé, donc on a commencé à tout ranger, et à rentrer dans nos cabanes. Avant de nous séparer, il a posé sa main sur mon épaule, et m’a regardé de très près. Il m’a dit qu’il y a de mauvaises choses dehors. Des choses qui se fichent de savoir qu’on ait des familles ou des vies, ou qu’on puisse penser et ressentir des choses. Il me dit d’être prudente, et il s’éloigne. Je n’ai pas eu l’occasion de lui reparler, mais son histoire m’a marquée.


PB : Par un pur hasard, j’ai eu l’occasion de discuter avec un autre vétéran, P.B, qui est dans les SAR depuis des années. On était ensemble pendant un exercice de quadrillage, et on a pu échanger sur ce qu’on aimait dans le job, ce qu’on avait pu voir, et tout. A un moment, on est passé devant de vieux escaliers, mais ceux-ci appartenaient probablement à une vieille tour d’observation, étant donné l’endroit où nous étions. J’en ai profité pour lui dire que les escaliers m’intéressaient, et que j’aimerais en apprendre plus sur eux. Il est devenu un peu silencieux, et semblait hésiter à me dire quelque chose. Il a fini par me dire d’éteindre ma radio. Bien entendu, c’est quelque chose que nous ne devons absolument jamais faire, mais je l’ai éteinte, et il en a fait de même.
  • Il y a environ sept ans, me dit-il, il était de sortie sur un appel avec un bleu. Ils se trouvent dans une zone du parc qui possède un certain historique de signalements bizarres et de phénomènes étranges. Des disparitions, des histoires à propos de lumières dans les bois, des bruits inhabituels, ce genre de choses. Le bleu avait les jetons, et n’arrêtait pas de parler de « choses dans la forêt ». D’après P.B : « il ne cessait pas de parler du « Goatman ». Sans arrêt, « Goatman » ceci, « Goatman » cela. J’ai fini par lui dire qu’il y avait plein d’autres choses effrayantes dehors, qui étaient réelles, et qu’il ferait mieux d’oublier ces histoires de « Goatman ». Le novice voulait savoir de quoi je parlais, et je lui ai juste dit de la fermer et de continuer à marcher. On a franchi une petite crête, et il y avait des escaliers à une dizaine de mètres de nous. Le bleu s’arrête net, et reste planté à les fixer. Je lui dis « Tu vois ? Ça c’est quelque chose dont tu devrais avoir peur. » Il me demande ce que fout ce truc ici, et je sais pas trop pourquoi, je lui dis la vérité. Ou du moins ce qu’on m’avait dit être la vérité. J’aurais pu avoir beaucoup d’ennuis pour avoir fait cela, et je pourrais encore en avoir beaucoup en te le répétant. Mais tu es une gentille fille, et je veux que tu arrêtes de t’y intéresser. Tant que tu le peux. Donc je vais te dire ce que je sais, à condition que tu n’en souffles jamais un mot aux patrons. » Je lui ai répondu que je ne dirai rien, et il vérifie à nouveau que nos radios sont éteintes. « Quand j’ai commencé, il y avait moins de secrets à leur sujet, comme pour tout ce qui se passait là-dehors. On prévenait les gens avant même qu’ils ne soient embauchés qu’il se passait des choses étranges. J’imagine que le Service des Forêts en a eu marre du taux de démission, et qu’il voulait que les gens sachent dans quoi ils s’engageaient. Donc ils ont commencé à faire signer ces contrats aux gens les empêchant de raconter à la presse ce qu’ils allaient voir dans leur métier. Le SF ne voulait pas effrayer les populations, donc la dernière chose dont il avait besoin était des novices se précipitant aux journaux avec des histoires de fantômes et d’escaliers hantés. Mais finalement, ces contrats se sont révélés inutiles. Non seulement les gens ne voulaient pas parler de ce qu’ils avaient vu, mais ils ne le pouvaient pas. La presse a essayé de les interroger quelques fois, quand des enfants ou des randonneurs disparaissaient, et personne n’a rien dit. Je n’arrive pas vraiment à l’expliquer. J’imagine… qu’on ne voulait pas vraiment admettre que les choses allaient mal. C’est notre travail, de parcourir les bois toute la journée. On n’a pas besoin d’avoir la frousse, et le meilleur moyen d’éviter ça c’est de prétendre que tout va bien. Donc je vais te dire tout ce qui me vient à l’esprit, et après ça, je n’en reparlerai plus jamais. Et n’aborde jamais le sujet quand je suis là. Les escaliers sont aussi vieux que le parc. On a des archives qui remontent à des dizaines d’années où ils y sont décrits. Parfois les gens les montent, et rien ne se passe. Mais parfois… Ecoute, je n’aime vraiment pas en parler, mais parfois des choses vraiment terribles arrivent. J’ai vu un gars avoir sa main tranchée nette lorsqu’il a posé le pied sur la seconde marche. Il a voulu attraper une branche d’arbre, et c’est allé si vite. En un instant sa main n’était plus là. Une plaie totalement nette. On ne l'a pas retrouvée, et le gars a failli en crever. Une autre fois, une femme a touché des escaliers, et un vaisseau sanguin de son cerveau a explosé. Littéralement explosé, comme une bombe à eau. Elle a titubé vers moi, et tout ce qu’elle a pu dire était « Je crois que quelque chose ne va pas. » Elle s’est effondrée comme un sac de farine, morte avant de toucher le sol. Je n’oublierai jamais comment le sang s’infiltrait à l’intérieur de son œil. Avant qu’elle ne meure, je l’ai vu devenir rouge. Je l’ai vu, et il n’y a rien que je pouvais faire pour l’aider. On avertit les gens de ne pas s’approcher d’eux, mais il y a toujours au moins un imbécile pour le faire. Et même s’il ne leur arrive rien à eux, quelque chose de mauvais arrive toujours. Des gosses disparaissent alors qu’on est sur leur piste. Quelqu'un meurt le lendemain, coupé en deux, dans une zone entièrement sécurisée du parc. Je ne sais pas pourquoi, mais il se passe toujours quelque chose de mauvais. Je ne sais pas vraiment pourquoi ils sont là, mais ça n’a pas d’importance. Ils y sont, et si on était intelligent, on dirait aux nouveaux exactement de quoi ils sont capables. » Nous sommes restés tous les deux silencieux pendant un petit moment. Je n’osais pas parler parce que je n’étais pas certaine qu’il avait fini. Il avait l’air de vouloir dire quelque chose d’autre. Il a fini par reprendre la parole : « Tu as déjà remarqué comment on ne trouve jamais le même deux fois ? » J’ai acquiescé, en pensant qu’il allait poursuivre. Mais il est juste resté silencieux, en marchant avec moi, et il a fini par me raconter une histoire sur le plus gros cerf qu’il avait vu dans le parc. Je n’ai pas abordé le sujet à nouveau, et je ne lui ai pas demandé d’autres histoires. Il est parti du stage le lendemain. Apparemment il est parti avant le lever du soleil, en prétextant qu’il était malade. Personne n’a entendu parler de lui depuis.


Je vais m’arrêter là pour le moment. J’essaierai de poster la partie suivante dans les jours à venir, mais vu que c’est la fin de l’été, on est assez occupé. Merci pour votre intérêt constant les gars, vous avez vraiment éveillé cette curiosité en moi, que j’ignorais avoir !

Traduction : The Dude

Source
Partie 1
Partie 2
Partie 3

samedi 15 juillet 2017

La vie de Tommy

Tommy était un enfant tout à fait normal. Né dans un coin paumé de la France, il n'avait aucune caractéristique particulière. Fils de fermiers, qui aurait pu deviner la vie mouvementée qu'il allait mener. Voyez-vous, quand tommy a eu 5 ans, ses parents ont voulu lui faire plaisir, alors ils lui ont demandé ce qu'il voulait comme cadeau d'anniversaire. Le jeune Tommy avait juste répondu :

"Je veux une une balle de tennis noire" 

Les parents ne comprenaient pas ce choix, et ils s’efforçaient de demander au petit Tommy pourquoi il voulait un tel cadeau, mais celui-ci s’enfonçait dans un silence absolu à chaque question qui portait sur cette balle de tennis noire. Ils finirent par lui offrir l'objet de ses désirs pour son anniversaire. Alors qu'il avait déballé son cadeau et découvert cette petite balle noire, il avait pris une craie et avait inscrit un nom dessus : Raymond.

Le seul Raymond des environs était leur voisin, un vieux barbu qui réunissait tous les clichés du provincial bourru et bourré. Personne n'avait relevé ce geste anodin, pensant que c'était juste les actes d'un gamin. Mais le plus étrange, c'est que 7 jours après l'anniversaire du petit, le fameux Raymond était mort. Terrassé dans son sommeil par une crise cardiaque. tout le monde pensa à une coïncidence, et ça aurait pu l'être, si ça s’était arrêté là.

La vie avait continué, sans Raymond. Les 10 ans de Tommy approchaient, et, de nouveau, ses parents voulaient lui offrir un cadeau spécial, donc ils avaient commencé à sonder le petit écolier pour voir ce qu'il désirait. Vous l'aurez deviné, la réponse avait été la même que 5 ans auparavant :

"Je veux une une balle de tennis noire."

Ses parents étaient interloqués. Cela faisait des années que cette lubie n'était plus apparue. Que diable voulait-t'il faire de cette balle de tennis ? Encore une fois, ils l'avaient assommé de questions, mais aucune réponse n'était venu du petit Tommy. Et, encore une fois, ils s'étaient résignés. Et, juste après avoir soufflé ses bougies et déballé son cadeau, il avait de nouveau pris une craie blanche et avait noté un nom sur la balle : Paul.

Paul, c'était son grand frère. Il était plus vieux de 11 ans, et était parti étudier à la capitale. Se rappelant des événements d'il y a 5 ans, la mère de Tommy avait appelé en urgence son aîné, pour voir si tout allait bien. Et... tout allait bien. Enfin, pendant une semaine, car 7 jours après l'anniversaire du petit, les parents avaient reçu un coup de téléphone : Leur fils venait d'avoir un accident de voiture, et était mort sur le coup.

Cette fois, ça ne pouvait pas être une coïncidence. passé leur chagrin, ils avaient battu le pauvre Tommy pour avoir des réponses à leur questions : Pourquoi il voulait cette balle ? Pourquoi à chaque fois qu'il inscrivait un nom dessus, la personne mourrait ? Comment pouvait t'il prévoir ces morts ? Mais, même après ces interrogatoires musclés, Tommy ne disait rien. Quand on lui posait des questions, il semblait être ailleurs. Ce n'était plus Tommy, ce n'étais qu'une coquille vide. Les parents se sont donc promis de ne plus jamais approcher de balles de tennis de leur fils, convaincus qu'ils n'auraient jamais de réponse à leur questions.

Quoi qu'il en soit, la vie avait de nouveau repris son cours. Tommy était maintenant un adolescent de presque 15 ans qui croquait la vie à pleines dents. Il avait de nombreux amis et était apprécié de tous. Si bien qu'ils avaient décidé de lui offrir le cadeau de ses rêves pour son anniversaire. Après avoir sondé le principal concerné, il avait répondu à tous ceux qui lui avait posé la question :

"Je veux une une balle de tennis noire" 

Evidemment, ses amis se posaient des questions, et lui en avait posé davantage, qui se soldaient tous par un silence pesant. Comme c'est un cadeau qui rentrait dans les frais de tous et de toute façon, c'est ce qu'ils voulait, ils lui avaient offert cette fameuse balle tant voulue. Il l'avait déballé, puis avait prit une craie blanche et avait inscrit ce nom dessus : Jessica.

Il y avait plusieurs Jessica, mais la plus proche était une fille de leur classe, qui était assez timide et réservée. Ils ont d'abord pensé que Tommy en était amoureux et voulait lui offrir la balle, mais quand ils lui posaient la question, il ne répondait pas. Après quelques jours, ils ont abandonné l'idée d'avoir une réponse et ont oublié cette histoire.

Une semaine après, Jessica n'était plus présente aux classes. Après plusieurs jours d'absence, les élèves ont pu constater dans un journal local l'horrible nouvelle : L'adolescente avait été retrouvée dans la rivière voisine, morte. Elle avait été violée et battue, puis tuée et jetée là. Comme c'était encore des enfants, personne n'avait vraiment fait le lien entre la balle et les événements.

Les années passèrent, et Tommy était devenu un jeune adulte plein d'avenir. Il avait, comme son frère auparavant, emménagé à Paris pour poursuivre ses études. Pour son 20ème anniversaire, il était revenu au domicile familial, pour le fêter. Qu'elle ne fut pas la surprise des parents quand ils ont vu Tommy déballer une balle de tennis noire après avoir soufflé ses 20 bougies ! Ils avaient pourtant bien prévenu tout le monde de ne jamais lui acheter de cadeau de ce genre ! Enfin, pas tout le monde. Un invité de dernière minute, le nouveau voisin des parents de Tommy, avait cru bon de demander à celui ci ce qu'il voulait pour son anniversaire, car il n'avait jamais eu d'enfants et donc ne savait pas du tout quoi offrir à des jeunes de cet age la.

Le mal était pourtant fait. Tommy s'était emparé d'une craie et avait gravé un nom sur la balle : Diego.

Les parents étaient très tendus. Ils ne connaissaient pas de Diego. Ils ont demandé a Tommy s'il en connaissait un, et il avait répondu à cette question : Il n'en connaissait aucun. La malédiction était t'elle brisée ? Est ce que, depuis le départ, tout ceci n’était qu'une horrible coïncidence ? Les parents étaient soulagés.

Une semaine après, ils reçurent un coup de fil. C'était la tante de Tommy, qui leur disait que son petit fils était enfin né... mais qu'il était mort né. Les parents étaient désolés, mais, pris d'un doute insidieux, lui avaient demandé s'ils avaient quand même choisi un prénom pour le bébé. Et, en effet, ils en avaient choisi un : Diego.

Le cauchemar n'était pas fini.

Du haut de ses 24 ans, Tommy était un adulte des plus respectables. Il s'était marié, et avait un petit garçon de deux ans. La vie était belle, et il allait fêter ses 25 ans. Sa femme voulait le combler de bonheur, alors elle lui avait demandé ce qu'il voulait pour son quart de siècle. Et, vous l'avez deviné, il avait répondu :

"Je veux une une balle de tennis noire" 

Vous connaissez la suite, sa femme s’était posé des questions, lui en avait posé tout autant, silence de Tommy, etc. Quoi qu'il en soit, il avait déballé son cadeau, avait prit la craie et avait noté un nom dessus : Josiane.

Josiane, c'était le nom de sa belle mère. Comme ce n'était pas relevant, sa femme n'en avait parlé à personne, ni même à ses beau parents. Du coup, quand sa mère est morte une semaine après d'un AVC, personne n'a fait le rapprochement. Ce n'est que quand la femme de Tommy a parlé de la balle de Tennis noire à ses beaux parents quelques mois après qu'ils lui ont révélé toute l'histoire.

A l'approche de ses 30 ans, Le fils de Tommy voulait lui faire un cadeau, qu'il aurait payé de sa poche, avec ses propres économies. Il ne voulait pas en parler à sa mère, car il voulait vraiment que ce soit lui qui aille acheter le cadeau de son père, comme un grand. Il avait demandé à son Papa ce qu'il voulait, et il lui avait répondu :

"Je veux une une balle de tennis noire" 

Bien sur, le petit garçon n'avait pas l'âge de comprendre, donc si son papa voulait une balle de Tennis noire et qu'il pouvait lui offrir, ça lui convenait. Le jour de son anniversaire, Tommy avait donc déballé son cadeau, révélant une balle de Tennis noire, devant le visage effaré de sa Femme. Il s'était saisi d'une craie, et avait finalement écrit ce nom dessus : Tommy.

Sa femme savait bien ce qu'il allait se passer. Il n'y avait aucun autre Tommy dans leur entourage. Son mari allait mourir. C'était inévitable. Elle a donc prévenu les parents de Tommy de son affreux Destin. Ils avaient encore l’espoir que ce ne soi pas lui, mais durant la semaine qui a suivi son anniversaire, Tommy était tombé malade. Une maladie aussi soudaine que mortelle. Ses jours étaient comptés, selon le docteur.

Finalement, une semaine après, Tommy était sur son lit de mort. Sa famille était réunie autour de lui. Il ne lui restait que quelques heures, voire quelques minutes à vivre.

Dans une dernière tentative, ses parents lui avaient une nouvelle fois demandé :

Pourquoi il voulait ces balles de tennis noires ?
Qu'en faisait t'il ?
Pourquoi inscrivait le nom de personnes qui allaient mourir sur celles ci ?
Comment pouvait t'il prévoir leur mort ?

Et, à leur grand étonnement, Tommy semblait vouloir enfin leur répondre.
Il regarda ses parents dans les yeux et leur dit :

"Je voulais ces balles de Tennis noires parce que..." 

Avant de pouvoir finir sa phrase, il tourna la tête sur le coté, et mourut. 


jeudi 6 juillet 2017

Téléchargement

Ça fait quelques mois que cette histoire m'est arrivée, mais en fouillant dans mon ordinateur j'ai retrouvé quelques screens. Comme je n'en ai pas parlé à grand monde, je me suis dit que c'était le moment de le faire. Il est possible que quelques éléments ne soient pas exacts, vu que comme dit précédemment, ça commence à remonter un peu.

J'allais partir en vacances dans deux semaines, et je devais télécharger des films pour m'occuper pendant le trajet. J'ai donc cherché un site qui m'avait l'air plutôt fiable et j'en ai trouvé un avec des avis uniquement positifs.
« Et bah voilà, c'était pas compliqué ! » je me suis dit.
J'ai tapé dans la barre de recherche « Harry Potter à l'école des Sorciers », je l'ai sélectionné puis j'ai lancé le téléchargement. Ça a été plutôt rapide, au bout d'une demi-heure le téléchargement était complet et le film prêt à être regardé. Mais avant toute chose il me fallait vérifier si le film était complet et de bonne qualité. Je l'ai démarré et l'écran était simplement noir, la durée du film ne s'affichait pas. J'ai attendu, pensant que c'était le chargement, mais rien. J'ai ensuite monté le son, me disant que c'était peut-être un bug d'image, mais j'entendais juste un grésillement. J'ai donc fermé la fenêtre, en me disant que j'allais montrer ça à mon frère, génie informatique, le lendemain.



Le lendemain, j'ai appelé mon frère à la porte de sa chambre. Il est sorti, je lui ai expliqué mon problème, il m'a suivi et nous sommes rentrés dans ma chambre. J'ai allumé mon PC puis j'ai démarré le film. Il n'y avait toujours pas l'affichage de la durée du film, mais l'image me paraissait plus nette : on pouvait apercevoir légèrement quelques formes indescriptibles. De plus, le grésillement était plus audible. Mon frère ne comprenait pas. Il a regardé le site de téléchargement, le format de la vidéo, et des trucs que je n'ai pas compris mais apparemment, tout fonctionnait bien. J'ai donc éteint mon PC et je suis retourné à d'autres occupations.




Le jour suivant, j'ai allumé mon ordinateur pour aller voir des trucs sur Youtube. Mais en arrivant sur le bureau j'ai remarqué quelque chose : il manquait quelques items sur la barre des tâches, et certains étaient imbriqués dans d'autres ou juste à moitié disparus. J'ai voulu avertir mon frère, mais il était parti chez des amis. J'ai décidé de ne pas tenir compte de ces items et je suis allé sur Youtube. Plus tard, au moment d'éteindre mon ordinateur j'ai été piqué de curiosité et j'ai allumé la vidéo qui était censée être Harry Potter. L'image était encore plus nette : on distinguait plus de formes encore incertaines, comme une sorte d'ovale, au centre, sous un gros rectangle à plat, et derrière lui se trouvait une forme vraiment indescriptible. Le son était lui aussi plus net, on pouvait entendre comme des souffles. Je ne sais pas pour quelle raison, mais ça a commencé à m'effrayer, j'ai donc fermé la vidéo, éteint mon ordi, puis je suis parti.



Le jour d'après était encore un long jour d'ennui, et j'ai allumé mon PC pour trouver des occupations. Sur le bureau et la barre de tâches, tout avait disparu. Il ne restait que le raccourci pour la vidéo. J'ai donc cliqué, la fenêtre s'est ouverte et j'ai enfin pu comprendre quelques formes. La vidéo montrait une personne, assise à son bureau sous un lit en hauteur. Elle était vue de trois quarts et je ne pouvais pas voir ce qu'elle faisait : c'était en noir et blanc et de mauvaise qualité. Au coin de la chambre il y avait une grosse masse sombre que je n'arrivais pas à reconnaître. Je me demandais si la vidéo allait rester longtemps comme ça, puis j'ai remarqué qu'il n'y avait toujours pas de durée. Trouvant ça très louche, j'ai éteint mon ordinateur et je suis sorti en vitesse de ma chambre.


Cette nuit-là, j'ai fait énormément de cauchemars.


Je me suis réveillé tôt le matin et, impatient de voir si la vidéo avait de nouveau une meilleure qualité, je me suis installé à mon bureau, et j'ai allumé mon ordi ; j'espérais enfin découvrir de quoi il s'agissait. Une fois encore, seul le raccourci pour la vidéo était présent. Je l'ai ouverte, mais à nouveau l'écran était très sombre. Déçu, je me suis levé et j'ai allumé la lumière pour tenter des raccourcis avec mon clavier, comme Ctrl+Alt+Suppr. Quand je suis retourné m’asseoir, j'ai pu constater que la vidéo avait en fait démarré, et que le temps de chargement avait juste été plus long que d'habitude. J'ai donc regardé. D'abord, j'ai remarqué un changement. Un zoom avait été effectué. La personne assise devant le bureau avait l'air d'être un homme, et il regardait son ordinateur. La masse sombre au coin de la chambre, vers l'épaule droite de l'homme, semblait être une créature abominable. Elle était bossue, avait deux cornes de boucs de travers, de longues griffes à ses pattes avant et se tenait debout. Intrigué, j'ai pris mon portable sur mon bureau pour faire des recherches. Au même moment, j'ai pu repérer un mouvement sur la vidéo, mais le temps que je tourne ma tête vers l'écran, tout était redevenu stable. Je me suis recalé sur ma chaise, l'homme de la vidéo l'a aussi fait, en même temps.

C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à avoir peur. Pas une simple peur ou appréhension, mais la peur que l'on ne ressent qu'une fois dans sa vie. La peur qui vous tord le ventre au point que vous ayez envie de vomir. Celle qui bloquerait presque votre respiration. Celle qui hurle dans votre tête de partir mais qui en même temps vous cloue sur place. J'ai donc décidé de vérifier si ce que je pensais était vrai. J'ai levé mon bras gauche. L'homme de la vidéo a levé le sien aussi exactement au même moment. Pareil pour le droit, et tous les mouvements que j'ai essayés. J'ai lentement tourné la tête pour regarder au dessus de mon épaule gauche, là où devait se trouver la caméra ou l'outil qui me filmait. Il n'y avait que mon placard, dont la porte était entre-ouverte. J'ai hésité à aller voir, mais j'ai renoncé et j'ai à nouveau regardé l'enregistrement. C'est la que j'ai réalisé. La Bête était au coin de ma chambre sur la vidéo. Mon cœur battait à la chamade et j'ai tourné d'un mouvement sec ma tête vers le coin. Vide. J'ai regardé à nouveau l'enregistrement. La Bête était plus proche de moi, terrifiante, me regardant des ses yeux mal placés et pas symétriques. Ma respiration n'avait jamais été aussi rapide, ma vision s'embrumait et j'ai commencé à sangloter, mais je n'osais pas quitter l'écran des yeux, je ne voulais même pas cligner.
J'ai alors pris mon courage à deux mains, j'ai éteint mon ordinateur de force sans prendre le temps de fermer la vidéo, puis je suis parti en courant de ma chambre.



Je n'ai jamais voulu y retourner.

Récemment je suis retourné sur le site du téléchargement. Je voulais que ça n'arrive à personne d'autre, alors j'ai raconté en bref mon histoire dans les commentaires, j'ai donné des avertissements, mais quand le commentaire a été publié il affichait :
"WOW ! Ce site est superbe ! Les films sont de qualité incroyable, je vous le conseille à tous !!"
Alors si un jour vous téléchargez un film qui affiche un écran noir quand vous l'ouvrez, surtout ouvrez le tous les jours, il n'en sera que meilleur !



dimanche 2 juillet 2017

Fils unique

Quand j'étais petit, j'étais une vraie poule mouillée. J'avais peur de l'orage, peur des clowns, peur des aiguilles... Et, surtout, peur du noir. J'imaginais toujours que des monstres se tapissaient dans l'ombre une fois les lumières éteintes.

C'est pour ça que lorsque j’éteignais la lumière avant d'aller me coucher, je courais comme un fou vers mon lit afin de me réfugier sous la couette. Je pensais vraiment que ça pouvait me protéger, que c'était une bulle protectrice, un sanctuaire dans lequel aucun monstre ne pouvait pénétrer.

Même si je me faisais mal au pied en marchant sur des Lego, ou si je cassais mes jouets en courant, il fallait absolument que je rejoigne la couette le plus vite possible après avoir appuyé sur l'interrupteur, avant que les monstres ne m'attrapent.

Et, cette nuit-là, je pensais que c'était ça qui m'avait sauvé quand la grande silhouette d'une créature à plusieurs bras a ouvert la fenêtre et a pénétré dans la chambre. Je pensais que c'était le fait d'avoir réussi à me mettre sous ma couette avant qu'elle puisse m'atteindre qui m'avait sauvé.
Mais maintenant, je le sais. Ce qui m'a sauvé, ce n'est pas ma rapidité à atteindre mon lit.

Non.

Ce qui m'a sauvé, c'est le fait que mon petit frère a été plus lent que moi.