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vendredi 19 janvier 2018

Pas de séance de divination ce soir

Dans le paysage des creepypastas russes, la Yakoutie constitue tout simplement une sorte d'El Dorado. La quasi-totalité de la république est recouverte d'épais massifs forestiers dont 99% n'ont jamais été foulés par le pied de l'Homme. La Yakoutie est aussi grande que l'Inde, ou que six fois la France. Quand on doit voyager pendant pas moins de six jours en traversant d'interminables forêts pour se rendre d'une zone habitée à une autre, il y a forcément de quoi alimenter les légendes. De manière générale, les histoires de cette région valent le détour, et les creepypastas occupent une place de choix dans le folklore local.
NdT : Certains passages traduits ou rajoutés contiennent quelques explications nécessaires pour des lecteurs européens à la compréhension complète de l'histoire, la culture russe étant en grande partie méconnue. Ne vous étonnez donc pas de détails historiques ou culturels : ils seront utiles au moins pour l'histoire dans laquelle ils figurent, voire même pour d'autres histoires à venir.


Cette première histoire est liée à des esprits aquatiques du folklore local : les syoulyoukyounes.

La religion traditionnelle en Yakoutie était le paganisme classique : tous les lieux et les domaines d'activité importants étaient reliés à des esprits qui en étaient responsables. Par ailleurs, après l'intégration de la Yakoutie à la Russie au 17e siècle, la croyance locale s'est en quelque sorte assimilée au christianisme orthodoxe et a subi des changements importants, notamment l'introduction d'éléments de théisme. Néanmoins, les esprits de la nature n'ont pas subi cette assimilation. Certains d'entre eux correspondent aux fameux syoulyoukyounes. On raconte qu'ils demeurent presque tout le temps sous la surface dans différents points d'eaux et n'interagissent absolument pas avec les humains. La croyance traditionnelle yakoute ne les dépeint pas comme des esprits maléfiques. Toutefois, dire que ce sont des esprits bienfaisants serait une erreur. Leur apparence n'est pas mentionnée, mais ils étaient probablement imaginés comme des démons aquatiques : anthropomorphes, mais affublés de traits propres aux poissons. Dites bonjour aux créatures lovecraftiennes de Cauchemar sur Innsmouth.

Venons-en maintenant à la rencontre avec un de ces syoulyoukyounes. Ils ne remontent à la surface qu'une seule fois par an : pendant la période dite des douze jours de Noël, soit du 25 décembre au 5 janvier. Bien évidemment, ils ne sortent que la nuit, et se réunissent dans toutes les maisons et bâtisses abandonnées à distance des villages habités pour jouer aux cartes. Ils parient de l'argent "aquatique" qui ressemble à des pièces d'or. On disait aux personnes particulièrement téméraires de se rendre dans une maison vide durant ces nuits et de se dissimuler sous une table ou autre chose en se recouvrant d'un tissu. Il fallait simplement penser à s'habiller chaudement, car les maisons vides n'étaient bien évidemment pas chauffées, et le froid de janvier en Yakoutie peut parfois atteindre -50°C. Si l'on avait de la chance, la fête des syoulyoukyounes du coin se déroulait bien dans la maison choisie. Lorsque la mise avait bien augmenté, il suffisait de renverser la table en hurlant de toutes ses forces, et les syoulyoukyounes, effrayés, s'enfuyaient. On pouvait ensuite ramasser l'argent qu'ils avaient abandonné. Il fallait toutefois tout dépenser dans les trois jours suivant, car l'or des syoulyoukyounes se changeait ensuite en algues, ce dont il était constitué initialement.

Mais assister au rassemblement de ces créatures ne servait pas uniquement à l'enrichissement matériel. Pendant leurs parties de cartes, les syoulyoukyounes, bien loin de se taire, discutaient avec véhémence de l'avenir et du destin de la nature environnante, de sorte que si l'on ne dérangeait pas leur fête, il était possible, en écoutant bien, de découvrir de précieuses informations sur son futur et celui de ses proches. D'une certaine manière, ils étaient des sortes de voyants locaux, mais il faut bien s'imaginer à quel point il fallait être courageux pour aller se glisser seul dans une maison abandonnée la nuit par -50 pour attendre sans bouger un attroupement de créatures surnaturelles.

Maintenant, venons-en à l'histoire à proprement parler. Elle ne fait, paradoxalement, intervenir aucun syoulyoukyoune, mais il fallait tout de même expliquer ce qu'ils étaient en premier lieu pour que l'histoire ait du sens pour tout le monde.

Donc, c'était en Yakoutie Centrale, au mois de janvier, pendant les douze jours, et un froid implacable régnait. Deux jeunes frères bien robustes avaient décidé d'aller écouter les syoulyoukyounes, et si leur entreprise était couronnée de succès, de leur dérober quelques pièces. Comme les gens étaient méfiants vis-à-vis de l'engouement pour les pratiques divinatoires de Noël "sérieuses" (sauf, bien sûr, les pratiques de jeunes filles comme la lecture de figures dans la cire ou la divination dans les miroirs et les aiguilles [NdT : méthodes divinatoires connues en Russie]), ils n'avaient parlé à personne de leur projet, pas même à leurs parents. Ils avaient choisi pour leur sortie une vieille bicoque abandonnée située dans une clairière, pas très loin de leur village (ce genre de construction est courant en Yakoutie, car les gens vivaient en famille il y a longtemps, chaque famille possédant son habitation dans une clairière à l'écart des autres). Après s'être emmitouflés dans leurs plus chauds vêtements et avoir embarqué deux bouteilles de vodka, les deux frères étaient sortis de leur maison et s'étaient mis en route pour le lieu qu'ils avaient choisi. L'humeur était bonne, rien ne leur faisait peur à deux, ils avaient l'habitude du froid – en somme, tout allait comme sur des roulettes.

Arrivés sur place, ils s'étaient fourrés sous une vieille table branlante, dissimulés, comme il convenait, sous un couvre-lit. Ils étaient restés là pendant un moment à discuter à voix basse de choses et d'autres, en prenant de temps à autre une gorgée de leurs bouteilles. Ils ne pouvaient pas allumer de feu – les syoulyoukyounes auraient pris peur et ne seraient pas venus, il n'y avait donc que la lumière de la lune qui passait à travers la fenêtre. Un petit détail : aux vieilles maisons yakoutes était toujours accolée une étable, séparée uniquement par une porte pour ne pas devoir courir dans le froid et finir congelé. Donc, les deux frères étaient là depuis quelques heures déjà, il était plus de minuit, ni l'un ni l'autre n'avait plus grand-chose à dire et ils commençaient à piquer du nez. Et alors, la porte de l'étable s'est mise à grincer. Les deux frères ont repris de l'ardeur, tous deux ne pensaient qu'à une chose : ça y est, ça commence, les syoulyoukyounes se rassemblent. Mais tout est redevenu silencieux pendant un moment, puis la porte s'est remise à grincer, plus fort cette fois.

D'après le son, elle était en train de s'ouvrir lentement. Et de l'étable est monté un son étouffé, semblable au gloussement d'une poule. Le plus jeune frère s'est relevé en hurlant, balançant le couvre-lit, surgissant de sous la table et se ruant vers la sortie. Le plus vieux, évidemment, sur ses talons. Mais, manque de chance, celui-ci a trébuché sur le seuil et s'est étalé de tout son long à côté de l'entrée. Il a commencé à appeler à l'aide, et on aurait dit qu'il s'étouffait. Puis il s'est mis à hurler comme si on le brûlait vivant. Entendant cela, le cadet s'est mis à courir de plus belle, complètement terrorisé. Son frère hurlait toujours alors qu'il atteignait l'extrémité de la clairière, mais il s'est soudain tu. Le plus jeune s'est retourné seulement à l'orée de la forêt, mais la visibilité était déjà devenue mauvaise – seule la vieille bicoque était là, pas le moindre mouvement, pas le moindre bruit autour, et la lumière de la lune ne permettait de distinguer rien d'autre.

Il s'est alors enfuit à toutes jambes et est arrivé environ une heure plus tard à son village, les yeux exorbités, complètement fébrile. Il a immédiatement tout raconté à son père, qui a manqué de se jeter sur lui pour lui flanquer une bonne correction : bon sang, mais comment de pareils crétins peuvent exister, à ne même pas dire où vous allez avant d'y aller ! Il s'avérait qu'il y a fort longtemps, bien avant la Révolution d'Octobre, une famille habitait cette même vieille bicoque, et ses membres s'étaient mis à mourir les uns après les autres sans raison apparente. La raison officielle qui avait été donnée à l'époque était qu'un « esprit maléfique les avait dévoré. » Depuis lors, la clairière était abandonnée, on ne venait même pas y faucher du foin, même si le terrain était très fertile. Bien évidemment, les syoulyoukyounes n'auraient jamais choisi un tel endroit pour leur petite fête, n'étant pas vraiment des démons ; en revanche, un « autre » pouvait totalement s'intéresser aux deux idiots qui s'étaient eux-mêmes invités à l'heure la plus sombre dans cet endroit oublié.

Le père et le jeune frère se sont donc rapidement préparés et installés dans leur UAZ [NdT : marque connue de SUVs et autres véhicules tout terrain], avant de retourner à pleins gaz vers la vieille bâtisse. Ils sont arrivés bien vite, sur le chemin le père a longuement sermonné son fils à propos du fait qu'il avait abandonné son frère dans cet endroit. Lorsqu'ils sont arrivés, tout était à peu près silencieux. La voiture s'est arrêtée, et le jeune frère s'est mis à claquer des dents. Il a catégoriquement refusé de descendre du véhicule, ce qui a forcé le père à se rendre seul dans le lieu maudit. Le frère aîné était étendu dans la neige, à l'endroit exact où il était tombé, le visage vers le bas. Les traces montraient qu'il n'avait pas fait le moindre mouvement après sa chute, il était mort instantanément. Le corps était déjà rigide à cause du froid. Le père a éclaté en sanglot en voyant cela. Il n'y avait plus rien à faire, il ne restait plus qu'à charger le cadavre dans la voiture et à rentrer à la maison. Lorsqu'on lui a retiré ses nombreuses couches de vêtement, on s'est aperçu qu'il avait au dos, sous l'omoplate droite, une ecchymose bien marquée, comme si on l'avait frappé avec une force extraordinaire à travers toutes les couches de vêtements.

Plus tard, le cadet a fini par raconter ce qu'il avait vu avant de détaler. Lorsque la porte de l'étable s'était mise à grincer pour la seconde fois, il avait discrètement soulevé le couvre-lit et, à la lumière de la lune, avait aperçu une immense silhouette humaine, de près de trois mètres, totalement noire. Il n'avait pas pu se contenir et s'était enfui en hurlant...

Traduction : Magnosa

Source : http://mrakopedia.org/wiki/Якутия


Cette histoire marque le lancement d'un nouveau projet sur CFTC afin de vous offrir de la nouveauté. Les cultures orientales étant très méconnues dans les régions francophone et l'année 2018 étant marquée par le sceau de la Russie (élections, événements divers, etc), nous nous alignons là-dessus et vous proposerons des traductions venues de l'Est, avec tout un folklore qui reste à découvrir. Pour cette raison, certaines histoires vous paraîtront parfois pas aussi angoissantes que ce à quoi vous pouvez être habitués. Elles sont néanmoins nécessaires pour vous faire découvrir cet univers et, à terme, comprendre les vraies perles qu'on peut trouver chez eux. Nous espérons que cela vous plaira !

Index :

Якутия #2 : Les hommes-bouteilles
Якутия #3 : L'homme sans tête
Якутия #4 : Le visage derrière l'arbre
Якутия #5 : Keryakh
Якутия #6 : De l'argent facile

jeudi 18 janvier 2018

Classement 2017

Après avoir recueilli vos votes durant presque un mois, il est temps de faire le classement des Creepypasta publiées sur le site en 2017. Pour un total de 60 textes, 20 votes de lecteurs on été recueillis. Merci à vous pour votre implication, et nous espérons vous revoir pour le classement 2018.
Place au classement :


Meilleures Creepypastas de 2016
(Classement des lecteurs)


9 - Ecoutez vos enfants - 30 points

8 - Bitteroot - 32 Points

7 - La vie de Tommy - 33 points

6 - Le voleur d'innocence - 49 points

5 -Hôpital - 58 points

4 - Somniloquie - 62 points


2 - Huggydoll - 96 points

1...




SAR -  141 points

Une victoire nette de la Creepypasta en plusieurs parties, SAR ! 
êtes vous satisfaits de ce classement ? nous espérons que oui.

Rendez vous fin de l'année pour le classement 2018, jusqu'à là, bonne lectures sur le blog !


lundi 15 janvier 2018

L'affaire de 1990

Il y a de cela vingt-cinq ans, j'étais un jeune journaliste pour un journal local nommé La Bretagne. J'étais vraiment aux balbutiements de ma carrière mais mon premier grand article ne s'était pas fait attendre. En effet, celui-ci parlait d'un tueur en série qui avait détourné un bus scolaire qui avait à son bord dix-neuf adolescents, un chauffeur et deux professeurs.
Après avoir tué les adultes, le tueur en série, Raymond Pierre, avait emmené les ados dans sa maison de campagne où il avait mis en place de quoi les garder captifs tout en pouvant s'abandonner complètement à ses pulsions meurtrières. Il n'y a eu que deux survivants à ce massacre. Je vous partage mon article ci dessous, pour que vous puissiez prendre connaissance de l'affaire.

Mon article, publié dans un journal local



17 cadavres, 17 jours de calvaire. C'était un vrai miracle que cette Laura ait réussi à tenir et à avoir le courage de se révolter au bout de tant de temps. Surtout que, selon la police, les tortures infligées aux adolescents étaient encore plus perverses que ce que Raymond Pierre avait l'habitude de faire. C'était un vrai miracle que cette jeune fille harcelée à l'école ait pu le mettre hors d'état de nuire.

C'était il y a 25 ans. Depuis, j'ai écrit beaucoup d'articles. Mais aucun ne surpasse celui-ci en termes d'horreur. C'est pour cela qu'à l'approche d'Halloween, mon chef m'a demandé la semaine dernière d'aller voir ce qu'étaient devenus les survivants de cette affaire, à savoir Laura Morisson et ce pauvre Tony.

Laura a réussi dans la vie. Suite à son nouveau statut d’héroïne, elle est passée de souffre-douleur à star du lycée. Elle a pu obtenir facilement des bourses d'études et a suivi un cursus médical puis est devenue médecin. Actuellement, elle est en Afrique en mission humanitaire pour aider les enfants les plus démunis. Un vrai conte de fée. Comme si cette affaire l'avait rendue plus forte et avait provoqué en elle le déclic pour mener sa vie de la meilleure des façons.

Je suis allé voir Tony. La première fois, je n'ai pas pu le rencontrer. Ses parents m'avaient informé qu'il avait une maladie incurable et qu'il n'allait pas bien en ce moment. Je n'ai pas pu m’empêcher de plaindre ce garçon. Réduit dans la fleur de l'âge à l'état de légume par un tueur en série. Et ensuite contracter une maladie mortelle et incurable. À l'inverse de Laura, cette affaire avait gâché sa vie de la plus cruelle des manières. Même s'il était un des harceleurs les plus zélés de Laura, il ne méritait cela en aucun cas.

Ses parents m'ont contacté hier, m’annonçant qu'il n'en avait plus pour longtemps et que son agonie allait bientôt se terminer. Je n'aurais donc plus d'occasion de le rencontrer.
J'y suis donc allé et, au chevet de son lit, il a prononcé ses premiers mots en 25 ans de silence, tout juste avant de rendre l'âme. Ces mots résonnent encore en moi, donnant naissance à un terrible frisson me parcourant tout le corps. Des mots qui donnent une toute autre vue sur une affaire datant de 1990.

"Elle a eu le tueur... Le premier jour."


Nous espérons tenir ce nouveau rythme de publication, et espérons également que cette nouvelle dynamique vous plaise ! N'oubliez pas de vous abonner au tweeter CFTC : @CreepypastaFTC.

vendredi 12 janvier 2018

La vérité sur les tulpae

Connaissez-vous les tulpae ? Si non, je vous invite à lire cette courte description.


"Un tulpa est une entité autonome résidant dans le cerveau d'un “hôte” (créateur). Ils sont distincts de l'hôte car ils disposent de leur propre personnalité, opinions et actions, indépendamment de l'hôte. Ce sont des entités conscientes à la fois d'elles-mêmes et du monde qui les entoure.
Les tulpae sont modelés à partir de la simple volonté psychique et disposent des mêmes capacités intellectuelles ainsi que des facultés de penser, raisonner, croire, espérer et percevoir le monde que son hôte."


Ce "phénomène" est de plus en plus connu d'année en année, grâce à Internet évidemment.
De plus en plus de gens tentent l'expérience aussi. Il est plus ou moins facile de la réaliser, cela consiste en un travail mental.


Il est dit que cela est sans danger, qu'un tulpa ne pourra jamais nuire à son créateur. Mais comment en être bien sûr ? Un être qui a sa propre personnalité et une capacité à raisonner, ce n'est pas prévisible, ça ne peut être contrôlé.
Les tulpae sont beaucoup plus compliqués que ça. L'Homme cherche toujours à maîtriser des choses qui le dépassent, n'est-ce pas ?


Ne trouvez-vous pas étrange que l'on ne voie presque aucun avis négatif, et aucun appel à l'aide à ce sujet ?


C'est tout à fait normal, du moins, vous allez comprendre pourquoi après ce que je vais vous expliquer.


Il existe une pratique dans ce milieu, dite de la "possession", qui consiste à laisser son tulpa prendre le contrôle de votre corps un instant pour par exemple accomplir une tâche, ou pour n'importe quelle autre raison.


Et imaginez-vous tulpa, prisonnier d'un individu qui, bien souvent, ne pense qu'à lui, n'auriez-vous pas envie de vous en évader ?


C'est pourquoi il arrive, bien moins rarement que ce que vous pouvez imaginer, que le tulpa refuse tout simplement de rendre son corps à l'hôte. L'ancien hôte, maintenant.


Vous voilà maintenant littéralement spectateur de votre propre vie. Votre tulpa vous connaissant par cœur aura, au début du moins, votre comportement avec vos proches. Impossible pour eux de soupçonner quoi que ce soit. Et, même s'ils le décelaient, que pourraient-ils faire ?


Leur puissance est trop sous-estimée, et n'importe qui se croit capable de s'y investir. S'il est facile de développer un tulpa, il l'est beaucoup moins d'en garder le contrôle. L'expérience nécessite une très grande force mentale, comprenez pourquoi le rituel vient à l'origine de moines en Asie, qui grâce à la méditation et toutes autres sortes d'arts parviennent en toutes circonstances à rester maîtres d'eux-mêmes.


Une fois le cap de la possession franchi, pas de retour en arrière possible. Vous pouvez vous évertuer à lui clamer votre rage, tristesse, et désespoir, il choisira généralement de juste vous ignorer.



Donc ne vous fiez pas à ce que vous pouvez lire sur les forums spécialisés, presque tous les posts sont écrits par des tulpae eux-mêmes, et si vous êtes vous-même hôte d'un tulpa, je ne peux que vous dire de faire très attention.


Pour ma part, je cherche désespérément à me débarrasser du mien, il n'arrête pas de me supplier de le "laisser reprendre son corps", je ne sais pas quoi faire pour ne plus l'entendre.

La rentrée se fait doucement, mais tout le staff est de retour pour une nouvelle année et de nouveaux projets !

lundi 8 janvier 2018

Pisser dans le noir

Ça s'est passé cet hiver. Il faisait vachement froid, en Décembre, si je me souviens bien. Mes parents avaient cassé les chiottes du rez de chaussée en vue d'en reconstruire une plus grande, et, bien sûr, les seules chiottes restantes étaient à l’étage. Bien à côté de leur chambre. Moi, ma chambre, elle était au rez de chaussée, à côté du garage. C'était bien en été, parce que j'avais une porte qui donnait directement vers le jardin, je pouvais donc la laisser ouverte pour profiter du soleil et de la chaleur. Mais en hiver, ça caillait grave.
Pour en revenir à cette histoire de chiottes, j'avais la flemme de monter pour aller pisser, alors j'allais faire mon affaire dans le jardin, en passant par la porte citée précédemment.
Et c'est là que je l'avais vue.

Je pissais tranquillement contre un arbre, la nuit tombée, et comme font souvent les hommes qui pissent dehors, je scrutais l'horizon,  par ennui, ou bien pour voir s'il n'y avait pas quelqu'un qui me matait. Et, en l’occurrence, il y en avait bien une. De mon jardin, on pouvait apercevoir les immeubles HLM à côté, et quand j'étais gamin, on pouvait voir un tas de gens par leur fenêtre. Maintenant, on ne peut plus voir grand monde, car l'immeuble est censé être vide.
Mais il semblait que ce n’était pas le cas. Par la fenêtre, je pouvais apercevoir une femme, qui me regardait en souriant. Ça m'avait mis très mal à l'aise, du coup j'avais très vite rangé mon engin dans mon caleçon, et j’étais rentré pour finir mon affaire aux toilettes de l'étage.
Le lendemain, j'étais rentré tard du boulot. C’était une semaine "Sans soleil" pour moi, je partais avant son lever et je rentrais après qu'il se soit couché. Ma flemme n'avait pas changé depuis la veille, alors je suis allé vers mon arbre habituel pour me soulager, j'ai sorti mon attirail, et j'ai commencé à uriner. Je me suis alors souvenu de ma spectatrice d'hier, et j'ai tourné la tête vers les HLM voisins. Et, à ma surprise, elle était encore à la fenêtre, avec le même sourire que la veille.

Cette fois, je n'ai pas pu tout remballer, car je venais à peine de commencer et je m’étais retenu depuis un moment. alors, je me suis dit "tant pis", et j'ai continué. Je me suis retenu de lui faire des doigts d'honneur au passage, parce que bon, dans l'histoire, c'est moi le crasseux qui va pisser dehors à la vue de tous. Même si cet immeuble est censé être vide, elle est chez elle et c'est à moi de ne pas lui déballer mon pénis sous le nez.

Après avoir fini mon affaire, je suis parti en lui faisant un signe de la main, comme pour m'excuser.
Ça ne s'est pas arrêté la pour autant. Durant la semaine, à chaque fois que je rentrais du boulot, j'allais faire mon petit pipi du soir sur mon arbre, et mon admiratrice était toujours là, avec son sourire. Au bout de quelques jours, j'ai pris ça pour de la drague. Peut être que ce qu'elle voyait lui plaisait. Je me suis donc décidé à aller lui rendre visite, un soir, après être rentré.
Elle était au troisième étage, et, selon ce que j'avais déduit, son appartement était celui au fond à droite. Comme je le pensais l'immeuble était vide. Finalement arrivé au troisième étage, j'ai rapidement trouvé son appartement. Je suis allé sonner, un peu anxieux, car je ne savais pas quel accueil elle allait me faire. Après tout, peut être que son sourire était moqueur, et qu'elle était là tous les soirs juste pour se foutre de ma gueule.

J'ai sonné plusieurs fois, sans réponse. J'allais partir quand j'ai remarqué que sa porte était entrouverte, et qu'une odeur pestilentielle s'échappait de l'appartement. Je suis entré en demandant s'il y avait quelqu'un, et on n'y voyait rien. Seul un rayon de lune  illuminait un petit peu le salon, par la fenêtre de celui ci. C'était la fenêtre par laquelle on apercevait mon jardin.
Devant celle ci se balançait quelque chose. Je n'arrivais pas à l'identifier jusqu'à ce que j'allume la lumière.

Je n'ai pas pu m’empêcher de crier quand j'ai finalement découvert ce que c'était.

C'était bien une femme que je voyais par sa fenêtre. Mais elle était morte, et se balançait au bout d'une corde. Son visage était déformé par la douleur, ce qui donnait l'impression qu'elle souriait.
J'ai tout de suite contacté la police, qui est arrivé très vite sur les lieux.

Quelques jours après, j'ai appris que cette femme était la dernière locataire de l'immeuble, et que les propriétaires avaient fait pression sur elle pour la jeter dehors, et qu'ils avaient réussi. Elle n'avait plus de famille, et on lui avait retiré la garde de ses enfants. Elle allait finir à la rue, et ne voulant pas de cette vie, elle avait mit fin à la sienne. Une triste et sordide histoire.

Finalement, ma belle inconnue souriante était en fait un cadavre moisissant. Et pour ma part, je n'irai plus jamais pisser dehors.


samedi 6 janvier 2018

Ouverture du Twitter CreepypastaFromTheCrypt !

Bonjour à tous !

Dans le but de promouvoir le Blog, nous avons décidé d'ouvrir un compte Twitter CFTC. Vous le trouverez ici :

https://twitter.com/CreepypastaFTC

Vous pourrez suivre les publications du blog et du Nécronomorial, et d'autres petites surprises :-) .

Si vous souhaitez nous aider à promouvoir le site, vous pouvez nous suivre, et, surtout, RT les publications !

A bientôt !

P.s : Nous cherchons toujours des correcteurs pour les textes du site. Pour plus de facilité, vous pouvez contacter Kamus sur le Discord, ou sur le forum.

vendredi 5 janvier 2018

Pari Perdant

Bonjour à vous, chers amateurs de frissons et d'étrange. Je viens vous parler d'une histoire qui m'a été contée il y a peu, s'étant passée le soir d'Halloween. Vous voyez, je travaille bénévolement pour le journal local. Une sorte de Mensuel qui parle un peu de la ville et de ses environs. En novembre, j'ai voulu interroger certains jeunes qui avaient, suite à un pari, passé une nuit dans une des maisons abandonnées de la ville, qui était réputée pour être hantée. Rien de plus cliché, je le sais bien. Mais le témoignage d'un de ces jeunes m'a paru si étrange, si réel, qu'il m'a été impossible de décerner le vrai du faux. Voici un extrait de mon article, qui a été refusé par mes supérieurs car "Pas assez sérieux". Vous pourrez y retrouver le témoignage en question, et vous serez ainsi en mesure de juger de la véracité de cette histoire :

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la fameuse maison hantée 

Le soir d'Halloween, ces 4 jeunes, Lucas, Lucie, Karim et Fred,  avaient annoncé sur Facebook qu'ils relevaient le défi  qui leur avaient été lancé par leurs amis : Rester toute une nuit dans une maison abandonnée de Saint Fargeau Ponthierry (77), un ancien restaurant laissé à l'abandon, réputé hanté.

Le statut Facebook posté le jour de leur défi


C’était une superstition locale, si bien qu'aucun riverain ne s'y aventurait. Les règles étaient : S'ils réussissaient à rester dans cette maison toute une nuit, sans jamais sortir, sans aucun moyen de contacter l’extérieur, alors ils n'auraient rien à payer pour leur prochaines vacances ensemble. De quoi bien motiver nos jeunes amis. Mais, malheureusement, ils ont perdu leur pari. Lucas, le plus jeune de la troupe, nous explique ce qu'il s'est passé ce soir là :

"On avait fait un pari avec nos potes, genre on devait rester dans cette maison jusqu'au lendemain, sans sortir, et sans téléphone. Si on réussissait, ils devraient nous payer nos billets d'avion pour partir en vacances. Comme on était pas du genre à flipper pour rien, on y est allé, persuadés de pouvoir partir gratis en vacances pour l'été prochain.

Du coup, on est parti dans cette petite ville de Seine et Marne, et on n'a pas eu à chercher longtemps pour trouver cette maison. Elle était vraiment ancienne et délabrée, et, franchement, elle n'aurait eu aucun mal à dissuader les personnes un peu plus sensibles à y entrer, et encore plus à y passer la nuit.


On avait pas le droit d'amener nos téléphones, du coup, on avait juste ramené des couvertures, nos lampes torches et de quoi boire et manger. Ça faisait belle lurette que l’électricité avait été coupée dans la maison, du coup impossible de ramener de quoi s'amuser. Même nos consoles portables étaient prohibées, car elles pouvaient aller sur internet.
Pour essayer de nous distraire, on avait emmené quelques bouquins et et des bandes dessinées, et Lucie avait fait quelques recherches sur cette maison. Ce qu'elle avait trouvé était vraiment glauque et surnaturel, et, pour rester dans l'ambiance d'Halloween, elle nous avait raconté l'histoire de la maison, et pourquoi elle était hantée.

C'était vraiment une histoire abracadabrantesque. Selon les articles qu'elle avait trouvé sur le net, cette maison avait été le repaire d'une secte. Il n'y avait pas plus d'infos sur celle ci, et on ignore si c'était des adorateurs de Satan, des adeptes du suicide de groupe ou des gens qui voulaient rencontrer les petits hommes verts. Ce n'est pas vraiment important, car ce qui l'est, c'est comment tout ça s'est fini : dans un bain de sang.

En effet, dans certains écrits et notes retrouvées dans la maison, il est état d'une créature qui a été invoquée par cette secte, et qui pouvait, toujours selon les notes, manipuler les souvenirs des gens et déformer leur réalité. Cette entité a alors usé de ses pouvoirs pour monter les membres de la secte les uns contre les autres.

Il se sont alors tous entre-tués, et cela pendant une nuit. Enfin, pas tous, car le gourou de leur secte a réussi à enfermer la créature dans la maison, à l'aide d'inscriptions marquées sur la porte, avec son propre sang. Il a ainsi pu s'enfuir pour raconter l'histoire et dissuader les habitants d'entrer dans cette maison, ou même de la détruire, car cela libérerait la bête.

Bien sûr, on a trouvé ça complètement débile, même pas digne d'un film de d'horreur de pacotille. Toujours est il qu'on est quand même allé vérifier sur la porte, et, effectivement, il y avait des inscriptions, dans un langage inconnu. On a évidemment pensé que ça avait été mis là uniquement pour donner du vrai à cette histoire, mais la suite de la nuit nous a fait penser le contraire.
En effet, vers 2h du matin, des événements troublants on commencé à avoir lieu. On entendait des cris venant de pièces vides, des rires venant du grenier... Puis on a tous commencé à halluciner.

Personnellement, en allant aux toilettes, j'ai entendu des bruits venant de la pièce à côté. Je suis donc allé voir, et j'y ai trouvé un spectacle macabre : Mes 4 amis, pendus au plafond par des cordes, éventrés. Leur boyaux étaient tombés sur le sol, mais ils étaient toujours vivants... Je m'en souviendrai toute ma vie... ils m'appelaient à l'aide, me demandaient pourquoi je leur avais fait ça.

Je me suis mis à crier, alors qu'une main se posait sur mon épaule.

C'était Fred, qui m'avait entendu depuis la pièce ou nous séjournions. Je me suis tourné vers lui en balbutiant, puis quand je me suis retourné une nouvelle fois vers la pièce ou ils étaient pendus, il n'y avait plus rien.

J'en ai parlé à mes amis, qui m'ont avoué qu'ils voyaient eux aussi des choses. Lucie avait vu d'énormes araignées sortir de la cuvette des toilettes. Fred avait vu les poupées de la chambre s'animer et lui dire qu'elles allaient le découper. Thomas s'était réveillé en trouvant ses jambes coupées, déposées soigneusement à coté de lui. Et Karim, quant à lui, avait vu par la fenêtre des centaines de morts-vivants encercler la maison.

Et le point commun entre ces histoires, c'est qu'après un court moment, tout était redevenu normal, comme si cela venait de notre imagination. Cela a continué toute la nuit durant, avec des hallucinations de plus en plus glauques, de plus en plus effrayantes. Jusqu’à ce que nous nous retrouvions tous à halluciner de la même chose, au point ou on se demandait si ce n’était pas réel : La maison était en flammes. Le feu avait déjà ravagé l'étage, et nous nous sommes retrouvés devant la porte d'entrée.
Nous avons alors décidé que tous ça ne valait pas le coup, que c'était trop , et nous avons voulu sortir. Seulement, la porte était bloquée. impossible de l'ouvrir. Sous la panique, nous l'avons défoncée, et nous sommes sortis.

Une fois dehors, on a pu constater que la maison n'était pas du tout en proie aux flammes. Ce n’était une fois de plus que notre imagination. Mais quelque chose me dit que c'est un mal pour un bien, et que nous avions bien fait de sortir de cette maison.

Nous avions perdu notre pari, mais nous étions contents d'être sortis vivants de cette horrible endroit, tous les 5"