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lundi 23 avril 2018

Le son du silence

Après une vie entière à avoir été sourd, mon meilleur ami a eu des implants auditifs. Quand il s'est réveillé de l'opération, nous nous tenions tous autour de lui. Sa femme a été la première à dire quelque chose. Il a entendu sa voix et a commencé à pleurer. Nous avons pris la parole chacun notre tour, le laissant entendre nos voix et nos noms, et à chaque mot que nous prononcions, il devenait plus émotif. Quand nous avons fini, le silence a rempli la pièce.

Il s'est tourné vers moi et m'a demandé quel était ce son. Ça m'a pris un moment pour comprendre ce qu'il entendait, et quand j'ai compris, je lui ai dit qu'il entendait le silence.

Il a secoué sa tête. "Ce n'est pas le silence, a-t-il dit lentement, tout en entendant sa propre voix pour la première fois. J'ai entendu le silence toute ma vie, et là c'est différent."

Un son est parvenu de l'extérieur de la chambre d'hôpital, il s'est alors redressé immédiatement. "Ce n'est pas ça le silence ?"

Nous avons tous échangé un regard inquiet à travers la pièce avant que je ne parle. "Non, ai-je dit doucement. C'était le son d'une personne qui hurle."

Traduction : Mushroom


vendredi 20 avril 2018

Près de la rivière sans nom

Je vais encore vous raconter une creepypasta yakoute. Elle est un peu inhabituelle pour le folklore local, car les esprits maléfiques (les « abassy ») ne sont en général pas décrits comme des êtres faisant totalement partie du plan physique, leur aspect est habituellement vague ou ils apparaissent sous forme de silhouettes, ils se cachent dans l’obscurité ou bien leur visage reste indiscernable, ils apparaissent brusquement puis disparaissent aussi sec, etc. Comme dans les pastas précédentes, quoi. Néanmoins, beaucoup de gens aiment la raconter au coin du feu, et il y a même des écrivains locaux qui s’en sont inspirés pour écrire leurs récits.

L’histoire concerne à nouveau deux frères. L’aîné avait pas loin de 30 ans et le cadet avait cinq ans de moins. Ils étaient tous deux chasseurs et étaient partis braconner en automne dans un trou paumé, là où le gibier ne craignait pas encore l’homme. Ils n’en étaient pas à leur première expédition lointaine ensemble, si bien qu’ils avaient déjà l’habitude, ils ne se faisaient aucun souci, tout était sous contrôle, la forêt, c’était leur chez-eux. Ils avaient établi leur campement non loin d’une rivière sans nom dans les bois, avaient rapidement construit une cahute temporaire, allumé un feu, nourri l’esprit du feu (et, à travers lui, tous les esprits des alentours) selon la stricte tradition locale avec de la bouffe et de l’alcool, afin d’obtenir leur protection, puis ils s’étaient mis en chasse. Le gibier était abondant, après deux ou trois jours ils avaient un bon butin et ils se frottaient les mains en pensant à toute l’oseille qu’ils allaient se faire en revendant tout au marché noir (l’histoire se passe bien évidemment pendant la période soviétique [NdT : plus précisément vers les années 80-90, pendant lesquelles la misère était grande et le marché noir un moyen d’y remédier]).

Vers le quatrième ou le cinquième jour, la neige a commencé à tomber. Les deux frères étaient dans leur cahute après la chasse et dînaient en parlant de tout et de rien, le feu crépitait, il faisait bon à l’intérieur et ils avaient le ventre bien rempli, quand soudain le son de quelqu’un marchant de l’autre côté du mur s’est fait entendre. Le bruit des pas dans la neige fraîche était net. Ils ont d’abord porté la main à leur fusil : et si c’était un ours ? Mais non, les pas étaient définitivement humains, ils se dirigeaient vers la porte, puis une voix féminine s’est élevée : « Brr, quel froid ! » Là-dessus, les deux frères sont restés cois. Pendant ce temps, la porte s’est ouverte et a laissé entrer une magnifique jeune femme emmitouflée dans de beaux vêtements (certes un peu démodés pour l’Union Soviétique, mais la mode n’a aucune importance dans la forêt, l’important étant de se tenir au chaud). En voyant les deux frères, elle a déclaré joyeusement qu’elle était la fille d’un habitant d’un village peu éloigné, qu’elle était partie se promener en forêt et s’était perdue, qu’elle avait erré toute la journée et pensait déjà que c’était la fin pour elle, et qu’elle avait alors aperçu la cabane et le feu à l’intérieur et était donc entrée.

Les deux frères se sont jeté un regard. Ils connaissaient bien l’endroit, et il n’y avait pas le moindre patelin à trois cents kilomètres à la ronde. Mais la jeune femme était bien réelle, toute grelottante de froid et, en bons gentlemen qu’ils étaient, ils lui ont donc courtoisement fait une place à table, en lui servant du thé et de la soupe. Elle a tout avalé avec reconnaissance et a commencé à parler d’elle, comme elle avait peur, comme elle leur était redevable, etc. Le frère aîné hochait de la tête, en revanche le cadet, qui faisait bien moins confiance au hasard, observait leur hôte d’un air suspicieux. Lorsque l’occasion s’est présentée, il a prétexté une envie pressante pour sortir de la cabane. Il faisait déjà sombre, mais on y voyait encore quelque chose. Les traces de pas de la jeune femme étaient encore visibles sur la neige fraîche. Le jeune frère les a suivies pour voir que la piste s’interrompait sur la berge de la rivière. Mais la rivière n’était pas gelée : si la jeune femme l’avait traversée en nageant, elle aurait dû être trempée. Ses doutes se sont renforcés, tandis qu’il se rappelait de toutes sortes de légendes incompréhensibles à propos de chasseurs et d’esprits maléfiques infernaux vivant dans les profondeurs de la forêt, quoiqu’on décrivait ces derniers dans les récits comme foutrement grands, à côté d’eux les petits abassys en tous genres ne sont rien d’autre que du menu fretin. Bref, le gars a donc décidé de faire discrètement part de ses observations à son frangin et d’agir ensuite selon ce qui se passerait.

En revenant à la cabane, il s’est aperçu qu’une bouteille avait déjà été ouverte, que son frère flirtait allègrement avec leur hôte, ça se voyait que son cerveau avait arrêté de fonctionner et que son pénis avait pris le relai. Mais ça pouvait se comprendre : il n’était pas marié, la jeune femme était vraiment très attirante, et elle n’avait en plus pas l’air d’être contre. Le cadet a essayé de s’incruster dans leur discussion en prétextant que leur matériel de chasse allait être trempé sous la neige et qu’il faudrait le ranger, mais il n’a eu pour seule réponse qu’un regard de son frère signifiant clairement qu’il pouvait aller se faire foutre, et la femme s’est alors mise à le regarder avec un air si assassin, presque inhumain, que ça lui a flanqué la trouille et qu’il est reparti dans son coin. Il est resté assis avec un air sombre tandis que les deux autres se chauffaient de plus en plus. Mais il a tout de même réussi à attraper son frère alors qu’il était sorti un instant, juste avant de passer aux choses sérieuses. Il a alors essayé de tout lui raconter, les traces, le regard qui l’avait fait flipper, de lui montrer que toute cette histoire ne tenait pas debout, mais l’aîné ne pensait plus qu’à sa partie de jambe en l’air, sans compter qu’il était complètement bourré, et n’a rien voulu entendre. Finalement, ce dernier l’a collé contre le mur de la cahute et lui a promis une bonne branlée s’il s’avisait de tout gâcher. Le cadet en est resté sur le cul, jamais son frère ne lui avait parlé de cette façon, même après trois jours de biture.

Du coup, le petit couple est allé s’installer dans un coin de la cabane et s’est planqué derrière un paravent. Ils ont étouffé le feu, tandis que l’autre frère était allongé dans le coin opposé, écoutant attentivement ce qui se passait et broyant du noir, tout en gardant son fusil chargé avec deux balles sous la couette, des fois que. Les deux autres ont continué leur affaire, tout avait l’air de bien se passer, et le sommeil l’a peu à peu emporté.

Il s’est réveillé pendant la nuit à cause d’un bruit de raclement. Les braises du feu n’étant pas encore totalement éteinte, il n’avait pas dû s’écouler beaucoup de temps. L’étrange raclement venait de toute évidence de là où le couple était installé, et chaque raclement était suivi tantôt d’un gémissement, tantôt d’une plainte à peine audible de son frère. Le cadet a sauté hors du lit et s’est rué dans leur coin l’arme à la main. Repoussant le paravent d’une main et tenant son fusil chargé de l’autre, il a alors vu, dans l’obscurité, une silhouette sombre qui n’avait rien d’une femme à califourchon sur son frère, avec des yeux jaunes brûlant d’un feu ardent occupant bien la moitié de sa tête, en train de lui bouffer le cou. Le son provenait du raclement de ses dents contre les vertèbres. Le pauvre homme gémissait faiblement.

Le cadet, devant cette scène, a bien failli tomber dans les pommes, mais a quand même réussi à coller une balle à bout portant entre les deux yeux de la bestiole. Un glapissement a retenti et la créature a lâché sa proie, se traînant vers la sortie (certaines personnes ajoutent à ce moment du récit qu’elle aurait dit « j’aurais dû te faire la peau en premier »). Là-dessus, le jeune frère lui a tiré un deuxième coup de fusil, et la saloperie s’est enfuie de la cabane en hurlant une nouvelle fois et en défonçant la porte. Le cadet est alors allé remuer les braises avec précipitation pour faire de la lumière, puis est revenu se pencher sur son frère, mais il était déjà trop tard : ses yeux s’étaient fermés, sa gorge était en lambeau, le lit était couvert de sang. Ce qui était étrange, c’est qu’il n’a trouvé aucune trace de sang sur le sol ou près de la porte, pas plus que dans la neige à l’extérieur, malgré les deux balles qu’il avait tirées sur le monstre.

Lorsque le jour s’est levé, le cadet est parti pour le lieu habité le plus proche sans attendre. Il est revenu plus tard avec quelques autres gars pour récupérer le cadavre de son frère et démonter la cahute. C’est à partir de ce moment qu’on a commencé à appeler cette rivière l’Abassy-Yourègè (la rivière aux esprits maléfiques) et qu’on a arrêté de traîner dans les environs.

D’ailleurs, dans mon village il y a un mec qui assure que l’Abassy-Yourègè se trouve dans l’oulous Aldansky, qu’il y a été quelques fois et qu’il a même passé une nuit juste à côté, et que rien ne lui est jamais arrivé. Mais c’est sûrement pour se foutre de nous.
Traduction : Magnosa et Joy Weber


Suivante

lundi 16 avril 2018

BDSM

Cela faisait quelques années que j'étais en couple avec Marc. Au début, quand on s'est installés ensemble après 2 ans de relation, c'était vraiment bien. On avait les mêmes centres d’intérêt, ce qui aide beaucoup dans un couple. On vivait notre vie à cent à l'heure, on jouait ensemble aux jeux vidéos, on s'écrivait des mots d'amour, on se disait des "je t'aime" tous les jours, on s'envoyait en l'air tous les soirs ! C'était vraiment une époque formidable, puis est venue la routine; les "je t'aime" se sont transformés en "tu as acheté du pain ?", on jouait de notre côté, il passait ses soirées sur son ordinateur pendant que je regardais la télé toute seule. Même au niveau du sexe, on est passé d'une relation tous les jours à une par semaine. Et encore, c'était pas génial : il n'y avait plus d'envie, plus de passion. Notre couple battait de l'aile, alors j'ai pensé à quelque chose pour pimenter nos ébats sexuels : rien de tel que de retrouver notre fougue au lit pour donner un coup de fouet à notre relation.


Cette idée m'est venue après avoir vu un film au cinéma. Beaucoup de femmes ont dû avoir la même idée en le voyant à vrai dire, je veux parler de "50 nuances de Grey". Vous connaissez sûrement ce film, mais si je devais vous le résumer en quelques mots ça serait Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadisme et Masochisme (BDSM). Généralement on parle de Sadomasochisme.


Donc, j'ai proposé l'idée à Marc qui a plusieurs fois décliné mon offre avant de finalement accepter pour "tester" si ça pouvait lui plaire. Il faut dire que c’était une vraie chochotte alors l'idée de recevoir des coups de cravache ne lui plaisait pas trop.


On a donc fait une session d’essai, on a pas voulu faire trop hard dès le départ alors on a juste essayé de se donner des fessées pendant les ébats, des coups de fouets par là, des insultes par ici. Rien de bien méchant, mais, contrairement à toute attente, il avait adoré. Je ne l'avais jamais vu aussi excité que cette nuit-là.
L'essai étant concluant, nous avons continué cette pratique mais de plus en plus hardcore : les coups de cravache, les combinaisons en latex, la cire chaude sur le corps, les cordes... on a tout essayé. On a même essayé la strangulation érotique mais malgré les résultats je vous le déconseille vivement, c'est très dangereux. Si vous ne me croyez pas, recherchez sur Google ce qui est arrivé à David Carradine, l'acteur qui jouait Bill dans « Kill Bill », allez-y.


Bref, cela avait vraiment ravivé notre couple, la routine avait disparue et on s'était même surpris à nous dire des "je t'aime" comme avant : c'était reparti de plus belle.
Mais niveau sexuel, on continuait de chercher de nouvelles choses à faire. C'est là que je lui ai proposé un nouveau jeu : simuler un enlèvement.  Je lui ai dit que ça m’exciterait terriblement de me faire enlever et qu'on pourrait mettre ça en scène.


Il avait formidablement joué son rôle de kidnappeur : un soir, alors que je rentrais du boulot, quelqu'un m'a attrapée et m'a mis la main sur la bouche avec un couteau sous la gorge. Il m'a ensuite emmenée vers sa voiture et m'a enfermée dans le coffre de celle-ci. Je pensais bien qu'il s'agissait de Marc mais je n'avais aucun moyen d'en être sûre et je n'avais jamais vu cette voiture avant. L'idée que ce soit un vrai enlèvement m'avait traversé l'esprit, et je vous avoue que ça m'avait drôlement excitée.


Après quelques dizaines de minutes bâillonnée dans le coffre, j'ai été soulagée de voir qu'on était dans le garage de notre maison en sortant de la voiture. Marc avait ouvert le coffre, tout sourire. Il était même allé jusqu'à louer une voiture pour pousser le jeu à l’extrême ! Mais ça avait marché : l'excitation était bien réelle et plus intense que jamais.
Il a recommencé ce jeu deux ou trois fois avant que je lui propose d'inverser les rôles. Il était dubitatif quant à ma capacité à le kidnapper, mais il n'attendait que ça.
Du coup, un soir, je l'ai attendu à la sortie de son travail, et comme je ne suis pas assez forte pour le maîtriser, je l'ai assommé à l'aide d'une matraque qu'on utilisait pour nos jeux coquins. C'était assez violent mais moi aussi j'aime pousser le réalisme jusqu'à l’extrême. Je l'ai ensuite traîné jusqu'à la voiture que j'avais également louée. Il était de nouveau conscient au moment où j'ai refermé le coffre, il souriait d’extase et on voyait même qu'il était en train d’apprécier ce moment, au vu de la bosse au niveau de son entrejambe.


S'il avait su...


J'ai roulé pendant quelques heures en direction d'un grand parc dans le département voisin. Il commençait à faire nuit alors je me suis dépêchée pendant qu'on pouvait encore y voir quelque chose.  Une fois dans le parc, j'ai garé ma voiture dans un coin perdu de celui-ci où j'avais creusé deux grands trous la veille.
Une pour Marc, et une pour la pute qu'il baisait depuis six mois. Six mois à jouer le jeu, six mois à prétendre que j'aimais me faire fouetter pendant le sexe, six mois pour préparer ce moment.
Il ne se séparait jamais de son téléphone, il pensait être à l'abri. Mais ce qu'il ignorait, c'est que son historique de sites visités apparaissait sur chaque appareil lié à son compte Google. C'est sur notre ordinateur que j'ai pu découvrir sa liaison via un site de rencontre. Il ne me fallait plus que trouver son mot de passe, ce qui était chose facile vu qu'il utilisait le même partout. À partir de là, il me fallait un plan pour qu'il se laisse faire et qu'il se laisse mener tout droit dans sa tombe, sans rien dire.


Lui qui était toujours en quête de sensations fortes, j’espère bien que le fait d'être enterré vivant l'a fait bander."



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Interview donnée par Marie M, condamnée à perpétuité pour le double meurtre de son concubin et de son amante.

vendredi 13 avril 2018

Le dîner de C

Ça s'est passé il y a quelques années, je devais avoir dans la trentaine. J'avais un film préféré, "le dîner de cons" . J'étais vraiment fasciné par ce film. Si vous ne le connaissez pas, allez le voir. L'histoire est assez simple :  chaque mercredi, un "dîner de cons" est organisé : chaque membre amène avec lui un "con", intarissable sur un sujet précis, qu'il a déniché au hasard. Ensuite, les organisateurs se moquent des "cons" toute la soirée sans que ces derniers ne s'en rendent compte. À l'issue du repas, on choisit le champion.


Bref, j'avais revu le film au moins 15 fois, si bien qu'une idée m’étais venu en tête : il fallait absolument que je participe à un de ces dîners, en vrai. En tant que membre, bien sur, pas en tant que con. Ça devait forcément exister. J'ai alors fouillé le net à la recherche d'éléments qui pourraient m'indiquer où participer à ce genre d’événements. Et après quelques jours de recherche, je suis finalement parvenu à trouver un forum composé de gens qui partageaient mon amour pour ce film. Et cerise sur le gâteau : ils prévoyaient d'organiser un "Dîner de C". Malgré le dernier mot incomplet, censuré je pense, car c’était quand même une insulte, j'ai compris que c’était ce que je recherchais. Un vrai dîner de cons.


On devait alors s'inscrire à ce dîner, tout en précisant le nom du "con" qui nous accompagnerait. Et c'était là le problème : je connaissais beaucoup de gens stupides, mais aucun n'avait le niveau d'un François Pignon. Ils étaient cons, mais ce n’étaient pas des champions. Le forum avait pensé à ceux qui n'avaient pas dans leurs connaissances de "cons" de compétition, et avait mis à disposition des "cons" notoires, repérés par les autres membres du forum. Il y avait une petite liste par départements. J'ai alors utilisé cette liste et pris l'initiative de prendre contact avec l'un des "cons" du coin.


Il s'appelait Jean-Philippe et tenait un petit site où il faisait profiter les gens de sa passion : les balles de ping-pong décorées. Il en avait toute une collection, qu'il montrait fièrement sur les pages de son site. Des petites balles de ping-pong de toutes les couleurs, avec des visages dessinés au marqueur, et des petites perruques.


C’était vraiment pathétique. Ce mec devait vraiment être un gros con, assez pour que je l'amène avec moi au dîner. Un vrai François Pignon en devenir.


Je lui ai envoyé un mail, lui disant que moi aussi, j'adorais peindre des balles de ping-pong, et que je connaissais même d'autres gens avec la même passion. Et ce con avait tout gobé, il était même très enthousiaste à l'idée de rencontrer des gens comme lui, avec la même passion. On a commencé par se voir autour d'un verre, pour discuter de balles de ping-pong. Puis il m'a invité chez lui pour me montrer sa collection. Bien sûr, moi, j'en avais rien à carrer de ses balles, mais je jouais le jeu. Jusqu'au jour où je l'ai invité à ce dîner, lui disant que c’était un dîner entre gens qui adoraient peindre les balles de ping-pong, et que tout le monde voulait voir ses meilleures œuvres. Il a accepté de suite sans réfléchir.


Le jour J, je me suis présenté à l'endroit indiqué, avec Jean-Philippe. La soirée se passait dans une cave, à l'abri des regards. J'avais eu du mal à trouver, tant c'était bien caché. Une fois sur place, j'ai fait connaissance avec les autres membres, qui eux aussi avaient trouvé ce forum en voulant participer à un dîner de cons. Et, comme moi, ils ne connaissaient pas de cons intéressants, alors ils avaient utilisé la liste donnée. Comme quoi, c’était vraiment pratique.


On a parlé un peu entre nous, pendant que les cons qu'on avait emmenés discutaient entre eux. On n'a pas attendu le dîner pour se foutre allègrement de leur gueule. Avec ce que me disaient les autres membres à propos de leur Cons, ça promettait vraiment une soirée spectaculaire. Ils étaient tous vraiment à la hauteur du personnage du film. Des vrais cons de compétition.


Le dîner a ensuite commencé. Un des cons amenés par les autres membres était un passionné de vin blanc fruité. Il avait emmené une bouteille, aromatisée à la pêche. Il y a beaucoup de gens passionnés de vin, mais généralement, ils aiment le bon vin, pas le vin blanc acheté à Lidl pour 5 euros. Bref, c’était complètement con comme passion. Pour fêter la soirée, il a servi un verre de vin à tout le monde, et semblait extrêmement excité à l'idée que les autres boivent son vin et lui en disent des nouvelles. On a tous levé notre verre, et on a bu. Enfin, tous, sauf moi. Je détestais le vin, et j'avais en horreur par dessus tout le vin blanc, aromatisé ou non. J'ai donc porté le vin à ma bouche, et j'ai fait semblant de boire. J'ai ensuite tout recraché discrètement dans le pot de fleur à coté, même si j'en avais avalé un petit peu, ce qui m'a laissé un goût affreux dans la bouche.


Le dîner s'est alors déroulé normalement, les "cons" présentant à tour de rôle leur passion, toutes aussi ridicules les unes que les autres. De notre côté, les membre du forum, on s’efforçait de ne pas rire aux éclats. Mais c’était vraiment difficile, notamment car j'avais la tête qui tournait, ce qui était bizarre car j'avais pratiquement recraché tout le vin. Je ne pouvais pas être saoul !


Quelques minutes après, j'ai vu les autres membres tomber face contre table, les uns après les autres. Je me suis alors dit que le vin devait être bien fort pour produire cet effet. Après tout, j’étais patraque, même avec la minuscule portion que j'avais bue.


Plus tard, j'ai compris que ce n’était pas le vin qui avait produit cet effet, quand un des cons s’est levé, et a annoncé :


"Je déclare le dîner de cannibales ouvert ! À table, tout le monde."


Les soi-disant cons ont alors commencé à montrer leur vrai visage. L'un deux, avec un couteau, a commencé à tailler un bout du visage d'un membre du forum, et l'a ensuite avalé tout cru. D'autres ont commencé à ouvrir le ventre des membres pour en extraire les organes, avant de les emmener vers la cuisine, qui était toute proche.
Quant à moi, qui n'étais pas complètement sous l'effet du vin, qui devait sûrement contenir un puissant sédatif, je pouvais voir mon "con", Jean-Philippe, me regarder avec envie. Il lorgnait sur moi comme un homme n'ayant pas mangé depuis plusieurs jours regarderait un bon steak saignant.
J'ai alors compris que ce forum n’était qu'un leurre, pour nous pousser à venir dans cette cave. Que la liste des "cons" n’était en fait qu'une liste de cannibale, attendant de se faire contacter par leur prochain dîner.


Dans ce dîner, les cons, c’était nous, pas eux.


Dans mon malheur, il y avait une bonne nouvelle. C'était le fait que je n'avais pas bu le vin qu'ils nous avaient proposé. Et donc, que je n'étais pas complètement drogué.
Jean-Philippe s’est saisi d'un couteau mais, avant qu'il ne l'utilise, je lui ai donné un grand coup de poing dans la mâchoire, le mettant presque K-O. Ces années de boxe m'avaient enfin été utiles. Je me suis ensuite enfui à toutes jambes, profitant du fait que les autres étaient soit en train de manger, soit en train de cuisiner des bouts de chair.


J'ai couru le plus vite possible jusqu'à apercevoir quelqu'un, qui m'a indiqué le poste de police le plus proche. Eh oui, à l'époque, je n'avais pas de portable. J'ai expliqué l'histoire aux autorités locales, et je les ai menées vers l'endroit où s’était déroulé le dîner.


Sur place, ils ont bien retrouvé les cadavres de tous les autres membres qui avaient emmené un con, la plupart taillés en pièces et à demi dévorés. Mais aucune trace des cons.
Après enquête, ils n'ont jamais pu remonter la piste des cannibales. Le forum, qui avait été fermé entre-temps, ne menait qu'à l'un d'entre eux, qui l'avait créé et l'animait seul depuis un cybercafé, où il n'avait jamais donné son vrai nom.


L'appartement de Jean-Philippe, qui ne devait pas être son vrai nom d'ailleurs, était complètement vide. Il avait squatté un appartement vide et changé les serrures, pour rendre son histoire plus vraie. Ces cannibales nous avaient vraiment roulés dans la farine.


Après cette histoire, j'ai déménagé, espérant que ces gens ne me retrouveraient pas. Moi qui voulais tant me moquer de gens pas très intelligents, j'avais finalement été piégé facilement par l'un d'entre eux. J'avais vraiment été con.


 Si un jour je me fais inviter à un dîner par l'un de mes amis, je ne serai pas surpris.


lundi 9 avril 2018

Les excroissances

Je me souviens les avoir depuis mon enfance.
Je me souviens d'avoir été incroyablement gêné à leur sujet, les cachant dans mes poches sous des livres et des sacs. Les enfants à l'école ne m'ont jamais rien dit, mais je savais qu'ils riaient derrière mon dos.


Je me souviens d'avoir demandé à mes parents de m'emmener chez le médecin, de les faire vérifier. Les excroissances sur mes mains se voyaient comme le nez au milieu de la figure, mais ils disaient juste que je j'allais bien et changeaient de sujet.
Mais je savais que c’était faux.


J'ai essayé de les enlever étant enfant, mais sans succès. Ciseaux, couteaux, éplucheurs de pommes de terre ; j'ai tout essayé, mais c’était peine perdue : la douleur stoppait net toute tentative.
Mais aujourd'hui, c'était différent. C'est incroyable à quel point on peut être engourdi avec quelques garrots et une bouteille de Jack Daniels. Au début, j'avais l'intention d'utiliser un couteau bien aiguisé, mais j'ai pensé que tenter de trancher la chair des excroissances serait trop ardu dans mon état d'ivresse. J'ai opté pour le plan B, légèrement plus moderne.
Je devais me dépêcher cependant. J'étais déjà assez étourdi et commençais à perdre connaissance. Mes mains et mes avant-bras, presque bleus par manque de circulation sanguine, ne pouvaient pas non plus attendre trop longtemps. Le vrombissement du mixeur m'a aidé à me mettre dans une sorte de transe, et de ce fait j'étais prêt à faire ce que j'avais envie de faire depuis le jour ou j'avais posé mes yeux sur ces horribles malformations.


J'ai avancé ma main gauche en premier. La sensation immédiate de lames aiguisées qui tranchaient à travers la chair était discordante, mais j'étais surpris de voir à quel point l'alcool fonctionnait bien. Je m'attendais à ce que ça fasse plus mal. Je pouvais entendre le métal tranchant barbouiller et couper, fonctionnant parfaitement comme prévu. J'ai appuyé ma main plus fort. Tous ces mauvais souvenirs, tous ces embarras, toutes ces horribles choses n'étaient plus qu'une bouillie rouge et épaisse.
Quittant ce doux sentiment d'extase, je me suis retiré avant que les lames ne touchent la jointure. J'ai souri en contemplant ma nouvelle main.


Quant aux excroissances, déjà 5 de faites. Plus que 5.

Traduction : Kamus

Source :  http://www.creepypasta.org/creepypasta/the-growths

lundi 2 avril 2018

De l'argent facile

Voilà la deuxième histoire. Elle se déroule vers les années 60. Un imbécile avait quitté Yakoutsk pour se rendre dans l'oulous d'Amginsky (un Russe, pas un Yakoute [NdT : en Russie, il y a plus d'une centaine d'ethnies différentes qui ont toutes sur leur passeport la nationalité russe, ici, comme souvent d'ailleurs, il s'agit donc un Russe ethnique]). De nos jours, on pourrait le désigner en tant que chômeur [NdT : rappel, sous le communisme, le chômage n'existait pas, il n'y avait par conséquent aucun mot pour ce concept !]. Il était allé à Amga chez un pote qui lui avait promis de lui trouver une place dans son kolkhoz, car il n'avait pu se faire employer en ville et avait perdu tout son argent dans des jeux de hasard. Quelqu'un l'avait transporté sur son chemin jusqu'à un certain point, puis il avait continué à pieds tout droit sur une route étroite. L'été n'était pas encore arrivé, il n'y avait pas de moustiques, il faisait bon et la lumière n'avait pas encore disparu, notre homme avait dans son sac de quoi manger et boire : en gros, tout allait bien. Il marchait tranquillement quand il a aperçu près d'une clairière un grand arbre noueux recouvert de petits papiers de différentes couleurs. Bien évidemment, il ne comprenait pas de quoi il s'agissait [NdT : car c'est un Russe et non un Yakoute]. L'arbre l'a amusé au début, puis, en regardant mieux, il s'est aperçu que sous l'arbre ainsi que dans se branches se trouvaient des tas de pièces de monnaie et même des billets. Ni une, ni deux, il s'est emparé de la totalité (devenant ainsi propriétaire d'une coquette somme), l'a fourrée dans ses poches et a poursuivi son chemin d'humeur joyeuse. Alors que le soir approchait, il s'est installé dans une clairière dans laquelle se trouvait une maison de vacances inhabitée. Il a mis sa veste en guise de drap sur le châlit, bu sa vodka et est parti se coucher.

Il n'a cependant pas réussi à s'endormir, sentant que quelqu'un lui tirait la jambe. Il a d'abord essayé de continuer à essayer de dormir, mais on lui tirait la jambe de plus en plus fort. Il s'est alors brusquement levé et a regardé autour de lui. Pourtant, rien : seule la nuit d'été emplissait la maison ainsi que la clairière. L'homme s'est donc de nouveau allongé, et alors qu'il commençait à s'assoupir, on lui a de nouveau tiré la jambe. Cette fois, il s'est levé en jurant et est sorti de la maison en trombe pour inspecter le cercle, mais toujours personne. Notre homme était trop endormi pour ressentir la peur. Il est de nouveau retourné se coucher, changeant de position. Pendant longtemps, il n'a pas réussi à fermer l'oeil, mais au bout d'un moment, il a fini par trouver le sommeil. On lui a alors tiré la jambe si fort qu'il est tombé du châlit et a été traîné un peu plus loin sur le sol. Mais une fois de plus, lorsqu'il a ouvert les yeux, il n'y avait personne.

Toute la nuit s'est poursuivie ainsi : l'homme essayait de s'endormir, mais quelqu'un l'en empêchait. Enfin, vers le matin, après une énième fois, il a ouvert les yeux par habitude et s'est relevé, et c'est là, dans la pénombre, qu'il a vu la silhouette noire d'un homme gigantesque à la stature imposante penché sur lui et le tenant par la jambe. Ses nerfs ne l'ont pas supporté : il s'est levé d'un bond en hurlant, est sorti de la maison en courant et s'est précipité là où ses jambes le menaient. Il s'est aperçu seulement après qu'il avait oublié son sac dans le bâtiment, mais il n'a pas réussi à trouver assez de courage pour y retourner. Sa course folle s'est poursuivie toute la matinée, jusqu'à ce qu'il atteigne un village où il a frappé à la première porte et a raconté sa mésaventure. On lui a conseillé de repartir dans l'autre sens et de remettre l'argent là où il l'avait trouvé, sur l'arbre. Il s'est alors souvenu qu'il l'avait mis dans ses poches, y a fourré ses mains, mais n'y a trouvé qu'un trou : tout était tombé à travers alors qu'il s'enfuyait. Il était donc bien évidemment hors de question de revenir sur ses pas, et il a poursuivi sa route vers Amga avec quelqu'un du village.


Traduction : Magnosa



vendredi 30 mars 2018

Keryakh

À propos, malgré la quantité d'esprits en tous genres dans la nature, il n'existe aucun concept pouvant se rapprocher de celui du Liéchi [NdT : en russe, le terme est un adjectif voulant simplement dire "sylvain"]dans les croyances yakoutes. Il y a Bayanay, l'esprit protecteur de la chasse, et l'on raconte qu'il est possible de le rencontrer en forêt (il y a une tonne de légendes à ce sujet), mais sa description ne correspond pas vraiment à celle du Liéchi, et il possède un rang plus élevé. Le mot "sylvain" ("tyhataagy") était utilisé en Yakoutie pour parler des ours. Il est possible que le concept du Liéchi ne soit tout simplement pas utile à leur mythologie, étant donné que tous les endroits, chaque recoin de la forêt, la moindre montagne, le moindre étang,... Tout possède un esprit protecteur correspondant. Il faut préciser qu'ils ont par essence un sale caractère, et qu'ils peuvent sévèrement punir le voyageur qui ne respecte pas les règles de l'endroit où il se trouve. Parfois même physiquement.

Il est par exemple strictement interdit, en Yakoutie, de prononcer à voix haute le nom d'un endroit inhabité si l'on s'y trouve pour la première fois. On dit qu'il s'agit d'une grave insulte envers l'esprit protecteur de ce lieu. Vous trouvez sans doute ça drôle, mais quand j'étais petit, mes parents ont bien failli m'en coller une bonne pendant un trajet car je n'arrêtais pas de lire les panneaux de signalisation portant le nom d'un endroit. Même de nos jours, il s'agit d'une règle d'or. Si vous l'enfreignez, tout le monde vous regardera bizarrement. Je me serais d'ailleurs sans doute moi-même regardé bizarrement. C'est une chose que de se moquer des campagnards un peu idiots, assis bien confortablement dans son appartement ; c'en est une autre lorsqu'on est à trois cents kilomètres de toute civilisation, dans le fin fond d'une forêt infernale, et que tout peut arriver. Enfin voilà.

Bref, les prochaines histoires qui seront publiées auront trait à des cas de transgression de règles de ce genre.

Lorsque l'on se rend sur un lieu considéré comme particulièrement saint en Yakoutie, les routes sont bordées d'arbres auxquels sont accrochés d'innombrables petits objets brillants sans valeur, des pièces de monnaie et même des billets. On en trouve beaucoup sur les routes, j'en ai moi-même vu cinq au cours de ma vie. On les appelles les keryakh, les arbres sacrés. Si l'on veut qu'aucune force inconnue ne s'en prenne à nous lorsque l'on traverse ce genre d'endroit, il faut payer la taxe et laisser sur l'arbre un petit objet brillant, une pièce ou un billet. En soi, cette règle n'est plus tellement suivie de nos jours, même si l'on ne laisse rien, l'absence de paiement n'entraîne aucune conséquence. En revanche, si l'on abîme l'arbre ou, pire, si l'on vole quelques "cadeaux", c'est la fin, il n'y a plus qu'à s'attendre au déchaînement des forces de ce lieu.

La première histoire se déroule vers la fin de la période soviétique, probablement dans les années 80. Un certain patron du centre du raïon, appelons-le Nikolaï, était parti en visite dans un raïon voisin à bord d'une GAZ de fonction [NdT : encore une marque de voiture, celle-ci connue notamment pour ses tout-terrains ressemblant beaucoup aux modèles que la marque fournit à l'armée] avec son chauffeur, que nous appellerons Ivan. C'était l'hiver, ils avaient roulé pendant longtemps, et la nuit était tombée avant qu'ils n'atteignent la ville. Ils avaient profité d'être arrivés dans une clairière pour sortir se dégourdir les jambes, et y avaient trouvé un de ces fameux arbres. Ils savaient bien évidemment de quoi il s'agissait, mais ils ne se sont pas pliés à la coutume et, pour une raison qui m'échappe, le conducteur a décidé de faire la petite commission sur les racines de l'arbre. Puis ils sont retournés à la voiture et ont poursuivi leur chemin en bavardant de tout et de rien, entourés par les ténèbres au point que la route enneigée n'était visible que dans le cercle de lumière que formaient les phares.

Soudain, le chauffeur s'est aperçu que le bruit provenant du moteur de la GAZ avait brutalement changé et qu'elle commençait à perdre de la vitesse. Il a enfoncé l'accélérateur, le moteur a rugi, mais le véhicule arrivait malgré tout à peine à se traîner. C'est à ce moment que Nikolaï lui a demandé ce qui s'était mis à dégager une odeur de charogne dans la cabine. Ivan a haussé les épaules, puis plus tard a jeté un oeil derrière lui pour s'apercevoir qu'au milieu de la banquette arrière se trouvait un Yakoute décharné, vêtu d'une vieille fourrure en lambeaux, et qu'il le regardait d'un air mauvais. La terreur a figé Ivan qui s'est rappelé ce qu'il avait fait près de l'arbre, puis il a recommencé à regarder droit devant lui, vers la route. Pendant ce bref instant, il avait continué à conduire tout droit, comme s'il avait été en pilote automatique.

Son patron lui a demandé quel était le problème, mais il a seulement fait un signe de la tête vers l'arrière, ne pouvant plus articuler le moindre mot. Nikolaï s'est retourné et s'est tu. La puanteur s'est accentuée, la voiture se traînait comme une tortue, comme si le passager de la banquette arrière pesait plusieurs centaines de kilos, les deux hommes étaient pâles comme des linges, mais ils ne voulaient surtout pas arrêter la voiture au milieu d'une clairière abandonnée. Ils ont poursuivi leur chemin un moment comme ça. Puis le chauffeur a lancé un regard dans le rétroviseur, mais il n'y a rien vu, il n'y avait que le siège arrière. Cependant, il n'a pu s'empêcher de se retourner, l'odeur lui emplissant les narines étant si forte qu'il lui aurait semblé que le passager arrière était mort et avait été laissé là pendant deux semaines, et a de nouveau senti sur lui le regard acéré des yeux enfoncés. La peur montait en lui alors qu'il se remettait à regarder la route, abandonnant l'idée de se retourner encore une fois.

Le chemin s'est poursuivi ainsi pendant une heure avant qu'ils n'arrivent au premier endroit habité. Alors que les lumières des maisons se rapprochaient, le conducteur a senti que la voiture commençait à avancer plus facilement. Rassemblant son courage, il s'est alors retourné pour retrouver une banquette vide. Ivan a laissé échapper un soupir de soulagement, donné un coup de coude à son chef, et les deux se sont détendus. Mais la puanteur n'a pas immédiatement disparu, il a même fallu ouvrir les fenêtres pour qu'elle diminue plus rapidement. Plus tard, ils se sont longuement lamentés sur le fait qu'il faille désormais respecter les traditions pour ne plus jamais revivre une telle horreur.


Traduction : Magnosa



lundi 26 mars 2018

Diaporama

Les doigts tremblants d'excitation, j'ai ouvert le paquet. Comme je l'avais espéré, c'était l'appareil photo que j'avait gagné sur Ebay. Avec un léger plaisir, j'ai réalisé que j'avais fait un meilleur deal que prévu, du fait que le précédent propriétaire avait laissé sa carte mémoire dans l'appareil.

Honnête, j'ai décidé d'envoyer un mail au vendeur pour l'avertir, mais avant cela, ma curiosité m'a poussé à voir s'il y avait quelque chose dessus. J'ai réglé l'appareil sur diaporama, et la première photo affichait une étiquette d’expédition. Ma confusion a tourné à l'horreur quand j'ai vu que la photo suivante était celle d'une personne brutalement assassinée. Le reste de la carte était une alternance de photos d'étiquettes d’expédition affichant une adresse, suivie d'une scène de meurtre.

La dernière image était l'étiquette d'expédition de la boîte que je venais d'ouvrir.

vendredi 23 mars 2018

Résultats du sondage

Après une petite semaine de sondage, vu le nombre de réponses que nous avons eu et le ralentissement de l’emploi du formulaire, il est temps de publier les résultats. Vous avez été presque un millier à nous répondre, et nous vous remercions pour cela (sauf pour les quelques trolls qui se sont glissés dans les réponses). Petite précision, le type de texte préféré a été omis car, après réflexion, il apparaît clair qu’un certain nombre d’entre vous, malgré nos nombreuses tentatives d’apporter des éclaircissements à ce sujet, font toujours la confusion entre creepypasta et nouvelle horrifique, les résultats sont donc forcément faussés.


À titre personnel, et parce que j’ai toujours une raison de me plaindre, je trouve juste dommage que sur la partie idées pour le site, seulement 22% d’entre vous avez répondu, et que les deux tiers de ces personnes ont écrit pour nous dire qu’elles n’avaient rien à dire. En tout ça fait donc un petit 7% de personnes qui nous demandent quelque chose, soit 68 personnes, et il va sans dire que pour le trafic que nous avons tous les jours, ce chiffre ne permet pas d’obtenir des résultats représentatifs. Cependant, nous allons apporter une réponse à toutes les vraies idées qui nous ont été soumises.


Avant cela, voyons d’abord les résultats les plus faciles à lire :




Cela faisait déjà un moment que j’y pensais (et certains d’entre vous ont sans doute remarqué qu’on a commencé à faire des tests), nous allons reculer l’heure de publication à 18h, ce qui devrait satisfaire les trois quarts d’entre vous si j’en crois ce graphique.





Visiblement, vous venez pour la plupart parce que vous connaissez déjà le site. Il n’y a donc pas grand-chose à changer sur notre fonctionnement pour atteindre les gens venant déjà régulièrement.





En ce qui concerne la découverte de CFTC, malgré une prédominance des moteurs de recherche (et nous ne pouvons rien améliorer pour cela vu que nous sommes déjà en haut des recherches françaises), on voit que c’est un peu plus hétéroclite et que beaucoup sont venus après avoir vu une vidéo Youtube (cela signifie donc que les youtubers continuent à respecter l’accord qu’on a passé il y a quelques années leur demandant de mettre le lien du site dans la description quand ils l’utilisent, un grand merci à eux) ou parce qu’une connaissance leur a parlé de nous. Je ne suis pas surpris des résultats des sites partenaires, en revanche il y aurait sans doute du travail à apporter pour que les réseaux sociaux attirent davantage de nouvelles têtes. Je suis, par ailleurs, assez dubitatif quant au 12% de « Autre », ne voyant pas exactement d’où ça peut venir, et j’espère que ce ne sont pas des gens qui voulaient répondre « internet » ou « en naviguant au hasard », car par définition, quand vous faites une recherche sur internet ou que vous naviguez au hasard, vous utilisez un navigateur. N’hésitez pas à indiquer en commentaire si vous avez un autre vecteur.





Le graphique parle de lui-même. Vous êtes aux deux tiers satisfaits du rythme actuel. Je reviendrai sur ce thème plus bas.





De même ici. Si on exclut les gens pas satisfaits, on atteint les 99%, et même en enlevant les « moyennement satisfaits », on reste au-dessus des 90%. Cela nous fait plaisir de savoir que nous travaillons dans la bonne direction. Pour ce qui est des choses à améliorer, nous y viendrons plus bas.





On touche à un sujet qui fâche un peu les gens contre. Cependant, comme vous le voyez, presque 90% d’entre vous êtes favorables à cette ouverture. Pour consoler les esprits chagrins, et en guise d’introduction à la dernière partie de cet article, voilà les raisons pour lesquelles nous pensons ouvrir des Tipees à l’avenir :

  • La reprise du projet d’une publication papier

  • La transformation du fonctionnement de CFTC via la création d’une association loi 1901, dont nous discutons depuis un moment car nous souhaitons créer un noyau dur plus large qui travaillerait en permanence avec nous, le forum ne se suffisant plus à lui-même (en partie à cause des anciens qui se plaisent à saper le travail des nouveaux, parfois juste pour avoir la satisfaction d’avoir raison quand ils disent que CFTC vit ses derniers jours). La prise de décision se ferait donc à beaucoup moins, mais le nombre de personnes travaillant activement sur le site devrait au contraire augmenter. Par ailleurs, il sera plus facile pour nous d’entamer certaines démarches avec un statut légal, et vous pourrez également valoriser votre travail avec nous sur votre CV si vous décidez de rejoindre l’aventure.

  • La création d’un site bien à nous, indépendant de Blogger et de Xooit, permettant de réunir le forum et le (voire les, si on rajoute le Nécronomorial dans l’équation) site tout en obtenant des outils bien plus fonctionnels pour la modération et l’assurance de ne pas nous retrouver dans des situations ennuyeuses à cause des bugs à répétition de nos hébergeurs. On aura également une plus grande liberté en ce qui concerne le design et l’ergonomie.


Des trois projets, le second est celui qui sera probablement le plus rapidement mis en œuvre. Dans tous les cas, les deux derniers engendreront des coûts annuels à partir du moment où ils seront réalisés, qui pourront donner lieu à d’autres Tipees. Ne vous inquiétez pas, l’accès au contenu sera toujours 100% gratuit, et nous ne comptons toujours pas vous ennuyer avec la moindre pub.




On arrive au gros morceau. Pas moins de 15 propositions (mais, encore une fois, sur 68 personnes, ce n’est pas extrêmement significatif). On va d’abord passer rapidement sur les idées qui n’avaient pas besoin d’être mises :

  • Arrêter de ne faire que de la creepypasta : Nous l’avons dit et redit, Creepypasta from the Crypt n’a qu’un seul objectif qui est clair rien qu’à la lecture de son nom. Nous avons ouvert le Nécronomorial précisément pour proposer du contenu différent, et nous vous invitons à aller voir si ce n’est pas encore fait.

  • Dynamisation du forum : Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais le forum ne voit toujours que trois types de membres : les nouveaux qui viennent uniquement dans le but de faire publier ce qu’ils ont écrit sans modification aucune (il faut bien se l’avouer, les trois quarts des gens, même si certains disent qu’ils prennent note, ne retouchent jamais leurs textes) et s’en vont au moindre refus, les anciens réfractaires qui divisent leur temps sur le forum entre la critique permanente de tout changement ou innovation, les plaintes incessantes concernant le manque d’activité dont ils constituent une partie de l’origine et le martèlement à qui veut bien l’entendre que CFTC, c’est fini et que ça ne sert plus à rien d’y faire quoi que ce soit, et les membres actifs (ou qui deviennent actifs) qui, excédés des deux groupes précédents, font leur travail dans le coin et préfèrent se mettre au service d’une communauté qui les apprécie plutôt que de la partie de cette communauté qui lui met sans cesse des bâtons dans les roues. À part un changement des mentalités ou un bannissement massif, il n’y a pas grand-chose à faire. Raison pour laquelle nous optons pour un changement de fonctionnement de manière à diminuer l’importance des deux premiers types de membre et augmenter celle du troisième.

  • Fermer le Discord : Très lié au point précédent, la deuxième catégorie s’y retrouvant encore plus. Pour un endroit qui devait servir d’interface entre les personnes n’appartenant pas au forum et ceux y ayant un compte, c’est clair que c’est un échec. On va y réfléchir.

  • Retour des commentaires anonymes : Le nombre de trolls a énormément chuté depuis que les anonymes ne peuvent plus poster. C’est certes triste d’en arriver là, mais le fait est que ça marche. Tant que nous n’aurons pas de meilleurs outils pour modérer les commentaires, nous devrons nous contenter de ça.

  • Catégorie SCP : Nous avons déjà abordé ce thème. Les SCP ne sont pas des creepypastas mais des fictions assumées et ont leur propre site qui s’occupe déjà des traductions du contenu anglais ainsi que de la création d’un contenu français. Nous n’avons ni l’intention de plagier leur contenu, ni leur concept, et le site n’a pas pour vocation de rassembler la totalité du contenu lié à l’horreur sur le web français, autant parce que nous sommes fiers de nos spécificités que parce que nous n’avons pas envie d’entrer en litige avec d’autres.

  • Augmenter le nombre de traducteurs : Celui-là, je ne le mets qu’à moitié ici, car il ne soulève pas le problème de la bonne manière. Il y a, actuellement, un surnombre de traducteurs anglais > français, avec des niveaux assez variés. Nous ne refusons les traductions de personne, mais il faut bien dire que lorsque le niveau est très bas, c’est limite plus rapide de tout retraduire nous-mêmes. Après, on n’est pas contre aider ceux qui le souhaitent à améliorer leur niveau. Mais, dans tous les cas, nous n’avons pas un besoin urgent de traducteurs anglais > français. En revanche, ce dont nous manquons cruellement, ce sont des traducteurs de langues plus exotiques et qui soient suffisamment motivés pour respecter les deadlines. Mon appel aux traducteurs russe > français tient toujours, et, pour faire écho à un commentaire que j’ai vu il y a longtemps, nous n’avons rien contre des traducteurs arabe > français qui pourraient nous apporter des légendes urbaines inédites.


On a déjà un peu déblayé le terrain. Maintenant, voyons les idées qui appellent davantage à la réflexion (sachant qu’on réfléchissait déjà à certaines) :

  • Amélioration du design/de l’ergonomie ; Tri des libellés : Je mets ces deux-là ensemble car ils sont, quand on y réfléchit, plutôt liés. C’est des sujets qui est le plus revenu. On pensait déjà à faire un tri dans l’arborescence à droite, mais il s’agit d’un chantier énorme (nous comptabilisons plus de 1000 publications, et il modifier les libellés de chacune à la main), raison pour laquelle nous prenons notre temps et privilégions d’autres projets et le fonctionnement quotidien du site. Pour le reste, comme vous avez pu le voir en-dessous du diagramme à propos du Tipee, c’est à l’étude.

  • Amélioration de la visibilité : Autre sujet qui est beaucoup revenu, c’est sans doute celui qui appelle le plus de brainstorming. Nous ne gérons pas trop mal nos pages sur les réseaux sociaux, mais il va sans dire qu’elles se maintiennent doucement sans faire de vagues. Si nous comptons sur le changement de statut légal de CFTC pour aider là-dessus, on aura certainement besoin de revoir la manière dont nous faisons notre promotion sur les réseaux sociaux. Il n’est pas impossible que nous ayons, dans le futur, besoin d’une personne se consacrant exclusivement au rôle de community manager, pour l’instant ce ne sont que vos fidèles administrateurs et modérateurs qui s’en occupent.

  • Catégorie vidéo/images : Bien que nous ayons déjà une page d’images, il va sans dire que c’est le foutoir dessus. On pourrait imaginer des répertoires comme ceux que nous avons déjà sur le forum, mais avec les fonctionnalités de Blogger (chaque onglet supplémentaire n’est présenté que sous la forme d’un article unique, avec pas grand-chose à modifier dessus), ce n’est pas faisable pour le moment. Si nous concrétisons le projet du nouveau site créé par un développeur, on pourra y repenser.

  • Moins de quantité, plus de qualité : Ceux-là vont à contre-courant du grand nombre de « on veut plus de pastas. » Je les préfère toutefois beaucoup, car ils voient un peu mieux ce à quoi nous faisons face. Malheureusement, je n’ai pas grand-chose à répondre, si ce n’est que nous faisons de notre mieux pour continuer à sélectionner le meilleur de ce qu’on nous propose (et quand on sait qu’on jette 9 propositions sur 10, je vous laisse imaginer ce à quoi ressemblerait le site si on ne faisait aucune sélection) tout en ne traînant pas trop.

  • Meilleure modération des commentaires : Là aussi, les outils Blogger pèchent. J’y ai déjà répondu en partie plus haut, le retrait de la possibilité de poster anonymement a beaucoup diminué le nombre de trolls, ce qui, par la même occasion, m’a permis à titre personnel de beaucoup moins gaspiller de temps à éplucher les commentaires et de le consacrer aux publications. Nous espérons nous équiper de meilleurs outils à l’avenir, et pourquoi pas prendre quelqu’un qui s’occupera exclusivement de ça en attendant.

  • Plus de contenu exotique : J’y ai aussi déjà répondu plus haut. Le projet « année russe » était de mon initiative, il plaît visiblement, et il n’y a aucune raison de ne pas continuer sur cette lancée. Le problème, c’est de trouver le contenu et de l’adapter au public francophone. Toute contribution dans ce secteur est la bienvenue !

  • Système de notation : Ce n’est pas la première fois que cette question revient. Ce que je crains avec le système de Blogger, c’est les petits trolls qui, bien que peu nombreux, n’auront aucun mal à venir upvoter ou downvoter plusieurs fois pour fausser les résultats (j’ai déjà pu constater qu’à l’époque des anonymes, une bonne dizaine de commentaires dépréciatifs pouvaient être publiés par une seule personne sur plusieurs jours pour donner l’impression qu’il s’agit vraiment d’un avis général, preuve que certains n’ont que ça à faire de leur journée). De plus, l’effet pervers de la notation est que les textes les moins bien notés seront fatalement moins lus. Certes, cela pourrait faire remonter des textes inconnus, mais le risque inverse, c’est-à-dire de voir tout le monde sur les grands textes comme BEN ou Ted the Caver et plus personne sur les autres, est plus grand. Nous verrons si nous trouvons un système autre que celui de Blogger.


Enfin, je gardais la plus grosse statistique pour la fin, aussi parce que je suis un peu excédé de revoir ça venir malgré le nombre d’explication qu’on a fait rien que cette année, l’augmentation du nombre de publications. Sachez que nous vous aimons beaucoup, mais que le rythme actuel demande déjà une quantité énorme de travail (notez que je vous écris ces lignes depuis mon autre travail, le vrai, celui qui me rapporte normalement de quoi vivre, parce que c’est le seul moment que j’ai trouvé). N’oubliez pas que nous ne publions pas QUE sur CFTC. J’ai vu une proposition pour augmenter le nombre de creepypastas à trois par semaine. Nous sommes déjà à deux (le lundi et le vendredi), mais nous avons également deux publications sur le Nécronomorial (le mercredi et le dimanche). Ça fait déjà quatre publications par semaine, et nous avons récemment commencé à publier des phrases à chute (que nous avons sobrement nommées Brèves de cryptoire) sur Twitter les jours restant. Si vous suivez tous nos blogs et nos réseaux sociaux, vous avez donc déjà une publication par jour d’assurée.

L’équipe est petite et peu difficilement faire mieux, sachant que nous avons déjà parfois du mal à tenir les délais selon nos autres obligations qui prennent souvent le pas dessus, retardant parfois les publications de quelques heures, voire de quelques jours. On nous avait proposé de faire un stock à l’avance : nous le faisons déjà, lorsqu’il est disponible, il y a parfois des textes prévus pour un mois entier, mais la situation inverse, dans laquelle nous n’avons toujours rien trois heures avant l’heure de publication, est beaucoup plus fréquente. Ce genre de situation est lié à beaucoup de facteurs :

  • Peu de gens pour corriger, car la plupart des gens que nous avions recruté ont, comme d’habitude, déserté après un certain temps (encore une raison de vouloir passer en association, les gens qui feront partie de l’équipe ne pourront plus se barrer si facilement) ;

  • Peu de temps de mon côté pour former les correcteurs et corriger leurs corrections, c’est un fait, ce pourquoi nous avons commencé à travailler sur une nouvelle section du forum déjà ouverte contenant des tutoriels permettant d’effectuer une partie de la formation sans mon aide ;

  • Un seul traducteur russe > français à part moi qui n’est pas toujours disponible, le projet repose donc en grande partie sur mes propres traductions, donc, encore une fois, si vous pouvez aider là-dessus, la porte est grande ouverte ;

  • Le manque d’inspiration, qui peut toucher tout le monde n’importe quand, et ça, malheureusement, nous ne pouvons pas y faire grand-chose ;

  • Le manque de gens réellement actifs apportant un plus au travail de l’équipe en place, car il y a en soi beaucoup de choses à exploiter sur le forum, mais personne ne s’y met.

J’espère que tout cela suffira pour que vous compreniez pourquoi l’augmentation du nombre de publications est, et de loin, la dernière de nos priorités. Nous avons davantage à cœur d’améliorer nos services, de ne pas voir chuter la qualité de nos publications, et de ne pas tirer des plans sur la comète en délaissant ce que nous faisons déjà, au risque de ne pas réussir ce genre de projets tout en dégradant la situation du site.

Voilà, le dépouillement est terminé, j’espère que cela vous aura intéressé autant que nous. Comme vous vous en doutez, nous avons dans l’idée de constituer une équipe permanente avant la création de l’association, donc si cela vous intéresse, n’hésitez pas à venir créer un compte sur le forum et à m’envoyer un message privé, ou à envoyer directement un message par la page Facebook, avec vos domaines de prédilection. Attention toutefois, car contrairement aux précédents appels, cette fois, il s’agira de s’engager sérieusement et de prévoir du temps chaque semaine pour remplir vos obligations, ne prenez pas cela à la légère ! Merci à vous d’avoir lu jusqu’ici.


Est-il besoin de le préciser, j'ai rédigé cet article de mon propre chef, mais l'ensemble de la modération de CFTC se retrouve dans mes mots.

vendredi 16 mars 2018

WoW-Hardcore

Vous connaissez sûrement World Of Warcraft. Enfin, vous en avez sans doute entendu parler. Il y a sûrement quelqu'un dans votre entourage qui y joue, ou qui y a joué, de façon occasionnelle, ou même intempestive. Pour ceux qui vivraient dans une grotte, World of Warcraft, ou WoW, est un MMORPG. Ce qui veut dire massively multiplayer online role-playing game, ou jeu en ligne massivement multijoueurs dans la langue de Molière.


C'est un jeu vidéo qui réunit des joueurs du monde entier, qui se retrouvent à combattre ensemble (ou bien les uns contre les autres) dans un monde ouvert, peuplé de créatures tout droit sorties de l'imaginaire Heroic Fantasy. Vous pouvez ainsi y jouer un nain, ou un orc, et rencontrer des elfes, des loups-garous et autres vachettes à l’aspect humanoïde. Le tout saupoudré de magie.


Le jeu existe depuis 2004, et des millions de joueurs jouent encore aujourd'hui quotidiennement. Pour certains, c'est juste un passe-temps. Pour d'autres, ça va beaucoup plus loin que ça : ils passent tellement de temps dans le jeu que leur vie devient celle de leur personnage. Ils n'ont plus aucun contact avec le monde extérieur. Souvent appelés "no life", ces cas sont assez rares, et malgré les clichés que peuvent diffuser les médias, les joueurs de World of Warcraft sont souvent des gens normaux ayant une vie de famille et un travail, et ils jouent pour s'amuser, comme n'importe quel jeu vidéo.


Bref, je vous ai présenté un peu le jeu, mais il est temps de passer aux choses sérieuses, car je sais que vous n'êtes pas ici pour lire des choses que vous saviez sûrement déjà, vous êtes là pour du contenu malsain, êtres pervers que vous êtes.


Ce qu'il faut savoir sur WoW, c'est qu'il faut payer pour y jouer. Environ 13€ par mois pour se connecter aux serveurs de Blizzard (l'éditeur du jeu). Vous trouvez ça peut-être un peu cher, mais vu le temps passé sur le jeu, c'est très vite rentabilisé. Surtout que depuis peu on peut payer avec des pièces d'or gagnées dans le jeu.
Mais beaucoup de gens ne veulent pas payer ces 13€ et avoir quand même accès au jeu. C'est pour cela qu'ont vu le jour les serveurs privés.
Ce sont des copies des serveurs originaux, où vous pourrez jouer au même jeu, sans avoir à payer l'abonnement mensuel. Une aubaine pour les joueurs sans le sou. Certes, le serveur privé sera toujours moins bien que l'officiel, avec des bugs en cascade et l'absence de mises à jour, mais malgré ça ces serveurs étaient très prisés.
Bien entendu, c'était un manque à gagner pour Blizzard, qui a fait la chasse à ces serveurs, et les a fait fermer un par un. Il en existe encore aujourd'hui, mais très peu, et nombre d'entre les survivants sont en litige avec Blizzard et devraient bientôt suivre ceux qui ont fermé.


Certains ont trouvé la parade. Il ne fallait plus que Blizzard puisse tracer ces serveurs et soit en mesure de contacter leurs gérants afin d'entamer des recours en justice contre eux pour les faire fermer. Ils ont donc ouvert des serveurs privés, mais ils l'ont fait sur le deep web.
Ainsi cachés de la vue de Blizzard, ils ne pouvaient être clôturés. Certes, il y avait beaucoup moins de joueurs que sur les officiels ou bien les serveurs privés sur le web normal, mais ils attiraient quand même du monde.


Ce qui nous amène à un serveur privé qui a beaucoup fait parler de lui sur le Deep web : WoW-Hardcore


Ce serveur n'avait pas beaucoup de différences avec les autres, hormis le fait qu'il était en mode Hardcore. Aussi appelé Iron Man Challenge sur WoW.
Si on devait résumer le principe en une phrase, cela serait : "La mort est définitive".
En effet, généralement sur les MMORPG, ou même les RPG tout court d'ailleurs, quand un personnage meurt, il peut continuer le jeu. Sur WoW, il suffisait, transformé en fantôme, de retrouver son cadavre pour ressusciter.


Le mode Hardcore ne permet pas cela. Si on meurt une fois, c'est terminé. Un des exemples les plus connus est sur un autre jeu édité par Blizzard, Diablo. On peut y créer un personnage en mode hardcore, et on n'a pas le droit à l'erreur. On meurt une fois, c'est fini. Que ce soit au début ou bien au bout de 700 heures de jeu. C'est très frustrant de tout perdre après avoir joué tant de temps, mais cela ajoute du piment au jeu, et certains adorent ça.


Le mode hardcore existe aussi sur les serveurs officiels de WoW, mais ce n'est pas un mode inclus dans le jeu. C'est géré par les joueurs eux-mêmes. Du coup, aucune fonction du jeu lui-même ne viendra obliger le joueur à suivre les règles du jeu. Si vous voulez un aperçu des règles du mode Hardcore sur WoW, en voici la liste :

"LE PLUS IMPORTANT : si jamais vous mourez, même UNE SEULE FOIS, votre personnage est éliminé du concours.


Règlement afférent à l’équipement :

Aucun équipement héritage n’est autorisé ;
Votre personnage ne peut être équipé que d’objets de qualité blanche ou grise (à l’exception des sacs) ;
Aucune amélioration d’objet n’est autorisée : enchantement, fil ensorcelé, dragonne sur les armes, etc.

Règlement afférent aux consommables :

Aucune amélioration « bien nourri » n’est autorisée. Seules la nourriture et les boissons de qualité blanche vendues par les marchands peuvent être consommées ;
Aucune amélioration d’objet n’est autorisée. Pas de parchemin, ni d’élixir, ni de flacon, etc. (à l’exception des objets de quête) ;
Aucune potion n’est autorisée (à l’exception des objets de quête).

Règlement afférent aux sorts et techniques :

Il est permis d’apprendre et d’utiliser les techniques de classes disponibles auprès de votre maître de classe (y compris les poisons de voleurs) ;
Il est interdit d’utiliser vos points de talent ou les points de talent du familier de votre personnage ;
Pas de spécialisation. Pas de glyphe.

Règlement afférent aux mécaniques de jeu :

Les avantages de guilde sont interdits. Si vous êtes membre d’une guilde, celle-ci doit être de niveau 1 ;
Pas de quêtes en groupe. Tous les combats doivent se faire en solo. Les groupes sont permis uniquement dans le but de commercer, d’emprunter un portail, etc ;
Champs de bataille et arènes interdits ;
Donjons et raids qui permettent de gagner de l’expérience : interdits. Tout point d’expérience gagné doit se faire dans le monde extérieur, en dehors des instances ;
Aucun add-on complémentaire permettant de faciliter les combats n’est autorisé (QuestHelper, Auctioneer, etc. sont acceptés, à vous de faire preuve de bon sens) ;
Aucun métier ni aucune compétence secondaire ne sont autorisés, à l’exception du secourisme ;
Il est interdit de recevoir de l’or et des objets de la part d’autres personnages *.
*Vous devez gagner seul vos propres pièces d’or et objets via les quêtes, le butin ramassé sur les monstres ou le commerce et l’hôtel des ventes."


-----------------


Pour revenir au serveur WoW-Hardcore, toutes ces règles étaient implémentées au jeu. Ce n'était plus géré par les joueurs, mais par le jeu lui-même.
À la création du personnage, chaque joueur recevait un courrier, dans le jeu, avec un récapitulatif des règles du mode hardcore. Chaque courrier était terminé par la phrase :

"LA MORT EST DEFINITIVE"


Après cela, le joueur pouvait commencer à jouer, mais se retrouvait bloqué au niveau des actions non permises par les règles. Par exemple, il n'était plus possible d'équiper des objets autres que de qualité ordinaire (objets blancs). Un message d'erreur s'affichait vous indiquant que selon les règles du serveur, cette action était impossible.


Et bien sûr, si votre personnage mourait, il n'y avait pas de fantôme pour vous permettre de récupérer votre corps et de ressusciter. Votre écran devenait noir, et un message apparaissait en rouge : "You died". Un peu comme dans le jeu Dark Souls, connu pour sa difficulté.


Une fois retourné au menu principal, il était également impossible de recréer un personnage. Seul votre ancien personnage apparaissait, avec la mention "Died" en rouge dessus.
C'était frustrant, mais cela avait l'air de plaire aux joueurs, car malgré le fait qu'il se trouvait sur le deep web, ce serveur a eu un petit succès. Il n'a pourtant été en ligne que quelques mois.
Il y a eu une phase d'inscriptions, où les joueurs réservaient une place sur le serveur pour pouvoir y jouer dès son ouverture, puis une fois qu'il y a eu suffisamment d’inscriptions, le serveur a ouvert ses portes, ne permettant plus aucune création de personnage par de nouveaux joueurs. Ainsi, le serveur est resté ouvert jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un seul personnage vivant sur celui ci. Le dernier survivant, un chasseur troll de niveau 88, est mort dans la zone des terres de l'angoisse, en Pandarie. Après cela, le serveur a fermé ses portes, et il n'y a plus eu aucune trace de celui ci sur le web...


Alors, pourquoi en a-t-on autant parlé sur le deep web ? Alors qu'il n'avait duré qu'un peu plus d'un mois ? Parce que les joueurs avaient apprécié l’expérience ?


Il y a un peu de ça, mais l'affaire est beaucoup plus sombre. Quelques mois après la fermeture du serveur, les joueurs ayant joué sur celui-ci ont reçu un courrier de la part des propriétaires du serveur, cette fois à leur domicile.
Sachant qu'il ne fallait pas dévoiler ses données personnelles à l'inscription, c'était assez surprenant. Surtout sur le deep web.
Le courrier ne comprenait qu'une lettre, ainsi qu'une confiserie. Un bonbon à l'emballage rouge pour les joueurs dont le personnage se trouvait dans la horde, et un bonbon à l'emballage bleu pour les joueurs qui avaient servi dans l'alliance. Sur la lettre, une seule phrase, en rouge :

"LA MORT EST DÉFINITIVE"


Bien sûr, c’était trop louche, et malgré ce que les médias disent, les joueurs de jeux vidéos ne sont pas stupides. Pratiquement personne n'a touché au bonbon. Il faudrait être sacrément stupide pour manger un bonbon envoyé par un inconnu du deep web.

Et, évidemment, ils ont bien eu raison. Ces bonbons contenaient du poison. Certains l'ont découvert quand ils ont donné les bonbons à manger au chien de leur voisin. Des personnes peu scrupuleuses, certes. Le chien est mort quelques minutes après, pris de terribles convulsions.
Ça n'en est pas resté là. Toutes les semaines, les joueurs recevaient la même lettre. Avec les mêmes bonbons. Certains joueurs indiquaient même qu'ils avaient l'impression d'être surveillés et suivis la nuit. Un joueur affirme même avoir été obligé de quitter son domicile durant la nuit après avoir aperçu un homme cagoulé armé d'un couteau pénétrant dans sa chambre.
Bien sûr, la police a été prévenue, mais il n'y avait aucune raison de croire que cette agression était liée au serveur WoW-Hardcore.
Pour les courriers reçus, il n'y avait aucun moyen de remonter jusqu'à l'envoyeur. Aucune trace, aucune empreinte, du travail de pro.


Depuis, il y a de moins en moins de joueurs de ce serveur qui donnent des nouvelles sur le forum où j'ai connu cette histoire.
Sont-ils morts ? Ont-ils juste arrêté de se connecter à ce forum ? Je pense qu'on ne le saura jamais.


mardi 13 mars 2018

Questionnaire de satisfaction



Bonjour à tous,

Dans l'optique de toujours améliorer le site, l'équipe CFTC vous invite à partager votre avis à travers un petit questionnaire, que vous trouverez ci dessous.

A demain pour un nouveau Spotlight sur le Nécronomorial !


lundi 12 mars 2018

Le visage derrière l'arbre

Celle-là, chers anonymes, n'a rien à voir avec une pasta, c'est un truc qui m'est arrivé personnellement, je faisais partie d'un groupe de gars de la même classe. Y a moyen que ce soit le seul truc réellement chelou de ma vie jusqu'à aujourd'hui.

Après avoir terminé les examens de la neuvième classe [NdT : correspond grosso modo à notre 3e, avec un examen similaire au brevet à la fin], toute la classe a fait une petite escapade à la campagne. L'endroit où nous sommes allés a été choisi par les enseignants - une petite clairière à environ quinze kilomètres de la ville, avec une petite rivière et un petit étang d'eau claire. On s'est bien marrés, on a joué au volley-ball, on s'est empiffrés jusqu'à la gerbe, certains gars ont picolé la bière qu'ils avaient apportée en cachette. Et le soir, quand il a commencé à faire sombre, nous nous sommes rassemblés autour du feu et nous avons commencé à nous raconter des histoires effrayantes. Quand on a voulu aller dormir après ça, tout le monde était déjà dans un tel état qu'ils lâchaient des petits cris nerveux au moindre bruissement. Quelques mecs sont partis en direction de la lisière de la forêt pour faire leurs besoins à l'écart de tous. J'étais en train de m'engouffrer dans la tente quand ils sont revenus en courant, les yeux écarquillés et tout ébouriffés.

D'après ce qu'ils ont raconté, voilà ce qui s'était passé : en s'approchant de la forêt, ils ont soudainement remarqué qu'un mec se planquait derrière un arbre en balançant des regards furtifs depuis sa cachette. Dans la pénombre, ils n'avaient pas pu distinguer clairement son visage, mais ils avaient supposé que l'un de nos gars avait décidé de les effrayer après nos petites histoires au coin du feu. Ils ont commencé à lui crier "Mec, sors de là, on t'a cramé." Le type s'est de nouveau planqué derrière l'arbre et a recommencé à jeter des coups d’œil de l'autre côté. Il a répété son manège plusieurs fois avant que les gars ne remarquent qu'à chaque fois, le visage s'élevait de plus en plus haut derrière le tronc : il s'est vite retrouvé à planer à quatre ou cinq mètres du sol. Et il n'y avait sur l'arbre aucune branche sur laquelle il aurait été possible de s'appuyer avant la cime ! Alors les gars ont bien sûr flippé et sont revenus vers nous en courant.

On n'a pas cru nos camarades de classe effrayés tout de suite. Qui sait, peut-être qu'ils avaient décidé de se payer notre tête. Du coup, on est tous allés inspecter l'arbre. Personne ne s'est approché trop près de la lisière, mais tout le monde a bien vu la tâche blanche qui planait derrière le tronc d'arbre. Et la tâche se déplaçait effectivement, tantôt en montant de plus en plus haut, tantôt en descendant presque jusqu'au sol. Les filles ont commencé à pleurer de peur. Les enseignants nous ont dit de vite monter dans les voitures, et on s'est carapatés pour passer la nuit en ville.

Traduction : Magnosa



vendredi 9 mars 2018

Manon

Texte issu d'un forum sur les maladies mentales.

Salut à tous ça fait un moment que je suis pas venu sur le forum mais trouvé un truc qui pourrait vous intéresser. Ma mère a trouvé un portable dans la rue, et comme elle s'y connait pas vraiment elle m'a demandé de voir s'il n'y avait pas moyen de le déverrouiller pour appeler un contact. J'ai réussi en faisant planter l'interface de verrouillage (astuce trouvée sur internet !!).
Bref, curieux comme je suis avant de contacter qui que ce soit je me suis amusé à lire les messages.. Oui je sais c'est pas bien mais trop tentant ! Et je suis tombée sur la conversation ci dessous !



2018-02-14    08:42:02    out    06****        Salut, ça fait un moment qu'on ne s'est pas écrit toi et moi. Et ne m'en veux pas  mais si je reviens ce n'est pas pour les bonnes raisons. Tu sais qu'à part toi et Louis je n'ai personne, et le fait que tu sois loin n'aide pas. Je me sens angoissée depuis quelques temps, ça ne passe pas. Depuis que Manon est morte, chaque jour est une torture tu le sais, mais là c'est différent j'ai l'impression de devenir folle.

2018-02-14    08:43:05    in    +336****        Coucou. Contente d'avoir de tes nouvelles, même si ce n'est pas pour les bonnes raisons. Je vois que tu ne vas pas mieux. Tu devrais peut être revoir un psy, je comprends pas qu'ils t'aient laissée sortir.

2018-02-14    08:46:42    out    06****        J'espérais un peu plus de compassion, et moins de jugement.  Je suis majeure et vaccinée Alice , à bientôt 46 ans je suis encore apte à savoir si je vais bien ou pas. Je ne suis un danger ni pour moi ni pour les autres, à partir de là ils n'ont aucun droit de me garder. J'ai juste un coup de mou, et parfois mon cerveau s'emmêle à cause de la fatigue. Je pensais que ma soeur serait là pour moi mais visiblement ce n'est pas le cas.

2018-02-14    08:47:22    in    +336****        J'essaye juste de t'aider, mais à un certain niveau je ne peux rien pour toi... Que dit Louis de la situation ?

2018-02-14    08:50:25    out    06****        Il est froid, distant, me parle à peine à part pour me dire de me "réveiller", et me demander d'aller voir le psy, comme toi. Il dort dans la chambre de Manon depuis quelques jours. Je crois qu'il a quelqu'un tu sais, plusieurs fois je l'ai entendu parler au téléphone, et dès que j'arrive il raccroche. Il me dit que c'est le travail, mais j'ai du mal a y croire.

2018-02-14    08:51:40    in    +336****        Je suis sûre qu'il n'a personne, la situation est bien assez compliquée comme ça. Tu dis que ton cerveau s'emmêle, c'est à dire ?

2018-02-14    08:53:14    out    06****        C'est difficile à expliquer en fait, ce sont des sensations, comme si mon corps ne m'appartenait plus. J'ai des souvenirs de choses que je n'ai pas vécu, avec des gens que je ne connais pas. Quand j'en parle à Louis, il semble intéressé, me dit de creuser ça, que "ça va me revenir". Ce sont d'ailleurs les rares fois où il me parle et m'écoute.

2018-02-14    08:53:39    in    +336****        Tu devrais peut être en parler à un psy de ces souvenirs…

2018-02-14    08:55:45    out    06****        Mais merde encore avec ton psy Alice ! Et ce ne sont pas des souvenirs, je n'ai rien vécu de tout ça. Bon je te laisse…

2018-02-14    08:56:04    in    +336****        Ok, prends soin de toi... Tu sais ce que j'en pense.

2018-02-14    08:56:11    out    06****        …



2018-02-15    04:22:53    out    06****        Alice ça recommence. Je crois que je perds les pédales. Je me suis réveillée dans la nuit, Louis n'était pas avec moi. J'étais remontée et j'avais bien l'intention d'avoir une discussion avec lui. En passant devant le miroir j'ai vu Manon. C'était bref, j'avançais d'un pas décidé donc j'ai à peine aperçu son reflet mais je sais que c'était elle, une mère sait, et sent ces choses là. Ça m'a fait un choc !

2018-02-15    04:23:16    out    06****        désolée pour l'heure …

2018-02-15    06:30:39    in    +336****        Je vois... Tu en as parlé à Louis ?

2018-02-15   06:31:05    out    06****        Oui et il s'est mis à rire nerveusement, juste avant de fondre en larmes. Il a beaucoup de mal à gérer la mort de notre fille. Ils étaient très proches. Tout comme moi, mon dieu si tu savais comme elle me manque.

2018-02-15    06:32:24    in    +336****        Je sais…



2018-02-16    06:32:39    out    06****        Désolée il est tard et tu dois dormir mais je viens de faire un cauchemar, mais ça semblait tellement réel ! C'était pendant l'incendie, c'est pas la première fois que je rêve de ça mais là c'était différent. C'est moi qui étais bloquée dans la chambre, et je te jure  je ressentais tout, la douleur était atroce. Je sentais ma peau fondre, et cette odeur... Mon dieu je savais que je ne pourrais pas l'oublier.

2018-02-16    06:43:21    in    +336****        Tu te rappelles de quoi exactement ?

2018-02-16    06:44:38    out    06****        Tu sais que j'ai du mal avec ça .

2018-02-16    06:45:27    in    +336****        Oui, mais ton psy t'avait fait travailler là dessus, et ça t'avait fait du bien. Alors essaye. Stp. Tu dois le faire seule c'est important.

2018-02-16    06:48:23    out    06****        On dormait avec Louis. On s'était pris la tête avec Manon au sujet d'une fête avec des garçons. C'était très tendu, la première fois je crois. On est partis se coucher. Après c'est très flou, j'entends Louis hurler, je sens cette chaleur étouffante et l'odeur de brûlé.

2018-02-16    06:48:38    out    06****        Louis me porte, on revient de la chambre de Manon. Mais elle n'est pas avec nous.

2018-02-16    06:49:03    in    +336****        Pourquoi étais tu dans la chambre de Manon ?

2018-02-16    06:49:20    out    06****        Je sais pas , c'est quoi cette question !

2018-02-16    06:50:16    in    +336****        Si, réfléchis. Qu'est ce que tu faisais dans cette chambre, quand Louis est arrivé. Rappelle toi, tu dois le faire seule.

2018-02-16    06:50:33    out    06****        Je sais pas. Je dormais je crois.

2018-02-16    06:53:48    in    +336****        Dans la chambre de Manon…

2018-02-16    07:01:37    out    06****        Oui ! Je sais pas, peut être que je me suis disputée avec Louis j'en sais rien.

2018-02-16    07:01:56    in    +336****        Ok... Et après ?

2018-02-16    07:02:51    out    06****        Après rien. Le trou noir. Tout ce dont je me rappelle c'est l'hôpital psy. Avec Louis qui venait me voir tous les jours.

2018-02-16    07:03:21    in    +336****        Pourquoi t'étais hospitalisée ?

2018-02-16    07:07:11    out    06****        A quoi tu joues  ! Ma fille est morte ! Brûlée vive, c'est pas une raison suffisante pour péter les plombs ?!

2018-02-16    07:07:42    in    +336****        Oui...comment le feu s'est déclaré ?

2018-02-16   07:07:58    out    06****        Tu le sais, les pompiers ont dit qu'une bougie s'était renversée dans la chambre de Manon.

2018-02-16    07:10:17    out    +336****        Elle faisait quoi déjà ?

2018-02-16    07:12:57    out    06****        ... Elle brûlait les photos de nous trois, elle était énervée ! C'est le genre de comportement à la con qu'on les ados putain tu fais quoi là ? Tu veux me culpabiliser c'est ça ?! Me faire dire que tout est ma faute ?

2018-02-16    07:13:19    in    +336****        Les pompiers n'ont jamais parlé de photos brûlées... La raison c'est une bougie renversée. C'est tout.

2018-02-16    07:13:56    out    06****        Pourquoi t'as demandé à Louis de venir là c'est quoi le délire ?

2018-02-16    07:14:04    out    06****        Et d'où je tire cette info  d'après toi, si ça vient pas des pompiers ? Hein, tu étais là peut être ?

2018-02-16    07:15:38    in    +336****        Non, mais toi tu y étais, Manon... Tu as ces souvenirs précis car ce sont les tiens. Tu as mis le feu aux photos après t'être disputée avec tes parents.  Ta mère est morte dans l'incendie et ton père est venu te chercher dans la nuit, tu avais perdu connaissance à cause de la fumée. Tu as repris connaissance dans l'escalier, où tu as vu ta mère brûler vive, coincée dans la chambre. Louis n'a pas pu la sauver. Ça fait deux fois que tu es hospitalisée, à chaque fois tu rechutes.  Ma puce ce n'est pas ta faute, tu n'as pas à vivre à la place de ta mère. Tu dois te pardonner.

2018-02-16    07:16:39    in    +336****        Je suis désolée d'avoir eu à faire ça. Mais ton psychiatre insiste pour que les souvenirs te reviennent, qu'on se contente de t'aider. Ça fait partie du processus apparemment.  Louis va t'amener à l'hôpital. Ils vont s'occuper de toi. Ta tata qui t'aime.