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vendredi 18 mai 2018

Recherche d'un vin introuvable !

Yo les mecs ! Je viens de retrouver ce sujet bizarre de ce vieux forum de passionnés de vin que j'avais trouvé par hasard y a un bail. J'en avais parlé sur la chatbox quand je le cherchais encore, le voilà enfin :

http://www.lapassionduvin.com/forum/languedoc-rous...

EDIT : Le topic a apparemment été supprimé ou mis aux archives, en tout cas il est de nouveau introuvable. Je poste donc les screens du topic que GloomyNerthus a fait au moment où il existait encore, merci à elle :

NB : Le screen étant trop grand pour être affiché sur le blog et devenant illisible en le redimensionnant, vous pouvez le voir ici.


vendredi 11 mai 2018

Le rat des ongles

« Si tu continues à te ronger les ongles, le rat des ongles va entendre ton grignotage ! » C’est ce que me disait ma mère à chaque fois que mes incisives s'occupaient du bout de mes doigts. « Si tu continues à cracher tes ongles partout, le rat des ongles va sentir leur odeur et trouvera notre maison ! » C’est ce que me disait ma mère pour stopper cette mauvaise habitude qui s’était peu à peu installée au cours de mon enfance. Heureusement, mon père me rassurait, me disait que le rat des ongles était une invention de ma mère, qu'il n'existait pas. « Si tu continues à cracher tes ongles dans ta chambre, l’horrible rat des ongles grignotera tes doigts dans ton sommeil puis fera un nid sous ton lit ! » C’est ce que me disait encore ma mère. « Si tu continues à manger tes ongles dans ta chambre, l’horrible rat des ongles fera un trou dans ton ventre et ira les chercher au fond de tes entrailles ! » C’est ce que me disait ma mère pendant ma préadolescence.

J’étais onychophage, ce qui signifiait que je ne pouvais pas m’empêcher de ronger mes ongles. C’est venu progressivement, au fur et à mesure que je grandissais et découvrais les horreurs de ce monde et le caractère très agaçant de ma mère.

Oui, ma mère était ma cause principale d’anxiété. J’étais un enfant paisible, calme, j’étais son exact opposé. Ma mère était une tornade, une pelote de nerfs qui n’arrêtait pas de nettoyer ce qui était déjà propre, de rendre parfaite une maison déjà parfaite, de courir aux quatre coins du jardin pour ramasser la moindre feuille morte.

Comme ses refrains sur le rat d’ongles s’usaient et me faisaient aussi peur qu’une tasse à café, ma mère a mis en pratique d’autres techniques : morceau de sparadraps au bout des doigts, gants noués autour du poignet avec un serre-lien, menaces multiples comme me couper les doigts ou m’arracher les ongles ! Bien sûr, elle parlait plus qu’elle n’agissait réellement et hormis les gants et les sparadraps, je n’ai subi aucun sévice. De toute façon, mon père n'aurait pas accepté que maman me fasse du mal. Et puis un soir, le rat des ongles est entré dans ma chambre.

J’avais 13 ans. Vers une heure du matin, alors que je venais de poser mon smartphone sur ma table de nuit et d’éteindre ma lampe, la poignée de la porte a cliqueté avant qu’un rai de lumière n’en dessine le cadre. Les gonds ont sinistrement grincé, comme si un violoniste fou jouait une note discordante derrière la porte.

Un long museau est apparu en premier. J’étais horrifiée, surtout que j’avais lu quelques creepypastas particulièrement effrayantes avant d’éteindre ma lampe. La truffe rosâtre se levait par à-coups, reniflant sans doute l’odeur de mes bouts d’ongles perdus dans la moquette. En retrait de cette truffe immonde, deux incisives jaunâtres étaient aussi grandes que ma main. Le museau était long, anormalement long. Des yeux rouge-vif, aussi gros que des boules de pétanque, sont ensuite apparus. La gueule a encore avancé dans l’ouverture, révélant deux oreilles couvertes de poils qui tombaient jusqu’aux yeux sans paupières.

J’ai hurlé quand le rat a passé le reste de son corps dans l’entrebâillement. Il était long et gros, vraiment très gros. Il s’est levé d’un coup et a avancé à grands pas vers mon lit, ses longues griffes repliées sous son museau. Sur l’instant, je n’ai pas remarqué que son corps était couvert d’une chemise de nuit grisâtre, comme celle que portait ma mère. Ses genoux craquaient à chaque pas, j’entendais aussi le claquement de ses dents. Prêt à me défendre, j’ai saisi ma lampe de chevet et l’ai braquée devant moi. C’est alors que le rat a parlé :

- Tu as mangé tes ongles vilaine petite fille, je vais te dévorer le ventre ! Cette voix je la reconnaissais parfaitement, c’était bien celle de ma mère.
- Maman ? ai-je balbutié.
- Je suis le rat des ongles, je vais punir la petite peste dans son lit !

Le rat s’est penché au-dessus de moi et a commencé à me caresser le ventre avec ses longues griffes. Ça ne faisait pas mal, au contraire, j'aurais pu dire que ça me chatouillait. D’un réflexe, j’ai vivement repoussé sa main.

- Laisse-toi faire ma petite, tu vois bien que le rat des ongles ne veut pas te faire de mal. Au contraire, il va t’apprendre à devenir une femme et donner du plaisir aux hommes !
J’ai chopé une oreille de son horrible tête, et j’ai tiré dessus : le masque m’est resté dans les mains. J’ai allumé ma lampe avant de hurler :
- Mais qu’est-ce que tu fous bordel !

Ma mère restait immobile, me fixant d’un regard vide. Un voile laiteux couvrait ses pupilles et de l’écume coulait de sa bouche. Je l’ai secouée, elle n’a pas réagi. Ne sachant pas quoi faire avec elle, je l’ai ramenée dans son lit. J’avais l’impression de manipuler une poupée de chair, je pouvais en faire ce que je voulais. Les yeux grands ouverts, elle regardait fixement le plafond. On aurait dit un état catatonique. Mon père n'était pas là. Je l’ai appelé sur son portable, il m'a dit de ne rien faire et d'attendre son retour prévu le lendemain après-midi.

Il m’attendait à la sortie du collège. Dans la voiture, je lui ai reparlé de la nuit précédente, en détail. Son visage est devenu grave. Il a profondément expiré d'un air résigné. Une fois à la maison, il m’a demandé de le suivre jusqu’au grenier. D’un vieux carton poussiéreux, il a sorti un album photo qui m’était totalement inconnu. Il a feuilleté plusieurs de ses pages épaisses remplies de vieux clichés en noir et blanc avant de le tourner vers moi.

- Je te présente un homme que tu n’as jamais connu, ton arrière-grand-père, enfin si tu préfères, le grand-père de ta mère.
Un vieux monsieur vêtu d’un costume noir et d’une chemise blanche était assis sur une chaise, les jambes croisées, les mains jointes sur ses genoux. J’ai tout de suite détesté son regard et son petit sourire en coin.
 - C’est… à cause de lui tout ça, a dit doucement mon père.
- Tout ça quoi ?
- Le comportement de ta mère, le rat des ongles...

Une boule a grossi dans ma gorge au fur et à mesure que papa me contait l’histoire de Séverin, mon arrière-grand-père maternel. Soldat de la Première Guerre mondiale, il a combattu deux ans dans les tranchées de la Somme. Un éclat d’obus l’a plongé plusieurs jours dans le coma. À son réveil, il n’était plus le même, avait un comportement agité, se rongeait les ongles, hurlait que des rats couraient autour de son lit et voulaient le dévorer, comme dans les tranchées. Un médecin a eu la mauvaise idée de soigner le mal par le mal. Sa thérapie a consisté à lui démontrer que le rat était un animal très utile, un éboueur de la nature. Le médecin a poussé l’expérience jusqu’à fabriquer une tête de rat et des griffes. Séverin hurlait à chaque fois qu’il voyait cette bête à taille humaine. Puis, son cerveau s’y est peu à peu habitué. Au bout de trois longues années, il était guéri de sa phobie. Comme cadeau de départ, le médecin lui a offert son costume de rat.

De retour chez lui, Séverin a profité de sa femme et de ses trois filles, Sévérine, Odette et Madeleine. Séverine était ma grand-mère, la mère de maman. Les pensions d’invalidité et de guerre de mon arrière-grand-père n’étaient pas bien grosses, mais suffisantes pour vivre décemment. Leur existence était paisible jusqu’à ce que la petite Madeleine soit retrouvée morte sous son lit, dans la chambre commune des trois filles. D’après mon père, son corps était couvert de morsures et de plaie profondes comme si on avait mangé sa chair. Séverin a été accusé de cannibalisme, mais aussi de sévices sexuels, la petite ayant subi des attouchements et une défloraison précoce. Séverin a toujours clamé son innocence, d’autant plus que les morsures sur Madeleine avaient la taille d’une mâchoire d’enfant et de petites bêtes. Malgré les services rendus à la nation et le manque de preuves, la justice avait besoin d’ordre et d’un coupable en cette période trouble d’après-guerre. Mon arrière-grand-père fut décapité en place publique. Sa femme mourut de chagrin quelque temps après, laissant Séverine et Odette orphelines. Elles furent récupérées par une cousine éloignée. Comme seul souvenir, ma grand-mère a gardé le costume de rat de son père.

L’histoire se poursuit par le début des troubles mentaux de Séverine peu après la naissance de Judith, ma mère. Cela a été graduel, ma grand-mère n’a été déclarée schizophrène qu’à l’adolescence de maman. Mais que s’est-il passé depuis son enfance ? Maman a-t-elle subi des sévices, des attouchements ? D’après mon père, Séverine avait connu de nombreux hommes après la mort accidentelle de Christian, mon grand-père, et que peut-être, l’un d’eux avait abusé sexuellement de ma mère alors qu'elle n'était qu'une enfant. Comment avait-elle appris l'existence du rat des ongles ? Ma grand-mère portait-elle le costume de rat de Séverin pour lui faire peur ? Je n’ai jamais vu ma mère se ronger les ongles et sur les photos de famille, ses mains paraissent normales. De récentes études sur les troubles comportementaux intergénérationnels ont démontré que des traumatismes vécus par les parents ou les grands-parents laissaient des traces à leur descendance. Ma mère n’aurait-elle donc rien vécu de tout ça ? Aurait-elle agi inconsciemment, sans vraiment comprendre ce qu’elle faisait ? Mais dans ce cas, qui lui aurait donné le costume qui, dans mon souvenir, était neuf ? Où etait passé ce déguisement ? Mon père ne l'a jamais retrouvé comme il n'a jamais retrouvé la trace de son achat. Aurait-on donné à ma mère ces horribles artifices ? Dans quel but ? Pourquoi ? Qui est venu le reprendre ?

Mon père a souvent tenté d’en savoir plus sur l’enfance de ma mère, mais elle restait aussi muette qu’une tombe. Elle aurait quitté papa s’il l’avait forcée à voir un psy. Malheureusement, son amour pour ma mère a toujours été le plus fort. Qui a dit que l’amour rendait aveugle ? Si j’ai un avis à donner, je pense que mon père aurait dû forcer Judith à consulter, car ce qu’elle m’a fait subir avec son rat des ongles a laissé des traces et des peurs en moi.

J’ai aujourd’hui 22 ans, je suis enceinte de 7 mois, d’une petite fille. Depuis quelques jours, j’ai envie de me ronger les ongles et les sinistres refrains de ma mère passent en boucle dans ma tête. J’hésite à me faire aider, j’hésite à en parler à mon mari ou à mon père, j’ai peur qu’ils me prennent pour une folle et me retirent mon bébé. Et vous, avez-vous un membre de votre famille qui se ronge les ongles ? Connait-il le rat des ongles ? Pouvez-vous m’aider à mieux dormir la nuit ? J’ai peur, j’entends gratter sous mon lit et je vois de petites ombres courir autour…


lundi 7 mai 2018

Le colocataire invisible

Un automne, un papi était parti couper du bois pour la cheminée dans la forêt avec son beau-fils et ses petits-fils. Ils avaient une grande famille : le grand-père, la grand-mère, le fils aîné avec sa femme et ses deux enfants, et le fils cadet avec sa fiancée (à propos, même aujourd’hui, en Yakoutie, beaucoup vivent avec toute leur famille dans la même maison). Il faisait beau et ils avaient réussi à couper pas mal d’arbres en une après-midi. Mais vers le soir, ils sont tombés sur un gros mélèze particulièrement coriace sur lequel les coups de hache rebondissaient comme sur de la pierre. Même la tronçonneuse (une du célèbre modèle Drouzhba) n’arrivait pas à rentrer dans le bois, elle se bloquait à mort toutes les deux minutes. Bon, il y a beaucoup d’arbres dans la forêt, donc le beau-fils a proposé de laisser celui-là tranquille et d’aller s’occuper d’un autre, mais le grand-père s’est entêté, disant qu’il ne ferait pas honneur à sa réputation s’il n’abattait pas cet arbre. Ils se sont cassé la tête toute la soirée, pour au final réussir à en venir à bout. Sur ce, ils en ont fini avec leur journée de travail.

Et puis le jour est venu où ils devaient charger les arbres sur leur tracteur pour les ramener au village. Là, le même arbre s’est fait remarquer dans toute sa splendeur. Lorsqu’ils ont essayé de le mettre dans la remorque, il est retombé six fois, comme s’il était doué d’une volonté propre. Sur le chemin, il s’en est encore barré un sacré nombre de fois, même si le chargement était entravé par les barreaux. Lorsqu’ils sont enfin arrivés chez eux, ils ont préparé le tas de bois de chauffage pour le lendemain. Un des petits-fils a abattu sa hache sur l’arbre, et celle-ci a rebondi pour le frapper lui-même au front. En voyant ça, le vieux s’est énervé et a invité tout le monde à s’occuper de cet arbre en premier. Ils y ont passé la journée, mais on finit par le réduire en morceau et le mettre dans le tas de bois. Le vieux a personnellement pris une botte de ce bois-là et l’a ramené à la maison pour le fourrer dans le four à bois. Après, bien évidemment, les bûches ne se sont absolument pas laissé enflammer, mais le grand-père n’était pas non plus né de la dernière pluie, les a arrosées d’essence, a rempli le four de journaux et ainsi les a allumées.

Les trucs bizarres ont commencé le soir, et pas comme dans les films américains où est graduellement de plus en plus bizarre à mesure que les mois passent, mais le pire de tout dès le début. La famille dînait, et la fiancée du jeune fils s’est soudainement mise à hurler à pleine gorge. Tous l’ont regardée, et elle leur a dit que quelqu’un venait de la frapper en pleine poire. Ils ont d’abord pensé que la gamine avait pété une durite, mais à ce moment, de nouveau, une personne invisible s’est mise à lui mettre des taloches de sorte que sa tête bringuebalait de droite à gauche. Le grand-père a essayé de retenir lui-même le visage de sa belle-fille avec ses mains, et là la saloperie s’en est prise à lui, lui foutant un coup dans le bide avant de se mettre à le baffer. Quand le vieux est sorti en laissant derrière lui le château hanté, la chose invisible s’en est de nouveau prise à la fiancée du cadet. Il l’a malmenée toute la soirée, jusqu’à ce que ses joues soient devenues rouges comme des écrevisses, et puis s’est finalement barré. Mais il était trop tôt pour les réjouissances, car la nuit, c’est de nouveau revenu la voir, ça a balancé sa couverture sur le sol et s’est appuyé de tout son foutu poids pour l’asphyxier. C’est là qu’ils se sont tous mis à flipper, la fiancée en larmes, les gars qui ne captaient que dalle, le grand-père qui met sa tête dans ses mains en comprenant que leur bois de chauffage n’était pas issu d’un arbre ordinaire… Ils ont fait venir le prêtre du coin, qui s’est pointé avec sa croix, son encensoir et son eau bénite. Le truc est direct venu balancer l’eau, casser le récipient, arracher le crucifix du cou du prêtre pour la balancer dans un coin et mettre des taloches dans la tronche du saint. Du coup, il s’est tiré aussi vite qu’il était arrivé.

Après, le fun a commencé. La chose restait en général calme le matin et la journée, mais ne les laissait pas oublier sa présence en leur faisant des petites crasses : de la merde de vache dans le lait, de la pâte qui pourri sans raison, des tasses qui se jettent toutes seules par terre. Le soir, elle revenait toujours s’en prendre à la fiancée, la tabassait, lui arrachait ses vêtements, planquait des trucs dégueulasses dans son repas, la pelotait pendant la nuit (mais, dieu merci, elle n’a jamais essayé de la violer). Par contre, ça ne touchait pas les autres, même pas le grand-père, tant qu’ils n’essayaient pas de défendre la jeune fille. Si quelqu’un essayait quand même, ça lui collait une bonne leçon, de manière bien plus violente qu’avec elle : on se retrouvait facilement recouvert de bleus et avec des os cassés. Même les deux petits-fils n’ont ni réussi à l’attraper, ni même à l’effleurer.

Le grand-père s’en est remis au chaman de la région. Ce dernier a refusé de venir dans la maison, arguant que le mal présent était plus puissant que lui. Lorsqu’ils se sont tous mis d’accord pour dire que la bestiole était arrivée chez eux en même temps que l’arbre dans lequel, visiblement elle résidait jusqu’alors, le chaman leur a conseillé de reprendre tout ce qui restait de l’arbre et de le rapporter à l’endroit où ils l’avaient pris. C’est ce qu’ils ont fait, et les buches sont mêmes arrivées à bon port sans la moindre pirouette étrange. Mais ça n’a pas marché : il semblait que leur « colocataire » s’amusait bien plus au village. Ils sont restés comme ça un mois à tout essayer pour le chasser, en allant des cercles de charbon sur le sol aux prières en passant par les chats, mais rien n’a eu d’effet, et le truc faisait le malin avec ardeur après chaque tentative. Une telle vie a fini par affecter la santé mentale de la jeune fille, ses yeux ont commencé à se dessécher et elle s’est mise à délirer.

Par ailleurs, à cette période, un agent de la Tchéka est venu leur rendre visite, envoyé spécialement depuis un autre village qui, après avoir eu vent des rumeurs, a décidé qu’il leur fallait aller rapporter le fait que le mal se répandait. Il est entré chez eux en gueulant « il est où, votre monstre ? », et là un coup est parti du flingue qui pendait à la ceinture du gars, et il a bien failli se le prendre. Il a alors porté la main à son arme, et là quelqu’un s’est mis à lui balancer méticuleusement plein de crottes depuis le four. Il a dégainé et a mis le four en joue, mais il n’y avait personne. Et puis le truc a repris ses vieilles habitudes et l’a roué de coups au visage. Le mec de la Tchéka s’est tiré sans demander son reste et n’est jamais revenu.

Au final, la famille a décidé de renvoyer la jeune fille chez ses parents, dans un autre hameau. Alors qu’ils roulaient dans le village, elle regardait en arrière en disant : « mon pauvre abassy ne peut pas nous suivre, il est coincé, ramenez-moi là-bas », et à la sortie elle a dit « mon pauvre abassy est resté tout seul et pleure près du bouleau. » Et d’un coup, le délire a disparu, et elle a retrouvé la raison. Bien sûr, elle n’est jamais retournée dans ce village, et le mariage s’est annulé de lui-même. D’ailleurs, au village, ils n’étaient pas contre, car à l’instant où elle était partie, on aurait dit que leur colocataire s’était volatilisé, cessant ses farces et ses jeux. Au début, ils s’effrayaient à la moindre ombre, s’attendant à son retour, mais ça ne s’était jamais produit. Visiblement, sans la jeune fille, l’abassy avait fini par s’ennuyer, et était reparti dans son trou. Happy end, comme on dit.
Traduction : Magnosa


Suivante

vendredi 4 mai 2018

Je prépare une fête d'anniversaire pour ma fille aînée et j'aimerais de l'aide

Re-bonjour, tout le monde. J’ai pu voir que ma lettre ouverte a suscité votre intérêt. Certaines personnes ont pensé que je faisais subir des choses horribles à mes enfants, des choses qui me retournent l’estomac rien que d’y penser. Je ne suis pas un monstre ! J’aime mes enfants. Je me suis dit que si je refaisais un post, vous verriez que mes enfants sont très heureux et en bonne santé.

Bon, bientôt ce sera un jour très spécial. Mon aînée, Claire, va avoir 13 ans ! Ce ne sera plus une enfant et je cherche des idées pour fêter ça. Peut-être que vous pourriez m’aider à organiser la meilleure fête d’anniversaire possible pour ma première fille.

J’ai adopté Claire quand elle n’avait que quelques mois. Sa mère n’était pas en mesure de s’occuper d’elle. J’habitais à New York, à l’époque, et j’avais une boulangerie préférée à laquelle j’allais le mercredi, quand ils faisaient des croissants aux amandes. J’avais mon itinéraire habituel, et je voyais souvent une femme avec son bébé dans les bras ou dans une poussette. C’était sûrement une mère célibataire. Elle avait toujours l’air épuisée ou pressée. C’était probablement son premier enfant, aussi. Elle oubliait parfois de boucler la ceinture de la poussette, ou de mettre un gilet à la petite. Elle faisait de son mieux, je suppose, mais elle n’avait pas encore tout à fait l’instinct maternel.

Un jour sur mon chemin, j’ai vu le bébé dehors dans la poussette, mais la mère était introuvable. Il faisait très froid pour un mois d’Octobre, et comme d’habitude la petite ne portait qu’un t-shirt à manches longues et un pantalon. Pas de gilet, pas de bonnet, pas de gants, et pas de couverture pour lui tenir chaud. Je me suis arrêté et j’ai attendu, j’avais prévu de faire un sermon à la mère et de lui acheter des vêtements pour sa fille, mais elle n’est pas venue. J’ai dû attendre 5 bonnes minutes, mais ça m’a paru être des heures. La petite pleurait et ça m’a brisé le cœur.

Je n’avais pas l’intention de prendre l’enfant.

Mais la mère n’était toujours pas revenue, et les pleurs s’intensifiaient.

Alors je l’ai prise dans mes bras, enveloppée dans ma veste et ramenée avec moi à la maison. On a quitté New York peu de temps après, et on a vécu sur la route depuis. C’était un bébé merveilleux, calme et heureux. De loin mon enfant le plus facile jusqu’à aujourd’hui. Elle sait que je l’ai enlevée des bras d’une mauvaise mère et elle n’a jamais voulu en savoir plus sur cette femme. Je lui ai offert une vie merveilleuse, et un accès illimité à la culture et à l’éducation. Est-ce que vous saviez que beaucoup d’états proposent une scolarité en ligne ? C’est vrai ! C’est tellement génial de laisser les enfants apprendre à leur rythme. Une fois que notre tribu s’est agrandie, on a même organisé des expos-sciences tous ensemble.

Claire est une enfant spéciale. Je pensais qu’elle allait être une enfant unique très longtemps, mais j’avais remarqué qu’il lui manquait la compagnie d’un frère ou d’une sœur. Je ne me souviens pas où on était… Ohio, peut-être ? Et on s’était arrêtés dans une ville pour quelques jours. Il y avait un joli parc, mais il était presque tout le temps vide. La plupart du temps on n’était que tous les deux. Mais quelques fois, un petit garçon et une petite fille nous rejoignaient. Ils ne sont jamais venus avec leurs parents, et ils lorgnaient sur notre pique-nique avec des yeux affamés. Très vite, je me suis mis à préparer des sandwiches en rab’ et à emporter des puddings et des briques de jus de fruits supplémentaires. Le jour où on avait prévu de quitter la ville, je me suis finalement aperçu que leurs vêtements n’avaient jamais changé, quand j’ai reconnu la tâche d’herbe que le petit garçon s’était fait en sautant de la balançoire. Ce soir-là, Claire m’a parlé de ses amis. Ça l’inquiétait de les voir toujours affamés et ils lui avaient dit qu’elle ne pouvait pas aller jouer chez eux parce que leur maison n’était pas sûre. Je n’avais pas remarqué les bleus sur leur peau mate, mais Claire, si. Elle m’a demandé si on pouvait les adopter comme je l’avais fait pour elle.

Et c’est comme ça que notre famille s’est agrandie pour la première fois, mais pas la dernière.

J’avais de bons revenus grâce à mes petits boulots par internet. Pas mal de commandes d’œuvres d’art, de retouches, etc. Mais j’ai réalisé que ma vraie passion c’était d’aider les enfants, alors j’ai commencé à prendre des cours en ligne pour devenir un travailleur social. Claire dit qu’elle veut faire comme moi quand elle sera grande. C’est elle qui a commencé notre tradition des cochons-tirelires. Chaque enfant a une tirelire en forme de cochon qu’ils peuvent customiser comme ils veulent, et ils mettent leur argent de poche dedans pour économiser pour la fac. Elle est tellement intelligente et sage pour une enfant. La sienne a une jolie couronne de fleurs bleues peintes sur la tête du cochon.

Je suis désolé. Je me suis égaré. C’est juste que je n’ai pas souvent l’occasion de parler de ma famille. Ce sont tous des enfants tellement géniaux. Mais je devrais revenir à ce qui nous importe : l’anniversaire de Claire.

Elle adore le vert et le bleu, alors je pensais acheter des serviettes en papier et des assiettes de ces couleurs. Est-ce que quelqu’un aurait un lien pour des lampions ou des banderoles dans ces tons-là ? Elle adore le dessin animé Raiponce, alors j’avais pensé faire un lâcher de lanternes pour elle. J’ai une robe Raiponce qui vient du Disney Store. Je suis sûr qu’elle va adorer ! On a déjà fait un Funfetti Cake pour les jumeaux, alors je me disais, gâteau au chocolat ? On est de retour sur la côte Est en ce moment, donc si quelqu’un connaît une bonne pâtisserie, je suis tout ouïe ! Je pensais à un gâteau décoré en pâte à sucre ? En général j’achète un jeu de société à chaque anniversaire et on y joue en famille. On a déjà Brise pas la glace, Cluedo, Monopoly et Hi Ho Cherry-O. Vous en connaissez d’autres que votre famille aime ? Le préféré de Claire c’est Cluedo. J’avais pensé à Candy Land, mais je ne suis pas sûr. Est-ce que Twister est encore à la mode ?

Enfin bref, la grosse surprise que je vais annoncer c’est que Claire va aller au « Space Camp » ! Après la fête, je vais laisser George s’occuper des autres. C’est le deuxième plus vieux, il a 10 ans. Claire et moi on va prendre la route.

Mais on n’ira pas au « Space Camp ».

J’ai choisi un joli coin. Il y a plein de fleurs bleues, les mêmes que sur sa tirelire. J’ai déjà creusé le trou. Personne ne devrait nous déranger. J’ai acheté un beau couteau de chasse. J’ai prévu de lui trancher la gorge. Ça me paraît être la méthode la plus humaine. Un pistolet ça attire trop l’attention, et je ne pense pas être capable de la matraquer à mort.

Je ne veux pas qu’elle ait peur.

Je suppose que je pourrais l’étrangler, mais c’est une si belle enfant –enfin, jeune fille- et je n’ai pas envie de lui faire de vilaines marques pour son dernier jour.

Vous voyez, c’est pour ça que sa fête doit être parfaite. C’est sa dernière fête.

J’adore les enfants.

Mais elle ne sera plus une enfant.

Traduction : Sassy Calopsitte

Suite d'une pasta (recorrigée pour l'occasion) qui avait été publiée en 2016. Le lien est déjà dans le texte, mais le revoilà pour ceux qui l'auraient manqué.
Texte original

lundi 30 avril 2018

Chasseurs de fantômes

Retranscription d’une histoire que mon meilleur ami Antoine m’a racontée plusieurs fois. Tout est identique à ce qu’il m’a dit, avec le plus de détails dont je puisse me souvenir.

Les évènements qu’il m’a décrits se sont produits dans les années 1991.

Je n’ai jamais cru aux fantômes, évidemment. Mais pour ma copine, c’était un autre délire. Alors, quand dans la maison y’a commencé à avoir des espèces de chuchotements, des grattements sur les murs et des portes qui se claquaient derrière nous sans courant d’air, elle a pété un câble. « Antoine ! Antoine ! Il faut qu’on fasse quelque chose ! » Moi, j’étais en mode « Mais Léa, là putain je suis pas les ghostbusters, » et c’est là qu’elle a eu l’idée la plus foireuse de sa vie : elle a voulu appeler des « chasseurs de fantômes ». Bon, déjà je savais même pas que ça existait vraiment, mais au point où on en était (elle dormait plus la nuit et on baisait même plus), j’ai accepté. Puis c’est elle qui voulait payer donc j’allais pas me faire prier.

On a appelé un espèce de secrétariat d’un groupe de mec qui se disaient « chasseurs d’esprits et de revenants » dans la ville d’à côté. Ils lui ont dit qu’ils venaient le mardi suivant, et qu’ils aimeraient bien qu’elle fasse des recherches sur la maison, en mode s'il y avait déjà eu un suicidé, des trucs comme ça. Moi j’aurais trouvé ça classe, mais après maintes recherches, le seul truc le plus proche de chez nous c’était un mec qui s’était fait écraser devant la baraque en 1984, ce qui est pas franchement très effrayant. En plus le mec s’appelait « Martin » et « La légende terrifiante du revenant Martin » ça craignait un peu. Donc pas de succès de ce côté-là, mais Léa insistait.

Bref, ils sont arrivés assez tôt le matin et, après la présentation la plus pathétique et la plus puceau que j’avais jamais vu (« NOUS SOMMES LES CHASSEURS DE FANTÔMES, enchantés ! ») les trois mecs à casquette ont commencé à chercher divers trucs un peu partout dans la maison avec des appareils que j’avais jamais vu qui faisaient bip bip. Non seulement après une heure de recherche ils avaient rien trouvé du tout, mais en plus les phénomènes que Léa et moi on vivait ne s’étaient pas produits. Bref, pas un gros succès, ce qui m’a franchement conforté dans l’idée que c’était des gros arnaqueurs. Dans l’idée de les faire partir pour que je puisse regarder la télé, j’ai commencé à discuter avec celui qui avait l’air d’être le leader de cette bande de dégénérés. Même s'il avait l’air sympa (mais quand même vachement bizarre), après discussion, je lui ai discrètement glissé l’idée qu’on était pressés, et qu’il fallait qu’ils partent.

Ils ont ramassé leurs trucs et je les ai raccompagnés à la porte avec Léa. J’étais quand même un peu désolé d’avoir fait perdre du temps à ces pauvres gars, alors j’ai tenté de la jouer sympathique avec le leader. S’en est suivie la discussion la plus bizarre que j’ai jamais eue.

- Et encore désolé hein, on était persuadés qu’il y avait vraiment des trucs.

- Pas de problèmes ! On a l’habitude des fausses alertes !

Il a fait le sourire le plus forcé que j’ai jamais vu, ce qui m’a conforté dans l’idée qu’on leur avait vraiment fait perdre leur temps. J’ai essayé de changer de sujet pour combler le malaise.

- Vous n’avez pas eu trop de mal à vous garer ? Je n’ai pas vu votre camionnette dans la rue.

- Oh, nous n’en avons pas. Je déteste les voitures.

Ils ont ricané entre eux, et s’en est suivi un autre silence bien gênant. Ils ont commencé à partir sans un regard pour nous. J’ai quand même essayé d’en savoir plus :

- Je peux vous demander votre nom ?

Il s’est retourné un bref instant, m’a regardé dans les yeux et m’a souri.

- Martin.

Avec Léa on a à peine eu le temps de se regarder sans rien comprendre que le téléphone a sonné. C’était le secrétariat des chasseurs de fantômes. Ils nous informaient qu’ils étaient désolé du retard, qu’il y avait des embouteillages sur la route, et qu’ils seraient là dans une petite heure. Quand on a regardé dans la rue, les trois "chasseurs de fantômes" avaient disparu.


vendredi 27 avril 2018

La poupée rieuse

Tout a commencé par un craquement, un léger craquement derrière la porte de mon placard. C’était la nuit de mon sixième anniversaire et j’avais eu comme cadeau une poupée. Sans trop comprendre pourquoi, j’éprouvais une fascination morbide pour Cassandra, le nom que j’avais donné à ma poupée. Je l’aimais et la détestais à la fois, c’était vraiment très étrange comme sentiment. Ses gros yeux vitreux sans sourcils étaient effrayants, et que dire de son sourire si grand qu’il touchait ses deux oreilles cachées par de longs cheveux noirs. Elle avait aussi un petit nez ridicule et des tâches rouges sur ses joues. Sa robe grise lui ajoutait une allure adorablement macabre. On appelait ce modèle la poupée rieuse, car il suffisait de toucher une partie de son corps afin de l’entendre rire. On n'était qu’au début de l’ère des poupées rieuses et il était un peu normal que les rires enregistrés dans l’interface interne du modèle ne soient pas vraiment fidèles à un rire humain, c’était plutôt une suite de petits rires métalliques. Mes parents étaient pauvres, j’étais très heureuse et très étonnée d’avoir un tel cadeau, même si j’ai gardé pour moi le fait que la poupée n’était pas neuve, car sous sa robe, j'ai découvert les craquellements du vernis de sa peau bleue-pâle.

Je n’avais pas beaucoup d’amis à cette époque et j’emmenais Cassandra partout avec moi, même à l’école. Son petit format me permettait de la cacher au fond de mon cartable. Et puis un jour, son petit rire métallique s’est déclenché dans la classe. Tout le monde a ri, sauf moi et la maîtresse, madame Bertrand, une femme colérique que je détestais. Pour ne rien arranger, le rire de Cassandra était complètement détraqué, elle n’arrêtait pas de rire encore et encore. La maîtresse a trouvé la poupée et m'a ordonné de la faire taire sur-le-champ. J’étais morte de honte, mes mains tremblaient en cherchant l'accès aux piles dans son dos, des larmes gonflaient mes yeux. Je l'ai secouée plein de fois mais la poupée continuait de rire. En colère, la maîtresse me l’a arrachée des mains et l’a jetée par terre. J’ai entendu un craquement sec, comme une branche morte écrasée par un pied. Pour finir, elle l’a ramassée et l'a brandie devant mon visage, en criant trois fois : confisqué, confisqué, confisqué ! C’est à ce moment-là que j’ai vu la tête brisée de ma poupée. Ses yeux étaient comme crevés et une fracture séparait son front en deux.

À la suite de cette histoire, mes parents ont été convoqués à l’école en fin d’après-midi. J’ai pris deux claques par mon père et une par ma mère. Cette dernière m’a promis de ne plus jamais m’acheter de poupée.

J’ai eu vraiment beaucoup de mal à m’endormir puisque je n’avais plus Cassandra pour me protéger des méchants imaginaires qui vivaient dans mon placard. En pleine nuit, j’ai cru entendre son rire métallique. Je me suis réveillée en sursaut. Des chiens aboyaient furieusement au loin, mais sinon, ma chambre était silencieuse. C’était sans doute un cauchemar et alors que je tentais de me rendormir, j’ai entendu une voix agonisante au creux de mon oreille : « aidez-moi, aidez-moi ». Puis il y a eu ce rire, un rire dément, métallique, si fort que j’ai fini par crier en me bouchant les oreilles. Mes parents étaient fâchés contre moi et aucun des deux n’est venu me rassurer. Ce rire m’a semblé durer une éternité puis il s’est arrêté d’un coup, laissant la place aux aboiements des chiens.

Assise sur mon lit, essoufflée, le cœur battant, je regardais la pénombre de ma chambre. Les volets filtraient la pâle lumière de la lune et tous mes meubles semblaient gris. J’ai entendu un léger craquement derrière la porte de mon placard, puis un second, toujours aussi bref, puis un troisième espacé d’un petit rire métallique, et d’autres, encore, et encore, d’autres rires, d’autres craquements qui me faisaient sursauter. C’était affreux, j’avais l’impression qu’une mâchoire monstrueuse mâchait des os derrière la porte de mon placard.

Puis, quand j'ai cru cette hallucination auditive terminée, la poignée a cliqueté en tournant très doucement, la porte s’est ouverte par à-coups. C’était si effrayant que mon cri est resté coincé dans ma gorge. J’ai sauté du lit et je me suis réfugiée dessous. Je ne saurais dire combien de temps j'y suis restée, je claquais des dents, je regardais l’ouverture du placard qui n’était située qu’à deux mètres de mon lit.

Un pied blanchâtre est apparu, un pied squelettique aussi grand que mon bras. Il s’est enfoncé dans la moquette avant de sautiller autour du lit puis vers le fond de la chambre où j’ai aperçu la maigreur d'une jambe. Mon cœur battait si fort que je l’entendais cogner dans mes tympans. Je priais de toutes mes forces que cette horreur s’en aille, mais elle a sautillé jusqu’à mon lit puis elle a disparu. Enfin, c’est ce que je croyais, avant que mon matelas ne s’enfonce au-dessus de ma tête. J’étais petite, j’ai pu me rouler sur le dos pour voir ce qui se passait.

Le monstre bondissait sur le lit, le matelas s’est enfoncé plusieurs fois, me touchant le visage, le ventre et les jambes. Il devait y avoir plusieurs pieds car le lit se déformait à plusieurs endroits en même temps. Ça s’est arrêté d’un coup. Le silence est revenu, hormis ce claquement de dents qui sortait de ma bouche. La porte du placard a claqué sèchement, le monstre était reparti. Toutefois, je n’avais pas vu le pied sautiller jusqu’à lui, et j’ai attendu de longues minutes sans bouger un cil. J’étais trempée d’une sueur glacée, mes muscles me faisaient mal, j’avais l’impression qu’on avait jeté mon corps au fond d’un puits. Enfin, au moment où je voulais m’enfuir jusqu’à la chambre de mes parents, de longs cheveux noirs ont stoppé mon élan. Mon matelas s'est mis à bouger, le monstre a doucement baissé la tête, car ses longs cheveux s’entortillaient sur la moquette, puis un front blanchâtre est apparu. Le front était brisé en deux, sa texture et sa teinte livide m’ont fait penser à de la peau collée sur du caoutchouc. Et ses yeux, jamais je n’oublierai ses yeux crevés d’où s’écoulait une humeur bleuâtre. 

La porte de ma chambre s’est brusquement ouverte, ma mère a crié puis… puis… je ne sais plus trop ce qui s’est passé, je me souviens juste de petits rires métalliques et de craquements effroyables.

En état de choc, je ne suis pas retournée à l’école pendant plusieurs jours, d’autant plus que j’étais très inquiète de l’état de santé de ma mère. Elle a été transportée à l’hôpital avec de graves blessures, des membres brisés et un pied arraché. Mon père n’a jamais été le plus courageux des hommes et la police, alertée par les voisins, l’a retrouvé inconscient près du corps de ma mère. Il a été accusé de tentative de meurtre.

Ma pauvre mère a perdu la raison, elle n’a jamais pu témoigner en sa faveur. Lorsque j’allais la voir à l’hôpital, elle était souvent agitée, elle criait dès qu’elle voyait une poupée à la télévision au-dessus de son lit. Parfois, elle hurlait en me regardant, comme si j’étais responsable de son état.

Les policiers m’ont interrogée plusieurs fois et aucun n’a cru à mon histoire de poupée au visage brisé. Mais qui croirait une fillette de six ans ? Pourtant, si la police m’avait prise plus au sérieux, la maîtresse ne serait pas morte la nuit suivante. Son meurtre a été imputé à un rôdeur.

Un peu plus tard, j’ai trouvé un petit mot dans mes affaires d’école. La carte était sale, pleine de traces de suie et une écriture tremblante disait ceci : tu veux jouer avec moi ?

Même aujourd’hui, à l’heure où je termine de raconter mon histoire sur votre forum, je revois toujours le visage brisé du monstre, ses longs cheveux noirs, ses yeux crevés. Parfois, au milieu de la nuit, j’entends le petit rire métallique de ma poupée et parfois aussi, près de mon lit, le craquement de ses genoux...


lundi 23 avril 2018

Le son du silence

Après une vie entière à avoir été sourd, mon meilleur ami a eu des implants auditifs. Quand il s'est réveillé de l'opération, nous nous tenions tous autour de lui. Sa femme a été la première à dire quelque chose. Il a entendu sa voix et a commencé à pleurer. Nous avons pris la parole chacun notre tour, le laissant entendre nos voix et nos noms, et à chaque mot que nous prononcions, il devenait plus émotif. Quand nous avons fini, le silence a rempli la pièce.

Il s'est tourné vers moi et m'a demandé quel était ce son. Ça m'a pris un moment pour comprendre ce qu'il entendait, et quand j'ai compris, je lui ai dit qu'il entendait le silence.

Il a secoué sa tête. "Ce n'est pas le silence, a-t-il dit lentement, tout en entendant sa propre voix pour la première fois. J'ai entendu le silence toute ma vie, et là c'est différent."

Un son est parvenu de l'extérieur de la chambre d'hôpital, il s'est alors redressé immédiatement. "Ce n'est pas ça le silence ?"

Nous avons tous échangé un regard inquiet à travers la pièce avant que je ne parle. "Non, ai-je dit doucement. C'était le son d'une personne qui hurle."

Traduction : Mushroom


vendredi 20 avril 2018

Près de la rivière sans nom

Je vais encore vous raconter une creepypasta yakoute. Elle est un peu inhabituelle pour le folklore local, car les esprits maléfiques (les « abassy ») ne sont en général pas décrits comme des êtres faisant totalement partie du plan physique, leur aspect est habituellement vague ou ils apparaissent sous forme de silhouettes, ils se cachent dans l’obscurité ou bien leur visage reste indiscernable, ils apparaissent brusquement puis disparaissent aussi sec, etc. Comme dans les pastas précédentes, quoi. Néanmoins, beaucoup de gens aiment la raconter au coin du feu, et il y a même des écrivains locaux qui s’en sont inspirés pour écrire leurs récits.

L’histoire concerne à nouveau deux frères. L’aîné avait pas loin de 30 ans et le cadet avait cinq ans de moins. Ils étaient tous deux chasseurs et étaient partis braconner en automne dans un trou paumé, là où le gibier ne craignait pas encore l’homme. Ils n’en étaient pas à leur première expédition lointaine ensemble, si bien qu’ils avaient déjà l’habitude, ils ne se faisaient aucun souci, tout était sous contrôle, la forêt, c’était leur chez-eux. Ils avaient établi leur campement non loin d’une rivière sans nom dans les bois, avaient rapidement construit une cahute temporaire, allumé un feu, nourri l’esprit du feu (et, à travers lui, tous les esprits des alentours) selon la stricte tradition locale avec de la bouffe et de l’alcool, afin d’obtenir leur protection, puis ils s’étaient mis en chasse. Le gibier était abondant, après deux ou trois jours ils avaient un bon butin et ils se frottaient les mains en pensant à toute l’oseille qu’ils allaient se faire en revendant tout au marché noir (l’histoire se passe bien évidemment pendant la période soviétique [NdT : plus précisément vers les années 80-90, pendant lesquelles la misère était grande et le marché noir un moyen d’y remédier]).

Vers le quatrième ou le cinquième jour, la neige a commencé à tomber. Les deux frères étaient dans leur cahute après la chasse et dînaient en parlant de tout et de rien, le feu crépitait, il faisait bon à l’intérieur et ils avaient le ventre bien rempli, quand soudain le son de quelqu’un marchant de l’autre côté du mur s’est fait entendre. Le bruit des pas dans la neige fraîche était net. Ils ont d’abord porté la main à leur fusil : et si c’était un ours ? Mais non, les pas étaient définitivement humains, ils se dirigeaient vers la porte, puis une voix féminine s’est élevée : « Brr, quel froid ! » Là-dessus, les deux frères sont restés cois. Pendant ce temps, la porte s’est ouverte et a laissé entrer une magnifique jeune femme emmitouflée dans de beaux vêtements (certes un peu démodés pour l’Union Soviétique, mais la mode n’a aucune importance dans la forêt, l’important étant de se tenir au chaud). En voyant les deux frères, elle a déclaré joyeusement qu’elle était la fille d’un habitant d’un village peu éloigné, qu’elle était partie se promener en forêt et s’était perdue, qu’elle avait erré toute la journée et pensait déjà que c’était la fin pour elle, et qu’elle avait alors aperçu la cabane et le feu à l’intérieur et était donc entrée.

Les deux frères se sont jeté un regard. Ils connaissaient bien l’endroit, et il n’y avait pas le moindre patelin à trois cents kilomètres à la ronde. Mais la jeune femme était bien réelle, toute grelottante de froid et, en bons gentlemen qu’ils étaient, ils lui ont donc courtoisement fait une place à table, en lui servant du thé et de la soupe. Elle a tout avalé avec reconnaissance et a commencé à parler d’elle, comme elle avait peur, comme elle leur était redevable, etc. Le frère aîné hochait de la tête, en revanche le cadet, qui faisait bien moins confiance au hasard, observait leur hôte d’un air suspicieux. Lorsque l’occasion s’est présentée, il a prétexté une envie pressante pour sortir de la cabane. Il faisait déjà sombre, mais on y voyait encore quelque chose. Les traces de pas de la jeune femme étaient encore visibles sur la neige fraîche. Le jeune frère les a suivies pour voir que la piste s’interrompait sur la berge de la rivière. Mais la rivière n’était pas gelée : si la jeune femme l’avait traversée en nageant, elle aurait dû être trempée. Ses doutes se sont renforcés, tandis qu’il se rappelait de toutes sortes de légendes incompréhensibles à propos de chasseurs et d’esprits maléfiques infernaux vivant dans les profondeurs de la forêt, quoiqu’on décrivait ces derniers dans les récits comme foutrement grands, à côté d’eux les petits abassys en tous genres ne sont rien d’autre que du menu fretin. Bref, le gars a donc décidé de faire discrètement part de ses observations à son frangin et d’agir ensuite selon ce qui se passerait.

En revenant à la cabane, il s’est aperçu qu’une bouteille avait déjà été ouverte, que son frère flirtait allègrement avec leur hôte, ça se voyait que son cerveau avait arrêté de fonctionner et que son pénis avait pris le relai. Mais ça pouvait se comprendre : il n’était pas marié, la jeune femme était vraiment très attirante, et elle n’avait en plus pas l’air d’être contre. Le cadet a essayé de s’incruster dans leur discussion en prétextant que leur matériel de chasse allait être trempé sous la neige et qu’il faudrait le ranger, mais il n’a eu pour seule réponse qu’un regard de son frère signifiant clairement qu’il pouvait aller se faire foutre, et la femme s’est alors mise à le regarder avec un air si assassin, presque inhumain, que ça lui a flanqué la trouille et qu’il est reparti dans son coin. Il est resté assis avec un air sombre tandis que les deux autres se chauffaient de plus en plus. Mais il a tout de même réussi à attraper son frère alors qu’il était sorti un instant, juste avant de passer aux choses sérieuses. Il a alors essayé de tout lui raconter, les traces, le regard qui l’avait fait flipper, de lui montrer que toute cette histoire ne tenait pas debout, mais l’aîné ne pensait plus qu’à sa partie de jambe en l’air, sans compter qu’il était complètement bourré, et n’a rien voulu entendre. Finalement, ce dernier l’a collé contre le mur de la cahute et lui a promis une bonne branlée s’il s’avisait de tout gâcher. Le cadet en est resté sur le cul, jamais son frère ne lui avait parlé de cette façon, même après trois jours de biture.

Du coup, le petit couple est allé s’installer dans un coin de la cabane et s’est planqué derrière un paravent. Ils ont étouffé le feu, tandis que l’autre frère était allongé dans le coin opposé, écoutant attentivement ce qui se passait et broyant du noir, tout en gardant son fusil chargé avec deux balles sous la couette, des fois que. Les deux autres ont continué leur affaire, tout avait l’air de bien se passer, et le sommeil l’a peu à peu emporté.

Il s’est réveillé pendant la nuit à cause d’un bruit de raclement. Les braises du feu n’étant pas encore totalement éteinte, il n’avait pas dû s’écouler beaucoup de temps. L’étrange raclement venait de toute évidence de là où le couple était installé, et chaque raclement était suivi tantôt d’un gémissement, tantôt d’une plainte à peine audible de son frère. Le cadet a sauté hors du lit et s’est rué dans leur coin l’arme à la main. Repoussant le paravent d’une main et tenant son fusil chargé de l’autre, il a alors vu, dans l’obscurité, une silhouette sombre qui n’avait rien d’une femme à califourchon sur son frère, avec des yeux jaunes brûlant d’un feu ardent occupant bien la moitié de sa tête, en train de lui bouffer le cou. Le son provenait du raclement de ses dents contre les vertèbres. Le pauvre homme gémissait faiblement.

Le cadet, devant cette scène, a bien failli tomber dans les pommes, mais a quand même réussi à coller une balle à bout portant entre les deux yeux de la bestiole. Un glapissement a retenti et la créature a lâché sa proie, se traînant vers la sortie (certaines personnes ajoutent à ce moment du récit qu’elle aurait dit « j’aurais dû te faire la peau en premier »). Là-dessus, le jeune frère lui a tiré un deuxième coup de fusil, et la saloperie s’est enfuie de la cabane en hurlant une nouvelle fois et en défonçant la porte. Le cadet est alors allé remuer les braises avec précipitation pour faire de la lumière, puis est revenu se pencher sur son frère, mais il était déjà trop tard : ses yeux s’étaient fermés, sa gorge était en lambeau, le lit était couvert de sang. Ce qui était étrange, c’est qu’il n’a trouvé aucune trace de sang sur le sol ou près de la porte, pas plus que dans la neige à l’extérieur, malgré les deux balles qu’il avait tirées sur le monstre.

Lorsque le jour s’est levé, le cadet est parti pour le lieu habité le plus proche sans attendre. Il est revenu plus tard avec quelques autres gars pour récupérer le cadavre de son frère et démonter la cahute. C’est à partir de ce moment qu’on a commencé à appeler cette rivière l’Abassy-Yourègè (la rivière aux esprits maléfiques) et qu’on a arrêté de traîner dans les environs.

D’ailleurs, dans mon village il y a un mec qui assure que l’Abassy-Yourègè se trouve dans l’oulous Aldansky, qu’il y a été quelques fois et qu’il a même passé une nuit juste à côté, et que rien ne lui est jamais arrivé. Mais c’est sûrement pour se foutre de nous.
Traduction : Magnosa et Joy Weber


Suivante

lundi 16 avril 2018

BDSM

Cela faisait quelques années que j'étais en couple avec Marc. Au début, quand on s'est installés ensemble après 2 ans de relation, c'était vraiment bien. On avait les mêmes centres d’intérêt, ce qui aide beaucoup dans un couple. On vivait notre vie à cent à l'heure, on jouait ensemble aux jeux vidéos, on s'écrivait des mots d'amour, on se disait des "je t'aime" tous les jours, on s'envoyait en l'air tous les soirs ! C'était vraiment une époque formidable, puis est venue la routine; les "je t'aime" se sont transformés en "tu as acheté du pain ?", on jouait de notre côté, il passait ses soirées sur son ordinateur pendant que je regardais la télé toute seule. Même au niveau du sexe, on est passé d'une relation tous les jours à une par semaine. Et encore, c'était pas génial : il n'y avait plus d'envie, plus de passion. Notre couple battait de l'aile, alors j'ai pensé à quelque chose pour pimenter nos ébats sexuels : rien de tel que de retrouver notre fougue au lit pour donner un coup de fouet à notre relation.


Cette idée m'est venue après avoir vu un film au cinéma. Beaucoup de femmes ont dû avoir la même idée en le voyant à vrai dire, je veux parler de "50 nuances de Grey". Vous connaissez sûrement ce film, mais si je devais vous le résumer en quelques mots ça serait Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadisme et Masochisme (BDSM). Généralement on parle de Sadomasochisme.


Donc, j'ai proposé l'idée à Marc qui a plusieurs fois décliné mon offre avant de finalement accepter pour "tester" si ça pouvait lui plaire. Il faut dire que c’était une vraie chochotte alors l'idée de recevoir des coups de cravache ne lui plaisait pas trop.


On a donc fait une session d’essai, on a pas voulu faire trop hard dès le départ alors on a juste essayé de se donner des fessées pendant les ébats, des coups de fouets par là, des insultes par ici. Rien de bien méchant, mais, contrairement à toute attente, il avait adoré. Je ne l'avais jamais vu aussi excité que cette nuit-là.
L'essai étant concluant, nous avons continué cette pratique mais de plus en plus hardcore : les coups de cravache, les combinaisons en latex, la cire chaude sur le corps, les cordes... on a tout essayé. On a même essayé la strangulation érotique mais malgré les résultats je vous le déconseille vivement, c'est très dangereux. Si vous ne me croyez pas, recherchez sur Google ce qui est arrivé à David Carradine, l'acteur qui jouait Bill dans « Kill Bill », allez-y.


Bref, cela avait vraiment ravivé notre couple, la routine avait disparue et on s'était même surpris à nous dire des "je t'aime" comme avant : c'était reparti de plus belle.
Mais niveau sexuel, on continuait de chercher de nouvelles choses à faire. C'est là que je lui ai proposé un nouveau jeu : simuler un enlèvement.  Je lui ai dit que ça m’exciterait terriblement de me faire enlever et qu'on pourrait mettre ça en scène.


Il avait formidablement joué son rôle de kidnappeur : un soir, alors que je rentrais du boulot, quelqu'un m'a attrapée et m'a mis la main sur la bouche avec un couteau sous la gorge. Il m'a ensuite emmenée vers sa voiture et m'a enfermée dans le coffre de celle-ci. Je pensais bien qu'il s'agissait de Marc mais je n'avais aucun moyen d'en être sûre et je n'avais jamais vu cette voiture avant. L'idée que ce soit un vrai enlèvement m'avait traversé l'esprit, et je vous avoue que ça m'avait drôlement excitée.


Après quelques dizaines de minutes bâillonnée dans le coffre, j'ai été soulagée de voir qu'on était dans le garage de notre maison en sortant de la voiture. Marc avait ouvert le coffre, tout sourire. Il était même allé jusqu'à louer une voiture pour pousser le jeu à l’extrême ! Mais ça avait marché : l'excitation était bien réelle et plus intense que jamais.
Il a recommencé ce jeu deux ou trois fois avant que je lui propose d'inverser les rôles. Il était dubitatif quant à ma capacité à le kidnapper, mais il n'attendait que ça.
Du coup, un soir, je l'ai attendu à la sortie de son travail, et comme je ne suis pas assez forte pour le maîtriser, je l'ai assommé à l'aide d'une matraque qu'on utilisait pour nos jeux coquins. C'était assez violent mais moi aussi j'aime pousser le réalisme jusqu'à l’extrême. Je l'ai ensuite traîné jusqu'à la voiture que j'avais également louée. Il était de nouveau conscient au moment où j'ai refermé le coffre, il souriait d’extase et on voyait même qu'il était en train d’apprécier ce moment, au vu de la bosse au niveau de son entrejambe.


S'il avait su...


J'ai roulé pendant quelques heures en direction d'un grand parc dans le département voisin. Il commençait à faire nuit alors je me suis dépêchée pendant qu'on pouvait encore y voir quelque chose.  Une fois dans le parc, j'ai garé ma voiture dans un coin perdu de celui-ci où j'avais creusé deux grands trous la veille.
Une pour Marc, et une pour la pute qu'il baisait depuis six mois. Six mois à jouer le jeu, six mois à prétendre que j'aimais me faire fouetter pendant le sexe, six mois pour préparer ce moment.
Il ne se séparait jamais de son téléphone, il pensait être à l'abri. Mais ce qu'il ignorait, c'est que son historique de sites visités apparaissait sur chaque appareil lié à son compte Google. C'est sur notre ordinateur que j'ai pu découvrir sa liaison via un site de rencontre. Il ne me fallait plus que trouver son mot de passe, ce qui était chose facile vu qu'il utilisait le même partout. À partir de là, il me fallait un plan pour qu'il se laisse faire et qu'il se laisse mener tout droit dans sa tombe, sans rien dire.


Lui qui était toujours en quête de sensations fortes, j’espère bien que le fait d'être enterré vivant l'a fait bander."



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Interview donnée par Marie M, condamnée à perpétuité pour le double meurtre de son concubin et de son amante.

vendredi 13 avril 2018

Le dîner de C

Ça s'est passé il y a quelques années, je devais avoir dans la trentaine. J'avais un film préféré, "le dîner de cons" . J'étais vraiment fasciné par ce film. Si vous ne le connaissez pas, allez le voir. L'histoire est assez simple :  chaque mercredi, un "dîner de cons" est organisé : chaque membre amène avec lui un "con", intarissable sur un sujet précis, qu'il a déniché au hasard. Ensuite, les organisateurs se moquent des "cons" toute la soirée sans que ces derniers ne s'en rendent compte. À l'issue du repas, on choisit le champion.


Bref, j'avais revu le film au moins 15 fois, si bien qu'une idée m’étais venu en tête : il fallait absolument que je participe à un de ces dîners, en vrai. En tant que membre, bien sur, pas en tant que con. Ça devait forcément exister. J'ai alors fouillé le net à la recherche d'éléments qui pourraient m'indiquer où participer à ce genre d’événements. Et après quelques jours de recherche, je suis finalement parvenu à trouver un forum composé de gens qui partageaient mon amour pour ce film. Et cerise sur le gâteau : ils prévoyaient d'organiser un "Dîner de C". Malgré le dernier mot incomplet, censuré je pense, car c’était quand même une insulte, j'ai compris que c’était ce que je recherchais. Un vrai dîner de cons.


On devait alors s'inscrire à ce dîner, tout en précisant le nom du "con" qui nous accompagnerait. Et c'était là le problème : je connaissais beaucoup de gens stupides, mais aucun n'avait le niveau d'un François Pignon. Ils étaient cons, mais ce n’étaient pas des champions. Le forum avait pensé à ceux qui n'avaient pas dans leurs connaissances de "cons" de compétition, et avait mis à disposition des "cons" notoires, repérés par les autres membres du forum. Il y avait une petite liste par départements. J'ai alors utilisé cette liste et pris l'initiative de prendre contact avec l'un des "cons" du coin.


Il s'appelait Jean-Philippe et tenait un petit site où il faisait profiter les gens de sa passion : les balles de ping-pong décorées. Il en avait toute une collection, qu'il montrait fièrement sur les pages de son site. Des petites balles de ping-pong de toutes les couleurs, avec des visages dessinés au marqueur, et des petites perruques.


C’était vraiment pathétique. Ce mec devait vraiment être un gros con, assez pour que je l'amène avec moi au dîner. Un vrai François Pignon en devenir.


Je lui ai envoyé un mail, lui disant que moi aussi, j'adorais peindre des balles de ping-pong, et que je connaissais même d'autres gens avec la même passion. Et ce con avait tout gobé, il était même très enthousiaste à l'idée de rencontrer des gens comme lui, avec la même passion. On a commencé par se voir autour d'un verre, pour discuter de balles de ping-pong. Puis il m'a invité chez lui pour me montrer sa collection. Bien sûr, moi, j'en avais rien à carrer de ses balles, mais je jouais le jeu. Jusqu'au jour où je l'ai invité à ce dîner, lui disant que c’était un dîner entre gens qui adoraient peindre les balles de ping-pong, et que tout le monde voulait voir ses meilleures œuvres. Il a accepté de suite sans réfléchir.


Le jour J, je me suis présenté à l'endroit indiqué, avec Jean-Philippe. La soirée se passait dans une cave, à l'abri des regards. J'avais eu du mal à trouver, tant c'était bien caché. Une fois sur place, j'ai fait connaissance avec les autres membres, qui eux aussi avaient trouvé ce forum en voulant participer à un dîner de cons. Et, comme moi, ils ne connaissaient pas de cons intéressants, alors ils avaient utilisé la liste donnée. Comme quoi, c’était vraiment pratique.


On a parlé un peu entre nous, pendant que les cons qu'on avait emmenés discutaient entre eux. On n'a pas attendu le dîner pour se foutre allègrement de leur gueule. Avec ce que me disaient les autres membres à propos de leur Cons, ça promettait vraiment une soirée spectaculaire. Ils étaient tous vraiment à la hauteur du personnage du film. Des vrais cons de compétition.


Le dîner a ensuite commencé. Un des cons amenés par les autres membres était un passionné de vin blanc fruité. Il avait emmené une bouteille, aromatisée à la pêche. Il y a beaucoup de gens passionnés de vin, mais généralement, ils aiment le bon vin, pas le vin blanc acheté à Lidl pour 5 euros. Bref, c’était complètement con comme passion. Pour fêter la soirée, il a servi un verre de vin à tout le monde, et semblait extrêmement excité à l'idée que les autres boivent son vin et lui en disent des nouvelles. On a tous levé notre verre, et on a bu. Enfin, tous, sauf moi. Je détestais le vin, et j'avais en horreur par dessus tout le vin blanc, aromatisé ou non. J'ai donc porté le vin à ma bouche, et j'ai fait semblant de boire. J'ai ensuite tout recraché discrètement dans le pot de fleur à coté, même si j'en avais avalé un petit peu, ce qui m'a laissé un goût affreux dans la bouche.


Le dîner s'est alors déroulé normalement, les "cons" présentant à tour de rôle leur passion, toutes aussi ridicules les unes que les autres. De notre côté, les membre du forum, on s’efforçait de ne pas rire aux éclats. Mais c’était vraiment difficile, notamment car j'avais la tête qui tournait, ce qui était bizarre car j'avais pratiquement recraché tout le vin. Je ne pouvais pas être saoul !


Quelques minutes après, j'ai vu les autres membres tomber face contre table, les uns après les autres. Je me suis alors dit que le vin devait être bien fort pour produire cet effet. Après tout, j’étais patraque, même avec la minuscule portion que j'avais bue.


Plus tard, j'ai compris que ce n’était pas le vin qui avait produit cet effet, quand un des cons s’est levé, et a annoncé :


"Je déclare le dîner de cannibales ouvert ! À table, tout le monde."


Les soi-disant cons ont alors commencé à montrer leur vrai visage. L'un deux, avec un couteau, a commencé à tailler un bout du visage d'un membre du forum, et l'a ensuite avalé tout cru. D'autres ont commencé à ouvrir le ventre des membres pour en extraire les organes, avant de les emmener vers la cuisine, qui était toute proche.
Quant à moi, qui n'étais pas complètement sous l'effet du vin, qui devait sûrement contenir un puissant sédatif, je pouvais voir mon "con", Jean-Philippe, me regarder avec envie. Il lorgnait sur moi comme un homme n'ayant pas mangé depuis plusieurs jours regarderait un bon steak saignant.
J'ai alors compris que ce forum n’était qu'un leurre, pour nous pousser à venir dans cette cave. Que la liste des "cons" n’était en fait qu'une liste de cannibale, attendant de se faire contacter par leur prochain dîner.


Dans ce dîner, les cons, c’était nous, pas eux.


Dans mon malheur, il y avait une bonne nouvelle. C'était le fait que je n'avais pas bu le vin qu'ils nous avaient proposé. Et donc, que je n'étais pas complètement drogué.
Jean-Philippe s’est saisi d'un couteau mais, avant qu'il ne l'utilise, je lui ai donné un grand coup de poing dans la mâchoire, le mettant presque K-O. Ces années de boxe m'avaient enfin été utiles. Je me suis ensuite enfui à toutes jambes, profitant du fait que les autres étaient soit en train de manger, soit en train de cuisiner des bouts de chair.


J'ai couru le plus vite possible jusqu'à apercevoir quelqu'un, qui m'a indiqué le poste de police le plus proche. Eh oui, à l'époque, je n'avais pas de portable. J'ai expliqué l'histoire aux autorités locales, et je les ai menées vers l'endroit où s’était déroulé le dîner.


Sur place, ils ont bien retrouvé les cadavres de tous les autres membres qui avaient emmené un con, la plupart taillés en pièces et à demi dévorés. Mais aucune trace des cons.
Après enquête, ils n'ont jamais pu remonter la piste des cannibales. Le forum, qui avait été fermé entre-temps, ne menait qu'à l'un d'entre eux, qui l'avait créé et l'animait seul depuis un cybercafé, où il n'avait jamais donné son vrai nom.


L'appartement de Jean-Philippe, qui ne devait pas être son vrai nom d'ailleurs, était complètement vide. Il avait squatté un appartement vide et changé les serrures, pour rendre son histoire plus vraie. Ces cannibales nous avaient vraiment roulés dans la farine.


Après cette histoire, j'ai déménagé, espérant que ces gens ne me retrouveraient pas. Moi qui voulais tant me moquer de gens pas très intelligents, j'avais finalement été piégé facilement par l'un d'entre eux. J'avais vraiment été con.


 Si un jour je me fais inviter à un dîner par l'un de mes amis, je ne serai pas surpris.


lundi 9 avril 2018

Les excroissances

Je me souviens les avoir depuis mon enfance.
Je me souviens d'avoir été incroyablement gêné à leur sujet, les cachant dans mes poches sous des livres et des sacs. Les enfants à l'école ne m'ont jamais rien dit, mais je savais qu'ils riaient derrière mon dos.


Je me souviens d'avoir demandé à mes parents de m'emmener chez le médecin, de les faire vérifier. Les excroissances sur mes mains se voyaient comme le nez au milieu de la figure, mais ils disaient juste que je j'allais bien et changeaient de sujet.
Mais je savais que c’était faux.


J'ai essayé de les enlever étant enfant, mais sans succès. Ciseaux, couteaux, éplucheurs de pommes de terre ; j'ai tout essayé, mais c’était peine perdue : la douleur stoppait net toute tentative.
Mais aujourd'hui, c'était différent. C'est incroyable à quel point on peut être engourdi avec quelques garrots et une bouteille de Jack Daniels. Au début, j'avais l'intention d'utiliser un couteau bien aiguisé, mais j'ai pensé que tenter de trancher la chair des excroissances serait trop ardu dans mon état d'ivresse. J'ai opté pour le plan B, légèrement plus moderne.
Je devais me dépêcher cependant. J'étais déjà assez étourdi et commençais à perdre connaissance. Mes mains et mes avant-bras, presque bleus par manque de circulation sanguine, ne pouvaient pas non plus attendre trop longtemps. Le vrombissement du mixeur m'a aidé à me mettre dans une sorte de transe, et de ce fait j'étais prêt à faire ce que j'avais envie de faire depuis le jour ou j'avais posé mes yeux sur ces horribles malformations.


J'ai avancé ma main gauche en premier. La sensation immédiate de lames aiguisées qui tranchaient à travers la chair était discordante, mais j'étais surpris de voir à quel point l'alcool fonctionnait bien. Je m'attendais à ce que ça fasse plus mal. Je pouvais entendre le métal tranchant barbouiller et couper, fonctionnant parfaitement comme prévu. J'ai appuyé ma main plus fort. Tous ces mauvais souvenirs, tous ces embarras, toutes ces horribles choses n'étaient plus qu'une bouillie rouge et épaisse.
Quittant ce doux sentiment d'extase, je me suis retiré avant que les lames ne touchent la jointure. J'ai souri en contemplant ma nouvelle main.


Quant aux excroissances, déjà 5 de faites. Plus que 5.

Traduction : Kamus

Source :  http://www.creepypasta.org/creepypasta/the-growths

lundi 2 avril 2018

De l'argent facile

Voilà la deuxième histoire. Elle se déroule vers les années 60. Un imbécile avait quitté Yakoutsk pour se rendre dans l'oulous d'Amginsky (un Russe, pas un Yakoute [NdT : en Russie, il y a plus d'une centaine d'ethnies différentes qui ont toutes sur leur passeport la nationalité russe, ici, comme souvent d'ailleurs, il s'agit donc un Russe ethnique]). De nos jours, on pourrait le désigner en tant que chômeur [NdT : rappel, sous le communisme, le chômage n'existait pas, il n'y avait par conséquent aucun mot pour ce concept !]. Il était allé à Amga chez un pote qui lui avait promis de lui trouver une place dans son kolkhoz, car il n'avait pu se faire employer en ville et avait perdu tout son argent dans des jeux de hasard. Quelqu'un l'avait transporté sur son chemin jusqu'à un certain point, puis il avait continué à pieds tout droit sur une route étroite. L'été n'était pas encore arrivé, il n'y avait pas de moustiques, il faisait bon et la lumière n'avait pas encore disparu, notre homme avait dans son sac de quoi manger et boire : en gros, tout allait bien. Il marchait tranquillement quand il a aperçu près d'une clairière un grand arbre noueux recouvert de petits papiers de différentes couleurs. Bien évidemment, il ne comprenait pas de quoi il s'agissait [NdT : car c'est un Russe et non un Yakoute]. L'arbre l'a amusé au début, puis, en regardant mieux, il s'est aperçu que sous l'arbre ainsi que dans ses branches se trouvaient des tas de pièces de monnaie et même des billets. Ni une, ni deux, il s'est emparé de la totalité (devenant ainsi propriétaire d'une coquette somme), l'a fourrée dans ses poches et a poursuivi son chemin d'humeur joyeuse. Alors que le soir approchait, il s'est installé dans une clairière dans laquelle se trouvait une maison de vacances inhabitée. Il a mis sa veste en guise de drap sur le châlit, bu sa vodka et est parti se coucher.

Il n'a cependant pas réussi à s'endormir, sentant que quelqu'un lui tirait la jambe. Il a d'abord essayé de continuer à essayer de dormir, mais on lui tirait la jambe de plus en plus fort. Il s'est alors brusquement levé et a regardé autour de lui. Pourtant, rien : seule la nuit d'été emplissait la maison ainsi que la clairière. L'homme s'est donc de nouveau allongé, et alors qu'il commençait à s'assoupir, on lui a de nouveau tiré la jambe. Cette fois, il s'est levé en jurant et est sorti de la maison en trombe pour inspecter le cercle, mais toujours personne. Notre homme était trop endormi pour ressentir la peur. Il est de nouveau retourné se coucher, changeant de position. Pendant longtemps, il n'a pas réussi à fermer l'oeil, mais au bout d'un moment, il a fini par trouver le sommeil. On lui a alors tiré la jambe si fort qu'il est tombé du châlit et a été traîné un peu plus loin sur le sol. Mais une fois de plus, lorsqu'il a ouvert les yeux, il n'y avait personne.

Toute la nuit s'est poursuivie ainsi : l'homme essayait de s'endormir, mais quelqu'un l'en empêchait. Enfin, vers le matin, après une énième fois, il a ouvert les yeux par habitude et s'est relevé, et c'est là, dans la pénombre, qu'il a vu la silhouette noire d'un homme gigantesque à la stature imposante penché sur lui et le tenant par la jambe. Ses nerfs ne l'ont pas supporté : il s'est levé d'un bond en hurlant, est sorti de la maison en courant et s'est précipité là où ses jambes le menaient. Il s'est aperçu seulement après qu'il avait oublié son sac dans le bâtiment, mais il n'a pas réussi à trouver assez de courage pour y retourner. Sa course folle s'est poursuivie toute la matinée, jusqu'à ce qu'il atteigne un village où il a frappé à la première porte et a raconté sa mésaventure. On lui a conseillé de repartir dans l'autre sens et de remettre l'argent là où il l'avait trouvé, sur l'arbre. Il s'est alors souvenu qu'il l'avait mis dans ses poches, y a fourré ses mains, mais n'y a trouvé qu'un trou : tout était tombé à travers alors qu'il s'enfuyait. Il était donc bien évidemment hors de question de revenir sur ses pas, et il a poursuivi sa route vers Amga avec quelqu'un du village.


Traduction : Magnosa



vendredi 30 mars 2018

Keryakh

À propos, malgré la quantité d'esprits en tous genres dans la nature, il n'existe aucun concept pouvant se rapprocher de celui du Liéchi [NdT : en russe, le terme est un adjectif voulant simplement dire "sylvain"]dans les croyances yakoutes. Il y a Bayanay, l'esprit protecteur de la chasse, et l'on raconte qu'il est possible de le rencontrer en forêt (il y a une tonne de légendes à ce sujet), mais sa description ne correspond pas vraiment à celle du Liéchi, et il possède un rang plus élevé. Le mot "sylvain" ("tyhataagy") était utilisé en Yakoutie pour parler des ours. Il est possible que le concept du Liéchi ne soit tout simplement pas utile à leur mythologie, étant donné que tous les endroits, chaque recoin de la forêt, la moindre montagne, le moindre étang,... Tout possède un esprit protecteur correspondant. Il faut préciser qu'ils ont par essence un sale caractère, et qu'ils peuvent sévèrement punir le voyageur qui ne respecte pas les règles de l'endroit où il se trouve. Parfois même physiquement.

Il est par exemple strictement interdit, en Yakoutie, de prononcer à voix haute le nom d'un endroit inhabité si l'on s'y trouve pour la première fois. On dit qu'il s'agit d'une grave insulte envers l'esprit protecteur de ce lieu. Vous trouvez sans doute ça drôle, mais quand j'étais petit, mes parents ont bien failli m'en coller une bonne pendant un trajet car je n'arrêtais pas de lire les panneaux de signalisation portant le nom d'un endroit. Même de nos jours, il s'agit d'une règle d'or. Si vous l'enfreignez, tout le monde vous regardera bizarrement. Je me serais d'ailleurs sans doute moi-même regardé bizarrement. C'est une chose que de se moquer des campagnards un peu idiots, assis bien confortablement dans son appartement ; c'en est une autre lorsqu'on est à trois cents kilomètres de toute civilisation, dans le fin fond d'une forêt infernale, et que tout peut arriver. Enfin voilà.

Bref, les prochaines histoires qui seront publiées auront trait à des cas de transgression de règles de ce genre.

Lorsque l'on se rend sur un lieu considéré comme particulièrement saint en Yakoutie, les routes sont bordées d'arbres auxquels sont accrochés d'innombrables petits objets brillants sans valeur, des pièces de monnaie et même des billets. On en trouve beaucoup sur les routes, j'en ai moi-même vu cinq au cours de ma vie. On les appelles les keryakh, les arbres sacrés. Si l'on veut qu'aucune force inconnue ne s'en prenne à nous lorsque l'on traverse ce genre d'endroit, il faut payer la taxe et laisser sur l'arbre un petit objet brillant, une pièce ou un billet. En soi, cette règle n'est plus tellement suivie de nos jours, même si l'on ne laisse rien, l'absence de paiement n'entraîne aucune conséquence. En revanche, si l'on abîme l'arbre ou, pire, si l'on vole quelques "cadeaux", c'est la fin, il n'y a plus qu'à s'attendre au déchaînement des forces de ce lieu.

La première histoire se déroule vers la fin de la période soviétique, probablement dans les années 80. Un certain patron du centre du raïon, appelons-le Nikolaï, était parti en visite dans un raïon voisin à bord d'une GAZ de fonction [NdT : encore une marque de voiture, celle-ci connue notamment pour ses tout-terrains ressemblant beaucoup aux modèles que la marque fournit à l'armée] avec son chauffeur, que nous appellerons Ivan. C'était l'hiver, ils avaient roulé pendant longtemps, et la nuit était tombée avant qu'ils n'atteignent la ville. Ils avaient profité d'être arrivés dans une clairière pour sortir se dégourdir les jambes, et y avaient trouvé un de ces fameux arbres. Ils savaient bien évidemment de quoi il s'agissait, mais ils ne se sont pas pliés à la coutume et, pour une raison qui m'échappe, le conducteur a décidé de faire la petite commission sur les racines de l'arbre. Puis ils sont retournés à la voiture et ont poursuivi leur chemin en bavardant de tout et de rien, entourés par les ténèbres au point que la route enneigée n'était visible que dans le cercle de lumière que formaient les phares.

Soudain, le chauffeur s'est aperçu que le bruit provenant du moteur de la GAZ avait brutalement changé et qu'elle commençait à perdre de la vitesse. Il a enfoncé l'accélérateur, le moteur a rugi, mais le véhicule arrivait malgré tout à peine à se traîner. C'est à ce moment que Nikolaï lui a demandé ce qui s'était mis à dégager une odeur de charogne dans la cabine. Ivan a haussé les épaules, puis plus tard a jeté un oeil derrière lui pour s'apercevoir qu'au milieu de la banquette arrière se trouvait un Yakoute décharné, vêtu d'une vieille fourrure en lambeaux, et qu'il le regardait d'un air mauvais. La terreur a figé Ivan qui s'est rappelé ce qu'il avait fait près de l'arbre, puis il a recommencé à regarder droit devant lui, vers la route. Pendant ce bref instant, il avait continué à conduire tout droit, comme s'il avait été en pilote automatique.

Son patron lui a demandé quel était le problème, mais il a seulement fait un signe de la tête vers l'arrière, ne pouvant plus articuler le moindre mot. Nikolaï s'est retourné et s'est tu. La puanteur s'est accentuée, la voiture se traînait comme une tortue, comme si le passager de la banquette arrière pesait plusieurs centaines de kilos, les deux hommes étaient pâles comme des linges, mais ils ne voulaient surtout pas arrêter la voiture au milieu d'une clairière abandonnée. Ils ont poursuivi leur chemin un moment comme ça. Puis le chauffeur a lancé un regard dans le rétroviseur, mais il n'y a rien vu, il n'y avait que le siège arrière. Cependant, il n'a pu s'empêcher de se retourner, l'odeur lui emplissant les narines étant si forte qu'il lui aurait semblé que le passager arrière était mort et avait été laissé là pendant deux semaines, et a de nouveau senti sur lui le regard acéré des yeux enfoncés. La peur montait en lui alors qu'il se remettait à regarder la route, abandonnant l'idée de se retourner encore une fois.

Le chemin s'est poursuivi ainsi pendant une heure avant qu'ils n'arrivent au premier endroit habité. Alors que les lumières des maisons se rapprochaient, le conducteur a senti que la voiture commençait à avancer plus facilement. Rassemblant son courage, il s'est alors retourné pour retrouver une banquette vide. Ivan a laissé échapper un soupir de soulagement, donné un coup de coude à son chef, et les deux se sont détendus. Mais la puanteur n'a pas immédiatement disparu, il a même fallu ouvrir les fenêtres pour qu'elle diminue plus rapidement. Plus tard, ils se sont longuement lamentés sur le fait qu'il faille désormais respecter les traditions pour ne plus jamais revivre une telle horreur.


Traduction : Magnosa



lundi 26 mars 2018

Diaporama

Les doigts tremblants d'excitation, j'ai ouvert le paquet. Comme je l'avais espéré, c'était l'appareil photo que j'avait gagné sur Ebay. Avec un léger plaisir, j'ai réalisé que j'avais fait un meilleur deal que prévu, du fait que le précédent propriétaire avait laissé sa carte mémoire dans l'appareil.

Honnête, j'ai décidé d'envoyer un mail au vendeur pour l'avertir, mais avant cela, ma curiosité m'a poussé à voir s'il y avait quelque chose dessus. J'ai réglé l'appareil sur diaporama, et la première photo affichait une étiquette d’expédition. Ma confusion a tourné à l'horreur quand j'ai vu que la photo suivante était celle d'une personne brutalement assassinée. Le reste de la carte était une alternance de photos d'étiquettes d’expédition affichant une adresse, suivie d'une scène de meurtre.

La dernière image était l'étiquette d'expédition de la boîte que je venais d'ouvrir.

vendredi 23 mars 2018

Résultats du sondage

Après une petite semaine de sondage, vu le nombre de réponses que nous avons eu et le ralentissement de l’emploi du formulaire, il est temps de publier les résultats. Vous avez été presque un millier à nous répondre, et nous vous remercions pour cela (sauf pour les quelques trolls qui se sont glissés dans les réponses). Petite précision, le type de texte préféré a été omis car, après réflexion, il apparaît clair qu’un certain nombre d’entre vous, malgré nos nombreuses tentatives d’apporter des éclaircissements à ce sujet, font toujours la confusion entre creepypasta et nouvelle horrifique, les résultats sont donc forcément faussés.


À titre personnel, et parce que j’ai toujours une raison de me plaindre, je trouve juste dommage que sur la partie idées pour le site, seulement 22% d’entre vous avez répondu, et que les deux tiers de ces personnes ont écrit pour nous dire qu’elles n’avaient rien à dire. En tout ça fait donc un petit 7% de personnes qui nous demandent quelque chose, soit 68 personnes, et il va sans dire que pour le trafic que nous avons tous les jours, ce chiffre ne permet pas d’obtenir des résultats représentatifs. Cependant, nous allons apporter une réponse à toutes les vraies idées qui nous ont été soumises.


Avant cela, voyons d’abord les résultats les plus faciles à lire :




Cela faisait déjà un moment que j’y pensais (et certains d’entre vous ont sans doute remarqué qu’on a commencé à faire des tests), nous allons reculer l’heure de publication à 18h, ce qui devrait satisfaire les trois quarts d’entre vous si j’en crois ce graphique.





Visiblement, vous venez pour la plupart parce que vous connaissez déjà le site. Il n’y a donc pas grand-chose à changer sur notre fonctionnement pour atteindre les gens venant déjà régulièrement.





En ce qui concerne la découverte de CFTC, malgré une prédominance des moteurs de recherche (et nous ne pouvons rien améliorer pour cela vu que nous sommes déjà en haut des recherches françaises), on voit que c’est un peu plus hétéroclite et que beaucoup sont venus après avoir vu une vidéo Youtube (cela signifie donc que les youtubers continuent à respecter l’accord qu’on a passé il y a quelques années leur demandant de mettre le lien du site dans la description quand ils l’utilisent, un grand merci à eux) ou parce qu’une connaissance leur a parlé de nous. Je ne suis pas surpris des résultats des sites partenaires, en revanche il y aurait sans doute du travail à apporter pour que les réseaux sociaux attirent davantage de nouvelles têtes. Je suis, par ailleurs, assez dubitatif quant au 12% de « Autre », ne voyant pas exactement d’où ça peut venir, et j’espère que ce ne sont pas des gens qui voulaient répondre « internet » ou « en naviguant au hasard », car par définition, quand vous faites une recherche sur internet ou que vous naviguez au hasard, vous utilisez un navigateur. N’hésitez pas à indiquer en commentaire si vous avez un autre vecteur.





Le graphique parle de lui-même. Vous êtes aux deux tiers satisfaits du rythme actuel. Je reviendrai sur ce thème plus bas.





De même ici. Si on exclut les gens pas satisfaits, on atteint les 99%, et même en enlevant les « moyennement satisfaits », on reste au-dessus des 90%. Cela nous fait plaisir de savoir que nous travaillons dans la bonne direction. Pour ce qui est des choses à améliorer, nous y viendrons plus bas.





On touche à un sujet qui fâche un peu les gens contre. Cependant, comme vous le voyez, presque 90% d’entre vous êtes favorables à cette ouverture. Pour consoler les esprits chagrins, et en guise d’introduction à la dernière partie de cet article, voilà les raisons pour lesquelles nous pensons ouvrir des Tipees à l’avenir :

  • La reprise du projet d’une publication papier

  • La transformation du fonctionnement de CFTC via la création d’une association loi 1901, dont nous discutons depuis un moment car nous souhaitons créer un noyau dur plus large qui travaillerait en permanence avec nous, le forum ne se suffisant plus à lui-même (en partie à cause des anciens qui se plaisent à saper le travail des nouveaux, parfois juste pour avoir la satisfaction d’avoir raison quand ils disent que CFTC vit ses derniers jours). La prise de décision se ferait donc à beaucoup moins, mais le nombre de personnes travaillant activement sur le site devrait au contraire augmenter. Par ailleurs, il sera plus facile pour nous d’entamer certaines démarches avec un statut légal, et vous pourrez également valoriser votre travail avec nous sur votre CV si vous décidez de rejoindre l’aventure.

  • La création d’un site bien à nous, indépendant de Blogger et de Xooit, permettant de réunir le forum et le (voire les, si on rajoute le Nécronomorial dans l’équation) site tout en obtenant des outils bien plus fonctionnels pour la modération et l’assurance de ne pas nous retrouver dans des situations ennuyeuses à cause des bugs à répétition de nos hébergeurs. On aura également une plus grande liberté en ce qui concerne le design et l’ergonomie.


Des trois projets, le second est celui qui sera probablement le plus rapidement mis en œuvre. Dans tous les cas, les deux derniers engendreront des coûts annuels à partir du moment où ils seront réalisés, qui pourront donner lieu à d’autres Tipees. Ne vous inquiétez pas, l’accès au contenu sera toujours 100% gratuit, et nous ne comptons toujours pas vous ennuyer avec la moindre pub.




On arrive au gros morceau. Pas moins de 15 propositions (mais, encore une fois, sur 68 personnes, ce n’est pas extrêmement significatif). On va d’abord passer rapidement sur les idées qui n’avaient pas besoin d’être mises :

  • Arrêter de ne faire que de la creepypasta : Nous l’avons dit et redit, Creepypasta from the Crypt n’a qu’un seul objectif qui est clair rien qu’à la lecture de son nom. Nous avons ouvert le Nécronomorial précisément pour proposer du contenu différent, et nous vous invitons à aller voir si ce n’est pas encore fait.

  • Dynamisation du forum : Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais le forum ne voit toujours que trois types de membres : les nouveaux qui viennent uniquement dans le but de faire publier ce qu’ils ont écrit sans modification aucune (il faut bien se l’avouer, les trois quarts des gens, même si certains disent qu’ils prennent note, ne retouchent jamais leurs textes) et s’en vont au moindre refus, les anciens réfractaires qui divisent leur temps sur le forum entre la critique permanente de tout changement ou innovation, les plaintes incessantes concernant le manque d’activité dont ils constituent une partie de l’origine et le martèlement à qui veut bien l’entendre que CFTC, c’est fini et que ça ne sert plus à rien d’y faire quoi que ce soit, et les membres actifs (ou qui deviennent actifs) qui, excédés des deux groupes précédents, font leur travail dans le coin et préfèrent se mettre au service d’une communauté qui les apprécie plutôt que de la partie de cette communauté qui lui met sans cesse des bâtons dans les roues. À part un changement des mentalités ou un bannissement massif, il n’y a pas grand-chose à faire. Raison pour laquelle nous optons pour un changement de fonctionnement de manière à diminuer l’importance des deux premiers types de membre et augmenter celle du troisième.

  • Fermer le Discord : Très lié au point précédent, la deuxième catégorie s’y retrouvant encore plus. Pour un endroit qui devait servir d’interface entre les personnes n’appartenant pas au forum et ceux y ayant un compte, c’est clair que c’est un échec. On va y réfléchir.

  • Retour des commentaires anonymes : Le nombre de trolls a énormément chuté depuis que les anonymes ne peuvent plus poster. C’est certes triste d’en arriver là, mais le fait est que ça marche. Tant que nous n’aurons pas de meilleurs outils pour modérer les commentaires, nous devrons nous contenter de ça.

  • Catégorie SCP : Nous avons déjà abordé ce thème. Les SCP ne sont pas des creepypastas mais des fictions assumées et ont leur propre site qui s’occupe déjà des traductions du contenu anglais ainsi que de la création d’un contenu français. Nous n’avons ni l’intention de plagier leur contenu, ni leur concept, et le site n’a pas pour vocation de rassembler la totalité du contenu lié à l’horreur sur le web français, autant parce que nous sommes fiers de nos spécificités que parce que nous n’avons pas envie d’entrer en litige avec d’autres.

  • Augmenter le nombre de traducteurs : Celui-là, je ne le mets qu’à moitié ici, car il ne soulève pas le problème de la bonne manière. Il y a, actuellement, un surnombre de traducteurs anglais > français, avec des niveaux assez variés. Nous ne refusons les traductions de personne, mais il faut bien dire que lorsque le niveau est très bas, c’est limite plus rapide de tout retraduire nous-mêmes. Après, on n’est pas contre aider ceux qui le souhaitent à améliorer leur niveau. Mais, dans tous les cas, nous n’avons pas un besoin urgent de traducteurs anglais > français. En revanche, ce dont nous manquons cruellement, ce sont des traducteurs de langues plus exotiques et qui soient suffisamment motivés pour respecter les deadlines. Mon appel aux traducteurs russe > français tient toujours, et, pour faire écho à un commentaire que j’ai vu il y a longtemps, nous n’avons rien contre des traducteurs arabe > français qui pourraient nous apporter des légendes urbaines inédites.


On a déjà un peu déblayé le terrain. Maintenant, voyons les idées qui appellent davantage à la réflexion (sachant qu’on réfléchissait déjà à certaines) :

  • Amélioration du design/de l’ergonomie ; Tri des libellés : Je mets ces deux-là ensemble car ils sont, quand on y réfléchit, plutôt liés. C’est des sujets qui est le plus revenu. On pensait déjà à faire un tri dans l’arborescence à droite, mais il s’agit d’un chantier énorme (nous comptabilisons plus de 1000 publications, et il modifier les libellés de chacune à la main), raison pour laquelle nous prenons notre temps et privilégions d’autres projets et le fonctionnement quotidien du site. Pour le reste, comme vous avez pu le voir en-dessous du diagramme à propos du Tipee, c’est à l’étude.

  • Amélioration de la visibilité : Autre sujet qui est beaucoup revenu, c’est sans doute celui qui appelle le plus de brainstorming. Nous ne gérons pas trop mal nos pages sur les réseaux sociaux, mais il va sans dire qu’elles se maintiennent doucement sans faire de vagues. Si nous comptons sur le changement de statut légal de CFTC pour aider là-dessus, on aura certainement besoin de revoir la manière dont nous faisons notre promotion sur les réseaux sociaux. Il n’est pas impossible que nous ayons, dans le futur, besoin d’une personne se consacrant exclusivement au rôle de community manager, pour l’instant ce ne sont que vos fidèles administrateurs et modérateurs qui s’en occupent.

  • Catégorie vidéo/images : Bien que nous ayons déjà une page d’images, il va sans dire que c’est le foutoir dessus. On pourrait imaginer des répertoires comme ceux que nous avons déjà sur le forum, mais avec les fonctionnalités de Blogger (chaque onglet supplémentaire n’est présenté que sous la forme d’un article unique, avec pas grand-chose à modifier dessus), ce n’est pas faisable pour le moment. Si nous concrétisons le projet du nouveau site créé par un développeur, on pourra y repenser.

  • Moins de quantité, plus de qualité : Ceux-là vont à contre-courant du grand nombre de « on veut plus de pastas. » Je les préfère toutefois beaucoup, car ils voient un peu mieux ce à quoi nous faisons face. Malheureusement, je n’ai pas grand-chose à répondre, si ce n’est que nous faisons de notre mieux pour continuer à sélectionner le meilleur de ce qu’on nous propose (et quand on sait qu’on jette 9 propositions sur 10, je vous laisse imaginer ce à quoi ressemblerait le site si on ne faisait aucune sélection) tout en ne traînant pas trop.

  • Meilleure modération des commentaires : Là aussi, les outils Blogger pèchent. J’y ai déjà répondu en partie plus haut, le retrait de la possibilité de poster anonymement a beaucoup diminué le nombre de trolls, ce qui, par la même occasion, m’a permis à titre personnel de beaucoup moins gaspiller de temps à éplucher les commentaires et de le consacrer aux publications. Nous espérons nous équiper de meilleurs outils à l’avenir, et pourquoi pas prendre quelqu’un qui s’occupera exclusivement de ça en attendant.

  • Plus de contenu exotique : J’y ai aussi déjà répondu plus haut. Le projet « année russe » était de mon initiative, il plaît visiblement, et il n’y a aucune raison de ne pas continuer sur cette lancée. Le problème, c’est de trouver le contenu et de l’adapter au public francophone. Toute contribution dans ce secteur est la bienvenue !

  • Système de notation : Ce n’est pas la première fois que cette question revient. Ce que je crains avec le système de Blogger, c’est les petits trolls qui, bien que peu nombreux, n’auront aucun mal à venir upvoter ou downvoter plusieurs fois pour fausser les résultats (j’ai déjà pu constater qu’à l’époque des anonymes, une bonne dizaine de commentaires dépréciatifs pouvaient être publiés par une seule personne sur plusieurs jours pour donner l’impression qu’il s’agit vraiment d’un avis général, preuve que certains n’ont que ça à faire de leur journée). De plus, l’effet pervers de la notation est que les textes les moins bien notés seront fatalement moins lus. Certes, cela pourrait faire remonter des textes inconnus, mais le risque inverse, c’est-à-dire de voir tout le monde sur les grands textes comme BEN ou Ted the Caver et plus personne sur les autres, est plus grand. Nous verrons si nous trouvons un système autre que celui de Blogger.


Enfin, je gardais la plus grosse statistique pour la fin, aussi parce que je suis un peu excédé de revoir ça venir malgré le nombre d’explication qu’on a fait rien que cette année, l’augmentation du nombre de publications. Sachez que nous vous aimons beaucoup, mais que le rythme actuel demande déjà une quantité énorme de travail (notez que je vous écris ces lignes depuis mon autre travail, le vrai, celui qui me rapporte normalement de quoi vivre, parce que c’est le seul moment que j’ai trouvé). N’oubliez pas que nous ne publions pas QUE sur CFTC. J’ai vu une proposition pour augmenter le nombre de creepypastas à trois par semaine. Nous sommes déjà à deux (le lundi et le vendredi), mais nous avons également deux publications sur le Nécronomorial (le mercredi et le dimanche). Ça fait déjà quatre publications par semaine, et nous avons récemment commencé à publier des phrases à chute (que nous avons sobrement nommées Brèves de cryptoire) sur Twitter les jours restant. Si vous suivez tous nos blogs et nos réseaux sociaux, vous avez donc déjà une publication par jour d’assurée.

L’équipe est petite et peu difficilement faire mieux, sachant que nous avons déjà parfois du mal à tenir les délais selon nos autres obligations qui prennent souvent le pas dessus, retardant parfois les publications de quelques heures, voire de quelques jours. On nous avait proposé de faire un stock à l’avance : nous le faisons déjà, lorsqu’il est disponible, il y a parfois des textes prévus pour un mois entier, mais la situation inverse, dans laquelle nous n’avons toujours rien trois heures avant l’heure de publication, est beaucoup plus fréquente. Ce genre de situation est lié à beaucoup de facteurs :

  • Peu de gens pour corriger, car la plupart des gens que nous avions recruté ont, comme d’habitude, déserté après un certain temps (encore une raison de vouloir passer en association, les gens qui feront partie de l’équipe ne pourront plus se barrer si facilement) ;

  • Peu de temps de mon côté pour former les correcteurs et corriger leurs corrections, c’est un fait, ce pourquoi nous avons commencé à travailler sur une nouvelle section du forum déjà ouverte contenant des tutoriels permettant d’effectuer une partie de la formation sans mon aide ;

  • Un seul traducteur russe > français à part moi qui n’est pas toujours disponible, le projet repose donc en grande partie sur mes propres traductions, donc, encore une fois, si vous pouvez aider là-dessus, la porte est grande ouverte ;

  • Le manque d’inspiration, qui peut toucher tout le monde n’importe quand, et ça, malheureusement, nous ne pouvons pas y faire grand-chose ;

  • Le manque de gens réellement actifs apportant un plus au travail de l’équipe en place, car il y a en soi beaucoup de choses à exploiter sur le forum, mais personne ne s’y met.

J’espère que tout cela suffira pour que vous compreniez pourquoi l’augmentation du nombre de publications est, et de loin, la dernière de nos priorités. Nous avons davantage à cœur d’améliorer nos services, de ne pas voir chuter la qualité de nos publications, et de ne pas tirer des plans sur la comète en délaissant ce que nous faisons déjà, au risque de ne pas réussir ce genre de projets tout en dégradant la situation du site.

Voilà, le dépouillement est terminé, j’espère que cela vous aura intéressé autant que nous. Comme vous vous en doutez, nous avons dans l’idée de constituer une équipe permanente avant la création de l’association, donc si cela vous intéresse, n’hésitez pas à venir créer un compte sur le forum et à m’envoyer un message privé, ou à envoyer directement un message par la page Facebook, avec vos domaines de prédilection. Attention toutefois, car contrairement aux précédents appels, cette fois, il s’agira de s’engager sérieusement et de prévoir du temps chaque semaine pour remplir vos obligations, ne prenez pas cela à la légère ! Merci à vous d’avoir lu jusqu’ici.


Est-il besoin de le préciser, j'ai rédigé cet article de mon propre chef, mais l'ensemble de la modération de CFTC se retrouve dans mes mots.