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lundi 16 janvier 2017

Mon doudou

Coucou,

Ça fait longtemps que j'ai pas écrit sur mon blog mais il y a quelque chose que j'ai envie de vous confier. J'ai lu sur le net que certaines personnes arrivaient à mettre des couleurs sur des mots, quelque chose comme ça. Bon, j'avoue que j'y crois moyen mais, depuis que je suis petit, il m'arrive quelque chose qui ressemble à ça.

Pour essayer de faire simple, quand je regarde une photo, un objet ou quoi que ce soit qui me rappelle un événement majeur positif de ma vie, c'est comme si on m'injectait une putain de dose de THC dans le sang, littéralement. C'est sympa pour se défoncer sans rien mais ça a aussi des revers : quand je regarde quelque chose qui me rappelle quelque chose d'hyper négatif, ça me donne d'immondes nausées. D'ailleurs, j'ai dû changer de collège à cause de ça, un mec qui me bizutait en primaire était arrivé dans ma classe en 3ème et à chaque fois que je le regardais, je finissais chez l'infirmière (je m'en souvenais pas mais c'est mes parents qui me l'ont dit, ma mère voulait le frapper, ça a été compliqué de la raisonner).

Le truc, c'est que certaines choses m'échappent …

J'ai un doudou depuis que je suis gamin, et quand je le regarde, j'ai de petites nausées, mais je sais vraiment pas pourquoi.

Mais y'a pire, bordel, c'est la première fois que je le dis mais pourquoi regarder le pantalon de mon père me donne aussi des nausées ?


samedi 14 janvier 2017

L'ombre entre les maisons

Hier soir vers 1 heure du matin, ma femme et notre petite se dirigeaient vers ma voiture après une soirée passée chez mon beau-frère. Il vit dans une banlieue un peu douteuse donc on fait toujours gaffe à ce qui nous entoure. Alors que j'allais m'installer côté conducteur, j'ai remarqué un jeune homme noir qui me fixait. Je l'ai regardé en retour et lui ai fait un signe de la tête, mais il restait planté là, à me regarder.

J'étais pas à l'aise mais mes instincts paternels ont pris le dessus alors que je bombais le torse en lui donnant ma meilleure fausse provocation : « Tu me cherches gros ? ». Le gars a levé sa main et a pointé du doigt vers moi façon menace, puis s'est mis à courir. J'avais jamais vu quelqu'un courir aussi vite. Et alors que j'avais l'impression que la taille de mon pénis avait augmenté de quelques centimètres en récompense pour avoir été un dur à cuire, j'ai jugé qu'il était suffisamment sûr pour que je puisse m'installer et rentrer, mais pas avant de heurter légèrement la foutue boîte aux lettres métallique. Je suis quand même parti, pensant que je le dirais à mon beau-frère quand je serais rentré.

On a dû s'arrêter au magasin pour du lait, des Slim-Jims (évidemment) et d'autres trucs. C'est ma femme qui y est allée, moi je suis resté avec notre fille dans le SUV. Quand elle est revenue, je lui ai ouvert le coffre pour qu'elle puisse charger les achats. Après l'avoir fermé, elle est remontée et j'ai commencé à sortir du parking. J'ai remarqué qu'il y avait les empreintes d'une main sur la vitre arrière. Je lui ai demandé, un peu agité, pourquoi elle fermerait le coffre en touchant la vitre arrière. Elle m'a répondu que ça n'était pas le cas. On s'est tous les deux retournés et on a remarqué que les empreintes appartenaient aux longs et fins doigts de quelqu'un qui voudrait regarder par la vitre arrière en s'y appuyant. On a inspecté les autres vitres et on retrouvé les même empreintes côté conducteur.

J'ai directement appelé mon beau-frère et lui ai fait savoir que le connard que j'avais vu avait dû regarder dans ma voiture. Ça expliquait pourquoi il me regardait fixement. Mon beau-frère m'a dit qu'il jetterait un œil à sa voiture et appellerait la police pour inspecter la zone. Ma femme, ma fille et moi-même étions assez fatigués, donc on a éteint nos téléphones et on s'est directement couchés.

Ce matin, ma femme et moi avions plus de 30 appels manqués, tous de la femme de mon beau-frère. Je l'ai rappelée et elle était hystérique. J'en ai conclu qu'on avait forcé sa voiture ou l'avait vandalisée. J'ai tout de suite senti la culpabilité m'envahir. J'ai su que je n'aurais pas dû regarder le gars comme je l'avais fait. Je me suis dit que ça devait être une sorte de vengeance. Et puis elle a commencé à divaguer sur quelque chose qui a été mis en pièces.

Apparemment c'était la fille des voisins. Son « corps » a été retrouvé juste à côté de la maison de mon beau-frère, entre sa maison et celle de la victime. Il semblerait que la pauvre fille se soit glissée hors de chez elle pour une soirée, et essayait de rentrer quand quelqu'un, ou quelque chose, l'a attrapée pour la mutiler à mort. Elle a été éventrée et deux de ses membres ont été arrachés. Pour l'instant, ils n'ont toujours pas retrouvé sa main droite.

Mon estomac s'est retourné en entendant les nouvelles. Le gars ne me fixait pas. Il regardait derrière moi, pétrifié, en voyant ce qui était en train de tuer cette jeune femme dans l'obscurité. Il ne me pointait pas du doigt, il pointait ce qu'il y avait derrière moi.

La police vient de partir de chez moi. Ils essayaient d'obtenir des informations sur l'homme que j'ai vu. Apparemment ils pensent que c'est un témoin/suspect probable. Je leur ai assuré que je ne pensais pas qu'il soit le tueur, mais ils ne voulaient écarter aucune pistes. Ils ont aussi pris les empreintes de ma vitre et leurs mesures. Vu la longueur et la finesse des traces de doigts ils ne pensaient pas que c'était celles du tueur, étant donné qu'elles semblaient féminines.

Si le fait que ce malade, cette chose, en train de trainer la main de cette fille morte le long de mon véhicule alors qu'il m'observait par derrière n'était pas suffisant pour me faire vriller, on vient tout juste de m'annoncer que ma plaque d’immatriculation a été arrachée de mon pare-choc. On dirait que je n'ai pas heurté cette boîte aux lettres après tout.

Traduction : Nevermore.

mercredi 4 janvier 2017

Les lunettes

D’après mes psys, la première chose à faire pour exorciser ses démons, c’est d'écrire son histoire. Je n’ai jamais eu envie de le faire mais aujourd'hui je me sens prêt. Hormis des formulaires et de la paperasse administrative, j’ai passé ma vie à éviter d’écrire, j’avais bien trop peur que le stylo fuie et qu’une tache d’encre ne se dresse sur la feuille. Personne ne peut se douter de ce qui peut naître à partir d'une simple tache, personne.

Bon, alors voilà. Même si je suis toujours angoissé, je vais me mettre à écrire mon histoire et peut-être que j’arrêterai de voir des fantômes partout. J’avais quatorze ans quand les faits se sont produits. On venait d’emménager dans une maison que mes parents avaient fait construire. Mon père et ma mère étaient du genre très maniaques. Si la plupart des parents emménagent dans une nouvelle maison pour avoir plus grand, eux, c’était pour avoir plus blanc et plus propre. Ma mère avait toujours un maudit chiffon à poussière à la main, et mon père passait l’aspirateur trois fois par jour quand il ne bossait pas.

Moi, ces murs blancs, ce mobilier laqué, ça me faisait mal aux yeux et cela avait fini par me filer de terribles migraines. L’ophtalmo m’avait prescrit des médocs et des lunettes noires pour les atténuer. Si mes parents ont accepté les médicaments à base de codéine, ils ont refusé les lunettes prescrites sous prétexte que je ne pourrais plus admirer la splendeur de leur étincelante maison ! Qui a pensé que j’avais une famille bizarre ?

On avait aussi un grand jardin impeccablement entretenu par monsieur, madame et par moi aussi (plus par obligation que par goût des plantes vertes). Un jour où je grattais la pelouse avec mon râteau, j’ai accroché un truc dans la haie de thuyas encadrant le jardin. Une tige noire dépassait de la terre. Je me suis baissé, j’ai creusé un peu et j’ai découvert une vieille paire de lunettes noires. J’ai été les nettoyer en cachette avec un produit qui se trouvait sur une étagère du garage et j’ai bien fait attention à ne pas faire tomber le moindre grain de terre sur le sol laqué. Malheureusement pour moi, j’ai dû en oublier quelques-uns et j’ai passé le reste de l’après-midi dans le placard à balais avec quelques bleus au corps (mon père ne me frappait jamais au visage, il n’était pas idiot). Heureusement j’avais réussi à cacher mes lunettes dans une poche de mon jean. Je les essayais juste avant de me coucher. À ma grande joie, les murs blancs sont devenus sombres tout comme mon armoire laquée, mon bureau laqué, mon lit laqué car même si j’éteignais la lampe de ma table de nuit, la lumière crue des lampadaires du jardin passait à travers mes fenêtres sans rideaux. Ainsi mes murs n’étaient pas salis par le noir de l’obscurité ! N’étaient-ils pas vraiment cons mes parents ?

J’étais donc allongé sur mon lit, admirant l’atmosphère sombre de ma chambre. Au début, je n’avais pas remarqué une tache plus claire sur le plafond. C’est quand elle a bougé que je l’ai vue ! Elle a glissé jusqu’à l’arête du plafond, a dévalé le mur jusqu’à mon lit ! D’un réflexe j’ai retiré mes lunettes et heureusement, cette maudite tache avait disparu. Inutile de vous dire que je n’ai pas réessayé ces foutues lunettes ce soir-là mais j’ai tout de même regardé sous mon lit, au cas où… Je n’ai pas super bien dormi et même si les taloches de mon père m’avaient considérablement endurci au cours de ces dernières années, on peut dire que j’avais la trouille. Mais ça, je ne l’avoue que maintenant...

Le lendemain mes parents m’ont dit avoir mal dormi et m’ont demandé si j’avais fait des cauchemars ou si j’avais crié. J’ai dit que non. J’ai d’ailleurs été étonné de cette question, car même si je hurlais mes tripes, ils ne pouvaient pas m’entendre puisque ma chambre avait été aménagée au sous-sol. Leur chambre se situait au-dessus de la mienne et un mètre de béton nous séparait.

Plusieurs fois dans la journée j’ai mis mes lunettes et j’ai regardé le plafond, les murs de ma chambre sans revoir cette tâche. Autre chose a cependant marqué ma journée : les violentes disputes entre mes parents. Il y a toujours eu quelques éclats de voix entre eux, mais jamais avec cette intensité. J’ai bien cru que mon père allait étrangler ma mère ou que ma mère allait égorger mon père. Aucune des deux solutions ne m’aurait déplu, mais bon, de nature solitaire, je pensais qu'il valait mieux vivre avec des maniaco-dépressifs qu’à la DASS avec une troupe d’ados en mal de reconnaissance.

Au dîner on entendait juste le bruit des couverts et des mastications. On n’avait pas grand-chose à se dire alors pour « meubler » cette fastidieuse réunion familiale on regardait la télévision. Mais ce soir-là c’était silence radio. On s’observait comme des étrangers. Après le dîner, mon père a refusé que je regarde un film pour me détendre et m’a dit d’aller me coucher et de ne pas crier même si je faisais des « putain » de cauchemar ! Énervé, j’ai pris plusieurs cachets de codéine que l’ophtalmo m’avait prescrits pour les migraines. C’est puissant la codéine, c’est un opiacé qui aide aussi à dormir. Assommé, je n’ai pas essayé mes lunettes, et de toute façon, je n’avais aucune envie de revoir cette tache au-dessus de ma tête. Je préférais nettement m’en tenir à une hallucination qui ne se reproduirait plus.

Dans mon cauchemar, des chuchotements m’ont réveillé en sursaut. Ça hurlait « Meurtrier ! Meurtrier ! » Une odeur de pourriture a empli l’air de ma chambre, ma table de nuit vibrait et l’ampoule de la lampe grésillait. Je n’ai pas eu besoin de mes lunettes pour voir la tache au plafond. Elle s’est aussitôt étirée vers moi comme un énorme ver de sang. La pointe s’est affinée pour venir me toucher. J’étais pétrifié, plaqué contre mon lit, impossible de bouger. Pourtant, dans un réflexe pour sauver la paix de mon âme, j’ai mis les lunettes noires et c’est là que je l’ai vu !

Un corps décharné et décapité tendait un bras vers moi. J’ai été si surpris que je me suis jeté hors du lit mais ma tête a heurté le coin de la table de nuit et j’ai vu 36 chandelles. Vautré sur la moquette, il m’était réellement impossible de faire autre chose que de geindre et de regarder le cadavre sans tête se décrocher du plafond et tomber à mes pieds. J’étais au bord de la crise cardiaque, mon cœur cognait dans ma poitrine, ma gorge, mes tympans. Au moment où j’ai cru que le décapité allait se jeter sur moi, il s’est brusquement tourné vers la porte de la chambre qui s’est ouverte toute seule. En claudiquant il a traversé la salle de jeu, a monté les cinq marches menant au rez-de-chaussée ; la porte s’est encore ouverte toute seule. « Meurtrier, meurtrier ! » a retenti dans le salon. Une poignée de secondes plus tard, autre chose a dévalé les escaliers : mon père furieux. J’ai juste eu le temps de cacher mes lunettes et de grimper sur mon lit. Alors que ce salaud me corrigeait, il me hurlait qu’il n’était pas un meurtrier ! J’ai crié que ce n’était pas moi, que c’était la chose du plafond ! Son poing s’est figé net. Il m’a sondé de son regard exorbité avant de tourner tout doucement la tête vers le plafond. Il est resté une bonne minute comme ça, le nez en l'air, le visage grimaçant, la respiration saccadée. Il a marmonné une bouillie de mots, m’a de nouveau regardé, puis il est reparti sans plus rien dire. C’était l’horreur.

Le lendemain matin, avant le petit déjeuner, j’ai eu le droit à un interrogatoire digne de la Gestapo. Toutes les questions portaient sur ce que j’avais vu, entendu, à quelle heure, quand, comment. Malgré les taloches, je ne leur ai rien dit. Ça me faisait plaisir de les voir paniquer, de voir la peur crisper leur visage. Restait à savoir pourquoi, ce qu’ils savaient, ce qu’ils me cachaient.

Mon père a filé au garage. Il est revenu avec une pioche, a traversé le salon puis s’est enfermé dans sa chambre. Des coups sourds ont commencé à faire vibrer le sol. Ma mère l’a rejoint et le suppliait d’arrêter. Cet enfoiré n’écoutait rien et continuait à frapper, à s’acharner sur le parquet. On a sonné à la porte d’entrée. C’était mon meilleur et seul ami. Je suis parti avec lui, heureux de quitter cette baraque de fous.

Didier, le père de mon pote, a téléphoné au mien pour que je déjeune avec eux. Personne n’a répondu alors je suis resté. Bien que je n’eusse absolument pas besoin d’entendre ça à ce moment-là de ma vie, Didier nous a raconté une histoire effrayante pendant que nous déjeunions : cinq ans auparavant, un riche fermier possédant de nombreuses terres dans la région avait disparu sans laisser de trace. Quelques mois après sa disparition, un pêcheur du dimanche dont la ligne s’était prise dans la vase de la rivière, a remonté… une tête dans un état de décomposition avancée. Les analyses génétiques ont confirmé qu’il s’agissait bien de la tête du fermier. Malgré de nombreuses recherches on n'a pas retrouvé son corps. J’ai cru que cette sordide histoire allait en rester là jusqu’à ce que le père de mon pote me susurre à l’oreille, comme s’il voulait que personne d’autre que moi n’entende la terrible conclusion de son récit : dès la confirmation de sa mort, les terres ont été vendues, sa ferme détruite et l’argent âprement disputé entre les héritiers dont l’un était mon père !

L’esprit plein de doutes je suis rentré en fin d’après-midi. Qui avait bien pu commettre ce meurtre si atroce ? Pourquoi n’étais-je au courant de rien ? Qui était ce membre éloigné de ma famille ? Avec ce qui s’était passé hier soir je me sentais très mal, mon esprit faisait de terribles rapprochements.

Mon malaise s’est amplifié quand j’ai découvert le salon de notre étincelante demeure sens dessus- dessous, la cuisine retournée, de la vaisselle cassée et des meubles pleins de poussière ! Je me suis dit qu’ils avaient dû se battre mais non, mes parents riaient à gorge déployée ! Ils s’en foutaient royalement et dansaient entre les meubles retournés, s’embrassaient sans aucune retenue ! Quand ma mère a enfin croisé mon regard ahuri, elle m’a même demandé si je voulais jouer avec elle ! Je ne comprenais rien de leur brusque changement d’attitude et je ne suis ressorti de ma chambre qu’après m’être enfilé plusieurs cachets de codéine. Au dîner, j’ai aussi halluciné car ma mère adepte de la cuisine équilibrée venait de faire livrer quatre énormes pizzas ! Je n’avais guère d’appétit mais eux se sont goinfrés comme jamais auparavant, buvaient de grands verres de coca en s’en foutant partout, pétaient et rotaient en se marrant comme des gamins. Entre deux bouchées ils me racontaient des morceaux de leur vie que je ne comprenais pas trop, des bribes incompréhensibles dont je me foutais royalement. Parfois ils s’arrêtaient et m’observaient fixement sans rien dire.

Mon malaise est redescendu de plusieurs crans quand mes parents ont été se coucher main dans la main, en train de pouffer, sûrement à l’idée de baiser. C’est la première fois que je les entendais faire l’amour. Plus tard j’ai appris que pousser des grognements de porc n’était pas faire l’amour. N’ayant aucune envie d’aller me coucher et préférant rester loin de ma chambre, j’ai regardé la télé jusqu’à finalement m’endormir.

« Meurtrier, meurtrier » ! Le seul réflexe qu’on peut avoir quand on se réveille en sursaut c’est de se jeter à terre. Les lumières du jardin qui passaient par les baies vitrées s’éteignaient, s’allumaient, ça faisait comme des flashs dans le salon. J’ai entendu la porte du sous-sol grincer et j’ai aussitôt regardé dans sa direction : une forme sombre boitait vers moi ; « Meurtrier, meurtrier ! », grondait-elle d’une voix caverneuse. Je me suis levé d’un bond et j’ai couru jusqu’à la cuisine où j’ai retiré un couteau de boucher du bloc posé sur le comptoir. Je me suis retourné et la forme était déjà là, face à moi ! C’était le corps décapité entrevu l’autre soir. Il restait là, sans bouger, sans m’attaquer. Ça puait le diable. Les flashs s’étaient accélérés, on aurait dit une nuit blindée d’éclairs avec de très brefs moments d’obscurité. C’est à ce moment que j’ai entendu une voix dans ma tête me demander de mettre mes lunettes. J’ai hésité quelques secondes puis je les ai retirées de la poche arrière de mon jean. Je les ai posées sur mon nez avec une certaine appréhension et ce que j’ai vu m'a sidéré : un vieil homme à l’air sympathique ! Toutefois, son corps couvert d’une salopette maculée de boue était un peu étrange, mal proportionné : des bras longs et maigres, un gros bide et des jambes dont l’une était plus courte que l’autre, formaient sa silhouette. Il s’est brusquement retourné et a traversé le salon en boitant jusqu’à la chambre de mes parents. Les flashs donnaient l’impression qu’il avançait par à-coups. J’entendais des chuchotements dans ma tête, des chuchotements me dire « Tes parents sont des monstres, tes parents m’ont tué, viens voir les monstres ! »


C’était effrayant, mais il fallait percer l’abcès, en avoir le cœur net, car l’attitude de mes parents aujourd’hui n’avait pas été normale, à condition bien sûr qu’un jour mes parents aient été normaux ! Mon cœur battait la chamade quand je me suis approché de leur chambre. Le vieil homme a attendu que je sois près de lui pour baisser la poignée de la porte.

Les gonds ont grincé comme un cri sinistre dans la nuit. Des grognements, peut-être des ronflements, se sont mélangés aux voix dans ma tête. « Regarde, regarde ! », me disaient-elles sans cesse. Et j’ai regardé…

Ce que j’ai ressenti cette nuit-là, c’était de la peur mélangée à de la haine. Ces êtres étaient enlacés l’un contre l’autre et grognaient à chaque respiration. Ils me dégoûtaient et m’effrayaient à la fois ! Les flashs me permettaient d’apercevoir leur peau rougeâtre, leurs bras terminés par trois serres et la maigreur de leurs jambes entourées d’une longue crinière noir jusqu’aux talons pointus. J’ai aussitôt retiré mes lunettes, mais cela n’a rien effacé ! Les monstres étaient là, mes parents étaient toujours là ! J’ai hurlé de peur et de rage et ils se sont redressés d’un seul coup ! J’ai alors vu leurs yeux ronds et laiteux, leur visage décharné, figé sur un large sourire percé de dents pointues d’un rouge éclatant !

Celui de gauche s'est levé et m’a demandé ce que je foutais dans sa chambre. C’était la voix de mon père ! C’était lui, il n’y avait plus de doute ! J’ai alors vu le vieil homme se jeter sur lui et le mordre, le frapper si fort que des bouillons de sang ont éclaboussé mon visage et mes vêtements. L’autre a voulu lui porter secours mais il s’est littéralement fait dépecer devant moi, mis en pièce avec je ne sais quel objet tranchant. C’était déjà trop pour moi, ma raison a vacillé et je me suis enfui le plus loin possible de cet enfer…

Je ne sais plus comment j’ai atterri à l’hôpital. Je suis resté plusieurs semaines en observation. Traumatisé, je n’ai retrouvé la parole que très tard mais je ne sais plus trop quand. Devant la porte de ma chambre, un policier assurait constamment ma protection. Sans doute avait-il peur que d’autres montres viennent se venger, me disais-je.

J’ai passé 22 ans en hôpital psychiatrique et j’ai passé 22 ans à clamer mon innocence. Enfin non, 20, car depuis 2 ans j’admets que c’est moi et que je regrette beaucoup beaucoup. Enfin c'était uniquement pour leur faire plaisir à tous ces monstres en blouse blanche, uniquement pour sortir de l'hôpital. Si on a retrouvé l’arme du crime, un couteau de boucher, on n’a jamais retrouvé les lunettes de mon grand-oncle. Ouais, le fermier était le frère de mon grand-père paternel, un vieil homme excentrique brouillé depuis plusieurs décennies avec sa famille. En société, il utilisait un faux nom pour qu’on lui foute la paix ! Je me demande qui a bien pu retrouver sa trace avant qu’on ne retrouve son cadavre décapité dans le ciment du plafond de ma chambre. On l’aurait mis là alors qu’il était déjà mort depuis 5 ans. Enfin ce n’est qu’un détail, vous connaissez la suite, il s’est vengé des monstres…


lundi 2 janvier 2017

Classement 2016

L'année 2016 a vu la publication de 152 articles, à peu près autant qu'en 2015. Le 23 décembre dernier, prenant un peu d'avance, je vous avais demandé de désigner celles qui selon vous étaient les meilleures creepypastas. Les classements de 25 lecteurs ont pu être recueillis, citant un total de 85 publications. Voici le résultat final :


Meilleures creepypastas de 2016
(Classement des lecteurs)

10. Godzilla NES (32 points)

9.  Fertilité (33 points)


7. Ex æquo : Ubloo (bien qu'inachevée !) & Éclairs (35 points)

6. Une petite partie (48 points)

5. Baby Phone (58 points)

4. Souvenirs d'automne (59 points)

3. Le plan parfait (65 points)

2. Les combattants de Dieu (68 points)

1.

thejeffreymacdonaldcase.com

(122 points)






Comme l'an dernier, je terminerai en remerciant tous ceux qui ont pris le temps de voter, et bien sûr de lire ce que nous avons proposé tout au long de l'année ! Le blog n'a pas désempli malgré un rythme de publication quelque peu réduit, et je ne peux pas m'empêcher d'en être satisfait.


Enfin, comme déjà annoncé il y a un moment sur le forum et sur Facebook, j'en profiterai pour tirer ma révérence en tant qu'administrateur (le mois dernier ayant été en quelque sorte une transition), laissant ma place pour le grand retour de Magnosa. Ça pourra sembler redondant à ceux qui étaient déjà au courant (ci-dessous l'annonce faite sur Facebook), mais cette fois c'est acté et définitif.
Oui, du coup c'est un peu couillon de ma part mais c'est ici que j'annonce que je me retire de la modération de CFTC. J'estime avoir été en place bien assez longtemps, le moment est venu de placer quelqu'un de plus jeune et fringant aux côtés des autres gérants du site histoire d'amener un peu de dynamisme et de renouveau. Cela étant, ça ne veut pas dire que j'abandonne mes projets en cours, et une certaine pasta épisodique pourrait bien reprendre dans les mois à venir, dès que j'aurai trouvé le temps d'y mettre un peu d'ordre...
Quoiqu'il en soit, merci beaucoup. J'aurai eu une relation plutôt conflictuelle avec les lecteurs pendant une bonne partie de mon mandat et je comprends très bien pourquoi, et savoir que des gens ont "apprécié mon travail" malgré ça, bah c'est plutôt impressionnant, et je suis bien obligé de leur en être reconnaissant.
Je souhaite un bel avenir aux creepypastas, mais surtout je leur souhaite un avenir imprévisible.
- Tripoda

Cela étant, bonne année 2017 à tous !