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lundi 30 janvier 2017

Les cheveux

Bonsoir,

Je m'appelle Cécilia, et si je me suis inscrite et que je poste aujourd'hui un message ici, c'est parce que j'ai besoin de conseils rapidement. Pour certains, je suis étrange. Pour moi, je suis juste curieuse. Ma maison est comme un cabinet de curiosité personnel. Elle contient des objets, des affiches, des babioles sans intérêt et considérés comme des déchets par d'autres. On m'a déjà qualifiée de collectionneuse, ou moins chaleureusement de ramasse-merde. Mais chaque chose que je garde a son mystère, son histoire... Enfin, ce n'est pas le but de mon post sur ce forum de l'occulte, vous devez vous en douter. Mais le contexte doit bien être expliqué à un moment, alors autant le faire au début afin d'éviter les questions sur pourquoi j'ai conservé ces cheveux.

Donc, les cheveux.

Vous savez, parfois on retrouve un cheveu solitaire qui ne nous appartient pas ; ce cheveu blond alors que vous êtes brun, ce cheveu plus long que les vôtres que vous retrouvez chez vous alors que personne n'est venu depuis des lustres dans votre appartement où vous vivez seul. Ça vous est forcément déjà arrivé sans que vous y fassiez attention.
Si la question « d'où viennent-t-ils ?» vous vient à l'esprit, une réponse raisonnable et vraisemblable arrive rapidement et l' "incident" est instantanément oublié. Mais moi, dès qu'une chose suscite une question sans réponse, je la conserve. Je la garde jusqu'à ce que ses mystères soient résolus et qu'une certitude remplace les possibilités.

Bref, c'était il y a environ deux semaines que j'ai commencé à collecter de longs cheveux noirs bouclés dans la maison où je vis plus ou moins en ermite. Pour ma part, j'ai des cheveux châtain clair. Et donc, vient l'utilité de ma présentation : vous l'aurez deviné, j'ai conservé ces cheveux.

Rapidement, des rêves à ce sujet ont commencé à occuper mes nuits. Après tout, rien d'étonnant : je rêvais souvent des différentes curiosités de ma demeure. Mes rêves mettaient en scène une femme, toujours la même, avec de longs cheveux noirs et bouclés, habillée d'une robe grisâtre assez vieille. Je la voyais de dos et elle était face à un miroir brisé. Je ne pouvais évidemment pas voir son reflet dans les éclats de celui-ci. Elle ne bougeait jamais, même de rêve en rêve. Elle ne remarquait pas ma présence bien que mon reflet devait être visible depuis son angle de vue. Enfin, ce n'étaient que des rêves, et je pensais que c'étaient juste des divagations de mon cerveau.
Concernant les cheveux, plus j'en ramassais, plus il semblait en avoir à collecter. Ça m'a d'abord amusée : ça me plaisait d'imaginer être en contact avec le surnaturel. J'y pensais comme étant une blague de mon esprit.

À chaque rêve, ma position se rapprochait de la femme, comme une caméra qui effectue une rotation autour d'une scène tout en se rapprochant. Et j'ai finalement distingué de cruels détails : elle était jeune et attachée par de fines lanières de cuir sur sa chaise, couverte d'hématomes et amaigrie par rapport à sa première apparition dans mon sommeil. De rêve en rêve, elle était plus mince et plus boursouflée par des bleus qui recouvraient toutes les parties visibles de sa peau.
Ces rêves étaient très précis et me restaient en mémoire. Mais même si je pouvais penser et réfléchir, j'étais dans l'impossibilité de me mouvoir.

Il y a une semaine (le temps semble passer si lentement parfois..), j'ai retrouvé des cheveux par poignées, uniquement au rez-de-chaussée. J'ai pris un gros vase pour les ranger, à la place du petit bocal style « parfait ».
C'est après ça que j'ai été forcée de me rendre compte que la quantité de cheveux retrouvés n’était vraiment pas "normale", et que j'ai commencé à réaliser que mon subconscient ne pouvait pas être responsable de cette liaison entre l'évolution de mes rêves et cette quantité. J'ai eu du mal à m'y résoudre, mais après avoir retrouvé deux touffes complètes dans le couloir reliant ma cuisine, les toilettes, et la cave - clôturée par le propriétaire avant ma location, à cause d'éboulements, dont j'avais déjà essayé d'ouvrir la porte sans succès - j'ai jeté les cheveux par la fenêtre, pour qu’ils se dispersent au vent.

Mais deux jours plus tard, l'état de la femme semblait toujours se dégrader de la même manière, et je retrouvais toujours des cheveux partout. Enfin, surtout dans le corridor. Alors j'ai recommencé à collecter les mèches. C’était plus fort que moi, et après tout, ça ne changeait rien...

Maintenant, je la vois tous les jours.

J'ai essayé de ne pas dormir, pour fuir ce cauchemar, mais je tombais toujours de sommeil.
Mardi, j'ai commencé à voir les trois quarts de son visage. Des larmes creusaient des sillons visibles sur ses joues meurtries et son œil bleuté. Ses cheveux semblaient avoir été en partie arrachés, et son crâne était ensanglanté. Son corset était déchiré.
Le lendemain matin, je suis descendue pour retrouver quasiment une perruque complète de boucles poisseuses.

Hier soir - jeudi - je l'ai vue la mâchoire défoncée, en pleus et couverte de coups.
Ce matin, j'ai retrouvé deux dents mêlées aux cheveux, devant la porte de la cave.

J'ai peut-être mis du temps à paniquer et à demander de l'aide, mais là je ne sais pas quoi tenter. Alors, s'il-vous-plaît, je fais quoi ?



mardi 24 janvier 2017

Attention à la MXP

Hello donc petite histoire étrange qui pourra décourager les consommateurs potentiel de MXP alias la Methoxphenidine.

Tout commence vers 16h première trace de 20mg avec un pote, lui 30mg.

Après une heure et demie d'attente pas d'effet pour nous deux ou alors légère sensation de flotter, d'être dans du coton.

Retraçage de 20mg (donc je suis à 40mg en sniff)

2h après bonne défonce mais rien de mental tout est très légèrement visuel et surtout physique, euphorie, sensation de planer, bonne introspection avec la musique

Mon pote qui a bien retracé a environ 30mg donc il est à 70mg, il a les effets mentaux assez rude et arrive pas à rentrer chez lui

2h après nouvelle trace, mon pote commence à redescendre après un xanax et peut rentrer chez lui. Pour moi, erreur j'ai retracé à environ 50mg donc je me retrouve avec 80mg, le truc c'est que la seconde ligne était pas montée ou du moins pas en totalité du coup 2h après le départ de mon pote je me retrouve seul perché comme pas possible, mais je m'attendais pas au pire.

Le pire c'est le lendemain en me réveillant. Digne de very bad trip façon 666

Je retrouve une flaque de vomi que je m'empresse de nettoyer, un pentagramme fait de sel, une canette avec plein de trucs brûlés dedans, canette peinte de 666, des bougies...

Je retrouve trois dessins étranges, du sang sur un des dessins, un couteau, une sorte de croix faite à partir de pailles, un crâne en plastique et sur mon pc masse de pages relatant de trucs religieux ou musique des films de Kenneth Anger.

Le truc c'est que là j'ai pas de souvenir ou alors très peu, moi assis devant ce petit autel satanique en train d'implorer Satan de me donner argent, gloire et drogues contre mon âme, mais le tout est défragmenté par des phases hallucinatoires hautement improbables : déformation, apparitions.

Le tout semble aussi bien erroné dans les horaires, plus aucune notion du temps, combien de temps j'ai mis à faire ça, à rester devant cet autel étrange, combien de temps ce trip a-t-il duré ? Et d'ailleurs, délire sous drogue ou vrai bad chelou sur le satanisme ? Étrange. En tout cas faites gaffe les dosages étaient faibles pourtantn c'est dire.

Enfin bref quoi qu'il en soit la drogue c'est mal, surtout le mxp m'voyez .






samedi 21 janvier 2017

Les disparus de Kolwezi

Kolwezi est une immense ville congolaise, grande comme deux fois Paris (bien que 4 fois moins peuplée) et capitale énergétique du Congo-Kinshasa, de par ses mines à ciel ouvert de cobalt, uranium, radium, cuivre... Mais elle est surtout connue pour avoir été le centre d'un conflit armé violent à la fin des années 70 ayant impliqué de nombreux pays, parmi Cuba, l'Angola, le Maroc, la Belgique, l'URSS et... la France.


Le Zaïre (devenu la "République démocratique du Congo" ou "RDC") était un pays tenu d'une main de fer par le dictateur Mobutu Sese Seko, soutenu par les américains. La brutalité de son régime a, en réaction, fait émerger un mouvement armé d'opposition, le FNLC. Après avoir été entraînés en Angola communiste par des militaires cubains, les rebelles ont envoyés 500 à 2.000 combattants prendre la ville de Kolwezi aux autorités zaïroises. De nombreux ressortissants étrangers, dont plusieurs milliers de français, résidaient sur place à l'époque, et ont été tenus en quasi-captivité par la rébellion, poussant l'état-major français à prendre la décision d'intervenir avec la Belgique et le Maroc, pour libérer les otages.

Les paras et la légion faisaient partie des unités envoyées sur place, au total 700 français, commandés par le colonel Philippe Erulin, étaient à Kolwezi le 15 mai 1978, accompagnés de plus d'un millier de belge, de quelques centaines de soldats marocains, et de 2.500 soldats zaïrois loyalistes. Le 21 mai 1978, la ville est reprise et les otages libérés, le bilan des pertes françaises s'élève à 5 morts et 6 disparus (voir Photo n°1).


Photo 1

Suite à la dissolution rapide du FNLC après cette défaite, et à la fin du conflit armé dans le courant de l'année, une équipe a été déployée secrètement en janvier 1979 pour enquêter sur la disparition de ces 6 militaires, 4 adjudants, un adjudant-chef, et un lieutenant. Et malgré la découverte d'un charnier dans la ville de Kolwezi, pour les prisonniers de guerre zaïrois, aucun corps ne correspondait aux 6 français. Les anciens militaires ayant participé à la bataille ont été recontactés par les autorités, afin de reconstituer la scène.


D'après le témoignage de militaires franco-belges et de parachutistes marocains, l'unité regroupant ces 6 individus, aurait été chargée de l'entretien de mortiers lors du siège de la ville, à l'actuel emplacement de la R610 (voir Photo n°2), c'est au matin du 18 mai que leur absence est remarquée, l'entretien des mortiers revient à des soldats zaïrois et les militaires présents pense à l'époque à une mutation, vers une autre partie de la périphérie de Kolwezi, bien que ces derniers ont apparemment laissé une partie de leur équipement sur place. D'après le commandement local, aucun ordre n'a été donné dans la nuit du 17 au 18, et ils n'avaient aucune raison de quitter leur poste.

Photo 2

C'est ainsi que l'enquête a piétiné, jusqu'à la découverte de munitions de 7.62 OTAN, utilisées par les FAMAS que possédait l'armée française à l'époque, tandis que la garde républicaine zaïroise, bien qu'alignée sur les Etats-Unis, possédait des Kalachnikovs, qui nécessitait l'emploi de munitions différentes. Ces munitions ont été retrouvées a Lumpande, un village zaïrois situé à environ 30km au nord de Kolwezi, près du "lac noir" (voir Photo n°3). Evidemment, cette découverte a amenée une réponse à la question "où est parti le groupe des 6 ?", mais également plusieurs questions, pourquoi une brigade quitte soudainement son poste en pleine nuit pour partir dans une bourgade perdue n'ayant aucun intérêt ni présence militaire, ennemie ou alliée ? Ce qui troubla encore plus les agents chargés de l'enquête, fut le témoignage des quelques habitants du village, aucun n'a un souvenir concret d'une présence militaire française sur le village, en revanche les témoignages concordent sur des coups de feu ayant été entendus dans la nuit du 17 au 18 mai...

C'est aussi la première fois que l'Asanbosam apparaît dans l'enquête, piste qui n'a jamais été prise au sérieux, l'Asanbosam étant une créature du folklore ashanti relativement loufoque, un vampire possédant des crochets à la place des pieds, lui permettant de s'accrocher à la branche d'un arbre et attaquer sa proie quand celui-ci passe dessous, cela dit si l'hypothèse a toujours été rejetée, pour des raisons évidentes par les enquêteurs, les résidents sur place étaient quasiment convaincus par celle-ci, et les agents sur place avaient pour consigne de ne pas plaisanter sur ces sujets, considérés comme sensibles.


Photo 3

Après avoir également inspecté les lieux autour du "lac noir", les inspecteurs ont trouvé une étrange structure, visiblement un abri de fortune construit très rapidement (voir Photo n°4), les murs sont également marqués par deux impacts de balles, correspondantes à celles qu'aurait pu tirer le "groupe des 6". Cela expliquant probablement les coups de feu entendus par les habitants du village quelque mois plus tôt, là encore, deux questions seront alors soulevées par les agents, et resteront sans réponses : pourquoi ces barricades ont t-elles été montées, et pourquoi le groupe des 6 a utilisé la force, et contre qui ?

Deux semaines après le début de l'enquête, soit en début février 1979, des proches du général Guy Méry, à l'époque chef de l'état major de l'armée française, ont ordonné de mettre fin à l'enquête, la limite de temps imposée par le mandat légué aux autorités françaises par le gouvernement zaïrois, autorisant des experts militaires étrangers à mener l'enquête sur leur territoire national, expirait le 8 février, dépassé ce délai, la présence d'étrangers en tant qu'enquêteurs aurait été soumise à des sanctions de la part des autorités françaises et zaïroises.

De nouveaux interrogatoires mentionneront, pour la seconde fois depuis le début de l'enquête, l'Asanbosam. Un des villageois, après nous en avoir fait une description détaillé, nous fera même parvenir un visuel du vampire (très bien réalisé, voir Photo n°5)

Photo 4


Photo 5

L'expertise rendra deux rapports, un en 1979, prétextant qu'une brigade du FNLC aurait attaqué les militaires français qui se serait barricadés dans un abri de fortune. Ils auraient ainsi permis aux forces rebelles d'assassiner les militaires a l'aide de gaz incapacitant volé à l'ennemi durant le siège de Kolwezi. Cette version comporte de nombreux trous, et est fortement incohérente. Outre le fait que les lignes au nord étaient trop surveillées pour laisser passer une brigade d'au moins 10 combattants armés, cette prétendue "troupe" n'aurait donc rien tenté après avoir passé la ligne de front, d'ailleurs aucune trace de ce groupe n'a été trouvée, que ce soit de l'équipement laissé sur place, des impacts de balles, autres que celles des soldats français, ou encore de traces de jeep. Selon ce rapport, le fait qu'aucun corps n'ait été retrouvé serait dû aux villageois, qui auraient créé une sépulture aux militaires, mais aucun témoignage, ni aucune preuve ne vient confirmer cette hypothèse, vraisemblablement erronée.

Le second rapport, déclassifié en 2014 par l'armée, mais jamais rendu public, admet de fait qu'aucune explication plausible, cohérente et complète n'a été trouvée, que ce soit à la disparition des corps, ou aux impacts de balles sur l'abri. Plusieurs éléments nouveaux sont mentionnés, par exemple la mention de trois impacts de balles, tirées par un FAMAS, sur le sommet d'un arbre à environ 6 mètres de l'abri, pour un motif inconnu. Il y a aussi la disparition de 11 villageois entre 1965 et 1978 recensée par les autorités locales, dont deux sont particulièrement étranges : la disparition d'un enfant de 10 ans en mars 1968, le seul qui sera retrouvé parmi les 11. Ce dernier a été vidé de son sang, alors que, bien que son doigt soit coupé, ou plutôt arraché, il n'avait aucune entaille sur le corps. La seconde en 1972, sur un ouvrier d'une raffinerie de Kolwezi qui vivait avec ses parents, ce dernier n'a pas été retrouvé mais la municipalité de Kolwezi mettra en avant des témoignages de villageois prétendant avoir observé l'Asanbosam dans les jours qui précèdent et qui suivent la disparition.

Mais si j'ai pris la décision de dévoiler ces informations, c'est a cause d'une photo troublante, tirée de ce second rapport (bien que prise deux ans auparavant par des conseillers militaires belges, en 1977, quand le FNLC lança alors ses premiers assauts). J'ai beaucoup réfléchi à cette histoire ces dernières années, sur certaines pistes écartées pour une raison ou pour une autre, et aussi irrationnel et insensé que ça puisse paraître, cette photo a fini de me convaincre de ce que j'ai toujours su, à propos de c'est qui s'est passé dans la nuit du 17 au 18 mai a Kolwezi... 






lundi 16 janvier 2017

Mon doudou

Coucou,

Ça fait longtemps que j'ai pas écrit sur mon blog mais il y a quelque chose que j'ai envie de vous confier. J'ai lu sur le net que certaines personnes arrivaient à mettre des couleurs sur des mots, quelque chose comme ça. Bon, j'avoue que j'y crois moyen mais, depuis que je suis petit, il m'arrive quelque chose qui ressemble à ça.

Pour essayer de faire simple, quand je regarde une photo, un objet ou quoi que ce soit qui me rappelle un événement majeur positif de ma vie, c'est comme si on m'injectait une putain de dose de THC dans le sang, littéralement. C'est sympa pour se défoncer sans rien mais ça a aussi des revers : quand je regarde quelque chose qui me rappelle quelque chose d'hyper négatif, ça me donne d'immondes nausées. D'ailleurs, j'ai dû changer de collège à cause de ça, un mec qui me bizutait en primaire était arrivé dans ma classe en 3ème et à chaque fois que je le regardais, je finissais chez l'infirmière (je m'en souvenais pas mais c'est mes parents qui me l'ont dit, ma mère voulait le frapper, ça a été compliqué de la raisonner).

Le truc, c'est que certaines choses m'échappent …

J'ai un doudou depuis que je suis gamin, et quand je le regarde, j'ai de petites nausées, mais je sais vraiment pas pourquoi.

Mais y'a pire, bordel, c'est la première fois que je le dis mais pourquoi regarder le pantalon de mon père me donne aussi des nausées ?


samedi 14 janvier 2017

L'ombre entre les maisons

Hier soir vers 1 heure du matin, ma femme et notre petite se dirigeaient vers ma voiture après une soirée passée chez mon beau-frère. Il vit dans une banlieue un peu douteuse donc on fait toujours gaffe à ce qui nous entoure. Alors que j'allais m'installer côté conducteur, j'ai remarqué un jeune homme noir qui me fixait. Je l'ai regardé en retour et lui ai fait un signe de la tête, mais il restait planté là, à me regarder.

J'étais pas à l'aise mais mes instincts paternels ont pris le dessus alors que je bombais le torse en lui donnant ma meilleure fausse provocation : « Tu me cherches gros ? ». Le gars a levé sa main et a pointé du doigt vers moi façon menace, puis s'est mis à courir. J'avais jamais vu quelqu'un courir aussi vite. Et alors que j'avais l'impression que la taille de mon pénis avait augmenté de quelques centimètres en récompense pour avoir été un dur à cuire, j'ai jugé qu'il était suffisamment sûr pour que je puisse m'installer et rentrer, mais pas avant de heurter légèrement la foutue boîte aux lettres métallique. Je suis quand même parti, pensant que je le dirais à mon beau-frère quand je serais rentré.

On a dû s'arrêter au magasin pour du lait, des Slim-Jims (évidemment) et d'autres trucs. C'est ma femme qui y est allée, moi je suis resté avec notre fille dans le SUV. Quand elle est revenue, je lui ai ouvert le coffre pour qu'elle puisse charger les achats. Après l'avoir fermé, elle est remontée et j'ai commencé à sortir du parking. J'ai remarqué qu'il y avait les empreintes d'une main sur la vitre arrière. Je lui ai demandé, un peu agité, pourquoi elle fermerait le coffre en touchant la vitre arrière. Elle m'a répondu que ça n'était pas le cas. On s'est tous les deux retournés et on a remarqué que les empreintes appartenaient aux longs et fins doigts de quelqu'un qui voudrait regarder par la vitre arrière en s'y appuyant. On a inspecté les autres vitres et on retrouvé les même empreintes côté conducteur.

J'ai directement appelé mon beau-frère et lui ai fait savoir que le connard que j'avais vu avait dû regarder dans ma voiture. Ça expliquait pourquoi il me regardait fixement. Mon beau-frère m'a dit qu'il jetterait un œil à sa voiture et appellerait la police pour inspecter la zone. Ma femme, ma fille et moi-même étions assez fatigués, donc on a éteint nos téléphones et on s'est directement couchés.

Ce matin, ma femme et moi avions plus de 30 appels manqués, tous de la femme de mon beau-frère. Je l'ai rappelée et elle était hystérique. J'en ai conclu qu'on avait forcé sa voiture ou l'avait vandalisée. J'ai tout de suite senti la culpabilité m'envahir. J'ai su que je n'aurais pas dû regarder le gars comme je l'avais fait. Je me suis dit que ça devait être une sorte de vengeance. Et puis elle a commencé à divaguer sur quelque chose qui a été mis en pièces.

Apparemment c'était la fille des voisins. Son « corps » a été retrouvé juste à côté de la maison de mon beau-frère, entre sa maison et celle de la victime. Il semblerait que la pauvre fille se soit glissée hors de chez elle pour une soirée, et essayait de rentrer quand quelqu'un, ou quelque chose, l'a attrapée pour la mutiler à mort. Elle a été éventrée et deux de ses membres ont été arrachés. Pour l'instant, ils n'ont toujours pas retrouvé sa main droite.

Mon estomac s'est retourné en entendant les nouvelles. Le gars ne me fixait pas. Il regardait derrière moi, pétrifié, en voyant ce qui était en train de tuer cette jeune femme dans l'obscurité. Il ne me pointait pas du doigt, il pointait ce qu'il y avait derrière moi.

La police vient de partir de chez moi. Ils essayaient d'obtenir des informations sur l'homme que j'ai vu. Apparemment ils pensent que c'est un témoin/suspect probable. Je leur ai assuré que je ne pensais pas qu'il soit le tueur, mais ils ne voulaient écarter aucune pistes. Ils ont aussi pris les empreintes de ma vitre et leurs mesures. Vu la longueur et la finesse des traces de doigts ils ne pensaient pas que c'était celles du tueur, étant donné qu'elles semblaient féminines.

Si le fait que ce malade, cette chose, en train de trainer la main de cette fille morte le long de mon véhicule alors qu'il m'observait par derrière n'était pas suffisant pour me faire vriller, on vient tout juste de m'annoncer que ma plaque d’immatriculation a été arrachée de mon pare-choc. On dirait que je n'ai pas heurté cette boîte aux lettres après tout.


Traduction : Nevermore

Source

mercredi 4 janvier 2017

Les lunettes

D’après mes psys, la première chose à faire pour exorciser ses démons, c’est d'écrire son histoire. Je n’ai jamais eu envie de le faire mais aujourd'hui je me sens prêt. Hormis des formulaires et de la paperasse administrative, j’ai passé ma vie à éviter d’écrire, j’avais bien trop peur que le stylo fuie et qu’une tache d’encre ne se dresse sur la feuille. Personne ne peut se douter de ce qui peut naître à partir d'une simple tache, personne.

Bon, alors voilà. Même si je suis toujours angoissé, je vais me mettre à écrire mon histoire et peut-être que j’arrêterai de voir des fantômes partout. J’avais quatorze ans quand les faits se sont produits. On venait d’emménager dans une maison que mes parents avaient fait construire. Mon père et ma mère étaient du genre très maniaques. Si la plupart des parents emménagent dans une nouvelle maison pour avoir plus grand, eux, c’était pour avoir plus blanc et plus propre. Ma mère avait toujours un maudit chiffon à poussière à la main, et mon père passait l’aspirateur trois fois par jour quand il ne bossait pas.

Moi, ces murs blancs, ce mobilier laqué, ça me faisait mal aux yeux et cela avait fini par me filer de terribles migraines. L’ophtalmo m’avait prescrit des médocs et des lunettes noires pour les atténuer. Si mes parents ont accepté les médicaments à base de codéine, ils ont refusé les lunettes prescrites sous prétexte que je ne pourrais plus admirer la splendeur de leur étincelante maison ! Qui a pensé que j’avais une famille bizarre ?

On avait aussi un grand jardin impeccablement entretenu par monsieur, madame et par moi aussi (plus par obligation que par goût des plantes vertes). Un jour où je grattais la pelouse avec mon râteau, j’ai accroché un truc dans la haie de thuyas encadrant le jardin. Une tige noire dépassait de la terre. Je me suis baissé, j’ai creusé un peu et j’ai découvert une vieille paire de lunettes noires. J’ai été les nettoyer en cachette avec un produit qui se trouvait sur une étagère du garage et j’ai bien fait attention à ne pas faire tomber le moindre grain de terre sur le sol laqué. Malheureusement pour moi, j’ai dû en oublier quelques-uns et j’ai passé le reste de l’après-midi dans le placard à balais avec quelques bleus au corps (mon père ne me frappait jamais au visage, il n’était pas idiot). Heureusement j’avais réussi à cacher mes lunettes dans une poche de mon jean. Je les essayais juste avant de me coucher. À ma grande joie, les murs blancs sont devenus sombres tout comme mon armoire laquée, mon bureau laqué, mon lit laqué car même si j’éteignais la lampe de ma table de nuit, la lumière crue des lampadaires du jardin passait à travers mes fenêtres sans rideaux. Ainsi mes murs n’étaient pas salis par le noir de l’obscurité ! N’étaient-ils pas vraiment cons mes parents ?

J’étais donc allongé sur mon lit, admirant l’atmosphère sombre de ma chambre. Au début, je n’avais pas remarqué une tache plus claire sur le plafond. C’est quand elle a bougé que je l’ai vue ! Elle a glissé jusqu’à l’arête du plafond, a dévalé le mur jusqu’à mon lit ! D’un réflexe j’ai retiré mes lunettes et heureusement, cette maudite tache avait disparu. Inutile de vous dire que je n’ai pas réessayé ces foutues lunettes ce soir-là mais j’ai tout de même regardé sous mon lit, au cas où… Je n’ai pas super bien dormi et même si les taloches de mon père m’avaient considérablement endurci au cours de ces dernières années, on peut dire que j’avais la trouille. Mais ça, je ne l’avoue que maintenant...

Le lendemain mes parents m’ont dit avoir mal dormi et m’ont demandé si j’avais fait des cauchemars ou si j’avais crié. J’ai dit que non. J’ai d’ailleurs été étonné de cette question, car même si je hurlais mes tripes, ils ne pouvaient pas m’entendre puisque ma chambre avait été aménagée au sous-sol. Leur chambre se situait au-dessus de la mienne et un mètre de béton nous séparait.

Plusieurs fois dans la journée j’ai mis mes lunettes et j’ai regardé le plafond, les murs de ma chambre sans revoir cette tâche. Autre chose a cependant marqué ma journée : les violentes disputes entre mes parents. Il y a toujours eu quelques éclats de voix entre eux, mais jamais avec cette intensité. J’ai bien cru que mon père allait étrangler ma mère ou que ma mère allait égorger mon père. Aucune des deux solutions ne m’aurait déplu, mais bon, de nature solitaire, je pensais qu'il valait mieux vivre avec des maniaco-dépressifs qu’à la DASS avec une troupe d’ados en mal de reconnaissance.

Au dîner on entendait juste le bruit des couverts et des mastications. On n’avait pas grand-chose à se dire alors pour « meubler » cette fastidieuse réunion familiale on regardait la télévision. Mais ce soir-là c’était silence radio. On s’observait comme des étrangers. Après le dîner, mon père a refusé que je regarde un film pour me détendre et m’a dit d’aller me coucher et de ne pas crier même si je faisais des « putain » de cauchemar ! Énervé, j’ai pris plusieurs cachets de codéine que l’ophtalmo m’avait prescrits pour les migraines. C’est puissant la codéine, c’est un opiacé qui aide aussi à dormir. Assommé, je n’ai pas essayé mes lunettes, et de toute façon, je n’avais aucune envie de revoir cette tache au-dessus de ma tête. Je préférais nettement m’en tenir à une hallucination qui ne se reproduirait plus.

Dans mon cauchemar, des chuchotements m’ont réveillé en sursaut. Ça hurlait « Meurtrier ! Meurtrier ! » Une odeur de pourriture a empli l’air de ma chambre, ma table de nuit vibrait et l’ampoule de la lampe grésillait. Je n’ai pas eu besoin de mes lunettes pour voir la tache au plafond. Elle s’est aussitôt étirée vers moi comme un énorme ver de sang. La pointe s’est affinée pour venir me toucher. J’étais pétrifié, plaqué contre mon lit, impossible de bouger. Pourtant, dans un réflexe pour sauver la paix de mon âme, j’ai mis les lunettes noires et c’est là que je l’ai vu !

Un corps décharné et décapité tendait un bras vers moi. J’ai été si surpris que je me suis jeté hors du lit mais ma tête a heurté le coin de la table de nuit et j’ai vu 36 chandelles. Vautré sur la moquette, il m’était réellement impossible de faire autre chose que de geindre et de regarder le cadavre sans tête se décrocher du plafond et tomber à mes pieds. J’étais au bord de la crise cardiaque, mon cœur cognait dans ma poitrine, ma gorge, mes tympans. Au moment où j’ai cru que le décapité allait se jeter sur moi, il s’est brusquement tourné vers la porte de la chambre qui s’est ouverte toute seule. En claudiquant il a traversé la salle de jeu, a monté les cinq marches menant au rez-de-chaussée ; la porte s’est encore ouverte toute seule. « Meurtrier, meurtrier ! » a retenti dans le salon. Une poignée de secondes plus tard, autre chose a dévalé les escaliers : mon père furieux. J’ai juste eu le temps de cacher mes lunettes et de grimper sur mon lit. Alors que ce salaud me corrigeait, il me hurlait qu’il n’était pas un meurtrier ! J’ai crié que ce n’était pas moi, que c’était la chose du plafond ! Son poing s’est figé net. Il m’a sondé de son regard exorbité avant de tourner tout doucement la tête vers le plafond. Il est resté une bonne minute comme ça, le nez en l'air, le visage grimaçant, la respiration saccadée. Il a marmonné une bouillie de mots, m’a de nouveau regardé, puis il est reparti sans plus rien dire. C’était l’horreur.

Le lendemain matin, avant le petit déjeuner, j’ai eu le droit à un interrogatoire digne de la Gestapo. Toutes les questions portaient sur ce que j’avais vu, entendu, à quelle heure, quand, comment. Malgré les taloches, je ne leur ai rien dit. Ça me faisait plaisir de les voir paniquer, de voir la peur crisper leur visage. Restait à savoir pourquoi, ce qu’ils savaient, ce qu’ils me cachaient.

Mon père a filé au garage. Il est revenu avec une pioche, a traversé le salon puis s’est enfermé dans sa chambre. Des coups sourds ont commencé à faire vibrer le sol. Ma mère l’a rejoint et le suppliait d’arrêter. Cet enfoiré n’écoutait rien et continuait à frapper, à s’acharner sur le parquet. On a sonné à la porte d’entrée. C’était mon meilleur et seul ami. Je suis parti avec lui, heureux de quitter cette baraque de fous.

Didier, le père de mon pote, a téléphoné au mien pour que je déjeune avec eux. Personne n’a répondu alors je suis resté. Bien que je n’eusse absolument pas besoin d’entendre ça à ce moment-là de ma vie, Didier nous a raconté une histoire effrayante pendant que nous déjeunions : cinq ans auparavant, un riche fermier possédant de nombreuses terres dans la région avait disparu sans laisser de trace. Quelques mois après sa disparition, un pêcheur du dimanche dont la ligne s’était prise dans la vase de la rivière, a remonté… une tête dans un état de décomposition avancée. Les analyses génétiques ont confirmé qu’il s’agissait bien de la tête du fermier. Malgré de nombreuses recherches on n'a pas retrouvé son corps. J’ai cru que cette sordide histoire allait en rester là jusqu’à ce que le père de mon pote me susurre à l’oreille, comme s’il voulait que personne d’autre que moi n’entende la terrible conclusion de son récit : dès la confirmation de sa mort, les terres ont été vendues, sa ferme détruite et l’argent âprement disputé entre les héritiers dont l’un était mon père !

L’esprit plein de doutes je suis rentré en fin d’après-midi. Qui avait bien pu commettre ce meurtre si atroce ? Pourquoi n’étais-je au courant de rien ? Qui était ce membre éloigné de ma famille ? Avec ce qui s’était passé hier soir je me sentais très mal, mon esprit faisait de terribles rapprochements.

Mon malaise s’est amplifié quand j’ai découvert le salon de notre étincelante demeure sens dessus- dessous, la cuisine retournée, de la vaisselle cassée et des meubles pleins de poussière ! Je me suis dit qu’ils avaient dû se battre mais non, mes parents riaient à gorge déployée ! Ils s’en foutaient royalement et dansaient entre les meubles retournés, s’embrassaient sans aucune retenue ! Quand ma mère a enfin croisé mon regard ahuri, elle m’a même demandé si je voulais jouer avec elle ! Je ne comprenais rien de leur brusque changement d’attitude et je ne suis ressorti de ma chambre qu’après m’être enfilé plusieurs cachets de codéine. Au dîner, j’ai aussi halluciné car ma mère adepte de la cuisine équilibrée venait de faire livrer quatre énormes pizzas ! Je n’avais guère d’appétit mais eux se sont goinfrés comme jamais auparavant, buvaient de grands verres de coca en s’en foutant partout, pétaient et rotaient en se marrant comme des gamins. Entre deux bouchées ils me racontaient des morceaux de leur vie que je ne comprenais pas trop, des bribes incompréhensibles dont je me foutais royalement. Parfois ils s’arrêtaient et m’observaient fixement sans rien dire.

Mon malaise est redescendu de plusieurs crans quand mes parents ont été se coucher main dans la main, en train de pouffer, sûrement à l’idée de baiser. C’est la première fois que je les entendais faire l’amour. Plus tard j’ai appris que pousser des grognements de porc n’était pas faire l’amour. N’ayant aucune envie d’aller me coucher et préférant rester loin de ma chambre, j’ai regardé la télé jusqu’à finalement m’endormir.

« Meurtrier, meurtrier » ! Le seul réflexe qu’on peut avoir quand on se réveille en sursaut c’est de se jeter à terre. Les lumières du jardin qui passaient par les baies vitrées s’éteignaient, s’allumaient, ça faisait comme des flashs dans le salon. J’ai entendu la porte du sous-sol grincer et j’ai aussitôt regardé dans sa direction : une forme sombre boitait vers moi ; « Meurtrier, meurtrier ! », grondait-elle d’une voix caverneuse. Je me suis levé d’un bond et j’ai couru jusqu’à la cuisine où j’ai retiré un couteau de boucher du bloc posé sur le comptoir. Je me suis retourné et la forme était déjà là, face à moi ! C’était le corps décapité entrevu l’autre soir. Il restait là, sans bouger, sans m’attaquer. Ça puait le diable. Les flashs s’étaient accélérés, on aurait dit une nuit blindée d’éclairs avec de très brefs moments d’obscurité. C’est à ce moment que j’ai entendu une voix dans ma tête me demander de mettre mes lunettes. J’ai hésité quelques secondes puis je les ai retirées de la poche arrière de mon jean. Je les ai posées sur mon nez avec une certaine appréhension et ce que j’ai vu m'a sidéré : un vieil homme à l’air sympathique ! Toutefois, son corps couvert d’une salopette maculée de boue était un peu étrange, mal proportionné : des bras longs et maigres, un gros bide et des jambes dont l’une était plus courte que l’autre, formaient sa silhouette. Il s’est brusquement retourné et a traversé le salon en boitant jusqu’à la chambre de mes parents. Les flashs donnaient l’impression qu’il avançait par à-coups. J’entendais des chuchotements dans ma tête, des chuchotements me dire « Tes parents sont des monstres, tes parents m’ont tué, viens voir les monstres ! »


C’était effrayant, mais il fallait percer l’abcès, en avoir le cœur net, car l’attitude de mes parents aujourd’hui n’avait pas été normale, à condition bien sûr qu’un jour mes parents aient été normaux ! Mon cœur battait la chamade quand je me suis approché de leur chambre. Le vieil homme a attendu que je sois près de lui pour baisser la poignée de la porte.

Les gonds ont grincé comme un cri sinistre dans la nuit. Des grognements, peut-être des ronflements, se sont mélangés aux voix dans ma tête. « Regarde, regarde ! », me disaient-elles sans cesse. Et j’ai regardé…

Ce que j’ai ressenti cette nuit-là, c’était de la peur mélangée à de la haine. Ces êtres étaient enlacés l’un contre l’autre et grognaient à chaque respiration. Ils me dégoûtaient et m’effrayaient à la fois ! Les flashs me permettaient d’apercevoir leur peau rougeâtre, leurs bras terminés par trois serres et la maigreur de leurs jambes entourées d’une longue crinière noir jusqu’aux talons pointus. J’ai aussitôt retiré mes lunettes, mais cela n’a rien effacé ! Les monstres étaient là, mes parents étaient toujours là ! J’ai hurlé de peur et de rage et ils se sont redressés d’un seul coup ! J’ai alors vu leurs yeux ronds et laiteux, leur visage décharné, figé sur un large sourire percé de dents pointues d’un rouge éclatant !

Celui de gauche s'est levé et m’a demandé ce que je foutais dans sa chambre. C’était la voix de mon père ! C’était lui, il n’y avait plus de doute ! J’ai alors vu le vieil homme se jeter sur lui et le mordre, le frapper si fort que des bouillons de sang ont éclaboussé mon visage et mes vêtements. L’autre a voulu lui porter secours mais il s’est littéralement fait dépecer devant moi, mis en pièce avec je ne sais quel objet tranchant. C’était déjà trop pour moi, ma raison a vacillé et je me suis enfui le plus loin possible de cet enfer…

Je ne sais plus comment j’ai atterri à l’hôpital. Je suis resté plusieurs semaines en observation. Traumatisé, je n’ai retrouvé la parole que très tard mais je ne sais plus trop quand. Devant la porte de ma chambre, un policier assurait constamment ma protection. Sans doute avait-il peur que d’autres montres viennent se venger, me disais-je.

J’ai passé 22 ans en hôpital psychiatrique et j’ai passé 22 ans à clamer mon innocence. Enfin non, 20, car depuis 2 ans j’admets que c’est moi et que je regrette beaucoup beaucoup. Enfin c'était uniquement pour leur faire plaisir à tous ces monstres en blouse blanche, uniquement pour sortir de l'hôpital. Si on a retrouvé l’arme du crime, un couteau de boucher, on n’a jamais retrouvé les lunettes de mon grand-oncle. Ouais, le fermier était le frère de mon grand-père paternel, un vieil homme excentrique brouillé depuis plusieurs décennies avec sa famille. En société, il utilisait un faux nom pour qu’on lui foute la paix ! Je me demande qui a bien pu retrouver sa trace avant qu’on ne retrouve son cadavre décapité dans le ciment du plafond de ma chambre. On l’aurait mis là alors qu’il était déjà mort depuis 5 ans. Enfin ce n’est qu’un détail, vous connaissez la suite, il s’est vengé des monstres…


lundi 2 janvier 2017

Classement 2016

L'année 2016 a vu la publication de 152 articles, à peu près autant qu'en 2015. Le 23 décembre dernier, prenant un peu d'avance, je vous avais demandé de désigner celles qui selon vous étaient les meilleures creepypastas. Les classements de 25 lecteurs ont pu être recueillis, citant un total de 85 publications. Voici le résultat final :


Meilleures creepypastas de 2016
(Classement des lecteurs)

10. Godzilla NES (32 points)

9.  Fertilité (33 points)


7. Ex æquo : Ubloo (bien qu'inachevée !) & Éclairs (35 points)

6. Une petite partie (48 points)

5. Baby Phone (58 points)

4. Souvenirs d'automne (59 points)

3. Le plan parfait (65 points)

2. Les combattants de Dieu (68 points)

1.

thejeffreymacdonaldcase.com

(122 points)






Comme l'an dernier, je terminerai en remerciant tous ceux qui ont pris le temps de voter, et bien sûr de lire ce que nous avons proposé tout au long de l'année ! Le blog n'a pas désempli malgré un rythme de publication quelque peu réduit, et je ne peux pas m'empêcher d'en être satisfait.


Enfin, comme déjà annoncé il y a un moment sur le forum et sur Facebook, j'en profiterai pour tirer ma révérence en tant qu'administrateur (le mois dernier ayant été en quelque sorte une transition), laissant ma place pour le grand retour de Magnosa. Ça pourra sembler redondant à ceux qui étaient déjà au courant (ci-dessous l'annonce faite sur Facebook), mais cette fois c'est acté et définitif.
Oui, du coup c'est un peu couillon de ma part mais c'est ici que j'annonce que je me retire de la modération de CFTC. J'estime avoir été en place bien assez longtemps, le moment est venu de placer quelqu'un de plus jeune et fringant aux côtés des autres gérants du site histoire d'amener un peu de dynamisme et de renouveau. Cela étant, ça ne veut pas dire que j'abandonne mes projets en cours, et une certaine pasta épisodique pourrait bien reprendre dans les mois à venir, dès que j'aurai trouvé le temps d'y mettre un peu d'ordre...
Quoiqu'il en soit, merci beaucoup. J'aurai eu une relation plutôt conflictuelle avec les lecteurs pendant une bonne partie de mon mandat et je comprends très bien pourquoi, et savoir que des gens ont "apprécié mon travail" malgré ça, bah c'est plutôt impressionnant, et je suis bien obligé de leur en être reconnaissant.
Je souhaite un bel avenir aux creepypastas, mais surtout je leur souhaite un avenir imprévisible.
- Tripoda

Cela étant, bonne année 2017 à tous !