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vendredi 10 novembre 2017

Accident de décompression

Ce message a été trouvé sur un forum dédié à la plongée sous-marine. Il a depuis été supprimé par les administrateurs. La raison invoquée était qu’il aurait été contraire à la charte du forum.

Bonjour à tous,

Je suis assez nouveau sur le forum et pour me présenter brièvement je suis plongeur professionnel. C’est mon métier depuis maintenant 12 ans, et depuis 5 ans je suis également caméraman. Je suis souvent engagé par des organisations de recherche pour l’étude des animaux marins. L’incident dont je vais vous parler aujourd’hui est justement ce type d’expédition, on devait filmer des baleines et poser des trackers, pour pouvoir suivre leur migration dans le Pacifique sud. Les films servent non seulement à étudier leur comportement, mais aussi parfois à couvrir une partie des frais de l’expédition en les revendant. Cette expédition-là avait beaucoup de subventions, le bateau était particulièrement grand et bien équipé, c’est bien car ça offre un certain confort, autant pour la cabine que le matos à disposition.

Je vais aussi faire une brève introduction pour ceux qui sont plutôt apnée sur ce forum : un accident de décompression est dû au fait que lorsque vous plongez à la bouteille, vous consommez du gaz qui va en partie s’accumuler dans l’organisme car à pression plus forte les gaz se dissolvent mieux dans les fluides et notamment le sang. Si on remonte trop vite, on crée des bulles de gaz qui peuvent causer des accidents vasculaires pouvant entrainer la mort. Le moyen le plus fiable de les éviter est d’effectuer des paliers pour laisser aux bulles le temps de se résorber, qu’on appelle paliers de décompression. C’est entièrement fiable et les ordinateurs de plongée analysent tout seuls le temps et la profondeur de plongée pour calculer les paliers, ce qui évite tout incident. Si par malheur ou pour une raison qui nécessite cette urgence on doit remonter vite, le dernier recours est d’aller le plus rapidement possible dans un caisson hyperbare, qui permet d’effectuer le reste des paliers en air pressurisé pour limiter la casse. Revenons à mon incident.

Je vous résume donc le briefing : plongée à environ 50m, pendant 1h pour filmer un maximum et avoir aussi le temps de poser 2 ou 3 trackers, sans avoir une consommation excessive d’oxygène. On était deux, mon collègue s’occupait des trackers et moi je filmais. Ce collègue en question avait de l’expérience pour la plongée côtière, mais c’était sa deuxième fois seulement dans le grand bleu. C’est beaucoup plus angoissant dans ce cas, parce qu’on a tendance à dériver et que dès 30m de fond, on a plus aucun repère spatial, juste une légère lueur au-dessus mais très faiblarde. Et comme vous devez le savoir, quand on angoisse, on consomme plus d’air et on diminue notre temps de plongée. Personnellement j’étais habitué donc aucun souci pour moi.

Les 20 premières minutes se sont très bien passées, on observait les baleines se nourrir et interagir et on avait posé deux trackers, et c’est environ à ce moment-là que mon partenaire m’a fait signe : il m’a montré son manomètre, et il consommait beaucoup trop, il devait remonter sous peine de ne plus avoir d’oxygène. J’ai regardé mon mano et il consommait deux fois plus que moi, le manque d’habitude et le stress d’approcher des baleines je suppose. Je lui ai fait signe de remonter, et que je restais pour continuer à filmer. Le veinard avait à peine 30 minutes de paliers à faire avant d’être là-haut selon mon ordi de plongée alors que j’en ferais quasiment 2h si je restais 1h. Vu les circonstances j’ai décidé d’écourter un peu et de rester environ 40 minutes au total, ça me ferait remonter environ 1h après lui en faisant les calculs de tête. On a le droit d’écourter s’il y a un incident de toute façon.

Je suis donc remonté après avoir filmé pendant 20 minutes de plus et j’ai fait mon palier à 9m. Mon collègue était au-dessus en train de finir son dernier palier à 3m, attaché au câble (on utilise un câble quand les paliers sont longs, ça évite de dériver loin du bateau sans avoir à palmer, et on peut échanger des trucs avec la surface, notamment des bouteilles en plus). Au bout de 8 minutes, l’ordi m’a dit de passer à 6 m pour presque un quart d’heure. Je suis remonté et me suis attaché au câble. J’ai aussi fait remonter la caméra, ça me délestait un peu. Si j’avais su, je l’aurais gardée. Il ne s’est pas passé grand-chose pendant ce palier.

C’est là que j’ai commencé à monter à 3m, mais j’ai eu l’impression que quelque chose avait tiré ma palme vers le fond. Je me suis retourné, mais rien. Mes palmes avaient dû s’entrechoquer. Une bouteille en plus m’attendait, je l’ai donc prise et branchée à mon détendeur, même si j’avais un peu le temps de voir venir. C’est alors que j’ai senti à nouveau qu’on tirait sur ma palme. De nouveau rien, pas de poisson, ni de requin curieux, et les baleines étaient parties depuis longtemps maintenant.

Je fais une petite pause dans mon récit pour préciser : dans le grand bleu, à 3m, on voit déjà pas grand-chose depuis la surface. C’est pas pareil que sur les côtes parce que la lumière ne parvient pas jusqu’au fond et que les vagues sont plus nombreuses. On peut apercevoir des ombres de ce qu’il y a dans l’eau entre deux vagues, mais il faut vraiment être attentif. Et personne sur le bateau ne surveille les plongeurs en palier, c’est long et sans intérêt, et on a pas besoin d’assistance particulière à ce moment-là.

Du coup, après ce deuxième incident avec ma palme qui m’a agacé j’ai décidé de ne plus bouger. Vous savez, même avec l’expérience, quand on est dans cet univers qui absorbe la lumière et vous sépare du monde habituel, de la surface, on est toujours au moins un peu angoissé, alors même le fait de faire s’entrechoquer ses palmes peut faire peur. C’est un milieu oppressant, et pas seulement à cause de la pression. Au bout de quelques minutes, pareil, on tire sur ma palme. Cette fois j’étais sûr de n’avoir rien fait, et de nouveau, rien en me retournant. J’ai alors décidé de regarder tout mon corps et de ne pas bouger, mais ça commençait vraiment à m’inquiéter. Encore 45 minutes de palier selon mon ordi. Au bout d’un temps qui m’a semblé une éternité d’angoisse, j’ai aperçu deux yeux brillants sous moi, comme ceux d’un chat qui se cache sous un lit, mais incroyablement lumineux pour ce milieu qui absorbe la lumière. J’ai eu un mouvement de recul, et les yeux se sont immédiatement évanouis avec un grognement rauque. Un peu comme quand quelqu’un qui a une bronchite se racle la gorge. Ce bruit me faisait vraiment flipper, parce qu’en plus de 2000h à mon actif j’avais jamais entendu un tel bruit. Les grognements ont repris quelques secondes après en s’intensifiant et plusieurs paires d’yeux se sont allumées dans cette immensité sombre. Là, malgré toutes mes heures de plongée j’ai paniqué et ai immédiatement gonflé ma stab pour remonter par réflexe. Il restait 40 minutes de palier mais je ne pouvais pas rester 40 minutes de plus avec ces choses, quoi que c'était.

Heureusement le bateau avait un caisson hyperbare et j’y suis allé en vitesse. Si on avait pas eu cet équipement je ne serais probablement plus là pour vous le raconter. J’ai rien dit aux autres, déjà que le chef d’expédition était particulièrement mécontent de nos deux performances, ils ne m’auraient jamais cru. Il m’avait déjà réprimandé violemment pour ma remontée soudaine qui aurait pu me tuer. Il était responsable des plongeurs, vous comprenez, et risquait gros s’il y avait des morts.

Si vous êtes un peu renseignés vous savez que les accidents de décompression arrivent la plupart du temps lors des plongées en solo, quel que soit niveau du plongeur. Même des plongeurs avec des milliers d’heures et des ordinateurs de plongée performants mourraient d’accidents de décompression et ça m’avait toujours étonné.

Maintenant je pense savoir pourquoi ils font autant d’accidents de décompression. L’océan est vaste et on ne le connaît pas si bien, il vaut parfois mieux fuir ce qu’on peut y trouver. Ne plongez jamais seuls, on est pas dans notre élément et c’est pas un milieu des plus cléments.


7 commentaires:

  1. Sympa ! J'avais déjà entendu parler de ces paliers, et rien que cela ça m'avait pas mal fait flipper pour les plongeurs qui font ça souvent.
    En tout cas une histoire bien anxiogène !

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  2. J'ai bien aimé ! Histoire original qui rappelle la peur des eaux et se sentiment d'être "coincer"

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  3. Plutôt sympathique :) ! Et ce petit stress de l'accident de décompression haha

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  4. Sympa, mais je trouve le texte assez plat :/
    Je ne sais pas en quoi elle ne m'a pas assez diverti...

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  5. J'aime bien c'est original ! Généralement la plongée ne m'intéresse pas, et j'ai hésité en voyant que c'était un énième "article" de forum... Mais finalement j'aime beaucoup. Je regrette juste le mange d'action, ce serait mieux si il se passait quelque chose

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  6. À mon goût, l'histoire est un peu plate comme d'autres l'ont dit, il manque quelque chose bien que l'atmosphère est réellement angoissante. Peut être en aurait il fallut plus concernant ces choses aux yeux brillants.

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  7. Oh, sympa un petit texte sur la plongée ! ^^
    Même si ça se voit que le texte s'adresse justement avant tout aux plongeurs (Quel intérêt sinon de faire apparaître les creatures pendant le temps de décompression, et non pas au fond de l'eau)
    Sympa, un peu prévisible et pas véritablement terrifiant, mais j'y repenserai la prochaine fois que je suis au fond. x)

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