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mardi 27 mai 2014

Suckablood

Je vais vous raconter l'histoire que me contait ma mère pour me punir.

Elle m'interdisait de sucer mon pouce étant enfant, elle avait peur que ça déforme mes dents. Chaque fois que je ne l'écoutais pas, elle venait me raconter cela.


"Il y a des années, sur une petite maison une menace planait.
Une petite fille apeurée, devant le feu, son pouce suçait.
Sa maman très énervée décida de la punir pour sa naïveté.
Elle lui fouetta les mains au sang et maudit son enfant.
Ses mots inoubliables, semblaient impitoyables.
Suckablood, Suckablood  je t'invoque, 

Je te prie de tuer cette idiote
Lorsque son pouce sera dans sa bouche.
Une fois dans son lit, la petite se blottit.
"J'ai peur de la nuit, Suckablood ne viens pas je t'en prie."
Lorsque le monstre sortit du lit,

Il ne trouva que dépit.
La petite suçait ses doigts, 

Son pouce lui, dans sa bouche n'était pas.
L'enfant se leva, et alla en bas

Suivant quelques traces de pas.
Sa maman était là,
mais son corps était froid.
Son pouce dans sa bouche 

Et du sang sur sa couche.
L'enfant pleura et leva les yeux 

Pour découvrir un message ennuyeux : 



 

"Petite fille, bête tu n'es pas
Tu l'as prouvé en suçant tes doigts.

Je n'ai pas pu dans ton cou enfoncer mes dents.
J'ai donc pris ta maman."


D'après http://www.youtube.com/watch?v=fw4gwwS-nFI#t=302

Perspective


"12 septembre.

La pluie tombe sans discontinuer. Je suis le trajet vertical des gouttes sur la vitre de ma fenêtre. Je suis un peu inquiet. Voilà maintenant quatre jours qu'ils me cherchent. Et si jamais ils savaient où me trouver ?
Non, c'est invraisemblable. Toutes les précautions sont prises.

13 septembre.

Ça fait cinq jours que je suis seul dans cet appartement. Je commence à vraiment avoir peur.
Je n'arrive pas à dormir la nuit. Dans l'obscurité, je ne sais pas ce qui peut me tomber dessus à tout moment. Les bruits de la nuit m'effraient. Le craquement du bois de l'escalier, les pas des rats au grenier. Et d'autres sons, moins identifiables, plus inquiétants. Je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est eux. Eux qui font exprès de m'empêcher de dormir. Pour m'attraper plus facilement.
Je me suis levé, fatigué et apeuré. À ma fenêtre, il n'y a rien, ni personne. Mais je me sens épié, comme s'ils m'observaient sans que je puisse les voir. Je sais qu'ils en sont capables. Je le sais. Je ne veux plus être seul. Je ne veux plus être dans le noir. Je sens leur présence sans cesse. Que vont-ils faire de moi quand ils m'auront attrapé ?

14 septembre.

J'ai été voir Sarah, ce matin. J'aime Sarah. Elle ne parle pas beaucoup, mais sa présence est rassurante. Son odeur, aussi. Sarah est ma meilleure amie et, après l'avoir vue, je me sens plus en sécurité. Je lui ai raconté mes peurs et mes doutes, et ça m'a soulagé pour un moment.
Mais je ne peux quand même pas m'empêcher de penser qu'en ce moment, quelque part, partout, ils me cherchent. Et une inébranlable conviction m'habite sans cesse : un jour, ils m'auront.

15 septembre.

Je n'ai pas dormi de la nuit. J'ai entendu leur hurlement difforme dans la rue hier soir. Je n'ai plus pu fermer l’œil après ça.
Mon voisin est passé me voir ce matin. Il a dit qu'il sentait une odeur bizarre venant de mon appartement. Il a dit ça d'un air étrange, presque de reproche. Peut-être qu'il travaille avec eux ? Peut être même qu'il en fait partie !
Je lui ai claqué la porte au nez, et je l'ai barricadée avec des planches. Ils ont eu mon voisin, mais ils ne m'auront pas !
J'ai aussi débranché mon téléphone. Si je suis joignable, je suis repérable. J'ai obturé mes fenêtres, pour qu'ils ne puissent plus m'observer. Et pourtant, je les sens toujours s'acharner sur moi. Je ne sais plus quoi faire.

16 septembre.

Ils sont là ! Ils ont bloqué toutes les sorties de l'immeuble, et en ce moment même ils sont en train de défoncer ma porte !
Je suis avec Sarah dans ma chambre, je la regarde et ça me calme. Elle est si belle, sans ses yeux ni sa peau. Elle a eu tort de crier quand je les ai enlevés, la semaine dernière. Elle est bien mieux sans. Enfin, peu importe, maintenant elle ne crie plus. Elle est calme, et ça me calme. Je suis bien content de l'avoir accrochée au dessus du lit.
Ils viennent de défoncer ma porte. Ils arrivent. J'ai peur. "




Extrait du journal de 20 heures du 16 septembre.
Fait divers : Le corps mutilé de la petite Sarah Roussel, 9 ans, disparue depuis huit jours, a été retrouvé dans un appartement du 11e arrondissement de Paris. Son ravisseur, un patient relâché d'un hôpital psychiatrique il y a un mois, a été appréhendé sans résistance par les forces de l'ordre, après une semaine de traque, grâce à l'appel d'un voisin. La sauvagerie du meurtre révolte l'opinion publique, la petite Sarah ayant selon les premières constatations été crucifiée  sur un mur et visiblement dépecée vivante. 
Interrogé, l'accusé prostré et visiblement terrifié a simplement répondu: "je la trouvais plus belle comme ça".
   


lundi 26 mai 2014

Bruits à la fenêtre

C’était une nuit silencieuse et sans lune, j’étais seul à la maison ce soir là. J’étais allé me coucher, mais je n’arrêtais pas de gigoter, incapable de trouver une position confortable. Je me sentais inexplicablement inquiet. Quelque chose ne tournait pas rond. Je me tournais et me retournais encore, mais cela ne m’avançait pas davantage.

J’ai fermé les yeux, mais cela n’a pas fait de grande différence, la pièce était tellement sombre qu’il était impossible d’y voir quoi que ce soit. J’étais allongé, désormais silencieux et immobile. Mon corps s’est enfin détendu, et j’ai senti ma conscience s’engourdir doucement, me préparant ainsi pour mon repos tant attendu. Soudain, quelque chose a brisé le silence et j’ai ouvert mes yeux en grand, tandis que de nombreuses idées angoissantes assaillaient en même temps mon esprit.

Toc. Toc.

C’était, sans aucun doute ou presque, le son d’un poing contre le verre. Mais, non, cela ne se pouvait pas, pourquoi est-ce que quelqu’un viendrait réveiller des inconnus chez eux ? Sois logique. Si quelqu’un voulait s’introduire chez moi, pourquoi frapperait-il à la fenêtre ? Il suffirait de la briser et de faire irruption bruyamment, à moins qu’on essaye d’être le plus discret possible. Pourquoi frapper ?

Les monstres n’existent pas. Ça ne m’a pas beaucoup rassuré, j’aurais bien sûr pu regarder par la fenêtre, mais je me suis tourné de l’autre côté, trop angoissé pour tourner la tête et craignant d’avoir la peur de ma vie en regardant au travers. Mais tout de même, qu’est-ce que ça pouvait bien être ?

Peut être que deux oiseaux s’étaient simplement heurtés à la fenêtre ? Non. C’était trop invraisemblable. Peut être des gamins qui se promenaient et frappaient aux fenêtres pour s’amuser ? C’était déjà plus réaliste. Je me suis de nouveau dit que c’était peut être juste mon imagination. J’avais peut être entendu un craquement ordinaire de la maison, et mon imagination l’avait transformé en quelque chose d’autre.

Toc. Toc.

Non, ce n’était définitivement pas mon imagination. Ces satanés enfants n’arrêtaient pas de faire des bêtises. Ils continueraient tant qu’ils n’auraient pas provoqué de réaction. Mais peut être qu’une créature horrible m’attendait dans la rue pour m’attaquer au moment où je sortirais. Non, ne sois pas aussi paranoïaque. Et puis il était dehors, alors que j’étais à l’intérieur, je n’avais pas entendu le verre se fissurer, donc je savais que j’étais en sécurité. Les monstres n’existent pas. En plus, ça ne faisait pas longtemps que j’avais déménagé ici. Peut être que les enfants penseraient que je dormais et me laisseraient tranquille.

Toc. Toc.

Non, ça ne pouvait pas être des enfants. Aucun enfant n’attendrait aussi longtemps d’avoir réussi à énerver quelqu’un. Il aurait fini par s’ennuyer et aurait réessayé plus loin. Mais alors, qu’est-ce que cela pouvait être ? Pourquoi un tueur en série aurait-il jeté son dévolu sur moi plutôt que sur un autre, par exemple ? Sois logique. Les monstres n’existent pas. Ne sois pas aussi paranoïaque. Ils étaient dehors alors que j’étais à l’intérieur, je n’avais pas entendu le verre se fissurer, j’étais en sécurité. Mais si ce n’était ni un monstre, ni un assassin, alors qui était-ce ? Je devais simplement faire semblant de dormir, peut être partiraient-ils.

Toc. Toc.

Bonté divine, impossible de ne pas penser à ce frappement ! Que je haïssais ce bruit incessant ! Pitié, il fallait qu’ils partent ! Qu’ils me laissent tranquille ! Peu importe qui c’était, ils allaient finir par rentrer et me faire des choses affreuses… Expire. Maintenant, inspire profondément. Je sentais mon cœur qui battait la chamade reprendre un rythme détendu.

Les monstres n’existent pas. Il fallait que je me rappelle, ils étaient dehors et j’étais à l’intérieur, je n’avais pas entendu le verre se fissurer, donc j’étais en sécurité. Je devais me le répéter, et ne pas permettre à la peur de me vaincre, il fallait que je fasse semblant de dormir et que je ne bouge pas.

Toc. Toc.

Rappelle-toi, ils étaient dehors et tu étais à l’intérieur, je n’avais pas entendu le verre se fissurer, donc j’étais en sécurité. Les monstres n’existent pas. Fais semblant de dormir et prie pour que ça s’arrête.

Toc. Toc.

Rappelle-toi, ils étaient dehors et tu étais à l’intérieur, je n’avais pas entendu le verre se fissurer, donc j’étais en sécurité. Les larmes ont commencé à couler. Les monstres n’existent pas. Les monstres n’existent pas. J’ai commencé à chuchoter pour moi-même : « Ils sont dehors, je suis à l’intérieur, je n’ai pas entendu le verre se fissurer, donc je suis en sécurité. Ils sont dehors, je suis à l’intérieur, je n’ai pas entendu le verre se fissurer, donc je suis en sécurité. »

Toc. Toc.

Je ne pouvais plus le supporter ! J’allais devenir fou à force d’entendre ce bruit ! Au final, si regardais qui c’était, je me calmerais ! J’ai inspiré profondément. Je me suis encore une fois répété : « Ils sont dehors, je suis à l’intérieur, je n’ai pas entendu le verre se fissurer, donc je suis en sécurité. Ils sont dehors, je suis à l’intérieur, je n’ai pas entendu le verre se fissurer, donc je suis en sécurité. » J’ai encore inspiré quelques fois. Mon cœur battait tellement fort qu’il semblait prêt à s’échapper de ma poitrine. J’ai lentement tourné la tête vers la fenêtre.

Mon cœur s’est figé, et j’ai été trop effrayé pour crier ou remuer. En tournant la tête, j’ai vu un visage pâle, avec des yeux semblables à des perles noires qui semblaient me fixer jusqu’aux tréfonds de mon âme. Un sourire affreux traversait son visage.

Pendant tout ce temps, ça avait frappé à la fenêtre depuis l’intérieur de ma chambre.

Traduite depuis le russe par Magnosa. Le site  d'origine étant particulièrement fourni, attendez-vous à voir davantage de contenu provenant de chez Vladimir Poutine sous peu ! Creepypasta originale ici.

dimanche 25 mai 2014

Tchat

X-RaySuccubus vient de se connecter
 

X-RaySuccubus : salut

Vous : Heu yo ?

X-RaySuccubus : ça va ?

Vous : Heu oué et toi ?

X-RaySuccubus : si on veut

Vous : ah... T'es qui en fait ? j'ai pas souvenir de t'avoir ajouté récemment

X-RaySuccubus : Ça fait longtemps qu'on parle pourtant

Vous : hah tu dois te gourer mec

X-RaySuccubus : je ne crois pas.

Vous : hm. t'es un peu creepy dans ton genre

X-RaySuccubus : Creepy ?

Vous : "Flippant" en anglais

X-RaySuccubus : ah ok

X-RaySuccubus : Tu me demandes pas plus sur pourquoi ça va pas ? J'ai envie de parler

Vous : pourquoi ça va pas ?

X-RaySuccubus : j'ai très peur depuis quelques temps

X-RaySuccubus : très très peur

Vous : Ben voyons.

X-RaySuccubus : t'es vraiment hypocrite

X-RaySuccubus : enfin peu importe je continue

Vous : hein ?

X-RaySuccubus : ça s'est passé avant-hier, un peu comme maintenant

X-RaySuccubus : dans les mêmes circonstances je veux dire

Vous : ouais ?

X-RaySuccubus : j'étais sur mon ordi, puis une inconnue est venue me parler

X-RaySuccubus : un peu comme avec toi ^^

Vous : Hah t'es une inconnue et pas un inconnu ?

X-RaySuccubus : peu importe, on s'en fiche

X-RaySuccubus : c'est pas là que je voulais en venir

X-RaySuccubus : l'inconnue en question s'est mise à me parler de façon super naturelle

X-RaySuccubus : tu veux un copier/coller ?

Vous : non c'est bon merci, explique juste

X-RaySuccubus : comme tu voudras, j'ai la flemme et il servirait à rien de toute façon

X-RaySuccubus : Tu t'en rappelleras bien assez tôt

X-RaySuccubus : enfin bref

X-RaySuccubus : donc oui cette fille se met à me parler, elle me dit qu'elle va pas bien etc...

X-RaySuccubus : moi je lui demande pourquoi

X-RaySuccubus : elle me dit juste qu'elle va pas bien, qu'il faut pas demander pourquoi et que ça servirait à rien

Vous : pourquoi tu me racontes tout ça ?

X-RaySuccubus : puis elle m'a proposé de mettre la webcam, alors j'ai accepté

X-RaySuccubus : là tu dois te dire que c'est une histoire d'ado comme une autre, un truc banal genre "elle m'a montré les cicatrices sur ses bras" ou "elle avait un couteau sous la gorge"

X-RaySuccubus : mais c'est allé beaucoup plus loin que ça

X-RaySuccubus : tu es là ?

Vous : ouais

X-RaySuccubus : elle a allumé sa cam et j'ai vu son visage, tout mignon, tout rond, vraiment elle était à croquer

X-RaySuccubus : elle souriait et y'avait vraiment rien de dérangeant

X-RaySuccubus : le seul problème c'est que son micro marchait pas et du coup à chaque fois qu'elle parlait j'entendais juste un vieux bruit blanc à la place du son

X-RaySuccubus : on a vaguement continué à parler

X-RaySuccubus : tu sens pas une odeur bizarre chez toi ?

Vous : heu ouais ? c'est ma mère qui fait un truc à manger je crois

Vous : mais heu wtf ?

X-RaySuccubus : bref, suite à notre discussion, la fille a dû se déconnecter pour je sais plus trop quoi

X-RaySuccubus : pour être franche j'ai la flemme de chercher la conv

X-RaySuccubus : et donc j'ai pensé à cette fille toute la nuit

X-RaySuccubus : je sais absolument pas pourquoi

X-RaySuccubus : j'avais toujours le bruit blanc remplaçant sa voix en tête

X-RaySuccubus : je n'ai pas réussi à m'endormir, je crois pas du moins

X-RaySuccubus : vers 3h du matin, je me suis reconnectée et j'ai revu la fille

X-RaySuccubus : avant même que je lui parle, elle m'a demandé la webcam

X-RaySuccubus : j'ai accepté

Vous : stop les messages en haché, je reçois plein de notifications

X-RaySuccubus : et au début y'avait rien

X-RaySuccubus : vraiment rien

Vous : bon allez j'en ai marre, je te supprime

X-RaySuccubus : juste l'obscurité de sa chambre

X-RaySuccubus a été supprimé de vos contacts. Vous pouvez bloquer cette personne et/ou la signaler.

X-RaySuccubus : mais ça a commencé à devenir bizarre quand elle s'est mise à parler

X-RaySuccubus : parce que j'entendais que le bruit blanc avec juste une image noire

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

X-RaySuccubus : arrête, tu sais très bien que ça ne marche pas, soit pas conne

Vous : ???!

X-RaySuccubus : et donc plus rien, juste un bruit blanc et l'obscurité de sa chambre

X-RaySuccubus : j'ai commencé à flipper

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

X-RaySuccubus : puis je me suis concentrée sur sa chambre, à quoi elle ressemblait

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

Vous : mais bordel pourquoi j'arrive pas à te bloquer ?!!

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

X-RaySuccubus : fermes la, tu sais très bien

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

Vous : TA GUEULE

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

X-RaySuccubus : sa chambre

Vous : TA GUEULE !!

X-RaySuccubus : c'était la même que la mienne

X-RaySuccubus : c'était la mienne

Vous : mais putain casses toi

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

Vous : CASSES

X-RaySuccubus : en me retournant, j'ai compris ce qu'il se passait

X-RaySuccubus : cette odeur

Vous : TOI

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

X-RaySuccubus a été bloqué. Vous ne pourrez plus recevoir de messages de ce contact. Vous devrez le débloquer pour pouvoir lui parler.

X-RaySuccubus : c'est ça

X-RaySuccubus : c'est exactement ça

X-RaySuccubus : ça nous arrive encore

Vous : ...

X-RaySuccubus : tu sais très bien pourquoi tu ne peux pas me bloquer

X-RaySuccubus : si tu me bloques nous ne pourrons plus parler

X-RaySuccubus : et comme on dit "on est jamais mieux servi que par soi même"

X-RaySuccubus : N'est-ce pas ?

Vous : N'est-ce pas ?

X-RaySuccubus : Brûles ce qu'il reste de cette pute et disparaissons.

X-RaySuccubus s'est déconnecté

Creepypasta écrite par Karma sur Pavorem, merci à lui pour ce texte !

mercredi 21 mai 2014

Impuissance

On ne se rend jamais compte de la chance que l'on a. On peut manger alors que d'autres ne le peuvent pas. On peut boire alors que d'autres ne le peuvent pas. On peut se cacher. Thomas ne l'a pas pu.

Chaque nuit alors que Thomas sentait cette présence, il ne pouvait pas s'enfuir.
Il la sentait se rapprocher de lui, mais il ne pouvait crier.
Chaque nuit alors qu'elle le touchait, il ne pouvait se débattre.
Son impuissance était totale.

Sa mère ne comprenait pas ses gémissements quand il voyait ces choses qu'elle ne pouvait voir.
Ses larmes ne coulaient pas quand ces choses l'appelaient par son nom.
Et pire encore.

Ses yeux ne se fermaient pas quand ces choses le fixaient toute la nuit, à seulement quelques centimètres de son visage.
Obligé chaque soir d'assister à des scènes sordides auxquelles aucun humain ne devrait assister. Des choses qui vous poussent à vous cacher sous les draps, à partir en courant.

Les roues de son fauteuil restaient bloquées quand ces choses lui soufflaient la mort au visage.
Il n'a pas bougé alors qu'elles lui dévoraient le visage.

Nous avons la chance d'être ce que nous sommes. Mieux encore, nous avons la chance de pouvoir bouger, de pouvoir se cacher, ou même juste de pouvoir regarder ailleurs.

Thomas ne l'a pas pu. Il était tétraplégique.



mardi 20 mai 2014

Le conducteur

"... Le meurtrier de la route court toujours, on ne connaît toujours pas son identité…"

 
Depuis que je roule, il n'y a pas une seconde où la radio ne me rabâche la même chose. Depuis hier, il y aurait un fou sur la route, on ne sait si c'est un auto-stoppeur ou un conducteur, car certaines victimes sont retrouvées sur la chaussée, d'autres dans leur voiture, toutes une balle en plein crâne.

Moi, je suis enquêteur en assurances. Je suis en permanence sur la route, voguant de ville en ville pour faire connaître la vérité sur une affaire. En clair, je chasse les menteurs.

Bref la route ça me connaît, et j'ai une raison de ne pas avoir peur du meurtrier, j'ai toujours avec moi un Beretta 92 avec un permis de port d'armes et tout...

Ça devait faire une heure que je roulais sur cette nationale, et je n'avais croisé qu'une seule voiture. Sur ce genre de route qui traverse des forêts, voir les phares d'une voiture déchirer le voile de la nuit est toujours rassurant. Là, seul, la forêt revêtait à nouveau son masque terrifiant.

Je continuais à rouler en écoutant le bruit de mes pneus sur le bitume graveleux, ce qui me tenait éveillé un minimum. Et alors que la torpeur commençait à m'atteindre, sur le bord de la route j'ai aperçu un type levant son pouce..

Je ne sais pas ce qu’il s'est passé dans ma tête à ce moment là pour que je m'arrête à une dizaine de mètres de lui et que je klaxonne pour lui faire signe de monter. Sans doute parce que j'espérais, si c'était le meurtrier de la radio, pouvoir l'arrêter et le mener à la police pour qu'ils fassent (enfin) leur boulot. Ou peut-être parce que j'étais trop fatigué pour savoir ce que je faisais vraiment. Franchement, pourquoi je me suis arrêté reste une bonne question.

L'homme est entré par derrière, et s'est installé sur la banquette.
Il était 22h10. Il avait l'air assez sympa, souriant et décontracté, vous voyez le genre. Je n’ai pas eu de mal à engager la conversation.

Je lui ai demandé d'où il venait, où il voulait aller. Il m'a dit qu'il venait de Menton et qu'il espérait rejoindre Ste Maxime au plus vite. Ça tombait bien, c'est là où j'allais.

C'était un type assez drôle, plaisantant beaucoup. Bientôt je lui demandai s'il avait entendu parler de ces affaires de meurtres, il me répondit qu'étant sur les routes en permanence, il n'avait que très peu de temps pour écouter la radio. Il semblait effrayé de cette nouvelle, comme s'il lui était venu à l'esprit que ce soit moi le tueur en série.

Vers 22h20-30, un silence à commencé à s'imposer dans la voiture, ce genre de silence pesant qui met mal à l'aise. L'auto-stoppeur regardait par la fenêtre, le regard vide. Il me paraissait de plus en plus étrange et effrayant. J'ai avalé ma salive assez bruyamment, et ai sans doute touché le pistolet accroché à ma ceinture...

Un moment, l’étranger s’est mis à sourire d'une façon assez angoissante. J'ai fermé les yeux, les ai rouverts... Son sourire avait disparu. J'avais l'impression de commencer à délirer, sans doute à cause du sommeil. Je faisais de lui le coupable idéal.

Morphée se rapprochait à grands pas, c'était chose sûre vu comment mes yeux me piquaient. Je les ai frottés plusieurs fois. Je regardais dans le rétro mon passager qui semblait me fixer avec insistance, comme s'il pouvait deviner chacune de mes pensées...

J'ai eu cette impression qu'il commençait à deviner mes doutes... Il a froncé les sourcils et a penché son cou en le faisant craquer au passage.

Le silence était énormément pesant, glaçant même. J'avais l'impression de pouvoir entendre les battements de mon cœur. Je continuais à jeter des coups d'œil rapides derrière... Son regard semblait s'obscurcir de plus en plus, comme si les ténèbres ambiantes prenaient possession de son corps.

J'ai serré
mon arme de ma main qui ne tenait pas le volant, prêt à la dégainer pour me défendre. 
La folie s'emparait de moi, dans ce silence je sursautais au moindre bruit suspect. Il a toussé, j'ai sursauté et me suis retourné brusquement, les yeux exorbités, effrayé, en sueur. Il me dit en rigolant que je ferais mieux de regarder la route, que c'était peut-être plus prudent.

La salive venait à me manquer tellement j'étais stressé. J'ai attrapé la bouteille d'eau à côté de moi, et en ai bu une gorgée.

J'ai entendu mon compagnon de route ricaner derrière. Mon cœur battait la chamade. Était-ce une hallucination ? Je n'osais même plus regarder dans mon rétroviseur.

Plusieurs fois, je l’entendis jubiler à l'arrière, et pas une fois je n'osai parler.

Il ricana ensuite une autre fois, le coeur battant la chamade. J'ai levé les yeux vers le rétro pour observer l'auto-stoppeur.
Il ricanait vraiment, son regard semblait empli de folie furieuse, de rictus incontrôlables... 
Il souriait de toutes ses dents. Ses yeux, incroyablement ronds, effrayants, me transperçaient. Je ne savais absolument plus quoi faire, me demandant si je n'étais pas tout simplement en train d'halluciner.
Il a alors lentement glissé sa main dans son gilet.

Pensant mon heure venue et qu'il allait sortir
une arme de cette poche, j'ai arrêté brusquement la voiture et me suis retourné en sortant ma propre arme pour en finir avec lui.










Mais... Il a été plus rapide... 
Beaucoup plus rapide que moi... 












Enfin … J’ai été plus rapide.




S'imaginer ce que pense une victime m'a toujours été bénéfique.


Cependant... Autant j'arrive bien à me placer à la place de mes victimes, autant je ne comprendrai jamais pourquoi ils s'arrêtent sur le bord de la route pour me laisser monter dans leur voiture...

dimanche 18 mai 2014

Pouvez-vous m'indiquer le chemin?...

« S'il vous plaît, pouvez-vous m'indiquer mon chemin ? »


C'était tôt dans la soirée.
Une grande femme venait de m'interpeller dans la rue.
Ses jambes étaient anormalement minces, et elles tremblaient comme si elles avaient du mal à maintenir son corps en équilibre. Ses bras aussi étaient minces comme des bâtons, et un sac à main rouge pendait de son épaule.
Sa respiration était sifflante, comme si elle éprouvait des difficultés pour inspirer et expirer. J'étais sûr que c'était à moi qu'elle venait de parler, mais ses yeux semblaient dirigés derrière moi, regardant ailleurs.
« Euh... où allez-vous ? »
Elle ne semblait pas normale.
« Kasuga, 1-19-4-201. »
« ... »


C'était mon adresse.
Elle avait donné mon adresse exacte, jusqu'au numéro de ma chambre.


« Je... désolé, je ne sais pas où c'est. »
J'ai décidé de ne surtout pas m'attarder avec elle.
Puis la femme m'a dépassé, courbée, et sa taille a émis un craquement comme si elle était sur le point de se casser en deux.
Après ça, elle a titubé jusqu'au bout de la rue et elle a disparu au carrefour suivant.
« C'était vraiment bizarre... »
Je me suis assuré de prendre un détour avant de rentrer chez moi.
J'ai examiné précautionneusement la porte d'entrée et, constatant qu'elle était bien fermée, je suis entré.







 






« S'il vous plaît, pouvez-vous m'indiquer mon chemin ? »


Une voix venait de se faire entendre dans la pièce obscure.




Traduction: Tripoda

Originellement traduit du japonais par Saya Yomino, texte anglais ici.

samedi 17 mai 2014

Lettre à vous

Cher vous.


Je sais que vous vous demandez ce qui peut bien m’arriver pour que je ne daigne plus répondre à vos appels ou venir vous ouvrir ma porte, j’ai décidé de vous écrire afin de mettre ces quelques points au clair avec vous, et je vous dois bien ça.
Tout a commencé comme vous vous en doutez il y a quelques mois, lors de mon retour de Russie. Je vous avais apporté vos cadeaux, puis j'étais retourné chez moi, afin de faire le ménage et d’organiser mon retour comme il se doit.


J’ai donc passé une première semaine sans vous donner de nouvelles, je suis ensuite revenu vers vous et vous ai invités à fêter mon retour en France. Vous l’avez deviné, si je n’étais pas disponible durant cette semaine, c’était pour préparer cette fameuse fête.
Vous m’avez tous remercié pour vos cadeaux et vous êtes partis, ce qui me fit me rappeler du cadeau que je m’étais fait à moi-même, une jolie petite collection de poupées russes, faites main par une artiste de Moscou.

Je les ai donc déballées, en prenant soin de ne pas les ouvrir, afin de préserver toute la surprise lorsque j’en aurais vraiment envie. Vous me connaissez, je suis très patient et ne joue avec mes trouvailles que lorsque le sentiment de curiosité m’envahit pleinement.
Nous nous sommes vus plus d’une fois après ce jour, jusqu’à ce qu’enfin je décide de retourner travailler. S’ensuivirent alors les semaines les plus difficiles de ma vie, enfin, c’est ce que je croyais. Durant trois semaines vous n’avez donc eu de mes nouvelles que par le biais de quelques messages que j’envoyais pour vous rassurer.


Tout commençait pour moi à rentrer dans l’ordre, jusqu’à ce que ma curiosité me pousse à bout. J’ai donc ouvert la première poupée, en dévoilant une autre, puis encore une autre, jusqu’à arriver à la toute petite.
J’ai ouvert la deuxième poupée, encore une fois j’ai dû répéter ce geste une dizaine de fois avant d’arriver à la plus petite.
Puis j’ai ouvert la 3ème poupée, différente celle-ci des deux premières. Je m’explique.


Pour la première série, la couleur de toutes les poupées était bleu azur, leurs yeux étaient grands, elles avaient un joli sourire rouge, et leur corps était recouvert de fine rayures en feuille d’or.
Pour la deuxième série, la couleur des poupées était d’un rose nacré magnifique, les yeux étaient les mêmes que pour les premières, leur sourire également, et leur corps était couvert de rayures, cette fois argentées.
Pour la 3ème série, la poupée principale était noire, toute noire, comme si tout avait été gratté et qu’il ne restait plus que la partie basique. J’ai pensé que c’était juste un clin d’œil de l’artiste, ou alors une œuvre inachevée.
Lorsque que je l’ai ouverte, la poupée du dessous était tout aussi noire, mais des yeux commençaient à apparaître, ils étaient un peu fermés mais leur couleur commençait à être distincte.
Sur la poupée d'encore après, les yeux s’ouvraient un peu plus, et ce sur chaque poupée jusqu’à la dernière, qui affichait un regard rouge sang, visiblement très effrayée. Enfin, c’est le sentiment que j’ai ressenti lorsque je les ai vus.


Une fois toutes les poupées placées les unes à côté des autres, sur l’étagère prévue à cet effet, je suis allé me coucher.
C’est à partir de ce moment-là que tout a commencé à partir en vrille dans ma vie. Cette nuit-là, j’ai fait des cauchemars atroces, pas le genre de cauchemars basiques que tout le monde fait au moins une fois dans sa vie, non.
Toutes mes peurs se sont réunies pour faire de cette nuit un véritable enfer. Longs couloirs sombres, arachnides géants, clowns diaboliques, le tout s’est mélangé dans mon esprit et m’a causé une crise d’angoisse telle que je ne suis pas allé travailler le lendemain.
J’ai pris rendez-vous chez un psy à la place.
J’ai évidemment eu un rendez-vous dans la journée, mon cas l’intéressait particulièrement, il ne comprenait pas pourquoi d’un seul coup toutes mes peurs avaient refait surface. Nous nous sommes vus une fois par semaine durant le mois qui a suivi ce cauchemar. Cauchemar que je refaisais chaque nuit.
J’ai fini par avoir une prescription pour des médicaments spéciaux. Ils étaient censés me calmer lors de tels cauchemars, mais j’en ai vite eu besoin pour la journée.
Au départ, j’ai entendu des bruits lointains, quand j’étais devant la télévision ou l’ordinateur. Évidemment, quand le calme revenait, je n’entendais plus rien du tout. Puis au bout de quelques jours, j’ai cru apercevoir une silhouette derrière moi dans le miroir. Je me suis retourné, mais il n’y avait rien.
J’ai alors commencé à paniquer, je suis devenu paranoïaque, et c’est à partir de ce moment-là que j’ai arrêté de vous parler et de vous voir, je voulais me couper du monde. Je n’osais plus dormir et je passais mes journées à prier pour que mes hallucinations ne reviennent pas.  Si je suis si calme en écrivant ces mots, c’est parce que les cachets m’aident beaucoup, mais j’arrive à la fin de ma dernière plaquette, et je refuse de sortir en racheter.


Quand j’oubliais de prendre mon médicament, ce qui m’est arrivé plus d’une fois, je me mettais tout de suite à voir des choses horribles. Les lumières s’éteignaient, me laissant dans le noir le plus complet, et mes peurs se matérialisaient juste sous mes yeux, je me recroquevillais sur moi-même, et pleurais toutes les larmes de mon corps en hurlant.
Tous les jours de nouvelles hallucinations faisaient rage. J’étais tellement mal, je pensais que ces monstres allaient me tuer, ou me torturer, il fallait du temps pour que je me décide à prendre les cachets que j’avais dans la poche, j’étais souvent tétanisé, effrayé.
Je me suis plus d’une fois giflé et griffé, en espérant me ressaisir et faire stopper ces hallucinations, mais en vain. D’un cachet toutes les 8 heures, je suis vite passé à 3 cachets toutes les heures, plus les jours passaient et moins les cachets faisaient effet.
Je dormais seulement deux voire trois heures par nuit. Mes cauchemars me stressaient, je me sentais mal, j’avais envie de pleurer, de hurler. Je prenais des antidépresseurs, je prenais aussi des somnifères, en plus de ces cachets censés stopper ces hallucinations.
J’avais peur de ma propre peur.


Vous vous demandez aussi pourquoi cette lettre est au passé. J’ai trouvé intéressant de ne pas parler au présent, car quand vous lirez ceci, je ne serais plus de ce monde. C’est une façon pour moi d’essayer de vous faire rire une dernière fois.
Si vous trouvez les poupées chez moi, s’il vous plaît, brûlez-les. Je ne veux pas qu’un autre vive ce que j’ai vécu.
Merci de m’avoir aimé et de m’avoir soutenu lorsque ça n’allait pas avant ces mois derniers, je vous aime.

Teo. 


jeudi 15 mai 2014

L'épouvantail

Dans un château non loin de Paris, plus précisément dans les Yvelines, existe une légende, celle de l’épouvantail.       
     
  
Le château de Bonnelles fut bâti en 1847 et fut la résidence de la célèbre Duchesse d’Uzès, décédée le 3 février 1933. Le manoir est maintenant abandonné, ce depuis 1990.   
La Duchesse d’Uzès avait quatre enfants, dont Louis. Pour fêter ses 18 ans, il avait invité plusieurs amis dont un camarade de son école d’architecture.      
                                   

     

Ce qui va suivre est en réalité un regroupement de témoignages qui a permis la rédaction du récit de l’origine de L’épouvantail.      
     
     
Vous avez plus ou moins tous connu quelqu’un n’ayant aucune personne à qui parler, traînant seul dans la cour du lycée en espérant que la journée se termine au plus vite. Il se pourrait même que cette personne vous ressemble.       
     

À l'école, il n’avait pas beaucoup d’amis, voire aucun. Sans arrêt, le jeune garçon était bousculé, humilié et moqué à longueur de journée. Tout ça parce que les autres le pensaient différent, inutile et faible. La parfaite occupation pour les ados voulant se faire remarquer en mettant la pression au pauvre garçon. Personne ne lui prêtait attention. Il faisait croire à ses parents que tout allait bien pendant les cours, il ne voulait pas les faire souffrir avec ses problèmes. Il attendait juste patiemment, mais durement, que l’année se termine.
     

Un jour, un camarade de sa classe répondant au nom de Louis se dirigea vers lui avec un groupe d’amis. Il lui avait demandé avec une extrême gentillesse s’il voulait bien venir à son anniversaire. Le jeune homme, surpris, mais ravi par cette proposition, accepta sans trop réfléchir. Il lui avait ensuite fait savoir qu’il s’agissait d’une soirée déguisée et que s’il ne venait pas ainsi, il ne pourrait malheureusement pas y assister. En rentrant chez lui, le jeune homme avait un grand sourire. Pour la première fois, il semblait heureux. Sa mère lui demanda pour quelle raison il était si joyeux. Il lui expliqua alors qu’un ami l’avait invité à son anniversaire et qu’il fallait impérativement trouver un déguisement.      

     

Le lendemain, ils se rendirent dans le seul magasin du village qui mettait à disposition des costumes. Il y en avait de toutes sortes : du plus original au plus classique. L’adolescent voulait absolument quelque chose de remarquable, un déguisement qu’on n’aurait pas l’habitude de voir. C’est alors qu’il se rendit à la cabine d’essayage. Lorsqu’il était ressorti, son large sourire faisait comprendre à sa mère que c’était celui-ci qu’il voulait.      
     

Il avait un chapeau de fermier sous lequel était fixé soigneusement de la paille en guise de cheveux. Son visage était caché par un sac à patates en toile de jute. Il y avait seulement deux ouvertures pour les yeux et une pour la bouche. Au niveau des yeux, se trouvaient des déchirures qui avaient été recousues, mais cela devait être fait exprès pour donner un air plus horrifique au déguisement. Il était vêtu d’une chemise à carreaux rouges et blancs. Par-dessus se trouvait une veste sans manches faite de la même matière que son masque. Enfin, il avait un pantalon marron foncé qui comportait quelques déchirures au niveau des genoux.      
       
Sa mère ne trouvait pas ce déguisement approprié pour la soirée. Elle lui avait expliqué que c’était un déguisement typique d’Halloween, mais le jeune garçon ne s’attarda pas sur cette réflexion et décida tout de même de prendre ce déguisement.      
     

Le soir de l’anniversaire, le jeune homme était resté un long moment dans la salle de bain afin de se préparer. Il avait ajouté sa touche personnelle pour rendre le costume encore plus effrayant qu’il ne l’était déjà. En effet, il s’était maquillé en noir le contour des yeux ainsi que la bouche à l’aide d’un produit appartenant à sa mère. Elle ne protesta pas pour ne pas effacer le magnifique sourire que son fils avait tout le long du trajet. Le jeune garçon avait également pris son chat avec lui. C’était à vrai dire son seul véritable ami et en quelque sorte son porte-bonheur. Ils étaient inséparables. « Je viens te chercher à minuit. Pas de bêtises ! » Lui avait dit sa mère en le laissant se rendre tout seul à la résidence.      
     

Il ne semblait pas du tout anxieux malgré le fait qu'il s'agissait de la première soirée qu’il allait passer entre amis. Il frappa sans plus attendre à la porte, quand Louis l’ouvrit. Un sourire malsain se dessinait soudainement sur son visage. « Entre ! » Dit-il.      
     

Il y avait plus de monde que prévu. L’angoisse et la peur commencèrent à l’envahir quand il remarqua qu’il était le seul à être déguisé. Tout le monde riait lâchement derrière lui.       
     

« Tu veux boire un verre, l’épouvantail ? » Demandait l’un des adolescents présents à la soirée.      
« Non, ça va, merci. » Répondit-il.      
     

Les larmes aux yeux, il s'isola un moment dans la salle de bain, et tous les invités vinrent l’attendre derrière la porte. « Sors de là ! » Répétaient-ils en chœur. Le jeune homme ne pouvait plus se retenir de pleurer et sortit en vitesse en essayant de s’échapper, quand Louis le choppa par l’épaule. Ils s’y prirent à plusieurs pour l’emmener dans la forêt qui se situait non loin de chez Louis. Il suppliait qu'on le laisse partir, mais personne ne l’écoutait.       
     

Arrivés dans la forêt, ils attachèrent minutieusement le pauvre garçon à un arbre. Il essayait de se débattre, mais c’était impossible. Ils restèrent un moment devant lui en l’insultant, en l’humiliant. Plusieurs d’entre eux, dont Louis, le tapaient sur le corps avec des branches en le traitant de malade mental. « On reviendra te voir plus tard ! » Disaient-ils en riant sadiquement.      
     

Quelques heures après, ils avaient décidé de revenir le chercher, mais il n’était déjà plus là. Il restait seulement les cordes qui avaient servi à l’attacher. Paniqués, ils se dirent qu’il était sûrement en route pour contacter la police. C’est alors qu’ils se mirent à sa recherche. « L’épouvantail, où es-tu ? » Criaient-ils à travers la forêt. « C’était une blague, reviens! » Avait dit Louis d’un air ironique. Il entendait quelque chose derrière lui. Il s’était retourné mais ne voyait rien. Il continua de marcher et entendit à nouveau ce même bruit. Il regarda autour de lui et aperçut le chat du garçon. Il se retourna ensuite pour reprendre son chemin, quand il fut surpris par le jeune homme. Il le fixait, son regard vide devenant de plus en plus inquiétant, jusqu'à le figer sur place. Le silence devenait oppressant. On pouvait entendre sa lourde respiration. Dans sa main droite, il tenait un bâton d’une épaisseur inquiétante.      
     

Louis était terrifié et supplia à son tour de le laisser partir. Le jeune garçon marcha lentement vers lui en ne le quittant pas des yeux. Il laissa traîner son bâton par terre jusqu’à être suffisamment près de Louis. Il leva le bâton au plus haut et hurla en le frappant à la cuisse afin de le mettre à terre. Il le frappa à plusieurs reprises violemment jusqu’à ne plus voir un signe de vie du garçon. Il posa ensuite le bâton par terre et respira profondément en contemplant la victime. Il semblait libéré. C’est alors qu’il marcha en direction du château tout en restant silencieux.      
     

Bouleversée par la mort de son fils, la Duchesse d'Uzès ne remit plus jamais les pieds dans son château. Quant au garçon, les autorités ne l’avaient toujours pas retrouvé et, par la suite, abandonnèrent l’affaire.      
     

     

     
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On raconte que l’épouvantail, s’étant rendu dans le château après le meurtre de Louis, n’en est jamais ressorti. En effet, selon les dires, il attendrait le retour des invités de l’anniversaire et leur réserverait le même sort que lui.      
       
Plusieurs personnes s’étant rendues sur les lieux de nombreuses années après le drame ont affirmé avoir été témoins de phénomènes étranges à l’intérieur du manoir. D’après eux, ils entendaient les miaulements d’un chat et le bruit strident d’un objet métallique se faisant traîner au sol. Ils précisaient qu’une ambiance dérangeante se dégageait dans toute la bâtisse.       
       
Dans les années 90, des étudiants s’étaient rendus, aux environs de 20h, à l’intérieur du château afin de l’explorer. Connaissant la légende exacte de l’épouvantail, ils ne purent pas s’empêcher de "l’appeler". En effet, si dans le hall d’entrée vous criez haut et fort « L’épouvantail, où es-tu ? », il serait possible de le rencontrer.      
       
D’après le témoignage d’un des étudiants, alors qu'ils traversaient un long couloir, l’air devint de plus en plus glacial à mesure que les évènements s’enchaînaient, jusqu’au moment où ils l’ont subitement aperçu. Il ne semblait pas réel. Comme s’il s’agissait d’une hallucination. Ils racontèrent que ses pieds étaient difficiles à distinguer, voire invisible. Son regard était bien plus angoissant que n’importe quoi d'autre et sa respiration leur donnait un sentiment d’insécurité. Il tenait, dans sa main droite, ce qui semblait être un pied-de-biche. Ils rapportèrent qu’on avait du mal à discerner les couleurs de ses vêtements, comme s’il ne s’agissait en réalité que d’une ombre. Pourtant, sa silhouette était bien distincte. Horrifiés, ils ne cherchèrent pas à s’attarder devant ce phénomène, et prirent la fuite immédiatement.      
       
Certains pensent qu’il n’attaquerait que les personnes ayant le même caractère que Louis. D’autres suggèrent qu’il est conseillé de ne pas le provoquer en l’appelant par son surnom et de ne pas entrer dans ce qui semble maintenant être sa demeure.     

    


mardi 13 mai 2014

Le couloir

"Ce soir, je suis seul chez moi. En fait, ça fait maintenant 2 jours que je suis seul chez moi. J’avais un petit appartement tranquille en banlieue, en colocation avec mon meilleur ami, et ça se passait très bien. Y'avait des engueulades à propos de la vaisselle ou du ménage, mais c’était toujours réjouissant de régler ça avec une petite partie console.


"Oh oui, putain que ça me manque, mais j’aurais dû m’en douter ! Cet appartement, franchement grand, et situé au dernier étage de l’immeuble était un duplex : en bas il y avait notre salon, notre minuscule cuisine et notre salle de bain. Pour monter, il fallait emprunter un vieil escalier en bois, collé au mur de notre salon, qui débouchait vers un couloir perpendiculaire à ce dernier. C’était un petit couloir, de trois mètres environ, et à ses extrémités se trouvaient nos chambres respectives.


"Bizarrement, dès les premiers mois, des bruits suspects, des craquements de bois se faisaient entendre derrière la porte de ma chambre, mais on n’y prêtait pas attention. Vu l’allure de l’escalier, ça ne nous surprenait pas...


"Cependant, ces bruits se firent entendre de façon plus régulière, et à puissances inégales. C’est difficile à exprimer, mais les sons qui en provenaient pouvaient être d’une banalité affligeante durant une dizaine de minutes, puis devenir beaucoup plus forts, comme le bruit d’une pression sur le vieux bois, et ceci pendant une vingtaines de secondes, pour disparaître complètement... Jusqu'à la nuit suivante.


"Mais au petit matin, les angoisses et les questions de la veille disparaissaient à la lumière du jour. Je n’étais plus seul. Et même si on trouvait que ces événements étaient particulièrement stressants, on arrivait toujours à mettre fin à notre gêne en jouant les cartes de l’humour et de la paranoïa, et l’escalier redevenait rien d'autre qu’une simple construction de bois : un truc vieux, fragile, et terriblement commun.


"Un soir, alors que Morphée jouait avec moi et ne voulait pas m’offrir le repos, un bruit différent parvint à mes oreilles. Même embrumé par la fatigue, je savais parfaitement ce que j’entendais. Ce n’était pas un simple craquement parmi tous les autres. Non. Celui-là était beaucoup trop près des chambres, trop près de ma chambre... Ce n’était pas l’escalier.


"J’étais effrayé par un mélange constitué bien évidemment du bruit en lui-même, mais aussi de cette fréquence d’apparition. Imaginez-vous le cliquetis de votre montre déréglée, de sorte que le son puisse se produire aléatoirement entre moins d’une seconde, et une trentaine... Cette imprévisibilité me donnait la chair de poule.


"Finalement, après cette longue nuit, où je tombais désespérément de fatigue, je sus qu’il y avait quelque chose de louche. Mais honnêtement, je ne voulais pas savoir quoi.


"J’en touchai deux mots à mon colocataire, mais cette fois-ci avec un ton beaucoup plus sérieux, et confronté à son consentement et à son approbation, je compris que je n’étais pas totalement fou. Nous discutâmes une bonne heure au sujet de cet escalier et des bruits étranges provenant du couloir, et, pour clore le débat, je proposai que l’on verrouille nos chambres avant d’aller dormir, juste au cas où.


"Par ailleurs, c’est à ce moment que je me suis dit que je devrais garder une trace de tout ça. S'il y a vraiment quelque chose de paranormal dans cet appartement, je ne peux garder ça pour moi.
En fouillant un peu dans mon bordel, j’ai pu remettre la main sur un carnet, et c’est au milieu de la multitude de mes vieux dessins d’adolescent que j’écris ces quelques notes .


"Pendant une semaine ces manifestations continuèrent, pendant la même période, avec la même inégalité, et cela nous menait la vie dure...
Impossible de me lever en pleine nuit pour étancher ma soif, je ne pouvais pas m’imaginer entouré de toute cette pénombre. Ce serait un retour en arrière vers mon enfance, vers mon ancestrale peur du noir que j’avais pourtant réussi à vaincre au cours des années... Mais c’était différent, et tellement dérangeant.


"Nous étions en plein hiver et les journées étaient courtes, et me semblaient raccourcir à mesure que mon appréhension du soir grandissait : je commençais à ne plus me sentir en sécurité dans cet endroit. Mon ami le ressentait et tentait de me remonter le moral dès qu’il sentait mon angoisse monter. Heureusement qu’il était là.
Malheureusement, cet imbécile a eu un accident de voiture, et il est maintenant hospitalisé le temps qu’il se remette.


"J’aime ce type, franchement, et son accident m’a fait de la peine, mais ce sentiment fut balayé par l’idée de devoir passer les quelques nuits suivantes seul dans cet appartement, dans  cette chambre, si près de ce couloir, de cet escalier.


"Mais c’est la veille des vacances et tous mes amis sont retournés chez leurs parents. Quant aux miens, ils sont décédés, engloutis par une avalanche alors qu’ils s’aventuraient faire du hors-piste. Ils avaient été retrouvés le lendemain, et c’est leur héritage qui m’a permis d’emménager en colocation pour continuer mes études...


"Je n’ai pas eu d’autre choix, je devais attendre, et me calmer. Après tout, ce n’étaient que des bruits !
Le soir venu, je décidai de me coucher tôt, pour m’endormir plus vite.
Je fus réveillé en pleine nuit par un grincement.


"Finis les craquements et les bruits étranges dans le couloir, ce que je pus voir me glaça. Ma poignée de porte métallique se levait et se rabaissait sans cesse, doucement, et à chaque fois provoquait cet horrible crissement. Je n’ai pas pu dormir,  quelque chose était derrière la porte, avait toujours été là, à attendre que l’un de nous soit seul... Ou peut-être pas, peut-être que c’est moi qu’elle attendait, peut-être qu’elle a provoqué cet accident. C’est moi qu’elle veut.


"Voila où j’en suis, cela fait deux jours que je suis seul chez moi. Je ne sors plus, ou presque plus de ma chambre. Mon colocataire revient demain... Mais je ne sais pas si moi, je serai encore là.
Je suis stressé en permanence, j’ai l’impression de courir partout dans cet appartement, de donner ma vie pour éviter ce couloir, cet escalier ; même de jour je ne me sens pas à l’aise, comme épié, surveillé de part et d’autre.


"Mais bientôt tout sera fini. On sera deux à nouveau, et on prévoira de déménager, de quitter et d’oublier les événements qui nous ont traumatisés.


"Il va bientôt faire nuit, et le vent souffle fort sur les volets électriques de ma fenêtre. Je n’arrive plus à dormir naturellement. Depuis que je suis seul j’ai besoin de somnifères pour m’évader et ressentir, même pour quelques heures, un semblant de sérénité.
Ce soir, je les ai pris plus tôt que d’habitude, mon angoisse n’a jamais été aussi grande et je veux à tout prix en finir avec ceci. Je me plonge sous mes draps et j’attends, mon cœur n’est jamais allé aussi vite, je lutte avec moi-même pour me rassurer.


"Il est tard dans la nuit, mais beaucoup trop tôt pour que je me réveille. Je ne comprends pas... Le médicament devrait encore faire effet ! "












 




Ils retrouvèrent le corps de mon ami le lendemain. Cette affaire passa inaperçue et seuls la télévision et le journal local en parlèrent.
L'enquête conclut qu’il était mort d’une arythmie, due à un surplus de stress.
Le voisinage témoigna que son comportement avait été de plus en plus étrange, mais les autorités n’allèrent pas plus loin.

Mais moi je sais réellement ce qu’il s’est passé cette nuit là : à mon retour de l’hôpital, j’ai retrouvé son téléphone au pied du lit, et j’ai retrouvé son carnet.
Je pense qu’il aurait voulu que ce soit publié et je prie pour que cela ne se reproduise plus.
Je n’arrête pas de me dire que c’est cette chute qui m'a évité de subir le même sort que lui, mais j’ai déménagé et tout est terminé.





Vidéo 1.


« J’ai lancé l'enregistreur vocal de mon téléphone pour gagner du temps, je m’suis foutu sous ma couette pour éviter de faire trop bruit, alors je sais pas si ça va bien enregistrer mais je suis obligé de chuchoter, j’ai pas envie d’attirer encore plus les ennuis , c’est pas normal c’qu’il s’passe, j’arrive toujours pas à comprendre comment la situation a pu dégénérer à ce point. Il me reste plus beaucoup de temps à attendre, juste quelques heures, mais j’arrive toujours pas à comprendre pourquoi j’suis debout, j’ai l’impression d’être saoul ça aide pas.
Quoi qu’il en soit ça s’est toujours pas manifesté cette nuit, je crois que je devrais le prendre bien, mais pourtant, ça m’inquiète encore plus, ça fait des jours qu’ça arrive et sans interruption, c’est encore plus inquiétant...
Bon, il est quand même plus d’une heure, j’vais essayer de m’rendormir. Ça me rappelle trop quand j’étais gamin avec cette illusion de sécurité en étant juste sous quelques millimètres de tissus, pourtant, y’a pas moyen que j’sorte de là. »



Vidéo 2


 « Il est 3h du mat’, et c’est revenu, j’vais essayer d’enregistrer mais j’sais pas ce que ça va donner...
Attends, ça s’approche comme hier, mais là c’est différent... Y-y’a quelque chose dans le couloir,  putain j’en tremble, j’en peux plus j’ai besoin qu’on m’aide, j’veux sortir de là… »



Vidéo 3



« Ça fait quelques secondes qu’y’a plus rien, ça c’est arrêté d’un coup, sans raison...
Et ça commence à être compliqué de respirer sous cette couverture, je vais sortir prendre l’air, doucement...
Putain qu’est ce que foutent les clefs sur la table de chevet, elles devraient être sur la porte...
Alors la porte est...
Non... »











Si vous entendez plus que de simples craquements de bois, faites attention à vous. Je ne sais pas ce qui a tué mon meilleur ami, ni ce à quoi ça ressemble, mais ce que je sais, c’est que cette chose est dangereuse.


lundi 12 mai 2014

Réalité ou imagination?

La nuit envahit votre chambre petit à petit, la pénombre venant enlacer doucement cette pièce que vous côtoyez depuis plusieurs heures.
Malgré la fatigue qui vous gagne, vous restez éveillé. Un petit bruit d'insecte vient perturber le silence dans lequel vous étiez plongé depuis un moment. Vous sursautez légèrement lorsque la chose volante se rapproche un peu trop de vous et la chassez avec la main. Le calme revient... Plus pesant qu'il y a quelques minutes.

Continuant votre activité, vous soupirez doucement et essayez d'entrevoir quelque chose dans l'obscurité qui vous entoure sournoisement, ne vous laissant pas voir grand chose.
Des formes se dessinent sous votre regard fatigué, une mauvaise et légère montée d'adrénaline grimpe dans votre dos, les muscles de votre ventre se contractant quelque peu.

Pour vous rassurer, vous vous dites que ce n'est rien et malgré cela, de la crainte reste coincée en vous.
Inconsciemment vous commencez à vous figurer les pires choses imaginables, serait-ce un signe de paranoïa ?
De lourds et angoissants bruits de pas résonnent au dessus de votre tête ? C'est normal, poursuivez cette lecture.

Votre cœur commence à battre légèrement plus vite sous votre peur grossissante. Ravalez votre salive et respirez calmement, cela vous passera... Malgré le bruit des pas qui descendent les escaliers de votre grenier.
Vous tournez légèrement votre tête vers votre porte par instinct, vos yeux restent fixés dans ce noir vous empêchant de la voir, avant de se diriger vers mes mots.


Votre chambre vous a l'air plus petite, comme si les murs cherchaient à vous étouffer sous l'angoisse ou même à tenir votre personne prisonnière, les pas qui résonnent toujours ont l'air de plus en plus audibles, cette chose qui à l'air imposante à chaque pied qu'elle dépose sur votre sol.
Il s'approchelentement.

Vous finissez par être sage et vous coucher dans le lit, remontant la couverture jusque sous votre nez pour essayer de surveiller votre porte.
Seulement, vous ne pouvez toujours rien voir.
Les bruits de pas s'arrêtent derrière l'entrée de la pièce, du moins, d'après ce que vous estimez.
Il s'approche.

Vous ne contrôlez plus votre respiration, elle est forte et légèrement rapide, imitant les battements dans votre poitrine.
Ce n'est plus de la crainte que vous ressentez, mais de la peur, vous ne pouvez pas vous empêcher d'imaginer la chose.
Elle vous paraît grande, un visage affreux. Selon chacun, ce serait une femme affreusement massacrée au visage tristement méchant ou un homme intimidant, soit également massacré, soit recouvert d'un horrible masque effrayant.

Soudain, un bruit fait rater douloureusement un bond à votre cœur. Votre porte... S'est-elle ouverte ?
Vous bloquez votre respiration sur le coup, vos yeux écarquillés cherchent à voir quelque chose de suspect dans la pièce, mais, croyez moi, vous ne voulez pas savoir ce qui vient de pénétrer dans votre chambre.
Il est .

Une ombre se distingue parmi les autres et avance rapidement vers votre lit, une méchante et mauvaise montée d'adrénaline s'empare de vous. Totalement crispé, vos muscles vous font mal.
La respiration saccadée de la chose se fait assez bien entendre à votre oreille avant qu'il ne se cache soudainement sous votre lit.

Oseriez-vous regarder en dessous?



dimanche 11 mai 2014

La conversation

Je travaille de nuit dans un bar.
Ce jour-là, j'ai dû travailler plus tard que de coutume et je n'ai pas pu prendre le train que je prends habituellement. J'ai dû descendre à mi-chemin pour changer, à une station quasi-déserte que je ne connaissais pas.

C'était la veille de mon jour de paye, et j'étais crevée. Je suis allée dans un parc et ai essayé d'y dormir un peu en attendant qu'arrive le premier train.
Mais il faisait si froid dehors que j'ai commencé à avoir des douleurs au ventre. J'ai couru jusqu'aux toilettes du parc.

Peu de temps après, quelqu'un est entré dans la cabine à côté de la mienne. On aurait dit que le type parlait dans son portable pendant qu'il entrait.
Même si les voitures faisaient beaucoup de bruit dehors, l'intérieur des toilettes était plutôt calme, et j'ai pu percevoir quelques bribes de conversation.

"Quoi? Ouais, je sais. Hahaha! Oh, désolé, désolé. Quoi?"

"...ro ...de... n'est... at..."

"Aaah ok, je vois ce que tu veux dire, mec. T'inquiète pas, ça ira. Hein? Ouais. Hahaha! Peu importe, pourquoi? Héhé. Hm, c'est vrai?"

"...vérif... ...recommencer."

"T'es sûr? Je vois... Bon sang, t'as peut-être raison. Excuse-moi, une seconde!"

Juste au moment où je sortais de ma cabine, j'ai entendu le bruit sec du type déroulant le papier toilette, et au même moment j'ai clairement perçu ce que disait l'homme à l'autre bout du fil.

Un frisson de peur m'a parcouru l'échine, et je me suis enfuie. J'ai couru sans m'arrêter jusqu'à la gare et je suis restée là jusqu'à l'ouverture des portes.
J'étais effrayée au plus profond de moi-même. Encore aujourd'hui, à chaque fois que j'y repense, j'ai peur de la nuit.


Traduction: Tripoda

 Texte anglais ici.
Avec l'aimable autorisation de Saya Yomino de Saya in underworld. Les véritables paroles de l'interlocuteur ne sont sans doute connues que de l'auteur, mais si personne ne l'a deviné avant je vous révèlerai via les commentaires sur quoi j'ai basé ma traduction. C'est assez... spécial.

vendredi 9 mai 2014

Je t'aurai

Tu as enfin cliqué sur cette page. Ça fait longtemps que j’attendais. Tu vas enfin me remarquer. Et cesser de faire comme si je n’existais pas.
Je sais ce que tu te dis. « Encore une creepypasta qui veut me faire croire que je suis le seul destinataire de ce message. » C’est tellement égocentrique de ta part. Je ne tiens pas à t’atteindre toi précisément, ce que je veux, c’est atteindre le plus de monde possible. Parce que j’existe en tout un chacun, et c’est pour ça que ce serait très aimable à toi de montrer ce message à tous ceux que tu connais. Je leur dirai la même chose.

Tu as passé ta vie dans le mensonge, dans l’hypocrisie. Tu ne cesses d’avoir des conflits avec tes semblables, et pourtant, tu te débrouilles toujours pour faire comme si tout allait bien, au moins avec ceux qui sont proches de toi. Tu te dis « ce sont mes parents, ce sont mes amis d’enfance, ce sont mes collègues. » Est-ce que ça change grand-chose ? Lorsque tu as eu des conflits avec eux, tu as eu la même sensation que pour les autres. Tu veux faire croire qu’il y a des gens qui sont plus importants pour toi que d’autres, mais c’est un mensonge. Le jour où ils font quelque chose qui te déplaît, ils valent aussi peu que les autres.

Peu importe ce qu’on t’a fait et qui te l’a fait, tu passes toujours par les mêmes stades. Tu te sens plus ou moins blessé, puis tu essayes toujours d’atténuer ce qui vient de se passer, tu essayes de ne pas trop te laisser influencer par tes émotions, tu sais que c’est mauvais. Tu y arrives plus ou moins. Mais tout reste dans un coin de ta tête et ressort au grand jour dès que cette personne commet un faux-pas de plus. Avec un peu de chance, elle va en faire immédiatement après cette étape, et tu vas sentir ce sentiment qui part depuis le bas de ton dos et remonte dans ta nuque. Tu te demandes comment est-ce qu’on peut faire ça, comment est-ce que quelqu’un d’aussi stupide peut être en vie. Car, entre nous, tous ceux qui te blessent, tu les vois comme des personnes stupides, n’est-ce pas ?

Tôt ou tard, malgré toi, tu adoptes un comportement de plus en plus distant ou froid avec ces personnes qui te blessent sans cesse. Un jour, on te dit que tu as changé, mais tu ne vois pas de quoi on parle. Ça t’agacerait presque. Tu te persuades que tout va bien avec eux, et tu les en persuades aussi. Tu n’es qu’un lâche, un menteur, qui refuse d’assumer la réalité, qui a peur de regarder la vérité en face. Tu ne veux pas avouer que tu t’es déjà vu en train de leur faire du mal, ou pire. Pourtant, c’est dans ton sang, c’est dans tes gènes, l’évolution a fait de toi l’animal le plus meurtrier qui soit. Pourquoi est-ce que tes semblables seraient protégés ? Regarde les cas de viol, de meurtre, de cannibalisme. Ces personnes l’ont compris, elles l’ont accepté. Elles ne sont certes qu’une minorité, et vous les appelez des fous. Mais depuis quand est-ce que c’est la majorité qui est forcément saine ?

Ton espèce est pourrie, dénaturée. Elle se veut bien-pensante, juste, elle pousse l’insolence jusqu’à se qualifier « d’humaine », parce que votre définition de ce mot, c’est bien cela, c’est la justice, l’intelligence, la capacité à refouler toutes ses pulsions et tous ses désirs au plus profond. Et pourtant, on en arrive à votre mode de vie auquel un animal malade n’aurait rien à envier. L’homme est devenu si faible qu’il n’est même plus capable de regarder en face ce qu’il va tuer pour en faire son repas. Ça m’exècre. Ça me fait honte.

Mais, heureusement, je sais que tous les êtres humains peuvent être sauvés. Je sais qu’ils peuvent finir par entendre ma voix, et que le jour où c’est le cas, ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’ils ne m’écoutent. Vous finissez tous par voir que j’ai raison. Vous savez que cela vous libérerait de céder à vos instincts, de relâcher la bête qui est en vous. Tous ceux qui se tiennent contre vous, tous ceux qui vous causent du tort, ce serait tellement facile de les briser. Tellement agréable aussi. Tu n’imagines pas le bien-être que l’on ressent lorsque l’on a la puissance, lorsqu’on tient la vie de quelqu’un entre ses mains. C’est encore plus addictif que la plus addictive des drogues. Et si c’est comme ça, c’est bien parce que c’est dans ta nature.

Le fait que tu aies pu entendre mon message est un début. Tu vas enfin commencer à te poser des questions. Cela va prendre du temps, mais tu finiras par entendre ma voix. Et là, tu comprendras. Tu sauras ce que tu dois faire pour te libérer. Tu répondras enfin à ta véritable nature. Sache-le, ça prendra le temps qu’il faudra, mais tu répondras toi aussi à mon appel. Je t’aurai.


mardi 6 mai 2014

Dans la nuit

Vous connaissez parfaitement ce sentiment. Vous venez de regarder un film d'horreur et vous avez ce frisson qui vous court sur l'échine, vous vous demandez si tout cela pourrait être réel, si un serial killer peut venir vous tuer avant que vous n'entriez dans votre lit, douce et chaude protection.

Vos parents sont couchés et, pour ne pas les réveiller, vous évitez d'allumer la lumière. Vous avancez à tâtons dans l'obscurité oppressante de cette nuit nuageuse. Outre le bruit de la tempête dehors, vous avancez au rythme lancinant du tic-tac de la lourde horloge de votre salon. Pour certains, relaxant, pour vous, stressant et obsédant. Puis soudainement vous entendez taper à la fenêtre, vous vous retournez, votre coeur bat à toute vitesse. Vous vous approchez de la fenêtre: rien... C'est la pluie qui commence à taper sur les carreaux, rien d'autre.

Puis, dans l'obscurité de la rue, vous croyez apercevoir une silhouette se déplacer vers votre maison. Un éclair illumine soudainement la cour... Il n'y a personne. Vous vous dites que plus jamais vous ne regarderez de films d'horreur à des heures pareilles.

Enfin rassuré, vous avancez vers votre chambre. À tâtons, vous touchez soudainement un morceau de tissu, vous sursautez, puis vous vous apercevez que ce n'est que le manteau de votre mère. Puis, alors que vous continuez à avancer, le bruit de l'horloge s'éloigne et vous n'entendez dans ce léger silence qu'un acouphène horrible, vous écoutez un son du silence, le dialogue des ombres à votre approche.

Bientôt vous ressentez sur votre nuque un léger souffle froid, quelqu'un serait-il juste derrière vous? Vous vous répondez "non!" et pensez à un courant d'air passant par une fenêtre mal fermée.

Vous recommencez à avancer vers votre chambre... Quand... Vous entendez soudainement quelques chose derrière vous... Vous vous arrêtez, immobile, vous calmez votre respiration alors que les battements de votre coeur s'accélèrent... Vous restez telle une statue entourée par une obscurité qui semble encore plus oppressante. Vous avalez votre salive et vous retournez brusquement, battant le vide avec vos bras comme pour vous défendre d'un quelconque agresseur... Rien, bien évidemment.

Vous entrez dans votre salle de bains pour vous rafraîchir le visage. Vous vous regardez dans le miroir et vous rigolez de votre stupidité, comme si tout ce qui se passait dans les films pouvait arriver dans la réalité. Bientôt vous entendez un autre bruit suspect venant de l'extérieur, comme celui d'un couteau grattant le plâtre de votre maison. Vous ouvrez la fenêtre... Le vent fait qu'une branche se frotte au mur. Brusquement vous vous retournez, vous vous mettez à douter du fait que la porte soit bien fermée. Oui, elle l'est... Soulagé, vous retournez dans la salle de bains, fermez la fenêtre, et sortez de la pièce.

Entré dans votre chambre, vous allumez, et commencez à fermer les volets. Il pleut toujours et le vent souffle à travers les branches des arbres, provoquant un horrible et effrayant sifflement. Vous jetez un dernier coup d’œil dehors: la nuit est calme bien qu'orageuse. Un éclair illumine votre jardin. En 1/4 de seconde, vous croyez apercevoir une silhouette obscure et surnaturelle. Une seconde après, un second éclair, et la silhouette que vous pensiez voir n'est autre qu'un arbre dont les branches s'agitent au gré du vent. Vous êtes maintenant persuadé qu'il n'y a personne dehors qui va tenter de rentrer chez vous pour vous tuer... 


Non, il n'y a personne dehors... 

Mais qui vous dit que personne n'est déjà rentré ? ...

lundi 5 mai 2014

Jeu dangereux


Il s’appelait Nicolas James Dassart, il était né le jeudi 23 septembre 1976 et  décédé le mardi 10 novembre 2009 à l’âge de 33 ans.         

        
C’est tout ce que je savais sur ce type. Notre but était d’être le premier à trouver sa tombe. Je sais, c’est stupide et irrespectueux comme "jeu" et j’en assume entièrement les conséquences. Pourtant, Jeremy et moi le trouvions à la fois angoissant, ce qui est dû à la séparation dans un cimetière à une heure tardive, et existant. Tous ceux ayant vu un quelconque film d’horreur penseront à la scène qui les a fait frissonner de la tête aux pieds pendant une balade nocturne dans un cimetière. L’endroit ultra-classique des phénomènes paranormaux.        

        
Nous sortions d’un anniversaire lorsque cette idée m’avait effleuré. Je ne vous cache pas qu’à ce moment-là nous n’étions pas dans un état des plus clean. Jeremy devait passer la nuit chez moi parce que personne ne pouvait le ramener. Je lui avais donc proposé de dormir à la maison. Pour rentrer chez moi, on est obligé de longer le mur d’un cimetière et c’était là que ce fameux "jeu" m’était venu à l’esprit. C’est moi, moi seul, qui ai proposé cette sorte de course puérile. Jeremy, lui, était très impatient de commencer la partie. Je nous ai donc mis au défi de chercher un homme ayant perdu la vie à l’âge de 33 ans. Pourquoi 33 ans ? Je n’en ai aucune idée. La première personne à trouver ce qu’on devait rechercher devrait crier haut et fort "Trouvé !" et remporter la partie. Nous avons donc débuté.

        
Au départ nous courions partout, on ne voyait pas grand-chose étant donné l’obscurité et la légère brume qui recouvraient l’espace du cimetière. Nous hurlions à chaque craquement de branche pour ensuite nous rendre compte que nous étions les seuls responsables de ce bruit. J’ai alors commencé à lire les inscriptions sur toutes les tombes. Au bout d'un certain moment, nous nous sommes retrouvés tous les deux afin de chercher ensemble, mais sans succès. Nous n'avions trouvé personne mort à l’âge de 33 ans. Au final, nous sommes rentrés à la maison.        

        
Le lendemain matin, je me souviens avoir eu un horrible mal de crâne. Je me suis donc dit que c'était à cause de la soirée précédente, mais cela a duré tous les jours pendant une semaine. Heureusement, ça a fini par aller mieux assez rapidement. Pourtant, je continuais à m’imaginer le pire: je pensais avoir chopé quelque chose, une maladie, un virus. Je n’étais pas du tout serein cette semaine-là. Je m’étais juré aussi de ne plus boire un seul verre d’alcool. Sept jours après la soirée, cette foutue migraine avait enfin disparu. Quel soulagement quand je me suis réveillé ce matin-là !        

        
La nuit venait de tomber ce dimanche 17 novembre. À cette période de l’année, le soleil se couche plus tôt que d’habitude. La pluie était elle aussi au rendez-vous. Pour me fondre dans l’ambiance, j’avais décidé de regarder un film d’horreur. Il s’agissait de « The Ring ». Vous ne connaissez pas l’histoire ? Alors je vais vous la résumer vite fait. En gros, le film fait sujet d’une cassette portant en elle-même une malédiction. Une fois que la cassette aurait terminé sa bande, la personne l’ayant visionnée recevrait un appel lui révélant qu'elle mourra dans sept petit jours. Pas mal comme concept vous ne trouvez pas ? C’est digne d’une légende urbaine ! Ne trouvant pourtant pas le film très pertinent, je m'étais endormi devant. Je me suis par la suite réveillé soudainement à cause du bruit de mon portable qui vibrait, ce qui a provoqué la chute de celui-ci. Le film quant à lui était fini, il ne restait plus que le générique qui défilait. Comme c’est ironique de recevoir un message juste après que ce film soit terminé. En plus de ça, je ne connaissais pas la personne qui l'avait envoyé. Le numéro m’était inconnu. J'ai donc ouvert le message afin de le lire. La personne qui me l'a envoyé, à 00h38, avait juste écrit: "Bonne nuit."        

        
J’ai trouvé ça tellement étrange que je n’ai pas osé répondre au destinataire. J’ai attendu le lendemain pour me rendre en cours afin d’essayer de voir qui aurait pu m’envoyer ce message. Dans le bus, je n’arrêtais plus d’y penser. J’en étais arrivé à la conclusion qu’il s’agissait sûrement d’un ami voulant me faire une farce, ou tout simplement quelqu’un qui aurait changé de téléphone. À chaque fois que j’allais voir un ami, j’étais forcé de demander si c’était lui l’auteur du message où s’il connaissait le numéro. Mais à chaque fois, j’avais une réponse négative. 
À la cantine, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai envoyé un message à mon tour à une personne qui m'était inconnue. Comme toute personne ne connaissant pas un numéro, j’avais envoyé "C’est qui?" J'ai reçu directement une notification me disant qu’il était impossible d’envoyer mon message et qu’il fallait que je réessaie. Au bout de plusieurs essais, j'ai pris la décision de l’appeler. Le numéro que j’avais composé n’était plus attribué. Lorsque cette voix m'en a informé, j'ai vraiment commencé à m’inquiéter. Au final, j’ai essayé par tous les moyens d’oublier petit à petit cet évènement.        

        
Je me sentais vraiment mieux quand je suis enfin rentré chez moi. Ma mère me posait les questions habituelles du genre: "Comment s'est passée ta journée ?" ou encore "T'as eu des notes ?". Je me sentais mieux, c’est vrai, mais j’étais fatigué, comme tous les lundi soir. Je suis allé me coucher tout de suite après avoir mangé.        

        
Durant la nuit, je me suis réveillé. Il faisait terriblement chaud dans ma chambre. Il y avait comme un bruit sourd que je ne pouvais pas situer dans la pièce. J’en suis arrivé à ouvrir ma fenêtre, quand j’ai entendu la porte se claquer alors que j'étais certain de l'avoir déjà fermée. Puis tout est redevenu normal. Cette chaleur avait disparu. 
C’est alors que j'ai reçu un message. Mais cette fois-ci, le portable n’était plus sur vibreur. Au contraire, il y avait une sonnerie que je n’avais pas sur mon portable. C’était une chanson très ancienne. Je ne pourrais malheureusement pas vous donner le nom, mais rien qu’à la qualité du son je pouvais comprendre qu’elle ne datait pas d’aujourd’hui. Le message s’est directement affiché sans que je prenne la peine de déverrouiller mon téléphone. L’auteur de ce message était le même que celui de la nuit dernière. Il avait également pris soin de l’envoyer à la même heure. J'ai alors lu le message. 
 
"C’est moi qui t’ai trouvé."
 
Pris de panique et envahi par la peur, j’ai sans plus attendre éteint mon portable et retiré la batterie. Je me suis ensuite placé sous les couvertures en essayant de me rendormir. J’ai pensé qu’il s’agissait de Jeremy, car lui seul aurait pu avoir un lien avec ce message. Celui-ci me rappelait furieusement la balade dans le cimetière où il fallait trouver un homme mort à l’âge de 33 ans. Je n'ai pas dormi de toute la nuit.        

        
Au matin, j’ai supplié ma mère de me laisser rester à la maison. J’ai vraiment eu du mal à la convaincre, mais par chance, elle me l'a accordé. Je me suis remis dans mon lit et j’ai rallumé mon portable afin d’appeler Jeremy. Il a juré sur sa propre vie qu’il n’était pas l’auteur de ces deux messages. Ce qui ne m'a pas rassuré pour autant. Je n’ai pas parlé de la nuit dernière à ma mère car j’avais peur qu’elle me prenne pour un fou, ou qu’elle me dise: "C’est sûrement un de tes amis qui te fait une blague !". Mais plus j'y pensais, plus je me disais qu’il s’agissait de quelque chose de bien plus inquiétant. Peut-être était-ce l’œuvre d’un hackeur ? Mais comment ça pourrait expliquer ce claquement de porte alors que je n’avais même pas eu le temps d’ouvrir la fenêtre, d'autant plus que je l’avais déjà fermée avant d’aller me coucher ? Et cette chaleur, ce bruit ? Tellement de choses que je ne pourrais pas expliquer. Dans l’après-midi, je me suis baladé sur divers forums pour trouver une explication. Mais je tombais sans arrêt sur des forums parlant de spiritisme, de paranormal, de démons maléfiques. Bref, des forums sur lesquels je ne trouvais rien de crédible. J’ai même composé le numéro de la personne dans la barre de recherche pour tenter de la trouver. Sans résultat bien sûr. Par la suite, j’ai recherché toutes les personnes décédées à l’âge de 33 ans dans la région. Je suis tombé sur un site proposant une liste immensément grande des personnes disparues à cet âge-là. Il y en avait une qui avait été enterrée dans le petit cimetière à côté de chez moi. Pourtant, cette nuit-là, nous n’avions trouvé aucune tombe d’un homme s’appelant Nicolas James Dassart. Il avait eu un accident de voiture un mardi et était mort sur le coup.        

        
Cette histoire me rendait fou. J’ai relu les forums concernant des témoignages sur  le paranormal. J’ai également découvert qu’il y avait trois stades dans l’activité démoniaque. Infestation, oppression puis possession. L’infestation se résume à des chuchotements, des bruits sourds ou la sensation d’une autre présence, ce qui nous amène à l’oppression. C’est-à-dire que la victime, généralement sensible psychologiquement et vulnérable, est ciblée par une force externe qui va tenter de l’envahir pour la détruire moralement. C’est une fois que la victime est au plus faible que nous arrivons au troisième stade: la possession.         

        
Je regardais même des documentaires sur les forces invisibles. Cela me faisait trembler mais pourtant je continuais. Au bout d’un moment, j’ai fixé mon téléphone en chuchotant qu'on me laisse tranquille. Même si je ne savais pas vraiment à qui m'adresser. Je suis resté tellement longtemps à le regarder que ma mère m'a surpris en train de parler tout seul. Je n’avais même pas remarqué qu’elle était rentrée du boulot. Je me souviens m’être énervé contre elle car elle m’avait demandé en rigolant si tout allait bien. Je l’avais violemment mal pris.        

        
Je me suis tranquillement couché sur mon lit en écoutant de la musique avec mes écouteurs pour me détendre. Je somnolais, quand ma musique s'est coupée pour laisser entendre un bruit strident. Je les ai vite retirés et j'ai couru vers la porte, mais celle-ci était bloquée de l'extérieur. Je hurlais pour que ma mère vienne me voir, jusqu’à ce que j’entende à nouveau cette sonnerie. Je ne voulais même pas lire le message, alors j’ai retiré la batterie sans même prendre la peine de l’éteindre. Le portable sonnait encore. L’écran clignotait sans arrêt. La sonnerie avait un son légèrement modifié, ce qui la rendait de plus en plus angoissante. Lorsque j’ai posé les yeux sur le téléphone afin de lire le message, la sonnerie s'est stoppée et j'ai de nouveau senti cette chaleur.
 
"Regarde dans ton miroir."
 
Dans ma chambre se situait un assez grand miroir qui était implanté sur l’armoire en face de mon lit. J'ai perçu à nouveau un bruit sourd qui s'est transformé petit à petit en chuchotement. Je me retournais partout où je pouvais pour tenter de comprendre d’où provenaient ces chuchotements incompréhensibles, quand j’ai remarqué au coin de l’œil mon miroir. Je me suis arrêté aussitôt pour me retourner délicatement en face du miroir. Je suis resté bloqué un moment, et j'ai pu voir un sourire se dessiner sur mon reflet. 
 
C’est alors que j'ai aperçu ma mère derrière moi. J’avais l’impression d’avoir raté quelque chose. Elle m’a demandé pourquoi je hurlais comme ça. Je n’avais même pas eu la force de lui répondre tellement je n’étais pas sûr de ce que j’avais vu.        

        
J’étais épuisé par ce qui s’était passé depuis le premier message. Aurais-je dû en parler ? Je ne pense pas. On m’aurait sans doute pris pour un fou bon à finir à l’asile. Raconter une histoire pareille à des personnes inconnues, je n’y pensais même plus. J’avais complètement perdu espoir de ce côté-là. Je sentais cette chaleur me suivre partout dans la maison, mais ma mère m'a fait comprendre que j’étais le seul à la sentir vu la réponse qu’elle m’a donnée lorsque j'ai mentionné le sujet. J'avais perdu l'appétit. J’avais le sentiment que quelque chose me suivait où que j’aille. Je n'ai toujours pas trouvé les mots pour vous décrire à quel point j'étais persuadé que cette chose était tout le temps à mes côtés. Je n’osais même plus me regarder dans un miroir. J’étais persuadé que c’était la fameuse personne que nous recherchions dans le cimetière. 
Peut-être que tout est dans ma tête. Peut-être que cette histoire m’est trop montée à la tête. Peut-être que j’ai été naïf de croire en ce que disait de nombreux témoignages sur internet. Peut-être qu’à force d’y penser je ne fais que voir des choses qui n’ont pas eu lieu. J’aimerai être sûr que tout cela ne soit qu’une petite partie de ma vie et que plus tard j’en rigolerai, mais j’ai le sentiment que ce n’est pas près d’arriver.        

        
00h38. Je n’ai pas reçu de message, même si je m’attendais à en recevoir un. Le lendemain, je suis retourné en cours et je peux vous dire que je me sentais beaucoup mieux que chez moi. Je ne voulais même plus que la journée se termine. Dans le bus, je redoutais le retour à la maison. Je ne voulais plus être confronté à de tels évènements. Le pire dans tout ça, c’est que je me sentais affreusement seul. Il n’y avait que moi pour me sortir de ce cauchemar. Quand j’ai ouvert la porte d’entrée, j'ai pu distinguer une odeur dérangeante partout dans la maison. Sur le comptoir de la cuisine, il y avait un mot de ma mère qui disait : "Laurent, Nicolas m’a appelé, il va venir te voir pour les devoirs vers 18h. Ne fais pas de bêtises." J'ai tenté plusieurs fois d’appeler ma mère mais je tombais sur son répondeur. Aussitôt après, j'ai reçu un message de ce fameux Nicolas.        

        
Je ne voyais plus son numéro. Il avait été remplacé par "Ton nouvel ami". Nicolas avait rédigé sur son message: "Je suis devant ta porte d’entrée. Ouvre-moi." Je suis resté figé un long moment devant la porte quand celle-ci a commencé à trembler dans tous les sens comme si quelqu’un voulait absolument entrer. J'ai couru sans plus attendre dans ma chambre afin d’appeler la police, mais mon portable ne réagissait plus. J’ai entendu la porte d’en bas s’ouvrir au point de claquer contre le mur, puis elle s'est fermée à nouveau. La chaleur était de nouveau présente. L’odeur empestait de partout. Au bout d’un moment, j'ai pu remarquer des empreintes humides se déplacer dans le couloir en se dirigeant vers ma chambre. Je me suis précipité vers la porte pour la fermer. Je l’ai ensuite bloquée grâce à la chaise de mon bureau. Puis tout s'est calmé d’un seul coup. La température était de nouveau normale et l’odeur avait disparu. 
 
J’ai entendu ma mère derrière la porte me dire de lui ouvrir. Encore sous le choc, je lui ai demandé de me prouver qu’il s’agissait bien d’elle. Elle n'a pas répondu tout de suite. Puis, elle m’a à nouveau ordonné d’ouvrir la porte en haussant le ton. Afin de pas l’énerver, j’ai ouvert la porte. Il n’y avait personne.        

        
Le couloir était anormalement plus grand et plus large que d’habitude. Il était vide et sombre. J'ai fait quelques pas, puis je me suis retourné. Il n’y avait plus de porte, seulement un mur. Je n’avais plus le choix que de m’aventurer dans ce long couloir. Plus je marchais, plus je me voyais comme si j’étais hors de mon propre corps, comme si j'étais spectateur de moi-même. Le silence me faisait mal à la tête. Je ne pouvais pas dire un mot. Seules mes jambes pouvaient encore bouger. À partir d’un moment, je ne me suis plus senti marcher, et mon corps s’éloignait de plus en plus de moi, comme si il m’abandonnait. 
 
Le silence avait cessé. Je distinguais des cris atroces. Je voyais les murs trembler comme si quelque chose d’immense se trouvait juste derrière. Puis, d’un seul coup, je me suis retrouvé face à moi. Et j'ai vu que ce n’était pas vraiment moi, mais une autre personne. J'ai vu de nouveau ce sourire encore plus malsain que la dernière fois, puis il s’est approché d’un coup de mon oreille pour me chuchoter: 
"Trouvé !"
 
C’est alors que je me suis réveillé par terre, dans ma chambre, avec une sale migraine.         

        
Aussitôt après, Jeremy est venu me voir en me demandant si j’avais bien dormi. Étonné, je lui ai demandé ce qu’il faisait là. Et il m’a répondu :         

        
"Je te rappelle au cas où qu'hier soir j’ai été en soirée avec toi et que nous avons même fait un jeu dans le cimetière!  L’alcool ne t'a pas réussi, mon pauvre…"
        

        
À peine quelques jours plus tard, en allumant mon ordinateur, j'ai constaté qu'une page internet était déjà ouverte. C’était exactement le même site que dans mon rêve. Il y avait tous les noms des personnes mortes à l’âge de 33 ans. Dans la liste, il y avait celui de Nicolas James Dassart.