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mercredi 27 février 2013

La forêt aux yökais

Salut, je m'appelle Suri, j'ai 18 ans, j'habite tous près du mont Fuji, dans un petit village de quelques habitants, tout près d'une forêt que de nombreux Japonais connaissent, je veux bien sûr parler de la forêt Aokigahara, tristement célèbre dans le monde pour son taux de suicides élevée. Et donc si vous trouver ce calepin, ça veut dire que j'ai fugué, bravé les interdits pour me retrouver devant cette foret maudite, je suis un homme désormais, je n'ai plus peur, et j'ai décidé de percer ce mystère.


Cela fait déjà une heure que je marche dans la foret et j'ai déjà l'impression d'être observer, quelqu'un marche derrière moi. Bien que je n'en sois pas si sûr car le vent commence à se lever et des feuilles se soulèvent, les murmures, comme des plaintes, des gémissements que j'entends ne doivent venir que des arbres, du vent qui souffle sur leurs feuilles.


J'ai cru voir quelqu'un marcher derrière moi, cela paraissait être humain, mais je n'en suis pas sûr. Je n'ai pas peur... pour l'instant. La chose semble toujours derrière moi, je continue toujours à me répéter " Ne te retourne pas, ne te retourne pas... " mes c'est plus fort que moi. Quelque chose me suit.

Cela fait deux heures que je marche, et je ne vois rien de suspect, la chose qui me suivait était un renard, ce n'est seulement que la fatigue qui me pèse qui lui a donnée cette forme humaine à mes yeux. Les arbres cependant m'inquiètent plus, ils ont des formes presque humaines, comme des humains suppliants, essayant de se lever. Le vent s'est arrêté mais les murmures continuent, le vent n'en est donc pas la cause, les plaintes et les supplications continuent. La peur m'envahit.

Je me suis posé sur un tronc d'arbre dans une clairière, je me suis levé en sursaut après m'être assis, je l'ai cru entendre pousser un râle. La fatigue m'a gagné, je m'assoupis un peu, entourant l'arbre de sel pour me protéger des yökais.

J'ai été réveillé en sursaut par des bruits de tambour, comme une sorte de rituel, au loin et alors que mes yeux tentaient de s'habituer à l'obscurité régnante malgré la pleine lune, j'ai cru apercevoir le visage d'une femme devant ma tête. Enfin bref, juste un rêve, rien ne m'a poussé au suicide pour l'instant. Les tambours résonnent toujours, je vais tenter de voir d'où ils proviennent.

Je me rapproche, les tambours se font mieux entendre. Tiens, j'aperçois une cabane, elle semble habiter, une lumière vacillante l'éclaire, je sors un couteau au cas où, je suis peut-être fous mais prudent, de plus il y a de nombreux arbres autour d'elle, murmurant eux aussi.

Finalement, pas de quoi s'inquiéter, il n'y a juste qu'une petite femme, elle m'a dit qu'elle recueillait les voyageurs égarés, et les empêcher d'aller plus loin bien que très peu l'écouter et que c'est à cause de ça qu'on les retrouvés mort.

J'écris ces mots devant une tasse de thé, demain je rentre chez moi pour expliquer mon aventure. La dame a fait mine de ne rien entendre quand je lui ai demandé pourquoi sa maison na jamais était repérée et puis, elle est partit se coucher. Tiens, j'entends du bruit dans sa chambre, la lumière s'allume... l'ombre derrière...les murs de toile est horribles... mon dieu son cou... son cou s'allonge... c'est un *Rokurokybi, quelque chose vient de souffler la bougie, ceci sont sûrement mes derniers mots, son cou s'allonge...les coups de tambours se sont accentués, ils sembles étrangement... proche très proches... Oh mon dieu ! Ce rire, le cou s'approche... lentement il va bientôt passer l...

* (Yökai japonais au cou élastique dévoreur d'âmes).

Le jeune garçon a été retrouvé le lendemain pendu à un arbre, la maison en question avait disparue.
Remerciement à Tchouen, le sergent à la police de Tokyo de m'avoir donner accès a ses archives.

Obéissez au morse

Quelque part dans le monde, se trouve une petite fille du nom de Emilie, elle avait 9 ans et n'avait pas beaucoup d'amis, peut-être à cause de son physique ou de sa timidité mais pourtant, ça n'empêchait pas ses parents de l'aimer car après tout, ce n'était qu'une petite fille.
Un jour, ses parents décidèrent de l'emmener au zoo de la ville. En cours de route, Emilie demanda:
- Est-ce que on pourrait aller voir les animaux de l'océan?
- Oui bien sûr mais pas longtemps, d'accord?
- D'accord.

Emilie et sa famille visitèrent le zoo mais alors qu'ils visitèrent le grand aquarium, Emilie voulait voir les morses, sa mère répondit:

-D'accord, moi je vais aller voir les raies et ton père va aux toilettes, on compte sur toi pour nous rejoindre, mais ne reste pas trop longtemps, il commence à faire nuit.
Sur ces paroles, Emilie se hâta vers l'aquarium ouvert des morses.

Elle ne vit qu'un seul morse et elle lui parla pendant de longue minutes, d'un coup, sa mère la prend par le bras :

- Je t'ai dit de te dépêcher, allez, on rentre car le zoo va fermer.
- Mais je veux parler avec mon nouvelle ami.
- Le morse? Si tu veux, on ira au zoo la semaine prochaine.
- Nan! Il veut que je revienne demain!
- Tu vas pas encore t'énerver, on verra pour allait au zoo après-demain.
- Ok.

Depuis ce jour, Emilie passa son temps à parler au morse au moins une fois par semaine, ses parents s'inquiétèrent vraiment de leur fille et quelque mois plus tard, ils lui interdirent d'aller au zoo:

- Emilie, il faut que tu te trouves de vrais amis.
- Mais le morse est un vrai ami, il est toujours gentil avec moi.
- Bon Emilie, tu vas arrêter de faire tes caprices et tu montes dans ta chambre.

Emilie était devenu triste, ses parents lui ont fait part d'une terrible nouvelle, le morse était mort, ses parents étaient d'accord pour qu'Emilie rendre une dernière fois visite au zoo.
Arrivait au zoo, Emilie trouva un papier et décida de le lire:

" Je me vengerais de toi et de ta famille
Le morse "

Emilie eue des nausées, elle se sentait observer et elle entendit le bruit du morse. Elle demanda à ses parents de la reconduire à la maison.
Malheureusement, Emilie et ses parents, sur la route, ont percuté un camion qui avait pour emblème un morse qui regardait froidement vers lui, ses parents n'ont pas survécu à l'accident mais Emilie fut handicapée mentalement et physiquement, mais elle cherche toujours un ami sur qui comptait. Au moment où je vous parle, Emilie s'est échappée de son hôpital, elle cherche encore un ami, un ami qui sera la consoler, un ami qui l'acceptera, un ami comme vous.

Emilie vous aime déjà.

Canal 666

Cela date de quelques mois, j'ai décidé de parler de ça, de cette... chaîne maudite, le canal 666. Ce jour là, une nouvelle chaîne avec abonnement gratuit pendant 13 jours est sortie. Intrigué, je regarde sur internet mais rien, aucune info, je pensais que comme elle était nouvelle, le site n'a pas encore été créé donc, j'ai pris mon abonnement et je me rends sur la chaîne. J'ai vu la pire chose du monde : un homme qui se faisait torturer, j'ai entendu un sifflement et je ne me sentais pas bien, je me suis évanouie.

Quand je me suis réveillé, la chaîne était toujours présente sauf que là, on voyait un homme qui se faisait des entailles profondes en forme de six et j'ai tout de suite éteint ma télé. A ce moment, je suis allé dormir mais je me sentais épier par quelqu’un mais je m'endors dû à la fatigue.

Le lendemain, j'allumais mon PC pour en parler mais mon PC ne répondait plus, je cliquais comme un fou mais rien, à un moment, mon écran devint écarlate et un message en noir s'afficha :

<< La vraie douleur est inconnue... >>

Et après qu'il ait disparu, j’entendis un cri qui provenait de la maison de mon voisin. J'ai couru pour tenter de le secourir mais trop tard, il était mort, je ne pouvais pas croire ça ! Le reste de la journée se passa dans la peur, sentant la fin, je me sentis encore plus épier et j'entendais des murmures. Je m'endors encore une fois dans la peur dû à la fatigue.

Le lendemain, je me suis réveillé dans une maison mais je ne savais pas où et je regarde mes mains. Elles sont ensanglantées, je me retourne et je vois les corps d'une femme et d'un homme qui semblent avoir été torturés à en croire leur ventre ouvert ainsi que leurs organes qui jonchent sur le sol. Je vomis et j'entends une télé, je regarde discrètement dans le salon et je vois cette chaîne qui affiche un autre message en noir :

<< Quand on voudra une victime, tu la ramèneras. Quand on aura besoin de toi, tu nous aideras, c'est tout. >>

J’entendis des alarmes et vit des voitures de police. Trois policiers sont rentré et m'ont vu devant les cadavres, ils m'ont arrêté et j'avais beau leur dire que ce n'était pas moi qui les avait tué, ils ne me croyez pas.

Le lendemain, je me retrouvais dans une salle identique à celle d'un asile, j'entendais des pas qui se rapprochaient, le stress montait... Ils étaient deux. Ils venaient pour moi ! Ils savent où je suis ! S'il vous plait ! Aidez-moi ! Je ne suis pas fou mais ils ne veulent pas me croire !





Notes trouvées dans un asile par vous.

samedi 23 février 2013

La boîte dans l'arrière-boutique

Il existe une petite boutique que l'on peut voir à Sanford, dans le Maine. Son nom est sans importance, il n'est pas retenu car elle est difficile à trouver. Si vous voyez un mini-marché dont le panneau est très miteux, les vitres sales et que des bris de verre sont éparpillés sur le sol, vous avez trouvé le bon endroit. Ouvrez la porte, et si elle est fermée, entrez d'une autre manière. J'espère que vous avez pensé à emporter une lampe-torche. La pièce sera vide et une odeur persistante de moisi se fera sentir à l'intérieur du bâtiment.


Prenez garde ! Il y aura une arrière-boutique, et une fois franchi son seuil, vous serez à un point de non-retour.


Entrez dans l'arrière-salle et fermez la porte derrière vous. Vous allez éprouver une sensation étrange aux tripes. Au centre de la pièce, vous trouverez une boîte en bois. Sinon, vous serez libre de partir. Dans ce cas, vous vous en irez sereinement et doté d'une grande chance pendant un mois.


Si la boîte est là, ouvrez-la. Quoi qu'il arrive, vous devrez l'ouvrir. Quelques-uns ont refusé de l'ouvrir et ont tenté de quitter la pièce. Personne ne sait ce qui leur est arrivé. Une fois la boîte ouverte, prenez l'objet qu'elle contient et partez. Si elle est vide, emmenez la boîte avec vous. Lorsque vous serez rentré chez vous, enterrez l'objet.


S'il s'agit d'une clé, tout ce que vous souhaitez qui s'ouvre s'ouvrira. Si c'est un couteau, tout le mal qu'une personne vous fera lui reviendra en pire, excepté la mort. Si c'est un œil, vous êtes très chanceux ; vous gagnerez des pouvoirs psychiques de même qu'une grande sagesse, votre espérance de vie sera doublée et vous paraîtrez éternellement jeune. Si vous avez trouvé une bougie, vous pourrez voir dans le noir à la manière d'une chauve-souris. Si l'objet est un sous-marin miniature, vous aurez la capacité de respirer sous l'eau. Si c'est une plume, vous aurez la possibilité de planer en sautant d'une certaine hauteur. N'importe quel autre objet que vous enterrerez vous apportera de la chance pendant une journée.


Si votre objet n'était rien d'autre que la boîte, enterrez-la vite. Si vous êtes surpris en possession de la boîte par « ça », « ça » ne sera pas de bonne humeur. Si la boîte est mise à l'abri dans la terre, vous serez en sécurité et bénéficierez d'un jour de bonne fortune.


Il n'y a pas d'autre enjeu, aucune suite à cela, rien. A part qu'au moment de mourir, votre mort sera plus lente et douloureuse. Cependant, tout cela n'est pas si mal, non ?


Traduction : ChubbyCrow

Derrière la vitre

J'ai déménagé il y a quelques mois avec mon copain Nick. On espérait sortir de cet enfer qui dure déjà depuis une bonne année. Mais plus les choses avancent, plus j'ai l'impression qu'"ils" nous on suivit.


Vous ne devez pas comprendre, je vais vous expliquez : Je m'appelle Natasha, et je vis avec Nick, mon copain, depuis bientôt 3ans. Et il y a 1an, deux évènements ont perturbés notre vie. Une bonne, c'est la naissance de notre fils, Eric.
Et c'est après sa naissance que le deuxième évènement est apparu.
On vivait dans cette maison depuis 2ans, et peu aprés la naissance d'Eric, d'étranges phénomènes ce sont produits. Au départ, ce n'était que des bruits de pas, comme si quelqu'un marchait. Cela se produisait souvent dans le grenier au milieu de la nuit. Nick ne me croyait pas au début, et après quelques nuit, lui aussi entendait ces pas. Mais on se disait que ce n'était qu'un oiseau qui entrait dans le grenier tout les soirs, rien de grave.


Et au fur et à mesure, les manifestations étaient plus fortes. Bruits d'objets qu'on déplacerait ou qu'on taperait, bruits de pas qu'on entendait DANS la maison. Je vais vous relater certains évènements étranges :


-Un jour, je lisais un livre. J'étais seule, Nick avait emmené Eric au jardin pour enfant. D'habitude calme et posé, ce jour la j'étais en panique. Je sentais comme une présence, et j'avais beau lever les yeux, je ne voyais personne qui me regardait. N'étant que mon imagination, j'ai essayé de ne pas y penser, jusqu'à qu'un son effroyable sortit de la cuisine. J'y suis allé en courant, et ce que j'ai vu me paralysa : Mon armoire, ou je rangeais les assiettes et verres, s'était ouverte et toute la porcelaine est tombée. Quand Nick rentra, je lui expliqua la situation, et il a essayé de trouver une explication logique, pour nous rassurer je pense.


-Un soir, on regardait un film avec Eric a nos côtés. Tout était parfait, jusqu’à que toute l'installation électrique se mit à sauter. Nick se leva, mais un vase, posé sur une table plus loin, se brisa. Pas en tombant non, elle a explosé. Nick me recommanda de mettre Eric dans sa chambre. Je le pris dans mes bras, et monta les escaliers. Enfin non, je me suis arrêté devant : J'ai vu la silhouette d'un homme, assez âgé, marcher dans le couloir, et rentrant dans la chambre de mon fils. Tout de suite après qu'il ai disparu, la lumière était revenue. Je n'en ai pas parlé à Nick, mais j'ai insisté pour que Eric dorme avec nous. Quelques jours après, je lui ai dit ce qui m'était arrivé, et on a pris la décision de déménager.


Seulement, ça ne changea rien. Après avoir déménagé, les phénomènes sont revenus, mais ils se sont encore plus intensifiés. Les objets changeaient tous de place. Il n'était pas rare que je mette une tasse sur la table du salon, et que je la retrouve dans le lavabo de la salle de bain par exemple. Mais Nick devenait de plus en plus incontrôlable. Du jour au lendemain, il a complètement changé d'attitude. Avant, si sympa et protecteur envers moi et Eric, il était devenu mélancolique, triste, limite déprimé. Il hurlait que tout ce qui nous arrivait était la faute de Eric car il est venu au monde. Mêlant les pleurs de Eric à mes cris, Nick est partit en hurlant, disant qu'il me quittait. J'ai voulu l'en empêcher, mais il me frappa violemment le visage.
Il est mort le soir même, un accident de voiture. Il a percuté un arbre et est mort sur le coup. L’arbre était placé à quelques mètres de la route, assez pour ne pas le percuter avant une bonne dizaine de secondes. On ne sait pas comment il a fait pour le percuter, l'explication la plus logique selon la police est que il était tellement furieux qu'il a roulé dans un champs, et n'a pas vu l'arbre qui se dressait droit devant lui.


Désormais, je suis seule avec Eric. Il me dit qu'il voit des gens quand il est dans sa chambre la nuit. Tout ça m'est insupportable, et j’ai décidé d'encore déménager. En faisant des photos pour d'éventuels acheteurs, l'une dans la salle de bain. Je n'ai rien à dire, je vous l'envoie juste et ça sera à vous de juger. J'espère qu'"ils" vont nous lâcher après ça. Néanmoins, si "ils" restent, je saurai quoi faire. Je le vois dormir en ce moment même, mon fils. Je le regarde, je souris, et j'ai un couteau dans les mains.

dimanche 17 février 2013

Deadly Premonition, les os maudits

Deadly Premonition... Un jeu vraiment bizarre maintenant que j’y repense, je me demande même comment j’ai pu le finir tellement le jeu devient malsain au bout d’un moment.


Sans rentrer dans les détails de l’histoire de ce jeu, je vais vous raconter ce qui s’est passé ce jour-là.


Je l’ai déjà terminé une première fois pour tout vous dire, en ligne droite bien sûr vu que l’atmosphère du jeu commençait à me mettre mal à l’aise, je n’avais vraiment pas envie de m’y attarder. Dans le jeu, vers minuit, des possédés surgissent en pleine ville et des chiens mesurant 3 mètres viennent vous attaquer, c’est vous dire à quel point ce jeu est étrange, mais bref.


Je ne sais pas si c’était de la curiosité ou simplement de l’ennui, mais je m’étais fait une nouvelle partie et étais bien décidé à le compléter en long et en large histoire d’en finir une bonne fois pour toute. Aucunes surprises pour le début ayant déjà terminé le jeu une première fois, je poursuis le fil conducteur du jeu et décide enfin de boucler les missions annexes du jeu.


À contre cœur,  j’ai décidé de terminer dès le début la mission de collecte d’os humain (histoire de commencer quelque chose de joyeux). Des choses assez macabres s’étant déroulé dans le village du jeu, une mission consistait donc à trouver tous les os cachés pour pouvoir reconstituer un squelette humain. C’est à partir de là que je me suis dit que j’avais bien fait de finir le jeu en ligne droite…


Arrivé au premier emplacement, la musique du jeu commençait à s’accélérer tout en étant plus grave. C’était assez glauque mais je me disais que c’était voulu pour rester dans le thème de la mission… Par contre, rendu à l’os suivant, cela devenait vraiment plus étrange.


La musique de fond était toujours grave, mais on pouvait désormais y entendre des sons étranges, qui pouvaient ressembler à des grognements et des pleurs.



Je m’efforçais à me persuader que tout ceci était voulu, mais… quelque chose clochait vraiment à propos de ces phases de gameplay. J’étais mal à l’aise mais je faisais avec, m’accordant quand-même quelques pauses pour ne pas devenir dépressif.
Chaque nouvelle découverte devenait de plus en plus angoissante, l’écran flashait, les bruits s’intensifiaient, les pleurs laissaient de plus en plus place aux cris, qui semblaient ceux d’une femme ou un enfant.


Heureusement que cela s’arrêtait au bout de quelques minutes après la trouvaille macabre, c’était quand même à vous rendre dingue. J’hésitais franchement à éteindre au bout d’un moment, mais je me disais toujours que tout cela n’était qu’une sale blague des développeurs pour ne pas finir le jeu au complet ou pour rallonger la durée de vie.


L’un des pires moments était de déterrer le crâne, plus  j’approchais et plus les couleurs du jeu virait au gris, l’image tremblait légèrement mais tout était silencieux contrairement avec les autres os. C’était la dernière partie du squelette à trouver donc je n’allais pas me décourager maintenant.


Une fois le crâne déterré, il y avait comme des sortes de murmures incompréhensibles. Tout était maintenant en noir et blanc, les arbres au loin ondulaient d’une façon désordonnée et l’animation de mon personnage quand je marchais était devenu étrange, sa tête tremblait convulsivement à chaque pas qu’il effectuait. J’étais rendu vraiment très mal à l’aise donc j’ai éteint la console immédiatement après ça, mais étant toujours convaincu que tout ceci n’était qu’une mauvaise farce et ayant pris un peu de recul par la suite, j’avais décidé de rallumer ma Xbox 360 pour effacer les données de ce jeu décidément trop malsain pour moi.


Tout cela avait été inutile, la console ne s’est même pas rendue sur le menu principal pour le coup, j’étais rendu au même endroit lorsque j’avais tout éteint… Mais… l’environnement avait changé, l’heure dans le jeu s’est bloquée à minuit, le ciel était devenu rouge et les nuages dans le ciel défilaient en accélérés.


Sur le coup je trouvais ça normal, j’avais déjà eu affaire à ça dans le jeu et c’était quelque chose de scripté. Le véhicule du personnage était juste à côté, je suis monté dedans pour ramener les os au fossoyeur du cimetière, enfin, j’ai lu sur internet qu’il fallait faire ça pour récupérer la clé de son manoir et mettre la main sur son lance-flamme… Décidément, ce jeu est vraiment étrange, mais soit, tout devrait redevenir à la normal vu que la mission arrive à terme.


Arrivé tant bien que mal au cimetière, faute d’une carte mal foutu et des ombres qui apparaissent pour venir détruire votre véhicule, je m’étais dirigé vers l’entrée… et tout était redevenu bizarre.


Les ombres s’étaient regroupées en masse devant le cimetière mais ne rentraient pas. J’en ai profité pour me ruer vers le fossoyeur et lui rendre ce foutu squelette. Il me faisait flipper, il avait une vraie tête de dépressif mais faisait des sourires forcés de temps en temps. Je zap les dialogues pour en finir vite mais plus le dialogue avançait et plus sa tête bougeait convulsivement, comme pour mon personnage avant. Puis sa tête s’arrêta mais ses yeux me fixèrent pendant au moins 3 bonnes minutes, le texte défilait en accéléré sans que j’aie besoin d’appuyer sur un bouton.


Et là… BAM ! Un gros flash venant de l’écran puis un gros bruit et il avait disparu… La clé de son manoir était dans mon inventaire et il ne me restait plus qu’à y aller. Un peu excité mais quand même franchement effrayé par ce qui se passait,  j’en ai profité pour brancher un périphérique d’acquisition vidéo vers la fin de la mission histoire de montrer à ceux qui ne connaissent pas ce jeu à quel point il est flippant.


Je vais vous expliquer comment s’est déroulé la fin, je suis encore assez troublé car franchement, c’était le moment le plus malsain…



J’étais revenu vers le portail, les ombres qui s’étaient entassées devant n’étaient plus là et ma voiture non plus, il y avait à la place une silhouette étrange. Personnellement je n’osais pas y aller, mais plus je restais dans ce cimetière et plus l’ambiance déraillait. Les pleurs étaient revenus et la caméra partait de plus en plus en vrille. Pas le choix donc, j’ai couru vers la sortie et je pu distinguer que la personne à la sortie était mon personnage.


Il était immobile, ses yeux étaient entièrement blancs et il n’arrêtait pas de sourire. J’ai couru en direction du manoir mais un cri strident me glaça le sang, une des musiques du jeu s’est enclenchée sur le coup mais dans une version encore plus malsaine, je ne saurai vous la détailler car sur le moment, je n’avais vraiment pas la tête à ça !


Mon double flottait dans les airs et me poursuivait. Sur le chemin en pleine course, je croisais les autres habitants du village qui étaient immobiles pendant que je me faisais poursuivre. Leurs nombres grandissaient au fur et à mesure que j’approchais, j’ai même eu le malheur d’en heurter un. Grosse erreur, un gros zoom eu lieu sur sa tête désincarné suivi d’un hurlement à vous filer une crise cardiaque s’est produit. J’ai bien essayé de mettre le jeu en pause mais ça ne marchait pas.


La personne qui me poursuivais n’était plus la même, il était vêtu d’une veste de pluie rouge sang et me poursuivais avec une hache tandis que les habitants immobilisés laissèrent place à des cadavres sans tête. Le jeu se vidait peu à peu de ses textures, mis à part le manoir qui était en face de moi mais qui semblait s’éloigner alors que je courrais en sa direction.
Le psychopathe qui me poursuivait finit par me rattraper et un autre zoom s’est produit mais en direction du manoir cette fois, les pleurs et les murmures étaient revenu puis le noir total ensuite…


L’écran de chargement s’afficha mais l’image était celle de mon double aux yeux blancs au lieu de celle qui apparaissait habituellement. Ensuite, j’étais rendu dans une pièce entièrement noire, je pouvais entendre pendant un moment des rires étouffés en bruit de fond puis le cadavre d’une femme crucifiée apparu. Elle est censée apparaître dans la forêt du village donc je ne comprenais de moins en moins ce qui se passait… Mon personnage se déplaçait tout seul de façon désordonnée en direction de la femme pendant que l’écran virait de plus en plus au rouge.


La femme disparaissait de plus en plus à chaque pas de mon personnage laissant place à la silhouette d’un homme étrange sur un fauteuil roulant. Les rires avaient disparu, l’écran était toujours rouge, mon personnage était vidé de toute sa texture et était donc tout gris, il bougeait à terre de façon étrange pendant que des cris de douleurs commençaient à se faire entendre en bruit de fond.


L’homme en chaise roulante parlait de façon rapide et incompréhensible et sa voix était de plus en plus forte. Elle me donnait mal à la tête et cela devenait insupportable. Je me suis levé de mon canapé pour aller éteindre tout ça car ce n’était vraiment pas humain d’endurer ça… Au moment d’éteindre le jeu, la femme crucifiée est réapparue, le jeu avait bogué et l’écran avait freezé pendant qu’un cri atroce tournait en boucle.


J'ai tout de suite débranché la prise de la console pour mettre fin à tout ceci, jeté le jeu puis me suis juré de ne plus y rejouer…


Ces temps-ci encore, je regarde de temps en temps la partie vidéo que j’ai enregistrée avec mon acquisiteur. Le début marche correctement mais la partie avec la course-poursuite bogue un peu et c’est le noir complet quant à la partie du manoir.


J’ai montré la vidéo à des amis mais ils ne comprennent pas de quoi je veux parler. Ils réagissent en étant effrayés mais pas aux mêmes parties de la vidéo que moi, c’est étrange, c’est comme si ils voyaient autre choses.

Voici la vidéo, peut-être que vous comprendrez mieux que moi :


mardi 12 février 2013

Les poupées de bébés

Dans la campagne du sud de l'Illinois, une chaîne de jouets avait commencé à vendre des poupées de bébés « réalistes » aux mères enceintes. Mais il semblerait qu'une fois que la mère avait eu son enfant, le jouet se mettait à pleurer. Bercer le bébé comme l'indiquait la publicité ne fonctionnait pas, il était même impossible de l'arrêter sans le secouer.


Lorsque la poupée commençait à pleurer, le parent devait la frapper. Par la suite, il devenait de plus en plus difficile de la calmer avec les coups et les fessées. La seule chose qui paraissait pouvoir faire taire la poupée de bébé était le fait de lui frapper violemment la tête contre le mur afin de détruire le mécanisme qui activait les pleurs.


En plus d'une occasion, des voisins ont appelé les autorités pour dénoncer une maltraitance infantile ; et lorsque la police arrivait sur les lieux, elle retrouvait des bribes sanguinolentes d'enfants qui tachaient les murs et le sol. Dans plusieurs de ces cas, la mère ne comprenait pas pourquoi la police était là. Elle répondait simplement qu'elle s'était « juste débarrassée de cette stupide poupée », et disait cela d'un ton calme tout en berçant dans ses bras un ballot en forme de nourrisson.
Traduction : ChubbyCrow

Google Maps 3D

Le 21 décembre 2011, un utilisateur anonyme a posté sur le salon /x/ de 4chan un message qui donnait de simples instructions sur une adresse à taper sur Google Maps. L'adresse était celle d'une résidence à Nancy, Lorraine, France. En navigant via la recherche 3D de Google Maps, l'image ci-dessous a été trouvée.






Des discussions ont eu lieu à propos de ce que la créature que nous voyons sur cette photo peut bien être. La réponse la plus probable qui a été retenue disait qu'il s'agissait d'un porte-planche de surf.


Cependant, pendant le débat, Google Images a censuré la créature. Ce qui nous amène à nous poser cette question : pourquoi Google l'aurait-il masquée, à moins que ce soit quelque chose qu'il tient à garder secret ?


Ce que l'on voit sur l'image n'a toujours pas été résolu, néanmoins, les recherches et hypothèses demeurent actifs.


Pour les curieux qui souhaiteraient voir ça de plus près, voici l'adresse : 8, rue Docteur Grandjean, 54 000, Nancy, France. 
Traduction : ChubbyCrow

Encore une fois, je remercie le 15-18 pour son courage car des forumeurs se sont rendus sur les lieux et ont pris des photos des lieux dont je vous partage l'une d'entre elles. Bravo à vous, les gars !

Topic de l'origine de la photo en dessous :

http://www.jeuxvideo.com/forums/1-50-126838304-6-0-1-0-creepy-monstre-sur-g…

Le Sammy - Le fantôme de la Grande Guerre

(Note : on appelait Sammy les soldats américains venus en Europe pendant la Première guerre mondiale, en référence à Uncle Sam).


On raconte que dans la forêt de l'Argonne en France, pendant un jour précis de l'été, on peut entendre un bruit lointain de tonnerre, puis rencontrer un homme enveloppé dans le brouillard et vêtu d'un ancien uniforme militaire. Il vous fera signe de le suivre. Si vous refusez de le suivre, on retrouvera votre cadavre dans la forêt. La cause de la mort : des lacérations dues à des éclats d'obus shrapnel. Si vous le suivez, vous survivrez. Il vous conduira jusqu'à un champ encore marqué par les cratères de la Grande Guerre.


Finalement, le brouillard va s'intensifier, et à travers lui, vous verrez des milliers d'hommes charger vers une mort certaine face au feu des mitrailleuses. A cet instant, posez le regard sur l'homme que vous avez suivi. Il hochera la tête et une balle perdue le touchera, imitant sa mort survenue il y a près de cent ans. C'est un Sammy, l'âme perdue de la Grande Guerre, et il veille sur ces champs pour l'éternité en aidant les voyageurs perdus à retrouver leur chemin hors de la forêt.


Mais il ne le fait pas sans leur avoir rappelé le prix de notre vie dans l'ère moderne.

Traduction : ChubbyCrow

Le miroir


Tu te souviens de ce miroir dans ta chambre ?




Celui que tu as décroché la semaine dernière ?




Tu ferais bien de le remettre en place très vite.




Cela me manque beaucoup de te regarder quand tu dors.


Traduction : ChubbyCrow

Les coins sombres

Dans pratiquement toutes les bâtisses, il existe un coin, une petite parcelle que personne ne regarde, jamais. C'est le coin dans le sous-sol qui est bloqué par le canapé entreposé là depuis des années, ou l'espace étroit dans le grenier entre le mur et les tas de cartons remplis d'objets que vous n'utilisez plus mais que vous refusez de jeter. C'est l'espace qui ne voit jamais la lumière du Soleil ni aucune autre lumière. Là où les ténèbres non seulement règnent, mais filtrent également autour des murs de leur prison.


Personne ne sait pendant à peu près combien de temps un endroit doit rester oublié avant d'acquérir cette caractéristique, ni si cela nécessite certaines conditions. Mais il reste une chose bien plus évidente à laquelle vous avez sûrement déjà pensé.


Dans les constructions récentes, lorsque ça arrive, les habitants racontent la plupart du temps avoir eu froid en passant à côté. Y compris dans les greniers pendant les étés les plus chauds. A chaque fois que l'envie leur vient de jeter un coup d'oeil furtif à cet endroit afin de voir s'il y a quelque chose, un effroi les saisit. Ils quittent la pièce rapidement, en courant presque. Une fois que l'espace dissimulé est laissé derrière la personne, cette émotion disparaît et ne tarde pas à être oubliée voire moquée.


Que se passe-t-il réellement dans ces sanctuaires des ténèbres qui ont été oubliés ? C'est impossible à dire. Tandis que nombre de ces coins n'ont absolument rien révélé d'inhabituel, des âmes courageuses ont perdu leur équilibre après rien de plus qu'un regard furtif au mauvais moment. La chose la plus sûre à faire lorsque vous rencontrez un tel phénomène : fermez les yeux, partez de cette zone en un seul mouvement, et gardez bien à l'esprit ce que vous venez d'éviter. Peu importe ce que vous entendez ou ressentez, n'y revenez pas, ne regardez pas autour de vous, et surtout, n'essayez pas de vous boucher les oreilles.


Vous pourrez peut-être faire partie des chanceux.
Traduction : ChubbyCrow

dimanche 10 février 2013

Il vit en toi

Il fait très noir. Mais il y a une lumière. Elle est trop vive, elle m’aveugle. Elle vient vers moi à toute vitesse. Alors qu’elle m’a atteint, elle a disparu. Maintenant j’ai mal. Partout. La douleur est insupportable. Et puis d’un coup tout s’arrête.


Je me réveille, je suis dans mon lit. Je tourne la tête et regarde le réveil. Bon sang il est presque midi ! Pourquoi Diana ne m’a-t-elle pas réveillé ? Et puis pourquoi il fait si noir ? Elle sait pourtant que je déteste dormir avec les volets fermés ! J’aime être réveillé par la lumière du soleil. Je me lève et je cherche la porte à tâtons. Qu’est ce qu’elle est loin cette porte ! Je me sens vraiment pataud… Et je ne me rappelle pas de ce que j’ai fais hier soir… Il faut vraiment que j’arrête de boire autant en soirée…


Je trouve enfin la porte et l’ouvre. Je mets quelques secondes à m’habituer à la lumière. Je traine des pieds jusqu’à la cuisine. Je tourne à droite… Tiens c’est la salle de bain ? Je ne suis vraiment pas réveillé ce matin… Je reviens sur mes pas. Il y a quelque chose qui cloche. Les pièces ne sont pas à leur place. Je finis par comprendre que je ne suis pas chez moi. J’ai du rester dormir chez le pote qui a fait la soirée hier. Mais cette maison ne ressemble à aucune de celles de mes amis. Un chien arrive d’une pièce à gauche et vient me faire la fête. Je le fais dégager d’un coup de pied. J’ai horreur des chiens, j’y suis allergique. En déambulant dans la maison, je finis par trouver le salon. Une femme aux boucles blondes est en train de prendre un café sur le canapé. En me voyant, elle sourit, se lève et vint m’embrasser. Merde mais c’est quoi ce bordel ? J’ai quand même pas trompé Diana sous l’effet de l’alcool ?


« Tu as bien dormi Ben ? »


Ben ? Je ne sais pas qui est Ben, mais elle doit me confondre avec quelqu’un d’autre. C’est bien ce que je craignais, on a du faire quelque chose elle et moi…


« Euh désolé, moi c’est Lucas. On est chez qui là ? »


La femme fronce les sourcils et me dévisage. Il va falloir qu’on ait une petite discussion tous les deux… Histoire de mettre les choses au clair. Diana va me tuer… Je cherche autour de moi les indices d’une soirée. Des cendriers plein, des bouteilles d’alcool, des confettis… Mais rien, la maison est parfaitement en ordre. On dirait plutôt une de ces maisons clichés de la parfaite petite famille. Même le chien est là.


« Lucas… ? »


Je me tourne vers la femme. Elle a l’air désorienté. Et je peux la comprendre. Je me demande de quoi elle se rappelle.


« Ouais. Excuse moi mais je me rappelle pas ce qu’il s’est passé hier soir, tu veux bien me faire un résumé ? »


La femme pose sa tasse et m’observe l’air inquiet.


« Ecoute Ben, je comprends que tu sois désorienté… Le docteur a dit que ça pouvait arriver, il va te falloir un peu de temps pour te remettre de l’opération… Tu as pris tes médicaments ? »


Mon sang se fige. Une opération ? Mais bordel qu’est ce qui se passe ici ? Je me réveille dans une maison qui n’est pas la mienne, je ne me souviens de rien et une femme que je ne connais pas m’appelle Ben et m’apprend qu’on m’a opéré ! Je réfléchis un instant. C’est une blague, oui c’est forcément une blague ! Cette solution s’impose à moi comme une évidence. Cette fois mes potes sont allés vraiment loin ! Je fais un grand sourire, soulagé.


« Ok, c’est bon les gars, je vous ai crus, j’ai marché. Maintenant où est la caméra ?
- De… De quoi est ce que tu parles Ben ?
- Bon ça va, plus la peine de m’appeler comme ça, j’ai compris, mes potes m’ont fait une blague hein ? C’était bien joué, bravo ! »


Maintenant la femme blonde m’observe l’air alarmé. Son regard est trop sérieux pour qu’elle joue la comédie. Mon cœur se serre.


« Ecoute Ben… Je ne sais pas à quoi tu joue, mais ce n’est pas drôle. »


Mes jambes se mettent à trembler. Je cherche une explication. Comment faire pour démêler le vrai du faux ? Je me précipite devant un miroir. Je manque de m’évanouir. Ce n’est pas mon reflet. L’homme que je vois dans le miroir est brun, bien bâti, avec une barbe de trois jours. Je cherche la cicatrice que j’ai sur le ventre depuis que je suis tombé à vélo, quand j’avais 5 ans. Mais elle a disparu. Je me mets la tête entre les mains et réfléchit à toute vitesse. Mais qu’est ce qu’il se passe ? La femme s’accroupit près de moi.
« Ben ça va ? Dit quelque chose ! »




[…]




J’ai eut une discussion avec la femme. D’après elle, je m’appellerais Ben Fournier. Elle, ce serait Laura, ma femme. Cette maison serait la mienne. On aurait une petite fille de 6 ans, mais elle serait à l’école. Pourtant c’est impossible ! Cette vie… Cette maison, et même ce corps, ce ne sont pas les miens, je le sais ! Je me souviens parfaitement de ma vie. Je m’appelle Lucas, j’ai une copine, Diana, mais on est pas mariés. Ça fait un moment qu’elle me parle de gosses, mais je suis vraiment pas tenté. Et comment j’aurais pu avoir un chien ? Je les évite toujours ! Rien à voir avec cette vie qui est sensée être la mienne ! D’après Laura, il y a quelques semaines, je me serais fait opérer. Une greffe de cœur. Le mien était en train mauvais état. J’aurais eut beaucoup de chance d’avoir un donneur aussi rapidement.


Laura ne comprend pas pourquoi je ne me souviens de rien. Elle me montre des photos pour essayer de me faire retrouver mes souvenirs, mais je reste persuadé que ce ne sont pas les miens. Je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne trouve pas d’explication logique. Laura finit par téléphoner à l’hôpital, et le docteur en charge de mon dossier médical accepte de nous recevoir. Je n’ai pas envie d’avaler quoi que ce soit, nous allons directement à l’hôpital.


« Je vais conduire…
- Non je vais le faire, ça m’évitera de réfléchir. »


Laura cède, non sans inquiétude, je le vois bien. Elle pense sans doute que je suis trop perturbé pour conduire. Peut être même qu’elle croit que je suis fou. Même moi je ne comprends plus rien. On arrive à l’hôpital. Une fois dans le bureau du docteur, nous lui expliquons la situation. Celui-ci nous observe par-dessus ses lunettes, les sourcils froncés. Il nous écoute sans nous interrompre.


« Docteur est ce que… » Laura me jette un coup d’œil. « Est-ce qu’un patient peut avoir des pertes de mémoire après une intervention chirurgicale ?


- Ecoutez, je n’ai jamais entendu parler d’un cas pareil… Une opération n’est pas sensée avoir de telles conséquences… Je ne pense pas que ce soit lié. Ce doit être un problème psychologique… Avez-vous… »


Quelqu’un frappe à la porte et une infirmière entre.


« Docteur, excusez moi de vous déranger, mais nous avons un problème, pouvez vous venir un instant ? »


Le chirurgien se lève.


« Excusez moi un instant, je reviens tout de suite. »


Laura et moi restons silencieux. Je fixe mon dossier médical, posé sur le bureau. Une idée germe dans mon esprit. Je n’ai pas le droit, mais il faut que j’essaye… Je me tourne vers Laura.


« Ecoute, je meurs de faim… ça t’embêterai d’aller me chercher quelque chose à manger au distributeur ?
- Oh, non bien sur, qu’est ce que tu veux ?
- N’importe quoi, une barre de céréale… »


Laura se lève et quitte le bureau. Je ferme la porte et me précipite sur le dossier. Je tourne rapidement les pages, espérant trouver quelque chose. N’importe quoi. Peut être que j’ai une maladie mentale, des hallucinations, et qu’on n’ose pas me le dire. Je dois savoir la vérité ! Dans ma précipitation, une feuille s’échappe du dossier. Je me penche pour la ramasser, et j’ai comme une sorte de flash back. La dernière chose dont je me souviens avant de me réveiller dans cette maison inconnue. J’étais allé chercher ma carte de donneur. Je voulais que s’il m’arrive quelque chose, mes organes puissent être récupérés pour des personnes qui en avaient besoin. En sortant, j’ai traversé. Je me suis rendu compte que j’avais fait tomber mon portefeuille au milieu de la route. J’ai fait demi-tour pour le récupérer. En relevant la tête, j’ai vu les phares d’une voiture. Foncer droit vers moi.


Je relève brusquement la tête et me cogne dans le coin du bureau. Je m’assois, le souffle court. Alors j’aurais été opéré pour ça ? J’aurais eut un accident ? Non ça ne tiens pas la route… Et puis ça n’explique pas pourquoi je ne me souviens pas de ma vie… Je remets la feuille dans le dossier. C’est celle des détails de ma greffe. Puis mes yeux tombent sur un nom. Le mien. Lucas Moreau. Dans la case du donneur.

Never return

Je connais une jeune fille de ma classe qui pratique du piano. Je ne suis pas son amie, mais elle habite en face de chez moi, et je l’entends souvent jouer. Cette jeune fille n’a pas beaucoup d’amis. A vrai dire, elle est lunatique. Ses humeurs changent souvent, je le remarque quand la nuit, elle joue des airs effrayants au piano.

 
D’ailleurs, son instrument fait un bruit très fort, au milieu de la nuit, je me demande si ses parents la laisse jouer, ou tout simplement qu’ils ne soient pas là, mais c’est assez étrange du côté que parfois, il y a cours le lendemain. Le soir, quand il est très tard le week-end et que je reste sur l’ordinateur, je la vois assise devant son piano à travers la fenêtre. Cette fille est magnifique. Une blonde. Une fausse blonde. Aux cheveux noués, et une frange qui lui cache presque son œil droit. Ses yeux sont bleus, très clairs, mais son regard est toujours vide, à l’école, elle reste seule. Elle lit souvent un livre nommé Une île, rue des oiseaux. Un livre que j’ai lu, qui parlais de Juifs dans un ghetto, et qui se faisaient tués un par un, dans les pires souffrances. 


 
Cette semaine, Noémie, c’est son nom, n’était pas là. Durant une semaine, on ne l’a pas vu en cours, ni nulle part. Son absence se faisait ressentir, l’ambiance était lourde. Ses volets étaient fermés, je n’entendais plus aucun son provenant de sa maison. Puis un Lundi matin, elle a réapparu. Mais au long de cette semaine d’absence, tout le monde l’avait oublié. Même le professeur avait oublié de prononcer son nom...

 
Au bout d’un mois, elle a disparu à nouveau. Mais un soir, j’ai ré-entendu le son de son piano, un air de tristesse, voire dépressif, alors je me levai de mon lit, il devait être 3h du matin, quelque chose comme ça. A la fenêtre, je m’appuyais sur mes deux coudes, et j’écoutais la mélodie, n’ayant pas remarqué qu’elle m’avait vu, puis quand j’ai remarqué qu’elle s’était arrêtée de jouer, j’ai levé la tête, elle me regardait depuis sa fenêtre. Puis elle éteignait la lumière, après ça, je suis repartie me coucher.

 
 C’est que le lendemain, qu’elle est revenue. Puis au bout d’une semaine elle a encore disparu. Épuisée par son absence, tous les gens de ma classe et moi-même sommes venus lui rendre visite chez elle. La porte était ouverte, alors je suis rentrée tandis que les autres restaient dehors, il n’y avait personne. Les volets étaient clos, ne laissant passer que très peu de lumière, je visitai et tomba sur la fameuse pièce au piano. Je m’assis sur le siège qui était devant, et commença à jouer quelques notes, le son était affreux. Comme si le piano ne marchait plus. Pour trouver la solution à ça, sans que Noémie revienne et trouve son piano cassé, et qu’elle pense que ce soit moi, j’ai soulevé la partie arrière de celui-ci. Et j’ai compris pourquoi il ne fonctionnait pas. Il y avait deux cadavres qui bloquaient les cordes. Une femme, et un homme... Un père, et une mère...
 

 
J’essayais de sortir les deux corps en appelant à l’aide, espérant que les autres dehors m’entendent, quand le piano s’est mis à jouer, seul. Je laissai les cadavres sur le sol, et m’assis devant le piano. Je pris la tablature cachée derrière d’autre feuilles sur un meuble, et lis le titre de la chanson.  
 

 
« Schalten Sie nicht. » ...

Le trompeur et le drogué

Mes rapports avec la société ont toujours été ténus. J'étais la face honteuse du "SDF", celle qu'on dénomme clochard, la malodorante, la violente et la marginale. Maintenant mes paumes affichent deux cicatrices d'aspect horrible et plus jamais on ne me tendra une main généreuse, le dégoût prenant le pas.

C'était un soir d'hiver où il gelait spécialement fort; tous les foyers étaient pleins, il était tard; aussi je parcourais les rues à la recherche d'un abri pour la nuit. J'aperçus alors une vieille demeure aux fenêtres tristement éteintes, les volets cassés et les murs parcourus de lézardes. Reconnaissant là un lieu vide et chaleureux, je m'introduisis par la porte aux gonds grinçants et commençai à explorer la maison à la recherche d'un coin confortable. On n'entendait que mes pas sur les décombres.

Or donc comme j'atteignais le premier étage, j'entendis un feu crépiter dans une pièce. Rassuré à l'idée de ne pas être seul, je poussai une porte derrière laquelle vacillait une lumière, découvrant une pièce vide uniquement meublée d'une imposante cheminée de marbre noir. Un homme était assis devant dans la poussière et contemplait les flammes. A ma grande surprise, il était habillé avec une certaine classe: un haut-de-forme trônait à ses côtés et les reflets sur sa veste indiquaient qu'elle était en satin.

<< Salut vieux. Vous me faites une place ?

- Bonsoir. Ma foi oui, asseyez-vous. >>

Le feu était faible et ne dégelait mes doigts qu'avec peine. Ne pouvant y tenir, je lançai:

<< Vous avez du bois ? On caille et le feu va s'éteindre.

-Il durera le temps qu'il faut >> Répondit-il sans cesser de fixer l'âtre.

Trop fatigué, trop gelé pour bouger de ma place, je sortis de mon barda une bouteille de gnôle pour me réchauffer. J'avalai donc une gorgée sans penser à rien, tendant machinalement ma main libre vers le feu, et m'étouffai de surprise en m'apercevant que ce feu était FROID.

<< C'est bizarre, dites, on dirait que ça ne chauffe pas.

- Oh... Sans doute. > Répondit l'autre sans se retourner.

<< C'est possible ?

- Je ne suis pas physicien. >>

Je pris finalement la décision de me lever pour chercher un combustible et tombai sur les débris d'une chaise. Je plaçai immédiatement le bois dans la braise, et aussitôt la pièce s'illumina d'une lueur renouvelée.

<< Pour sûr, ça éclaire, mais ça chauffe pas plus.

- Au point où vous en êtes, rapprochez-vous. >>

Je m'exécutai. Mais à quelque distance que je me trouvais, c'était le même froid glacial.

<< Toute la chaleur vient des braises.

-Allons bon. Vous êtes pas physicien, que je sache ?

- Mais c'est vrai. >>

Je me rappelai soudain les longues soirées au coin du feu, qui remontaient à ma petite enfance. Il avait raison: le foyer irradiait tant que quelque chose rougeoyait au fond.

<< Réchauffez-vous donc, prenez-les.

- Mais...

- Que risquez-vous ? Ce n'est pas très chaud, vous vous en êtes rendu compte. Juste assez pour vous réchauffer. >>

Etait-ce l'effet de l'alcool ? Toujours est-il que je le fis. Je tendis les mains à travers les flammes sans rien sentir, et m'emparai d'un gros fragment incandescent. C'était vrai: la braise était juste un peu tiède, et c'était émouvant de voir cette petite chose presque vivante au creux de mes mains. J'approchai mon visage. Le fragment dégageait une odeur délicieuse; une odeur de cuisine où l'on préparerait de bons petits plats...

Me pelotonnant contre mon foyer portatif, je relevai alors la tête et m'aperçus que l'homme s'était retourné et qu'il me regardait. Il y avait dans ses yeux une lueur vraiment horrible, et son visage affichait un sourire malsain.

C'est quand je vis les dents sales et aigües dans sa bouche tordue que je ressentis une violente douleur aux mains. Lâchant subitement la braise devenue brûlante, je m'aperçus que le feu s'était lui aussi remis à chauffer. Je hurlai de douleur en contemplant mes mains affreusement mutilées, tandis que l'homme éclatait d'un rire atroce.

Sans prendre la peine de ramasser mes affaires, je pris la fuite aussi vite que je pus en serrant dans mon manteau mes paumes douloureuses. Je ne me retournai pas, mais le rire sardonique était encore audible... Ah! Ce rire...

Et voilà où j'en suis à présent. On m'admit brièvement à l'hôpital pour panser mes plaies - accueilli avec des mots comme << Mais qu'a-t-il encore fait... >> Les gens qui demandaient ce qui s'était passé ne croyaient pas un mot de mon histoire. Après tout, qui croirait un alcoolique ? << La boisson lui aura aboli les sens, voilà tout... >>

Je ne pus jamais remettre la main sur l'homme. En retournant dans la maison abandonnée, je pus retrouver mon baluchon et mes bouteilles, mais il n'avait laissé aucune trace. Et vous, je vous ai probablement mis un peu mal à l'aise, mais vous n'en croyez rien, n'est-ce pas ?


Vacances inoubliables

L’obscurité était à présent totale. Des rafales glaciales battaient dans nos cheveux. Les grillons jouaient leur symphonie nocturne. Une symphonie que nous allions bientôt découvrir sinistre.

Moi et mon frère nous dirigeâmes vers le cimetière, afin d’accomplir notre délire d’adolescents attardés. Nous étions en vacance sur la côte croate. Comme chaque année nos parents nous amenaient vers une destination exotique pour « ouvrir notre horizon », disaient-ils. Dans la monotonie du quotidien, nous avons voulu pimenter notre séjour. Un piment peut-être trop fort pour nos langues légères. Les beaux paysages, les bruits des vagues se cassant sur les falaises et l’inactivité du bronzage n’étaient pas suffisants pour nous.

- Allume la lampe, lui dis-je, je ne vois rien !
- Quoi tu trembles déjà du genou ? me dit mon frère avec un sourire et un relèvement de sourcil idiot.

Mon petit frère était un adolescent dans la fleur de l’âge. Il collectionnait les boutons et la fainéantise des journées improductives. Il était doué d’une assurance à l’italienne, le style d’assurance qui s’effrite à la moindre gravité. Mais plus que son assurance, s’était sa touffe de cheveux qui me faisait sourire à chaque fois que je le regardais discrètement du coin de l’œil. Quant à moi, on me qualifiait souvent d’égoïste et de narcissique, bien que je me voyais plutôt comme un gars posé et altruiste. Il y avait là matière à réflexion.

Nous marchâmes sur un petit chemin rudimentaire, aménagé spécialement pour les touristes descendant sur la plage, et nous venions de nous enfoncer dans un passage devenu lugubre une fois la nuit tombée. Les ténèbres enveloppaient la moindre parcelle de matière et sans lumière la probabilité de se péter une cheville était plus que positive.

Nous descendîmes l’escalier, guidées par notre fidèle lampe a dynamo et nous avions enjambés le portail entre-ouvert du cimetière. Craquement sinistre.

- Après avoir vu « Devil's Inside », je dois t’avouer que ça me fou un peu les boules, se plaignit l’enfant aux cheveux sauvages.
- Mais non, arrête tes bêtises, tout ira bien, lui promis-je !

Nous avions choisis un coin assez confortable pour débuter la séance de spiritisme.

- Comment est-ce qu’on fait ? me demanda-t-il.
- Eteins ta lampe, lui recommandais-je.

Obscur. Le cimetière était petit, les croates devaient enterrer leur morts debout, sûrement pour économiser les parcelles cultivables. Le peu de croix en hauteur se découpaient avec une âcre nostalgie sur un ciel étoilé. Le faible éclairage de la lune rebondissait sur l’assemblage des atomes qui formait les pierres tombales. Le vent se levé par intervalles, plus fort, plus puissant et caressait maladroitement les arbres qui se tordaient dans un craquement sinistre, des cris d’effrois, des cris qui nous demandaient de quitter les lieux. Un frisson dans le dos.

Le plus sincèrement, je voulais en finir au plus vite. Je reprenais du courage, me raclait la gorge et fusé :

- Ô esprit du vent, de la mer et de la terre, éveillez-vous, donner nous un signe de votre existence, je vous invoque !

Le vent s’était quelque peu calmé, mon frère avait suivis mes recommandations ; yeux fermés, esprit clair, ne penser qu’à une chose et se concentrer sur ma voix. Comme rien ne se produisit, je continuais :

- Esprit des morts, des décédés, des macabés, nous sommes venus empiéter sur votre demeure, apparaissez-nous !

Une rafale de vent nous percuta, moi et mon frère, nous donnant, à coup sûr, la chair de poule a tous les deux. Certain que rien ne se produirait ce soir là, je mis les bouchées doubles, une dernière fois :

- Esprit des corps putrides qui gisaient lamentablement dans ce vieux et morne cimetière, je vous ordonne de vous montrer, moi humain arrogant qui a surement plus de chance d’être en vie que vous, avais-je lâché lourdement et avec, certes, une pointe d’ironie humoristique.

Mon frère avait ouvert les yeux et me regardait. Il avait surement dû comprendre que c’était HS pour la soirée, aussi avait-il continué sur un ton exaspéré :

- Rien !

Brusquement, avant que je puisse continuer sa profonde réaction verbale, dans un coin du cimetière, un bruit. Des pleurs. Des pleurs de bébé. Là, sur une tombe, gisait quelque chose. L’instinct de survie de mon frère le poussa vers moi, s’accrocher à mon bras dans un « Putain », involontaire. Il espérait surement que je fasse quelque chose, j’étais le grand frère, celui auquel reviennent les responsabilités en cas de pépin. Quant à moi, j’étais tétanisé, mon cerveau était court-circuité, moi qui aimait prévoir et calculer chaque chose je venais de me prendre une douche froide ! Que dise-je ? Une douche glaciale ! Un bain de minuit dans l’océan hivernal !

- Enzo, merde, j’ai peur, fait quelque chose, gémit-il avec une voix cassé, aux bords des larmes.

Les pleures étaient déstabilisants, les pleurs d’agonie d’un bébé, de souffrance, des pleurs de mort, de fin, les larmes qui vous veulent du mal. Je me ressaisi partiellement :

- Assez, foutons le camp d’ici !

Je poussais le petit devant pour lui éviter d’avoir cette intense angoisse que les gens ont, quand ils sont accompagnés par la peur, toujours l’impression qu’ils vont se faire saisir par derrière par une main ou pire, une chose maléfique. Je tremblais de partout, mes jambes étaient soutenus par mon instinct de protection familial, un froid glacial m’avait envahi, et nous nous sommes mis à courir, aussi vite que possible, aussi fort que possible, tout en prenant soin de rester ensemble. Une fois arrivés à la résidence, nous nous sommes jettes en boule chacun de notre côté, dans le lit commun de la maison où nous habituons.

La nuit fut atroce, les pleures nous avaient hantés un long moment. Nous les entendions au loin comme des appels machiavéliques, sadiques, dirigées contre nous.

Le lendemain nous nous sommes pointés sur les lieux du cimetière et nous nous sommes excusées aux morts, dans l’espoir d’avoir leur bienveillance. Nous nous sommes juré de ne plus jamais les offenser et nous nous sommes plaints de notre stupidité. Cependant, comme vous vous en doutez, la vie n’est jamais ce que l’on pense être. Après avoir demandé aux parents s’ils n’avaient pas entendus des bruits suspects, nous étions certains que ces pleurs nous étiez dédicacés qu’à nous.

Quelle chance, une exclusivité ! La semaine qui a suivis notre séjour, chaque nuit, entre minuit et trois heures du matin, les pleurs nous donnaient rendez-vous. Nous n’étions plus que deux corps glacés par la peur dans notre lit, ne sachant pas nous encourager, ou même expliquer notre connerie, nous avions fait une bourde. Les mêmes lamentations provenaient du cimetière inlassablement. Ensuite la libération, le repos non mérité de deux curieux.

Nous avions espérés qu’en partant de la Croatie, tout cet épisode serait oublié, nous nous étions trompés. Après la Croatie, notre père voulait faire une halte pour une semaine, en Italie, histoire de revoir ses concepteurs et régler des détails avec notre future maison en construction. Même scénario.

Des pleurs. Avec cependant une légère variation ; le mécontentement de ce fœtus sorti de l’enfer provenait de derrière la porte d’entrée de notre cabane (nous dormions dans la maison en construction). Les lamentations semblaient s’être rapprochées...
Une fois de retour en pays résident…

- Pour quoi me quittes-tu, me dit-elle d’une voix cassée ?

Elle, c’était Yuna, ma petite amie. Son manque de réceptivité ne m’as pas vraiment plus, et je faisais plus de perte que de bénéfices sentimentales en sa présence. Alors que on venait de discuter pendant dieu sait combien de temps, elle me posait inlassablement la même question, en boucle, comme dans un jeu vidéo qui plante.

- Je viens de te le dire… et puis, j’ai ramené quelque chose de vraiment mauvais avec moi…

Comme à son habitude, elle me regardait avec des yeux implorants pour que je lui dise. Pour que je lui dise tout. Elle n’avait pas besoin de me le faire savoir, je l’avais deviné. Aussi me suis mis-je à conter mes péripéties… :

- Tu comprends ?! Cette chose, ce fœtus démoniaque, ce bébé sortis de l’enfer, il semble m’en vouloir, il hurle et pleure et crie, comme s’il étouffait, comme s’il on l’avait noyé à la naissance ou délaissé, ses cris me percent les tympans et chaque soir il est là, il véhicule la peur, l’effroi, il est dans ma chambre... Il se rapproche toujours un peu plus, et je n’ai pas la force de me lever, de le regarder, de le prendre dans mes bras, il est maléfique, ça se sent, il m’en veut à moi pour ce qu’il lui est arrivé, il est en colère, il a la rage, il veut me faire payer.

La seule nuit où j’ai essayé de l’approcher, j’ai vu là, gisant sur le parquet de ma chambre, une couverture l’enveloppé, l’intérieure était tout noir, sûrement une chose carbonisée, je n’arrivais à apercevoir aucune forme, une forte émanation et odeur nauséabonde, un corps brulé. Et plus je m’approchais, et plus les pleurs augmentaient en intensité, en s’étouffant, ils brouillaient mon âme, ma vue, mon ouïe, jusqu’à ce que je m’évanouisse de peur. J’étais tétanisé.

Et elle me regardait, elle voyait les cernes sous mes yeux, la dégradation de ma santé mentale, elle regardait un fou, qui bavait la folie :

- Laisses-moi t’aider, me supplia-t-elle…

Et je l’avais quitté sans un regard, quelque chose au fond me disait qu’il ne fallait pas que j’empire la situation, qu’il était déjà peut-être un peu trop tard…

Il était presque minuit, je me roulais en boule dans ma couverture, me tournait face au mur pour être dos à la vision ouverte de ma chambre, je mordais des dents et je m’apprêtais à encaisser. Je savais qu’il reviendrait, alors j’attendais.

*Pleurs*

Juste là, à côté de mon matelas, tout près. Plus près que jamais. Les larmes me montaient aux yeux, j’étais seul, isolé, poussé dans les derniers retranchements de ma propre folie, de ma malédiction, de ma démence, quand soudain… Les pleurs s’étaient arrêtés. Je restais figé, là, dans le noir, plus aucun bruit, et j’étais certain qu’il n’était même pas trois heures. Que pouvait-il se passer ? Ne pas se retourner, surtout pas, ne pas donner un jeu facile au diable.

*Rires*

Un petit gloussement enfantin avait surgi de tout prés. Des petits bruits de pas, un enfant qui court. Un bruit de pieds nus sur le plancher. La peur me gelé les sens, mon corps était très froid, ma démence devenait corrosive, ma respiration s’accéléra.
Une pression sur le lit.

Le bambin avait monté sur mon matelas, était debout et me contemplait, je le sentais, je sentais sa respiration saccadé, ses petits yeux noirs me scrutaient, son sourire carnassier aux dents pointues, sa peau carbonisée et les lambeaux de chair qui tombait sur me draps, je sentais même ses cheveux brûlées sur un crâne décomposé par le feu et son visage défiguré et ravagée par les flammes. Mon cœur battait a s’en rompre les artères. Il tira sur ma couverture, de ses petites mains charnues et infernalement potelées.

Je ne supportais plus le noir, cette présence pesante, étouffante, cette odeur, ces nuits d’effrois, cette existence démente et chaotique. J’enlevais ma couverture, je me retournais, et je le vis…