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mercredi 25 mai 2011

Teddy




C'était en 1990, quand j'avais 8 ans. Moi et ma famille habitions un quartier d'une petite ville, vraiment petite, je ne me rappelle même plus de son nom.

Mais toi, tu le connais puisque mamie (ma mère donc) t'a léguée la vieille maison ou j'ai passé mon enfance.

Une fois que tu auras lu cette lettre, tu comprendras que je ne souhaite pas y retourner.

Je m'en souviens comme si c'était hier. Mon frère Marc, qui avait 13 ans, est tombé du toit de la maison.

Je dis tombé car ce n'était pas un suicide. Il a été poussé. Tu va me prendre pour un malade mais je sais que j'ai raison.

Pourquoi un gamin insouciant et naïf comme lui se serait tué ? Pourquoi les inspecteurs disent qu'il s'est suicidé ? Ce sont eux, les fous, pas moi.

Moi, je sais pourquoi il est mort. C'est à cause de Teddy. Teddy avait toujours été là.

Depuis toujours il était dans cette maison perdue dans la campagne, depuis bien avant ma naissance. Depuis 1922, si l'on en croit son étiquette.

Teddy... Teddy me parlait bien souvent la nuit. Alors,maman venait, m'enlevait Teddy et me donnait des médicaments.

Elle disait toujours:

" Oh tu me rendras folle Thomas, tu me rendras folle ! Pourquoi tu crois que cette chose est vivante ! "

Après, je n'entendais plus Teddy, au moins pour la nuit. Mais j'avais l'impression qu'il me narguait.

Il était posé sur mon étagère et la fascination que j'avais pour cette petite chose se mêlait a un dégoût pour son ignoble sourire.

Souvent, j'ai voulu me débarrasser de Teddy. Toujours, je n'y arrivais pas... Je n'étais pas capable de le jeter.

C'était comme si il me marmonnait:

" Thomas, je suis ton ami hein ? Tu ne ferais pas ça a ton vieux Teddy, hein ? "

Et j'abandonnais et le reposait sur son étagère où il trônait fièrement.

J'avais peur de Teddy. C'était évident quand j'y repense, je n'aurais jamais dû lui faire confiance.

Non, je n'aurais pas dû l'écouter quand il m'a dit de pousser Marc quand on jouait sur le toit.

C'est Teddy le meurtrier, pas moi.

Il... Il a quelque chose qui pousse les gens a tuer... Il rend fou.

MAIS JE NE SUIS PAS FOU ! C'EST VRAI !!!

[Ce passage était un charabia incompréhensible, semblable à ce que pourrait écrire un fou paranoïaque.]


Fait bien attention si tu trouve Teddy, au premier abord, il est normal.

Mais, si tu le prends, dés que tu sera seul avec lui, il fera tout pour te rendre fou.

Prends soin de toi.

Ton père.

-

Marc venait de lire la lettre. Il croyait son père malgré ce qu'il avait écrit était vraiment étrange.

Il saisit l'ours en peluche qui paraissait le plus ancien, sorti de la vieille maison, pris son briquet et brûla la chose.

Mais sous le tas d'ours, il y avait un singe en peluche avec "1922" sur son étiquette..

Marc n'avait pas lu la fin de la lettre. Il n'avait pas fait attention...

-

PS:

Teddy, contrairement a ce que laisserait penser son nom, n'est pas un ours.

Auteur : Candy

Les apparences sont parfois trompeuses, comme on le dit si bien... Certes, Teddy est souvent le prénom pour un ours en peluche (Teddy Bear chez les anglophones) mais ce fameux prénom peut être celui d'une peluche qui n'est pas un ours, soyez prudents...

Edgar

Edgar est un vieux prénom, moche, gris, tout ce que vous voulez. En tout cas, plus personne n'osera porter ce prénom. Encore moins à Lontrade, petit village du Limousin.
Pourquoi Lontrade précisément ? Je vais vous expliquer.

Un ami à moi, passionné comme moi d'histoires d'horreur, est allé là-bas, une fois, en se trompant de route. Il revenait de vacances à Toulouse et remontait pour le Havre. Il avait été un peu déçu des vacances en elles-mêmes, mais du détour, il n'en garde que des bons souvenirs. Bref, quand il est revenu de Toulouse, il m'a dit qu'il y avait un truc trippant à Lontrade. Il a précisé un prénom, "Edgar". J'ai demandé des infos, il m'a dit que, pour en savoir plus, je n'avais qu'à y aller moi-même. Si lui, il dit que c'est trippant, alors ça devait l'être.

Quelques semaines ont passé après le retour de mon pote, j'ai enfin trouvé un week-end libre pour aller à Lontrade. Je part donc pour le petit village limousin, accompagné d'un pote du club de football, nommé Jules, et de sa grande sœur Yolande. La route était un peu longue, et le village était vraiment dans un trou perdu. Encore aujourd'hui, je suis étonné que le GPS connaisse ce coin paumé de la France. Nous sommes tous les trois arrivés là-bas vers 17 heures.

Lontrade, ce n'est ni plus ni moins qu'une route entourée d'un forêt peu dense, avec quelques maisons et une grande ferme, sur une route perpendiculaire à l'autre. Mes deux acolytes ont décidé de faire une petite marche dans les bois environnants.
A Lontrade, rien de spécial. Juste des vieux un peu fous, un couple de jeunes attachés à leurs racines, et un petit commerçant qui vend ses produits du terroir en tout bien tout honneur. Je n'hésite pas à aborder un quidam âgé dans une rue ( il n'y a que deux rues à Lontrade, de toute façon ) :

- Bonjour monsieur, voilà, je ne suis pas du coin, j'aimerais savoir certaines choses sur Lontrade, et si éventuellement vous pourriez me guider...

L'homme m'a répondu, sur un ton chaleureux et souriant que nous sommes à Lontrade, il m'a dit 2-3 trucs sur le village, son histoire, ses habitants. Ce bonhomme avait l'air d'être quelqu'un de très sociable, il m'a aussitôt proposé un café. J'ai refusé, et j'en suis venu à la question pour laquelle je suis venu : qu'est-ce qu'il y a de trippant dans le village ? Le vieux n'avait pas l'air de comprendre ma question, il faut dire qu'un vieux qui vit dans le Creuse ne doit pas être très à la mode, je lui ai donc donné le prénom qu'on m'a refilé : Edgar. Y'en avait-il un dans le village ?

Aussitôt, le petit homme trapu devint pâle, et tremblait en s'appuyant difficilement sur sa canne. Il semblait mal à l'aise. Il m'a demandé d'où je savais ça, j'ai répondu : "D'un ami qui est déjà venu ici".
Puis plus un mot. L'homme s'éloigne. C'était louche, je l'ai suivi.

Il est entré chez lui, dans une maison adjacente à la ferme. J'en ai conclus qu'il en était probablement le propriétaire. Il s'est assis sur une chaise vraiment vieille et usée, laissant la porte ouverte. Je suis entré, j'ai continué mes petites questions. J'ai été jusqu'à le harceler pour en savoir plus sur Edgar. Ça énervait le vieux, qui pour la première fois, se leva sans sa canne, et leva énergiquement ses poings. Première fois de ma vie que je vois un senior faire ça, même sous le coup de la colère

On a failli en venir aux poings ( Ce qui est assez cocasse, quand on voit qui est mon adversaire ), alors l'homme s'est résigné à me parler du fameux "Edgar". Il a repris sa canne, m'a proposé à nouveau un café, que j'ai cette fois accepté.

On a fait connaissance, j'ai appris que le vieillard s'appelle monsieur Linand. Il vit avec sa fille, un brin de femme d'environ 35 ans, divorcée. Le père a eu la garde du gosse. La petite famille vit bien dans sa maison, cependant, une vague de meurtres a rompu la monotonie de la petite bourgade, il y a une trentaine d'années. Pendant qu'il racontait son histoire, je me demandais « Ils foutent quoi Jules et compagnie là ? ». J'ai envoyé un sms pour leur dire où j'étais.

Linand m'a conduit, le soir, à la tombée de la nuit, devant un garage, bien caché, en recul de Lontrade. Il a ouvert la porte et aussitôt, une odeur de putréfaction a envahi les environs. A l'intérieur, un tas immense de cadavres d'animaux et d'humains, en train de pourrir. L'image m'a horrifié. Un liquide a coulé sur nos pieds, ça venait des corps. L'odeur était extrêmement acide, j'en ai pleuré. Linand m'a expliqué qu'il a découvert cet entrepôt de cadavres pourrissants pendant une partie de chasse avec son labrador. Il est le seul, avec Edgar, à connaître l'emplacement du bâtiment.

J'ai jeté un œil dans le tas de corps. Les viandes étaient entassées là, les chairs se détachaient lentement, rongées par des rats, certains animaux morts n'étaient plus visibles sous le sang et les moustiques qui s'agglutinaient autour des organes en décomposition. On pouvait lire l'expression souffrante des morts, comme si leur visage avait été figé juste avant de sa faire assassiner. Les traces de strangulations sont encore bien visibles. Certaines devenaient violettes. Contrairement à ce qu'on voit dans Saw, les corps restent longtemps dans un état à peu près reconnaissables.

Le vieillard m'a dit de n'en parler à personne, d'être discret. J'ai acquiescé d'un geste de la tête.
Edgar était l'auteur de ces meurtres depuis des années, m’a-t-il expliqué. C'était un ancien coiffeur de Lontrade, jeune à l'époque où il a commencé les meurtres, en 1987. Edgar tue tous ceux qu'ils soupçonnent être responsables de la mort de sa femme, lors d'une bagarre entre voisins. Le décès de sa promise l'a rendu fou furieux. Il assassine également les étrangers, qui foulent le sol de son village contre son gré. Car oui, Edgar était attaché à ses racines comme personne.
J'ai compris que je pourrais être tué si je restait. Je cherche à téléphoner à mon pote et à sa sœur, mais pas de réponse.

-Ils sont partis dans les bois ? disait le vieux. Alors ils sont morts. Edgar a fui de chez lui il a bien longtemps, juste après les meurtres. Sa fuite qui nous a servi d'aveux. On pense qu'il rôde dans les bois. Il connaît les têtes des gens à tuer.

J'ai eu la trouille de ma vie à ces mots. Je suis parti dans la forêt, sur un coup de tête, la peur au ventre, mais l'adrénaline en tête. J'ai paniqué, j'ai couru, tourné la tête, crié le nom de Jules, celui de Yolande, à en faire vibrer les feuilles des arbres. J'exagère peut-être un peu, mais j'étais vraiment paniqué. J'ai percuté quelque chose de mou au sol, j'ai cru voir le cadavre de quelqu'un mais non, c'était une branche. Je devenais fou !

Puis deux voix se sont élevés au milieu de mes cris, et j'ai reconnu les voix de Yolande et de Jules. Ils allaient bien, mais avaient trouvé un truc bizarre. Linand était d'accord pour nous héberger, en attendant le lever du soleil du jour suivant.

Le lendemain, moi, Jules, Yolande et Linand arrivons à l'endroit qu'ils voulaient me montrer : un corps pendu, encore en bon état. Le vieux a tout de suite reconnu l'homme suspendu à la corde : Edgar. Le cadavre avait une lettre de suicide dans la poche droite, que j'ai prise, Linand semblait soulagé que tout ça soit fini, maintenant, il n'y aura plus de meurtres à Lontrade. Nous avons échangé des numéros de téléphones fixes pour fêter ça. Linand a dit qu'il préviendrait les flics pour évacuer les corps du garage caché.

Je suis revenu chez moi, au Havre, content d'avoir vécu cette aventure frissonnante. J'ai raconté l'aventure au pote qui m'a parlé de Lontrade la première fois, il était fier de moi. J'ai ouvert la lettre de suicide avec lui, pour la lire. Elle ne contenait que ces mots, écrit avec une encre maculée :
"Je suis mort. Mais je peux encore tuer." Mon pote sadique a tout de suite voulu en savoir plus, moi, ça m'a inquiété.

J'ai voulu appeler mon vieil ami de Lontrade, pour le prévenir du contenu de la lettre. Réponse de sa part ? Une voix qui n'était pas la sienne. Elle disait :

"Je te l'avais dit, que je peux encore tuer".
Auteur : Loozar

Un tueur dont l'âme est déchue à cause de ses méfaits devient redoutable lorsqu'il regagne le monde des vivants pour assouvir ses crimes...

Creepy Kyubey

A l'origine Kyubey est l'Incubator ayant la capacité de transformer des jeunes filles pubères en puellae magae dans un dessin animé japonais. Mais il existe aussi une légende urbaine le concernant.

Creepy Kyubey serait le démon qui hante le patch MBApatchVerMAD.rar du jeu Magical Battle Arena. On ignore qui a créé ce patch, on a d'abord pensé à un adepte de la sorcellerie (vu la référence à Suspiria), mais on sait que quelque part, sa légende se fait connaître, il n y a qu'a regarder le nombre de fanarts représentant Creepy Kyubey sur Google pour s'en rendre compte.

Mais évidemment la véritable représentation de Creepy Kyubey demeure inconnue. Le patch MAD de MBA est désormais introuvable, depuis cette histoire avec une adolescente qui s'est suicidée après y avoir joué.

Le seul indice laissé par la jeune fille était bien entendu un texte dans lequel elle racontait avoir joué à une mise à jour étrange du jeu Magical Battle Arena sur PC. Dans son texte, Kyubey y est décrit comme une sorte de guide dans le choix du type de jeu. Et elle décrivait aussi une image qui l'avait marquée : celle de l'Incubator avec des trous sanglants à la place des yeux.

Je voulais en savoir plus sur cette histoire qui m'intriguait et (je dois bien l'avouer) me fascinait.



La première recherche que j'ai effectué était sur Google, mais rien d'intéressant hormis les quelques fanarts mentionnés plus haut.

Pourtant après quelques pages, un nom de site me semblait suspect.

Ce site s'appelait The Blue Iris... (l'Iris Bleue). Cela me faisait penser à un des textes de Kyubey dans le patch MAD de MBA.

Quand j'entrais sur le site, on retrouvait la question exacte de l'Incubator.

"Do you want to know the secret behind the blue iris?" avec un choix Yes ou No. Le No fermant tout simplement la page (chose assez étrange déjà), je finis par cliquer sur Yes.

Et là je découvrais une animation toute simple. Cela montrait Kyubey comme une ombre avec des yeux rouges, sa queue bougeait. Et il restait planté là. Je voyais venir le coup du screamer alors j'allais baisser le son de mon ordi quand soudain un autre texte apparut.



Ce texte était tout simplement une adresse hotmail.

Je me connecte donc sur MSN et j'ajoute l'adresse dans mes contacts.

Tout de suite après, un message Creepy Kyubey vient à vous s'afficha en bas à droite de mon PC avec un bruit buggé.

Mais c'est bizarre, d'habitude le message affiche "...vient de se connecter". Et ensuite Creepy Kyubey m'aborda.

"Bonjour.

- Salut, sympa le pseudo, tu t'es inspiré de l'histoire de la fille avec son jeu ?

- Quel jeu ?

- Magical Battle Arena.

- Ah, ce jeu. Normal que je m'en sois inspiré, je l'ai conçu... le patch je veux dire.

- OK, alors rassure-moi elle a pété un plomb cette fille. Je veux dire une tête de monstre peut pas sortir d'un écran comme ça et essayer de te bouffer.

- Je ne sais pas je n'étais pas là. Souhaites-tu me rencontrer ?

- Oui, je suis curieux de connaître ton point de vue.

- OK d'accord, je viens.

- Tu viens, mais t'as pas mon adresse ?

- Pas besoin de te demander.

- D'accord et tu viens quand ?

- TOUT DE SUITE..." Fin de la conversation



Bizarrement cela me foutait un peu la trouille, mais bon il bluffe, impossible qu'il soit chez moi alors qu'il ne sait même pas ou j'hab... attendez. Je reviens.



Fausse alerte. En fait il n'y avait rien, j'avais cru entendre quelqu'un frapper mais... tiens un lien envoyé par Creepy Kyubey sur MSN... je clique.



"I AM HERE !!!!!!!!!!!!"



Retour sur la suite de mon article.



Après ce message, j'ai cru apercevoir quelque chose dans mon écran d'ordi. Comme deux yeux sanguinolents me regardant fixement. Et ce I AM HERE en grosses lettres me fout encore la chair de poule.



Après ça mon imprimante s'est mise à fonctionner toute seule, et un dessin représentant une gigantesque demeure fut sorti.

S'en suivit une autre feuille ou le mot MAd était inscrit en grosses lettres.

Puis une troisième feuille avec un dessin représentant Creepy Kyubey avec ses yeux sanglants et où il était inscrit :

now, you know The sEcRet



Dernier paragraphe : il est là. Il va venir me tuer. Maintenant vous devez savoir.

Elles sont trois. Je pensais que c'était de la fiction, mais c'est vrai. Creepy Kyubey est le pseudonyme d'un fanatique, il a crée ce patch maudit dans le but d'asservir leur pouvoir démoniaque à travers le web... le réseau étant mondial, ainsi le mal se répandra plus vite sur le monde.



Trois démones redoutables.

- La première se fait appeler Soul Keeper (la Gardienne de l'Âme). Il y aurait d'autres personnes ayant son pouvoir et se faisant nommer tels quels mais la véritable Soul Keeper est un démon redoutable, prenant l'apparence d'un humain. Son regard peut tuer quiconque osera le défier.

- La seconde se fait appeler Mother (la Mère). Selon certains fanatiques elle serait à l'origine de la vie et aurait décidé de tout faire revenir à elle. Dans le néant. Son souhait est tout simplement d'éliminer le monde entier.

- La dernière se fait appeler Puella Daemon (fille démon), tout simplement un démon sous l'apparence d'une jeune fille.

Les trois ont leur lot de mystères et d'illuminés psychotiques pour leur donner de l'importance. Creepy Kyubey est de ceux là. J'aimerais que ça soit un simple malade, mais depuis que j'ai reçu ce dessin dans mon imprimante, je me sens affaibli. Physiquement et psychologiquement. Ils vont me tuer... Ils le doivent.



Ou je le ferai moi-même.
Auteur : Brian Gisborn/Hirano Kohta

Avant d'installer un Patch, un Mod ou d'autres fichiers " étranges " pour un jeu, vérifiez bien qu'il n'y a rien de louche et que des personnes ayant télécharger une de ces choses n'ont rien eu...

Le fantôme de Pierre Corneille

Première partie : Le train

Si vous êtes bon en histoire de la langue française, vous devriez connaître Pierre Corneille, un des plus grands auteurs français du XVIIe siècle, une fierté pour le pays gorgé de culture qu'est censé être la France. Corneille est né à Rouen, et c'est justement dans cette ville que l'anecdote que je vais vous raconter s'est déroulée.

En tant que fan de hockey et haut-normand de surcroît, il est fréquent que j'aille à Rouen pour admirer les Dragons en match. Rouen est un très bon club au niveau national, c'est pourquoi je prends du plaisir à aller les voir. Je crois que tous ceux qui sont originaires de Chamonix seront d'accord avec moi pour dire que le hockey est un très beau sport.

Au Havre aussi, on a un club de hockey, mais il joue en D3, ce qui équivaut à la quatrième ligue. Au football, cela équivaut à la CFA. Pour faire court, c'est un niveau relativement bas. Le hockey est un des rares sports où j'avoue la domination des rouennais sur les havrais.

Mais revenons à nos montons. Ou devrais-je dire...à nos Dragons. Ce jour-là, j'étais avec un pote, Kevin, que je connais depuis le collège. C'est notre passion pour le hockey qui nous a fait rencontrer. Pour aller voir le match, nous avions pris le train. Kevin avait bien sa Renault pour nous conduire à la patinoire, mais il tenait à son essence. Kevin est un bon normand bien de chez nous, pour ce qui est de la radinerie.
Il faisait un peu sombre ce soir-là, mais c'était normal, nous étions en Janvier. Le 18 Janvier, d'après les billets que j'ai gardés. Le ciel, légèrement couvert, accentuait la noirceur du ciel.

Dans le train qui nous menait à Rouen, il y avait des voyageurs qui parlaient à voix basse, des endroits où la peinture s'écaillait, des sièges usés et le bruit de l'engin qui avançait au milieu de la circulation dense de certaines agglomérations, et ça faisait sa petite ambiance. Moi et Kevin étions assis sur le coté gauche ( si on regarde de derrière ) du train. A un moment, Kevin a eu envie de pisser. Il est parti derrière, pour trouver des toilettes adéquates, qu'il a, heureusement pour lui, trouvé. Un peu plus tard, il est revenu. Vessie vide, mais tout pâle. Il s'est assis lourdement sur le siège, et a soupiré. Sa respiration était « tremblotante ». Ses mains aussi.

- Oh Kev', t'es tout blanc !
- Dans les chiottes...putain...j'ai trop flippé ! Tu te souviens quand on avait vu Le Cid au lycée ? Bah je crois que j'l'ai vu dans les chiottes ! 'fin...j'ai vu la fantôme de Corneille ! Tu sais, j'ai pissé, puis je me suis lavé les mains, et dans le miroir y'avait sa gueule, je me suis retourné mais y'avait rien !
- T'as fumé le bédo Kevin. Pierre Corneille en plus, il est mort à Paris, pas ici. Son fantôme peut pas être ici.
- Mais j'te jure !

On n'a pas cherché à aller plus loin, de toute façon la fatigue faisait aussi son effet sur notre mental. On est allé voir le match comme prévu. Rouen affrontait Épinal, et on a gagné 17 - 4. On était fier de notre grosse victoire, les Dragons avait sorti un gros match. Bref, après un petit passage au bar, on était tous d'accord pour dire que la soirée était réussie.

Mais quand on a voulu reprendre le train, Kevin a refusé catégoriquement. Il flippait encore. Je lui ai dit que c'était une illusion, qu'il était un peu parano, mais lui il m'a dit d'aller voir dans les toilettes au fond si je ne le croyait pas. Kevin, c'est un ami avant tout, alors, avec lui, on est allé au fond du train, en face de la porte. J'ai poussé la clenche et on a pu constater qu'il n'y avait là que des toilettes, tout ce qu'il y a de plus banal.

On s'est donc assis. J'ai mis mes écouteurs, puis, au bout d'une dizaine de minutes, j'ai eu envie de pisser. J'ai glissé ma paire d'écouteurs dans ma poche. J'ai filé dans les fameux chiottes hantés, et je me suis soulagé un bon coup. J'ai regardé dans la glace, par curiosité, et là...

Absolument rien. J'étais soulagé, alors que je n'avais pas peur à l'origine. Je crois que Kevin m'avait rendu parano. Puis mon pied a dérapé sur le sol, en voulant sortir. J'ai manqué de m'éclater l'arrière du crâne sur le lavabo. J'ai regardé sous mon pied : il y avait un livre. Son titre était Nicomède. Livre réputé de Pierre Corneille. C'est étrange que je ne l'ai pas remarqué en entrant.

J'ai eu un peu peur de la coïncidence entre l'illusion de Kevin et le livre que j'ai trouvé, donc, je l'ai ouvert. A l'intérieur, il n'y avait pas le texte habituel. En fait, il n'y avait pas de texte du tout, les pages étaient blanches. Je les feuilletais à toute vitesse, quand enfin, mon regard croisa une page avec une phrase écrite. Phrase simple, mais effroyable : « Es-tu vraiment seul ? Je suis bien placé pour te dire que non. ». J'ai eu un léger frisson, puis j'ai remarqué que plus aucun bruit ne sortait des wagons, plus aucune paroles, aucun bruit de train sur des rails. Silence total, et extrêmement pesant. Le temps s'était presque arrêté. Je dis bien presque, car je sentais bien mon cœur battre à une vitesse folle. Ça y est, Kevin m'avait rendu complètement paranoïaque. J'ai paniqué, j'ai essayé de sortir, mais dans mon élan, j'ai oublié qu'il fallait tirer la porte, et non pas pousser, pour sortir. Ça a accentué ma peur.

La panique me gagna, puis un petit gémissement d'une voix de vieillard s'éleva dans le silence, venant de nulle part, et glaça aussi tôt mon sang. J'étais littéralement paralysé par la peur. Ce coup-ci, ça n'était plus mon imagination.

La suite n'est qu'une accumulation de manifestations des poltergeits, ou esprits frappeurs ( Même si c'est dur de parler de "routine" dans de telles conditions ) : lumière qui s'éteignent, bruits étranges, puis visage éclairé par une lumière verte, visible à travers le miroir. J'ai reconnu le minois de Pierre Corneille, qui me fixait d'un air sévère.

L'effroi fut vif, je jetai le livre dans les toilettes à l'aveuglette, et tira la chasse d'eau, à tâtons, avec des gestes spasmodiques. Ils font comme ça, dans les films. Alors, les lumières se sont rallumés, mais l'éclairage était très fort. Trop fort, j'étais complètement ébloui. Le miroir a violemment explosé, des éclats de verres m'ont tranché la peau des bras, puis plus rien. Tout est redevenu normal. Même le miroir est redevenu intact. Quant aux bruits environnants, ils sont revenus. Mes mains étaient traversées de veines gonflées, me front lâchait des perles de sueur glaciales, que je sentait couler le long de mon cou. Je soupirai, et passa cinq doigts crispés dans mes cheveux ébouriffés.

Je suis sorti, sous le choc. La scène était censée durer à peine 5 minutes, d'après mes estimations. Pourtant, on était déjà arrivé au Havre. J'ai regardé ma montre. Trois quarts d'heure ont passé. J'ai fait mine à Kevin qu'il ne s'était rien passé, même si j'ai quand même bien flippé. Et lui, ça ne l'a même pas inquiété de voir que j'ai passé trois quarts d'heures aux chiottes. J'ai remis mes écouteurs, et je suis rentré chez moi. Kevin, de son coté, lui aussi, est rentré chez lui.

L'histoire pourrait s'arrêter là. Pourtant les emmerdes avec le « fantôme de Pierre Corneille » ne faisaient que commencer. Et cette expérience dans le train ne fut pas la plus effrayante.


Seconde partie : La vengeance

Depuis ma rencontre avec le spectre de Pierre Corneille, mes pensées n'avait que lui comme centre d'intérêt. Pierre Corneille m'empêchait de dormir, m'empêchait de songer correctement, m'empêchait d'être libre. Il est vrai qu'une rencontre avec un mort peut marquer, mais moi, ça m'avait vraiment secoué.

La présence de Corneille dans mon esprit m'irritait. Ma petite amie l'a tout de suite remarqué, à mon retour de Rouen, alors elle m'a demandé ce que j'avais. Je ne voulais pas être pris par un fou par ma propre moitié, alors je n'ai rien dit. J'ai été jusqu'à nier que j'étais mal. Ça ne lui a pas plu, de me voir mentir, elle a insisté sur la question, en vain. Je crois qu'à force, je lui ait transmis ma colère. Après quelques temps, on a commencé les disputes. On a failli rompre.

Un soir, après une énième dispute, je suis rentré chez Kevin, et je lui ai tout raconté. Pas que la dispute, mais aussi la mésaventure dans le train, mon stress permanent et mes autres travers qui font que je ne vais plus bien. Il m'a dit d'aller me calmer, et que, si je voulais, je pouvais me servir de son bain. J'ai immédiatement bondit de ma chaise, et j'ai sauté dans sa baignoire, me déshabillant à toute vitesse. Kevin a voulu me laisser tranquille, il est parti se faire un café.

Pendant que l'eau coulait, j'ai reconnu le bruit de la vieille machine à café de Kevin. Un vrombissement qui ferait mouche au milieu d'un morceau de death metal. J'ai fermé les yeux, je me suis laissé glisser au fond du bain...puis j'ai ouvert les yeux. Sans m'en rendre compte, plus aucun bruit ne sortait de nulle part, et l'eau s'était arrêtée de couler, alors que je n'avais pas touché au robinet. Un visage est apparu comme un flash, très vite, à un mètre au dessus de moi. Un visage malin, avec un air vicieux, et un petit « Ah-ah » comme signe de présence. Une petite gueule proche de celle de l'auteur du Cid, qui a presque fait exploser mon cœur de peur et de surprise.

J'ai redressé le dos, et, les yeux écarquillés, j'ai crié de panique en voyant que l'eau de mon bain était devenue rouge foncé, presque marron, et surtout, qu'elle était devenue très, très, mais vraiment très froide. Elle sentait le rhum et l'herbe coupée à la fois. L'odeur était vraiment bizarre. Je suis sorti, j'ai remis très vite mon caleçon, et je suis entré dans le cuisine. J'ai dis à Kevin de venir dans la salle de bain, alors, quand on est rentré, je n'ai pu que constater une baignoire vide. Mon pote m'a dit de retourner chez moi, et de dormir un bon coup.

J'ai décidé de mettre fin au mystère autour du fantôme de Pierre Corneille. Je devais prendre l'affaire en main. J'ai donc entrepris de rassembler tout ce qui me faisait penser à Corneille, d'aller piocher les infos qui m'aideraient à chasser le fantôme de mon esprit.

Je suis retourné chez ma mère un week-end, pour aller chercher mes vieux cours de Seconde dans le grenier. Elle a été contente de me voir, mais je n'étais pas d'humeur à ça. Je lui ai expliqué que j'ai des choses urgentes à faire. J'ai donc fouillé dans les fameuses archives du lycée, et j'y ai retrouvé mes leçons sur Pierre Corneille. J'ai relu la leçon, attentivement, cherchant quelque chose pour m'aider, mais rien d'intéressant. Si ce n'est que l'Académie Française a gardé ses documents personnels, ses essais jamais publiés et ses notes.

Changement de piste, la réponse à mes questions se trouvait à l'Académie Française. En attendant, je restais la nuit chez ma mère.

Cette même nuit, j'ai fait un rêve... dérangeant. Je me voyais, habillé en homme du XVIIIe siècle, dans une campagne verte digne des meilleurs décors celtiques, épée à la main, le fer touchant le torse de l'adversaire. Un homme derrière moi criait « Tue-le ! ». Mais je ne voulais pas le tuer moi, cet homme en face de moi. Je ne voyais même pas son visage, mon regard était bloqué sur le métal brillant. La voix insistait pour que je tue. Alors, j'ai tué, j'ai donné le coup d'épée fatal. Alors, j'ai constaté que j'avais assassiné un homme qui m'était proche : Kevin. Je me suis retourné, cœur palpitant, et j'ai vu le visage de Pierre Corneille, me disant « Venger mon âme...c'est tout ce que je te demande. Regarde-le. ». J'ai crié, en voyant Kevin mourir. Et je me suis réveillé en sueur. Alors, un odeur de rhum et d'herbe coupé se fit sentir, dés mon réveil précipité. Je plaque la main par terre, sent le tissu du lit. Je souffle, puis une main se pose sur la mienne, une main glaciale, qui me faire bondir, droit sur l'interrupteur. La lumière s'allume, et je vois, écrit sur le mur de la chambre : « Mon passé fait ton avenir ». Plus de doute, IL me regarde. Pierre Corneille s'amuse à me faire peur, mais ne veut pas me faire du mal. J'en ai la certitude.

Je me recouche. Demain, j'irai à l'Académie. Et je résoudrais mon problème. Je vengerais celui qui voulais qu'on le venge.

Mais de quoi ?

Les Archives me le diront.


Troisième partie : Les archives

Je frappai à la porte. Le temps était gris, maussade. Ce qui explique pourquoi les touristes, habituellement nombreux à admirer l'Institut de France, se sont réfugiés dans des cafés parisiens, ou sont tout simplement restés dans leurs appartements. Tout ça pour dire que j'étais un des seuls à côtoyer l'Institut ce jour-là.

Je vous décrit l'institut : c'est un grand bâtiment à coupole, avec deux ailes sur les bords. Une longue avenue fleurie y mène. Mais en février, l'avenue est plutôt sobre. Et le temps n'est pas rayonnant.

Un homme ouvra la porte. Un costume noir et blanc, des plus classes. Il me demande la raison de ma visite, j'ai dis que je devais consulter des documents importants. Il en va de l'honneur post-mortem de Pierre Corneille. L'homme, malgré sa voix sympathique et ses paroles « bien dites », a voulu me chasser comme une grosse merde.

Alors, une autre voix d'homme, un peu plus vieille et utilisant un langage moins soutenu, s'adresse à moi, sans me voir. Du moins, moi, je ne l'avais pas vu. La voix dit d'abord au costume bicolore de s'écarter pour me laisser passer.

J'ai été étonné de voir qu'on m'acceptait. Moi-même je n'y croyais pas trop, à ce coup-là, je m'attendais à me faire jeter, mais ce retournement de situation à la dernière minute me redonna espoir. J'entrais, et je vit un homme que je ne connaissais pas du tout, mais qui, lui, me parlait comme si il me connaissait.

Je me suis présenté, il a fait de même. J'avais affaire à un certain Louis Carette. Louis m'a dit « Tu es hanté par un spectre qui veut sa vengeance j'imagine ? ».

Sidéré. J'étais sidéré. Comment savait-il ça ? Je n'ai pas hésité à lui demander, ce à quoi il a répondu « Je l'ai aussi vécu, et puis, quand je t'ai entendu parler d'honneur post-mortem, tout cela...j'ai pensé à ça tout de suite. ».

On a marché pendant une demi-heure dans les couloirs magnifiques de l'Institut. Louis m'a raconté toute son histoire : vers l'âge de 30 ans, il avait été hanté par l'esprit vengeur d'Alphonse Daudet. Alphonse l'avait presque rendu fou, mais Louis ne voulait pas en parler à son entourage. Il voulait régler ses problèmes lui-même. Alphonse lui a donc demandé de le venger, ce à quoi Louis a consenti, en détruisant les restes de la demeure de la compagne d'Alphonse, qui lui a été infidèle. En contrepartie, Alphonse a donné tout les conseils qu'il fallait, à Louis, pour s'assurer une place à l'Académie française. Voilà où ça l'a mené.

Après son histoire, Louis m'a dit « C'est bien Pierre Corneille qui te hante ? Je vais t'aider. Si ça peut te rassurer, les fantômes d'académiciens ne tuent pas, ils rendent seulement fous. ».
Seulement fou ! Mais bien sûr, ce n'est rien d'être fou à cause d'un fantôme qui te harcèle ! Mais bon, même les régisseurs de la langue françaises ont des manies surprenantes.

-Dites-moi, Louis...si on ne sait pas ce que veux le fantôme ?
-Eh bien, on va rechercher !

Il m'a conduit face à un escalier, qu'on a descendu. Aussitôt, nous tombions sur une porte, et un autre escalier, que nous avons également descendu. Après un bon quart d'heure sur des escaliers interminables, nous arrivons dans des galeries immenses, et poussiéreuses. Mais pas si sombre, malgré la profondeur.

On a continué notre petite course, entre les rayons remplis de papiers jaunis. Puis Louis se tourna vers un livre en particulier, qu'il tira du tas de feuilles. Il l'ouvrit. Le livre commençait sur ces phrases, en écriture manuscrite :

« Introduction :
Je veux une vie de secret.
Vous, qui lirez ce texte, sachez que je suis aujourd'hui mort.
Ce livre me sert de confessionnal.
C'en est certain.
Mon fils illégitime Aaron (*) a été chargé de remettre ce manuscrit en mains propres.
Oui, fils illégitime. J'aime côtoyer ces filles à sale réputation.
Si vous lisez cela, c'est que vous avez été élu pour le lire.
Il y a une raison.
»

Ça commençait fort. On a tourné les pages, et découvert des tranches de vie de Pierre Corneille qu'on n'aurait jamais cru. Au fil des pages, croquis, ratures et texte nous faisait découvrir des choses que je n'aurait, normalement, pas dû vous raconter. Pierre vivait dans une débauche incroyablement pitoyable. Je ne vous décris pas certaines scène vraiment choquantes. A coté de ça, Snoop Dogg est un moine. Puis, la dernière page nous apparut. Elle portait une mention assez unique en son genre « Ajouts posthumes ». Une seule phrase y figurait : « Ma vie n'est plus un secret si mon antre est à la portée de tous. ».

Tout s'éclaircit alors : j'avais compris que Pierre Corneille voulait laisser le secret autour de sa vie. Mais sa maison, près de Rouen, est devenue un musée, et sa vie privée est exposée à tous. Pierre voulait sans doute que de lui il ne reste que des poèmes. Pourtant, cette conclusion hâtive n'était pas la réalité.

Et, sous les yeux de Louis et moi-même, une nouvelle phrase s'écrivit sur le papier, sans qu'on ait à y toucher. D'où venait l'encre, d'où venait le texte ? Aucune idée. Mais l'encre sentait une forte odeur de rhum et d'herbe coupée. Il était marqué « Vous êtes 3 à connaître le secret. Vous représentez 2 d'entre eux. Le troisième a trahit le secret autour de moi, et doit disparaître avec lui. C'est un descendant d'Aaron. C'est un ami proche. C'est Kevin. »

J'en suis venu à une conclusion tout simplement abominable : je devais tuer Kevin. J'ai eu beau crier « Non ! », je savais que ça ne marcherait pas comme ça. Des gribouillages apparurent sur le papier. Le spectre s'énervait. Louis recula, de peur. Il saisit une torche fixée au mur et la secoua dans tous les sens, comme pour faire peur. Les flammes ne faisaient pas se calmer Pierre. Le Livre sauta littéralement de mes mains, et nous frappa. Oui, l'esprit occupait le papier, et nous maltraitait. Des rires, puis des menaces. Corneille était fou, d'autres papiers volèrent.

Et puis, par accident, Louis mis le feu au Livre. On a entendu un cri de souffrance sortant de l'ouvrage, le papier se consuma a une vitesse folle. Les cendres tombèrent juste devant moi, et étrangement, le feu n’atteint pas mes mains. Un peu après, un visage apparut dans le petit tas de cendres. Le joli petit minois de Pierre Corneille, avec une expression de souffrance. Nous somme remontés vite, car le feu gagnait les autres archives. A notre sortie, on a entendu un bruit d’effondrement horrible. Un vrombissement dû à une chute effrénée de livre se consumant. Des siècles d'écrit disparurent.

Plusieurs jours ont passé. Je suis rentré chez moi, j'ai laissé le temps faire son œuvre, mais il me semble que l'Âme de Pierre soit partie avec le Livre. Plus aucune manifestation de fantômes, plus aucun tourment. Même mon couple allait mieux.

J'en ai fait part à Kevin, puis à quelques potes du club de foot amateur local où je joue. Certains ont ris, d'autres ont pris ça au sérieux, d'autres s'en foutent comme de l'an 40.

Toujours est-il que, d'une manière ou d'une autre, j'ai réussi à régler le mystère du Fantôme de Pierre Corneille. Je l'ai détruit. Nous l'avons détruit.

Mais doit-on en être fier ?
Car depuis ce jour, je n'ai jamais été aussi parano.
Je ne prend même plus le train, et par précaution, je ne vais plus voir de match de hockey.

(*) Contrairement à ce qu'on croit souvent, Aaron est un prénom français, et assez vieux d'existence.

Auteur : Loozar

Un secret peut être mortel pour les curieux, surtout si la personne concernée n'a pas rejoint l'au-delà, afin de veiller qu'on ne dévoile par son secret le plus cher...

La guitare trouée

Je suis ce que vous pourriez appeler un “serial-brocanteur”, dès que je peux, j’en fais une. J’essaye de dénicher du vieux matos en rapport avec le jeu vidéo en général.
Ce jour là, y’avait une brocante sur le parking d’un hypermarché près de chez moi. Après avoir acheté une NES en pas très bon état et 2/3 jeux GameBoy, je suis tombé sur un stand avec un mec qui vendait une guitare, de type Les Paul. J’aurais pas pu dire si c’était une authentique ou pas, le logo sur la tête était à peine visible, voir pas du tout. Mais le plus étonnant restait encore un trou à coté du micro haut. Comme un impact de balle. Les cordes semblaient usées. On aurait vraiment dit une très mauvaise guitare. Mais, poussé par ma curiosité, je demandais le prix au vendeur. Il en demandait 10€, là où d’autres en aurait demandé minimum 60€. J’avais du fric à dépenser, et comme j’étais à la fin de la brocante, je me laissais tenter par cette guitare. Au moment où j’ai tendu l’argent, le vendeur affichait un sourire... On aurait dit qu’il était heureux et soulagé de se débarrasser de cette guitare, mais il y avait un arrière goût de... De sadisme dans ce sourire. J’essayais de ne pas y prêter attention puis je repartis vers l’arrêt de bus.

Une fois rentré chez moi, je testais ma NES et mes jeux GameBoy. Ils marchaient impec’. C’était cool. Puis je pris la guitare, et grattais les cordes, à vide. Les cordes étaient accordées parfaitement, c’était bizarre. Je la branchait à mon ampli, et commençait à jouer une petite succession d’accords. Le son était terrible. Il était comme rempli de nostalgie, mais aussi.. de colère. Ça faisait un mélange hétéroclite de sons. Puis je la testait sur mon interface de modélisation d’ampli/effet PC. Là, le son était encore meilleur. Il y avait un petit coté glauque, limite morbide, quand je commençait à faire un solo... Sur une gamme que je ne connaissais pas. C’est comme si la guitare me dictait des ordres. En jouant, je me sentais triste. J’étais presque en train de pleurer, mais c’était comme si il manquait quelque chose... quand ma mère m'appela pour manger. Je rangeait la gratte, et repartis hors de ma chambre.

Je ne touchais plus à la guitare de la soirée. Je me suis endormi tard, vers 2h du matin, mais un bruit me réveilla. Un son de guitare. Pas une note. Un son. Je crois que j’avais trop forcé sur les jeux vidéo ce soir là. Comme je n’arrivais pas à m’endormir, je démarrais mon PC, et, n’ayant rien à faire, je décidais de faire des recherches sur cette guitare. Recherches, qui m’ont conduit, au bout d’une demie heure, à un scan d’un vieil article de presse des années 70/80, Un guitariste abattu sur scène en plein milieu d’un morceau. La photo montrait le guitariste tenant la guitare devant sa tête. C’était juste avant le coup de feu disait la légende de l’image. Juste avant que je n’essaye de lire le 2e paragraphe, mon ordi s’est éteint. J’avais un vieux PC, c’était fréquent.
Je le laissais éteint, et retourna me coucher, mais un autre bruit de guitare s’est fait entendre, plus fort. Je me retournais, et vis mon PC en train de s’allumer. A peine avait-il chargé que Firefox s’ouvrait avec une page web. C’était Cleverbot. Je l’avais dans mes favoris, de temps en temps j’y allait, je trouvais ça rigolo, mais j’avais entendu des histoires de “Cleverbot hanté”.
“-Bonjour. me disait-il
-Bonjour?
Le premier truc chelou, c’est que Cleverbot ne parle jamais le premier. Je m’en rends compte que maintenant en fait.
-Ne cherche pas plus d’infos. Ça ne te menera nulle-part. Elle n’est pas à toi. Même si tu réussis à en jouer, il faudra en pay-”
Soudainement, la page s’est rechargée. Je lui répondait “Quoi?” mais Cleverbot m’a répondu “Oh, a french Cleverbot. Hello mister Bot.”. Il était redevenu normal.
Tout ça me stressait, m’angoissait. Je pensais à me débarrasser de la guitare, mais quelque chose m'empêchait d’y penser sérieusement.

J’avais passé une nuit blanche. En cours, j’étais amorphe. Ils m’ont même renvoyé chez moi, ils disaient que j'étais pas en état de rester en cours. Mon père est venu me déposer à la maison, mais je voulais pas. Je voulais pas rester à l'intérieur. Je restais loin de ma chambre. J’essayais de résister à l’envie d’y aller et de sortir la guitare de son étui. Mais j’étais trop faible, et au bout d’une petite demie heure, j’y suis allé. Je jouais comme jamais je n’avais joué.

Je pleurais aussi. Je sais pas pourquoi. Comme si j’étais rempli de quelque chose, d’inconnu pour moi. Je sais pas combien de temps j’ai joué, mais quand je me suis arrêté, j’ai vu ma mère en train de pleurer, devant le seuil de ma porte - elle était rentrée à la maison. Elle semblait être dans un état bizarre... Puis, elle marcha vers le salon, ouvra la fenêtre, et sauta. Du 6ème étage. Elle s’était suicidée. Pendant ce temps, un liquide rouge sang avait coulé du trou de balle de la guitare.

Je ne savais quoi penser. Je ne me sentais pas affecté par le suicide de ma mère, en tout cas sur le coup. Comme si je n’étais plus moi même. Tout ce que je voulais, c’était partir loin, avec cette guitare.


C’est ce que j’ai fait. Et ce pourquoi j’écris ça sur internet. Vous pouvez me croire ou pas, mais telle est mon histoire. Enfin, je pense. J’ai plus l’impression d’être seul depuis que je la traîne avec moi. Je sais pas ce que je vais faire, où je vais le faire et quand je vais le faire, je sais juste que je dois faire quelque chose, et vite.

Adieu.


Cette lettre a été retrouvée sur l’ordinateur du jeune M---------, qui aurait fugué après le suicide de sa mère, avant que le reste de sa famille ne rentre. Certaines personnes l’auraient aperçue, errant dans Paris, une guitare à la main...
Auteur : Conan3D

Certains objets " abandonnés " ont une âme et ils peuvent se retourner contre vous voire vous contrôler, tel un parasite qui se sert de votre corps comme un hôte...

Le corridor du destin

Cette histoire vient juste de m’arriver, et je me presse d’écrire tout cela afin de n’omettre aucun détail de ce que je viens de vivre. J’ai toujours lu des histoires sur des versions de jeux vidéo retravaillées, buguées, voire même hantées, selon les dires. J’en ai souvent ris, toujours même, ne croyant pas à toutes ces salades, mais maintenant que j’ai vécu un truc similaire, je dois avouer que mon esprit ne réfute plus la possibilité que ce soit vrai. Il est 2h45, et je suis si fatigué. Tout a commencé il y a quelques heures …

Dans un vide grenier non loin de chez moi, je flânais à la recherche de vieilleries susceptibles de m’intéresser. Je ne me faisais pas trop d’illusions, car les vestiges du passé d’autrui ne sont que rarement utiles à d’autres, pourtant, en passant devant le stand d’un homme assez âgé, j’avais trouvé une part de mon passé. Une PlayStation, la toute première version, encore en bon état malgré le temps, similaire à celle que j’avais encore il y a trois ans. Elle était dans un carton, avec un lot de jeux dont les boites n’étaient pas celles d’origines, elles contenaient chacune un morceau de papier avec le nom du jeu écrit au marqueur. Rayman, ISS, 007 et tant d’autres titres étaient présents, et le plus surprenant était le petit post-it collé sur le fameux carton. Apparemment, le tout était à vendre pour simplement cinq euros, autrement dit, une très belle affaire. Quand j’ai tendu la somme au vieillard, je ne pu m’empêcher de lui demander pour quelle raison cette antiquité était vendue si peu chère, et la réponse me surprit grandement.

« Parce que je veux effacer toute trace de ce qui a causé la mort de mon petit-fils. »

J’étais surpris par les propos tenus par l’homme en face de moi, et malgré le côté très personnel de ma question je mourrais d’envie d’en savoir plus. Et à ma grande surprise, le vendeur accepta de me répondre le plus naturellement du monde.

« Il jouait très souvent à cette console, à un jeu en particulier, j’ai oublié son nom. Toujours est-il qu’un jour, il a totalement perdu la raison, il se mettait à hurler qu’il était poursuivi par je ne sais quelle créature. Cela l’a tellement perturbé qu’il a mit fin à ses jours. J’ai toujours su que ces jeux étaient mauvais pour le cerveau. Fais gaffe à toi, mon petit, évite certains jeux. »

Un petit sourire en coin se dessina lentement sur ses lèvres, avant qu’il ne termine sa phrase.

« Tu es prévenu. Il n’est parfois pas bon d’aller au-delà de ses limites. »

Je ne pu m’empêcher de prendre ces paroles comme une menace. Ou bien était-ce un avertissement ? Bah, foutaises ! Je joue à des jeux vidéo depuis mon plus jeune âge et je suis toujours parfaitement sain d’esprit. Ce vieil homme ne devait, lui-même, plus avoir toute sa tête, me dis-je afin de me rassurer moi-même.

Une fois de retour chez moi, j’ai posé le carton au sol, sorti la console afin de la brancher et fouillé la boîte afin de voir les autres jeux présents. Une fois tous éparpillés sur le sol, l’un d’eux attira mon attention, par son nom qui m’était totalement inconnu, « Final Fantasy 9 : Le corridor du destin ». Je suis un fan de la saga Final Fantasy depuis pas mal d’années déjà, mais jamais je n’avais entendu parler d’une quelconque autre version de Final Fantasy 9. J’aurais du me douter que quelque chose était louche, mais mordu du neuvième opus comme je l’étais, je ne pouvais m’empêcher de le lancer immédiatement afin de voir de quoi il s’agissait.

Alors que je m’attendais à je ne sais quel délire, le jeu se lança normalement, le logo PlayStation apparu à l’écran, suivi d’un écran noir où figurait la licence « Square ». Là par contre, je fus saisi d’un doute. Si la licence était bien présente à l’écran, cela signifiait que le jeu était sorti des studios Square. Pourquoi je n’en avais jamais entendu parler ? Peut-être avait-il été créé simplement en bêta et avait été très peu distribué. Peu m’importait, car l’écran titre était enfin présent, et ressemblait en tout point à celui de Final Fantasy 9. Seule la phrase « Le corridor du destin » et la disparition du cristal, symbole du neuvième épisode, étaient remarquables.

Je savais que si on ne touchait à rien, les personnages apparaissaient avec, pour chacun d’entre eux, un mot et une phrase les symbolisant. J’attendais donc, afin de voir Djidane et sa fameuse citation « A-t-on besoin d’une raison pour aider quelqu’un ? », mais j’allais être grandement étonné. Le décor était sombre, Djidane était de dos, la tête baissée, et tenait ses deux dagues dans les mains. Mais le plus surprenant dans tout ça était sa phrase, qui était devenue « Je dégusterais ma vengeance aussi froide que le sont mes souvenirs … ». Comment était-ce possible ? Comment Djidane, qui était le personnage serviable et joyeux par excellence, pouvait-il se laissé aller à des paroles aussi sombres ? Par curiosité, j’attendais que les autres personnages apparaissent, afin de voir si des changements avaient été opérés là aussi, mais aucun ne vint. L’écran ne faisait qu’alterner entre ce Djidane de dos et l’écran titre.

Je décidais finalement de me lancer, avant de constater que l’option « Charger » n’était pas grisée, et un rapide coup d’œil sur la console me fit me rendre compte qu’une carte mémoire était insérée. Mais je n’aimais pas prendre les parties en cours de jeu, et décidais de laisser cette carte mémoire en place afin de commencer ma propre partie et de la sauvegarder. A peine avais-je cliquer sur « Nouveau jeu » que le son, normalement une sorte de bris, censé valider le choix ne se lança pas comme dans mes souvenirs. A la place, un son semblable à un cri étouffé fut joué et me fit froid dans le dos. Du très peu que j’en avais vu, cette version n’avait rien à voir avec le jeu d’origine, dans lequel c’est à partir du troisième CD que le jeu s’assombrit. Tiens, en parlant de ça, combien en contenait cet épisode ? En regardant dans la boîte, je pu constater que le seul CD présent était celui inséré dans la PlayStation. Il ne risquait donc pas d’être aussi long que le « vrai » jeu.

On me demanda de choisir un nom pour le héros, j’entrepris de lui laisser son prénom d’origine. Une fois la nouvelle partie lancée, la cinématique de départ n’apparue pas non plus, et le jeu ne démarra pas dans le vaisseau des compères de Djidane, mais dans une sorte de vaste plaine, dont l’herbe était en très grande partie jaunie. Au centre se trouvait le héros blond, mais j’avais beau appuyer sur tous les boutons de la croix directionnelle, rien n’y fit, il ne bougeait pas. Au bout d’une quinzaine de secondes d’inactivité totale, une fenêtre de dialogue apparue dans laquelle je pu lire « Enfin, je l’ai trouvée … ». Cela commençait bien, encore un jeu dont l’origine sera expliquée au fur et à mesure de l’aventure. Après avoir conclus cette très courte phrase, le doigt indiquant où se trouvait le personnage apparu et je pu enfin le contrôler et le diriger. Je commençais par ouvrir le menu, afin de constater mes statistiques, ainsi que mes objets et mon équipement. J’étais choqué, Djidane était déjà au niveau 62, et possédait l’un des meilleurs équipements du jeu. La première chose qui me vint à l’esprit était que j’allais affronter des monstres relativement forts pour que mon combattant soit déjà si aguerri.

J’errais sur cette plaine sans rencontrer le moindre monstre, pas le moindre combat à se mettre sous la dent, et quand j’avançais trop loin de la plaine, j’étais ramené en son centre, là où j’étais. A chaque fois que j’avançais dans une direction, la tête de Djidane fixait le nord, la direction vers laquelle il pointait quand j’en pris le contrôle. Une fois ramené pour la énième fois au centre, j’allais vers cette fameuse direction qui semblait attirer mon personnage, jusqu’à arriver à l’entrée d’une grotte. L’entrée était immense et symbolisait la gueule ouverte d’un étrange animal, une créature qui m’était totalement inconnu. Je n’avais plus le contrôle, Djidane avançait tout seul, comme dans les séquences automatiques. Une fois juste devant l’entrée, il s’exclama « Aujourd’hui … Aujourd’hui, ce sera la fin … ». Il fit ensuite demi-tour, sa tête était maintenant dirigée vers mon écran, avant d’enchaîner par ces paroles « Ensemble, nous allons lui faire payer ». Je m’attendais à l’apparition d’un autre personnage, quelqu’un qui l’aurait accompagné au cœur de cette effrayante caverne, mais personne ne vint. Etait-il possible … Non, il se serait adressé au joueur ? A moi, en l’occurrence ? J’ai du lire trop de pastas …

Un panneau était présent devant la grotte, et je m’empressais d’aller le lire quand je pu de nouveau diriger Djidane. L’écriteau disait « N’entre pas ici, tu y perdra plus que ce que tu es venu gagner. ». Ce message était-il destiné à faire peur ? En tout cas, un frisson me parcouru l’échine quand, en tentant de faire demi-tour, Djidane s’exclama « Nous sommes venu si loin, ce n’est pas pour reculer. ». A chaque fois que je tentais de revenir à la plaine, le même message apparaissait. Il était décidé à entrer en ces lieux, et me forçait à le suivre. Je n’avais d’autre choix que celui d’explorer cet endroit. Une fois à l’intérieur, le décor semblait similaire à celui de la grotte des glaces, la première caverne que l’on explore dans le jeu, mais Djidane ne semblait pas avoir froid, alors peut-être que ce que je prenais pour de la glace était en réalité … Du cristal ?

Je n’aimais pas du tout cela, tous mes souvenirs du jeu, ces rumeurs sur la vraie fin me revenaient soudainement. Entre fans, à travers divers fora, il se disait qu’à la fin, la fusion entre la terre des protagonistes et celle de Djidane a bel et bien eu lieu et à détruit leurs mondes, laissant la place à une nouvelle planète et une nouvelle forme de vie, le Cristal. Etait-il seulement possible que ce jeu ne soit une suite directe à cet évènement ? Ceci expliquerait au moins le haut niveau et le matériel puissant que je possédais déjà. Poussé par la curiosité, je cherchais des indices à travers la grotte, mais rien à se mettre sous la dent, pas la moindre information, pas le moindre objet à ramasser. Et à chaque fois que je tentais de rallier la pièce précédente, j’avais droit à un « Ne recule pas, on avance ! ». C’était peut-être l’ambiance trop silencieuse, mis à part les pas produit à chaque fois que j’avançais, mais j’avais l’impression que mon personnage me criait dessus. Comme s’il cherchait à me menacer pour poursuivre l’exploration. A un moment, j’arrivais à un cul-de-sac, aucun chemin ne s’ouvrait à moi, et la même rengaine quand je cherchais à repartir. Pendant près de cinq minutes, je vérifiais chaque mur, chaque parcelle du sol à la recherche d’un quelconque passage, mais rien n’apparaissait. En voulant partir, Djidane changea de discours, et les menaces devinrent très claires cette fois, « Pour la dernière fois, on avance ! ».

Là, c’en était trop. Je n’allais pas laisser un personnage fait de pixel me donner des ordres ! Je choisis de le positionner au milieu de la pièce et de poser la manette. Puisqu’il était si malin, il n’avait qu’à se débrouiller tout seul. L’animation d’inaction, quand vous ne bougez pas le personnage pendant un moment, eu lieu mais quand il se gratta le menton, une boîte de dialogue apparue et contenait ces mots, « Heureusement que j’ai apporté ça avec moi … ». Apporté quoi ? Etait-il en train de m’inciter à regarder dans mon inventaire ? Je ne bougerais pas, sale con, mais je ne perds rien à voir ce que tu peux bien avoir pour avancer, maintenant. Du C4 ?

Une fois le menu ouvert, et une fois dans la section inventaire, je fus d’abord surpris de ne voir aucune potion, ni aucun objet curatif. Mais surtout, il y avait du matériel, mais rien d’adapter à Djidane. En réalité, il s’agissait des armes de ses compagnons. Que faisaient-elles en sa possession ? Etait-il à leur recherche ? Et au milieu de tout cela, il y avait cet objet, une « Clé en cristal », dont la description était « Ouvre les portes du destin ». Du destin, hein ? Pour le côté suspense, chapeau, cette version était très bien réussie. En cliquant dessus, et en choisissant de l’utiliser, Djidane avança vers la paroi qui bloquait le chemin et sorti la clé de sa poche. Une forte lumière apparue, et après un flash, la paroi s’était volatilisée, laissant la place à un chemin s’enfonçant dans le noir. Je n’étais pas du tout préparé à ce qui suivi. Une sorte de rire démoniaque me fit sursauter et lâcher ma manette, avant qu’un message n’apparaisse.

« Tu aurais du partir »

Et à la suite de cette phrase, un cri absolument effroyable se fit entendre, me faisant bondir jusqu’au plafond, avant que le jeu ne s’éteigne de lui-même. Et quand je dis éteint, c’est vraiment éteint. La console elle-même n’était plus allumée. Pour le coup, je n’essayais même pas de voir ce qui avait déclanché tout ça, et j’ai enfoui la console sous le meuble et j’ai rejoins mon lit dans la foulée. J’avais eu une dose trop forte d’émotions, et il me fallait désormais une bonne nuit de sommeil. Bonne ? Naturellement, j’allais passer la pire nuit de toute mon existence.

J’avais passé une nuit grandement agitée par un des rêves les plus barrés qu’il m’ait été donné de faire de toute ma putain de vie. J’étais dans la caverne, celle-la même où se trouvait Djidane, et j’étais d’ailleurs à la place de ce personnage. Je possédais sa tenue, ses armes et sa sacoche contenant le matériel de ses amis. J’étais dans une pièce relativement sombre, apparemment celle ouverte par l’utilisation de la fameuse clé en cristal, mais je n’avais aucun moyen de m’éclairer. J’avançais en gardant la main sur le mur tout le long de ma progression, afin de ne pas me faire surprendre. A un moment, un courant d’air souffla près de ma nuque, mais dans ce fameux courant, je cru entendre une voix, un murmure. Et cela me paralysa. Si j’avais bien entendu, on m’avait soufflé « Tu va mourir ».

Je ne pouvais plus avancer, j’étais totalement tétanisé par ce qu’il venait de se passer. Le silence de la caverne rendait l’ambiance encore plus glauque et sombre qu’elle ne l’était déjà. Après un court instant, je pris une grande inspiration et je repris mon avancée, il fallait que j’arrive au bout de ce cauchemar. A un moment, je ne pouvais plus progresser, j’étais bloqué par une paroi droit devant moi, mais elle était étrange. Elle était … Molle ? Comme si ce n’était pas le même minéral que celui composant la grotte jusqu’à présent. En tâtant cette étrange révélation, il m’a semblé distingué une sorte de forme ronde, qui s’enfonça sous l’impact de ma main. Cela éclaira la salle d’un seul coup, m’aveuglant totalement. Au bout de plusieurs minutes, je parvins enfin à voir de nouveau et je pus me rendre compte que j’étais au beau milieu d’un croisement. Trois chemins s’offraient à moi, et un panneau était présent au milieu de la salle. Il indiquait « Le Corridor du destin offre le salut ». Le corridor du destin, le nom de ce jeu.

Je choisis totalement au hasard le couloir droit devant moi et m’enfonçait dans les ténèbres sans même savoir ce qu’il allait m’arriver. Et au bout d’une marche qui me sembla durer de longues heures, je pu apercevoir de la lumière au loin. Il y avait une salle éclairée par une lumière qui bougeait, comme une flamme, serait-ce un feu de camp ? Y avait-il d’autres personnes, ici ? Une fois arrivé à cette fameuse pièce, je fus totalement choqué par ce qui s’y trouvait. Le lieu était tout simplement remplit de cadavres. Il y avait des corps démembrés partout. Et dans un coin, un petit bruit se fit entendre. Il y avait une chose, une sorte de créature qui était penchée sur un des corps. Et je ne mis pas longtemps à comprendre que le bruit que j’entendais était un son de mastication. Cette chose mangeait un des cadavres …

D’un seul coup, elle se tourna vers moi. Cette créature avait une posture humaine mais sa gueule … Je la reconnaîtrais entre mille … C’était celle du monstre. Celle qui formait l’entrée de la caverne dans laquelle Djidane m’a forcé à entrer …

« Ce couloir est ton destin. »

Je fus pris de court par ce qui venait de se passer. J’avais entendu une voix, très clairement, mais la bouche de la créature en face de moi n’avait pas bougé. Etait-il possible que ses paroles ne raisonnent directement dans ma tête ? C’en était trop, je devenais fou …

« Tu es dans le Corridor du destin. Ta voie est toute tracée. »

Ma voie ? Je ne comprenais rien à ce qu’il me disait. Et avant même que je ne puisse lui poser la question, il me répondit. Il lisait dans mes pensées, de toute évidence …

« Je sais que tu ne comprends rien, Djidane. Tu as voulu te venger. Tu as cherché le moyen d’y parvenir. Tu as échoué. »

La main de la chose se dirigea sur le cadavre qu’elle était en train de manger peu avant, et reprit très lentement

« Tu as fais échouer Jeff. Le destin ne se manipule pas. Il ne se change pas. Je me nourris de ces échecs. Tu le sais. Je suis le Cristal. Je suis le Destin. »

Jeff ? Mais qui était Jeff ?

« Tu as suivi Djidane, Mathieu. Tu as suivi l’âme corrompue. Ton destin s’est tracé dès l’instant où tu as ouvert la porte de mon domaine. »

Comment ?! Comment cette saleté pouvait connaître mon prénom ? Je n’étais pas censé être Djidane ? Et c’est quoi cette histoire de destin, de cristal et d’âme corrompue ?

« Tu échoueras très prochainement. Et je ne me nourrirais de ton échec. Il ne restera rien de toi. Le Cristal parle. Le Destin écrit. Le Cristal est le Destin. »

Un sourire se dessina lentement sur le visage de mon vis-à-vis, dévoilant des dents grandement acérées. Mais là où j’ai vraiment hurlé, c’est quand il a fait un bond afin de se jeter sur moi, juste avant que je ne me réveille en sueur, au fond de mon lit.

Quel cauchemar proprement abominable. J’étais totalement conscient que tout ce que je venais de vivre n’était que le fruit d’un mauvais rêve, produit par ce foutu jeu, mais je ne parvenais pas à l’oublier. Jeff, Djidane, moi. On semblait tous liés. Pourtant, il n’y avait qu’un seul point commun possible : Le Corridor du destin. La curiosité prit le dessus sur ma peur et mon angoisse, je devais en avoir le cœur net. J’allumais de nouveau la console, et pu constater un nouveau changement, et non des moindres. Le mode « Nouveau jeu » était désormais grisé. Je ne pouvais plus lancer de nouvelles parties, la seule option qui s’offrait à moi était « Charger ».

Comme si j’avais le choix. Je sélectionnais donc ce dernier mode, et je vis deux fichiers de sauvegardes présents. Le premier portait le nom de « Jeff ». Je le savais. Jeff. Il avait joué à ce jeu, la preuve en était là. Etait-il possible que le petit-fils de cet homme et ce Jeff soit la même personne ? Le fameux enfant fou qui s’est suicidé ? Tandis que cette possibilité, la plus logique, était à mes yeux la réalité, mon cœur manqua un battement à la lecture du nom du second fichier.

Mathieu.

Comment ? Je n’avais pas sauvegardé, le jeu s’était étaient de lui-même. De plus, même s’il avait sauvegardé automatiquement, je n’avais pas mis mon prénom. Je ne pouvais plus cacher que j’avais terriblement peur. J’étais en train de trembler comme une feuille, mais je ne pouvais pas arrêter, il fallait que j’aille au bout de toute cette histoire pour, enfin, avoir la paix. Je choisis de charger la partie de Jeff. Si je voyais où il en était, je saurais peut-être les choses à ne pas faire. Voilà que j’en viens à me méfier d’un putain de jeu à la con …

Un jeu ? Cela allait bien plus loin que cela, que je veuille l’admettre ou non. A la fin de la jauge de chargement, une boite de dialogue fit son apparition. Je redoutais chaque mot écrit à l’écran, je ne voulais pas les lire. Il le fallait, pourtant.

« Ce personnage est injouable. Cette personne est morte. »

Non. Non. Non. Non. Non.

C’est un jeu. Il ne peut pas savoir ça. Il ne le peut. C’est impossible. Ce n’est qu’un amas de câbles, de circuits, de bidules électroniques ! Je ne peux pas. Je ne peux pas rejouer. Je ne voulais plus y rejouer. J’étais de retour sur l’écran titre, et je ne voulais plus toucher à rien. Voilà que l’animation obscure de Djidane allait réapparaître. Je m’attendais à son histoire de vengeance, mais j’allais, de nouveau, tomber des nus. Cette fois-ci, Djidane était de face, un sourire sadique dessiné sur son visage, et la phrase était « Tu es le prochain. Je les ai perdu. Vous le payerez. ». Payer ? Payer quoi ? Et il avait perdu qui ? Parlait-il de ses compagnons ? Bibi, Steiner, tous les autres, et surtout, Grenat ? Les protagonistes de Final Fantasy IX ? Non, ce n’était pas possible. Alors que je m’attendais à revenir à l’écran titre, un autre personnage apparu, avec une phrase.

C’était le monstre qui s’était adressé à moi, celui qui disait être le Cristal. Et la phrase l’accompagnant était « Personne ne m’échappe. Tu as franchis la limite. ». La limite ? Quelle limite ? J’ai rien pu faire, rien pu choisir ! Djidane a tout fait tout seul ! Je ne suis que la victime de toute cette histoire ! Je n’en pouvais plus, il fallait que je mette un terme à tout ça. J’ai charger la partie Mathieu, et à la fin du chargement, rebelote, une boite de dialogue. Et là, c’était plus que morbide, cela disait « Je suis déjà là. Il n’y a plus d’échappatoire. ». A cet instant, j’allais vraiment frôler l’arrêt cardiaque. Dès que j’eu fini de lire le dernier mot, la porte du rez-de-chaussée claqua violemment. J’ai également senti le même courant d’air que celui entendu dans la grotte, dans mon « rêve ». Sauf que cette fois-ci, il disait « Tu es mort. ». Le jeu s’arrêta encore une fois, et juste après, ce fut au tour des lampes de s’éteindre. Tout ce qui fonctionne sur l’alimentation électrique s’était stoppé.

Et voilà, depuis cet instant, je suis caché dans mon placard, avec mon ordinateur portable, pour retranscrire tout ce que je ressens, pour avertir toute personne trouvant un jour un exemplaire de ce jeu de ne surtout pas y toucher. Je n’en peux plus, j’entends le souffle derrière la porte, mais je ne vois rien. Il est 4h23, je dois attendre que le jour se lève pour ne pas avoir peur.

Il est maintenant 5h13, je n’en peux plus, attendre dans ces circonstances me rend fou.

5h28, même le temps est contre moi ! Pourquoi ?! Pourquoi tu n’avances pas, putain d’horloge !

5h43, c’en est trop ! J’attendrais pas plus longtemps ! Le courrant d’air a augmenté, il est là, il ne partira pas ! Je dois le buter avant qu’il n’ait ma peau ! Je ne crèverais pas ! Je ne finirais pas comme Jeff ! Et ça ne sera ni toi, ni Djidane, ni personne qui me buttera ! Y’a une scie dans ce foutu placard ! J’vais te découper, sombre con !

-

« Oui, pour seulement cinq euros. Je veux me débarrasser de ce qui a causé la folie de mon petit-fils. »

Un sourire en coin se dessine lentement sur le visage d’un vieillard, tandis qu’il encaisse le billet d’un jeune homme.

« Oh, tu sais, il y a une clé USB dans la boîte de l’un des jeux. Il y a une histoire spéciale dedans, dans un fichier texte. Lis-le, mais que cela ne t’empêche pas de jouer, cela ne sont que des histoires. »

Une fois le jeune homme partit, le carton sous le bras, un sourire plus que sadique s’imprime sur le visage de l’étrange vieillard.

« Tu as déjà fais le pas de trop. Ton destin est écrit. Cela tombe bien. J’ai très faim. »

Auteur : Garaton

Un destin tracé qui peut être mortel à cause de la soif de vengeance pour venger les siens qui sont morts durant une bataille, donnant naissance à une entité maléfique...

vendredi 20 mai 2011

Paralysie du sommeil (Sleep paralysis)

C'est une chose assez simple. Cela fait partie du processus du sommeil. La paralysie du sommeil vous connaissez ? C'est pas grand chose, vraiment. Ton corps produit une substance qui paralyse ton corps pendant la phase de sommeil paradoxal, pour pas que tu blesse en bougeant comme un fou pendant ton rêve. C'est pas grand chose.

Okay donc, tu viens d'ouvrir les yeux, et tu ne peux pas bouger les parties de ton corps. C'est cette substance. Oh et puis, tu peux essayer encore et encore de plier ces orteils, ça ne marchera pas. pense à autre chose, calme toi, ça va bientôt se terminer, c'est cool. C'est normal.
Oh oui et puis, quelque chose de presse le torse, très fort, c'est dur de respirer. C'est lourd, tellement lourd...Ce truc sur ta poitrine. La substance. C'est à cause de cette substance ! Arrête de sans cesse essayer de crier, ça ne marchera pas. Les muscles de ta gorge sont paralysés eux aussi. Tu ne peux toujours pas respirer.

Tes yeux sont fixés sur le plafond blanc, tu ne peux rien fixer d'autre. Tu vois des ombres...formant des formes dont tu essaies de ne pas penser. Une main hérissée de griffes, une image de dents acérées et sombres. Toutes ces images viennent de ton subconscient. Un visage se dessine au dessus du tiens, il te fixe, avec un regard mauvais, à travers des yeux noirs et vides.Tu penses que tu entends des chuchotements aigus, des sifflements haineux, comme un serpent qui se fait déranger...

D'un coup une lumière blanche, traversa la pièce, comme une voiture s'enfonçant dans une rue, en dissipant les ombres. Le poids sur ta poitrine est parti, tu peux respirer, tes mains serrent les draps.
Tu sens qu'une entité est passée, mais...c'était juste l'histoire d'un moment. Tu fais des mouvements rapides avec ton corps, juste pour te prouver que tu peux. Tu t'assieds, tu prends une longue inspiration, et tu commence à rigoler, en pensant à ce qui vient de se passer. La paralysie du sommeil, c'est débile.

Tu te tournes, pour secouer ta copine, afin qu'elle se réveille, histoire de partager ton expérience. Tu te sens paralysé, encore, mais cette fois ci, ça n'a rien à voir avec la paralysie du sommeil. Tu regardes le sang, le couteau planté dans sa gorge, ses yeux, vides, profonds, sa bouche, ouverte dans un cri silencieux.

Tu a survécu au "Syndrome de la Vieille Sorcière".
Elle, non.

Creepypasta originale ici.

jeudi 19 mai 2011

Où te crois-tu? (Where do ou think you are?)

Dans tous les jeux Pokémon, il y a des cavernes sombres où l'on doit utiliser l'habileté «Flash» et ainsi y voir clairement dans la noirceur. Cependant, avez-vous déjà essayé de les traverser sans cette attaque?

J'ai découvert ce truc sur Pokémon Or et depuis je l'ai essayé sur tous les jeux Pokémon que je possède. Ça fonctionne dans tous les jeux, même les jeux de Génération I.

Vous devez être dans une caverne sombre ou n'importe où vous devriez normalement utiliser Flash. Marchez un peu, battez-vous contre des Pokémon dans le noir, butez-vous contre des Dresseurs et continuez à errer dans la noirceur. Éventuellement, vous trouverez une échelle qui n'est pas sur la carte. Descendez cette dernière.

L'écran virera au noir alors que vous entendrez l'effet sonore «descendre l'escalier», mais vous pourrez l'entendre quatre fois, comme si vous veniez de descendre de quatre étages.

Une boîte de texte apparaîtra sur l'écran noir, qui dit simplement «Où te crois-tu?» La musique sera déformée pendant quelques secondes alors que l'écran sera pleine de bugs. Parfois, vous pourrez entendre un bruit sourd comme si vous veniez de foncer dans un mur ou a un cri de Pokémon déformé qui ressemble à un hurlement.

Après, vous pourrez voir. Dans les anciennes générations de Pokémon, on aurait seulement dit que vous aviez simplement trouvé une nouvelle zone qui n'était pas sur la carte. Dans les nouvelles générations, vous pouvez voir que quelque chose ne tourne pas rond puisque tout est en noir et blanc.

Vous serez dans une grande salle vide. Les murs auront tous quelque chose d'écrit dessus - généralement le nom de votre Dresseur et le temps ou les noms de vos Pokémon. Vous pouvez marcher au travers de l'un des murs, mais il varie dans chaque jeu. Si je me souviens bien, c'est le mur du haut dans Diamant et celui de gauche dans Jaune... etc.

Quand vous allez au travers du mur, vous serez de retour dans le monde principal à l'extérieur de la grotte. Tout sera encore en noir et blanc. La musique sera plus lente et plus grave; occasionnellement, elle «sautera», aussi. Essayer de parler aux gens est inutile; vous ne pouvez plus interagir avec eux.

Dans Pokémon Jaune, le sprite du Pikachu qui vous suit partout deviens celui d'un Fantôme de Lavanville. Si vous vérifiez vos Pokémon, ils seront tous là - mêmes stats, surnoms et attaques - mais tous leurs sprites ont été transformés en ceux du Fantôme.

Si vous allez dans les hautes herbes et trouvez des Pokémon Sauvages, ils vous fuiront presque immédiatement.

Retournez dans la caverne dont vous êtes sortis. C'est maintenant le seul endroit où vous pouvez vous battre contre des Pokémon Sauvages et d'autres Dresseurs, tant et aussi longtemps que vous n'utilisez pas Flash.

J'ai récemment découvert que si vous jouez au jeu comme ça assez longtemps, vous croiserez éventuellement un Dresseur qui utilise le sprite du personnage principal dans cette caverne. Il ressort du tout, puisqu'il est en couleurs alors que n'importe quoi d'autre est en noir et blanc.

Cependant, si vous essayez de leur parler, une boîte de texte apparaîtra disant «Où te crois-tu?» L'écran vire au noir et vous entendez la même musique déformée, le même bruit sourd ou hurlement qu'avant...
Traducteur : GamerQc018

Auteur : Channeler

Le Hack Pokémon (The Hack)

J'ai toujours été un fan des jeux Pokémon. Je me souviens avoir commencé par collectionner les cartes quand j'étais jeune, avant de regarder les épisodes et enfin de jouer aux jeux. Et même si je me suis débarrassé de mes cartes il y a longtemps et que je n'ai pas regardé la série depuis des années, dès que sort un nouveau jeu j’ai toujours hâte de l'essayer et de passer des jours à jouer dessus. Et régulièrement je rejoue à mes anciens jeux pour me plonger en pleine nostalgie. Vous pouvez me trouver immature, mais ces vieux jeux continuent de m'attirer, peu importe le temps que j'y ai déjà passé.

Le problème est que je ne pouvais plus sauvegarder dans Pokémon Bleu. Que ce soit à cause de la pile interne épuisée ou que la cartouche soit morte à cause d’une semaine de jeu non-stop, toujours est-il que le jeu ne se lançait plus. Ma version rouge fonctionnait toujours, mais pour une raison ou une autre j'ai toujours préféré la bleue. Peut-être est-ce à cause du choix des couleurs, ou parce que j'ai eu la version bleue en premier, mais j'ai toujours mieux aimé cette dernière. Je n'ai jamais eu la jaune, alors pas question d’y jouer. Le problème est que vous ne pouvez plus rentrer dans un Gamestop et acheter ces versions. Et je ne voulais pas acheter sur eBay et me retrouver avec une autre cartouche morte. Et puis, qui voudrait payer pour un jeu acheté il y a 10 ans (hormis les remake) ?

Je n'étais pas vraiment un fan des roms, mais j'en avais déjà téléchargé quelques unes avant, en particulier pour la Nintendo 64, car j'avais une Playstation et je n'ai jamais eu la chance de tester beaucoup de jeux sur N64, à part en de rares occasions quand j'allais chez mon cousin. Ça faisait longtemps, alors j’ai demandé à quelques amis s’ils connaissaient des bons sites où je pourrais télécharger un émulateur et des jeux. Sans attendre, l’un d’eux m’envoya un site avec un émulateur Gameboy et des tas de roms, toutes de jeux Pokémon. J’ai installé l’émulateur et j’ai lancé la version Bleue.

Vous pensez peut-être qu’à partir de là j’ai eu des Pokémon fantômes dans ma partie, ou que j’étais dans une tour avec tout un tas de choses bizarres, le genre de chose qu’on lit dans quasiment toutes les creepypastas, mais ce n’était pas le cas. La rom marchait parfaitement bien, et je n’ai eu aucun problème.

C’est plutôt lorsque j'ai voulu tester d’autres roms que les problèmes ont commencés. Je n’avais aucune raison de télécharger d’autre jeux normaux puisque toutes mes autres cartouches fonctionnaient bien. Mais certaines versions hackées du site attisèrent ma curiosité. Les mauvaises traductions et autres erreurs du genre me firent sourire, mais la plupart ne fonctionnaient pas du tout. Il n’y en avait donc pas tant que ça. Mon ami m’en envoya une après une discussion sur les différentes versions modifiées présentes sur le site, en me disant que ça avait été posté là-bas il y a quelques mois mais supprimé après environ deux semaines. Je me demandais si c’était encore un jeu modifié de façon malsaine pour simuler une cartouche hantée, du genre Lost Silver, s’il s’agissait de la légende de Lavanville ou tout autres modifications tirées de creepypasta, ou si c’était simplement une version très violente ou explicite.

Je chargeais le jeu et l’intro apparut. Rien ne sortait de l’ordinaire. Je demandais à mon ami quelles régions étaient dans le jeu, et il me répondit que c’était un hack des versions or et argent, mais que tous les pokémon des deux premières générations étaient présents, ce qui était génial car il n’y avait jamais eu de jeu qui ne demande pas d’échanges ou de hacks pour avoir tous les pokémon. Avant de se déconnecter, mon ami me dit de ne pas trop me plonger dedans, car le jeu tournait au n’importe quoi au bout d’un moment. J’étais très enthousiaste. J’avais une version géniale qui avait toutes les régions et tous les pokémon, ajouté à ça un côté glauque.

Lorsque le jeu s’alluma, il y eut le sprite de Red et le pokémon tournant comme sur l’écran titre du jeu original. Le logo était affiché comme d’habitude, mais il n’y avait pas le nom de la version en dessous. J’ai trouvé ça un peu étrange, mais je me suis dit que peut-être l’auteur n’avait pas pensé à un nom convenable et ne voulait pas utilisé un faux titre comme "Chaos Black".

Je commençais une nouvelle partie, et Chen dit son baratin habituel à propos des Pokémon. Je me retrouvais à Bourg Palette et tout semblait normal au premier abord. J’appelais mon Carapuce, mon pokémon favori pour débuter, qui botta le cul de mon Rival comme d’habitude. Je reçus le paquet de Chen, lui donnais et peu de temps après j’avais déjà mes pokéballs et capturé un Roucool et un Rattata.

Les choses sont devenues... désagréables quand je suis allé à la Forêt de Jade.

Je jouais tranquillement, essayant d’augmenter le niveau de mon Rattata, quand je fus empoisonné par un Aspicot. Jurant silencieusement, car j’avais oublié d’acheter des antidotes, je gagnais le combat de justesse. Je commençais à rebrousser chemin vers le centre Pokémon lorsque Rattata tomba KO. Je décidais alors de continuer à faire gagner de l’expérience à Roucool, mais quand je voulus vérifier son expérience restante jusqu’au prochain niveau, je remarquais quelque chose d’étrange.

La vie de Rattata était presque vide, bien qu'il était KO.

Troublé, je continuais à combattre des pokémon sauvages jusqu’à ce que j’en attrape un. Le message qui s’afficha me fit réaliser que ce jeu n'était pas un hack normal.

"Rattata est mort..."

Je trouvais d’abord ça drôle. Je sais que je suis salaud de dire ça. Mais je rigolais. Je sus alors ce que le créateur avait en tête. Il voulait faire un hack plus réaliste, où les pokémon meurent s’ils restent faibles trop longtemps. Je réalisais bientôt que le poison était beaucoup plus présent dans cette version, mais c’était le dernier de vos soucis. La glace pouvait aussi tuer vos pokémon, mais ça prenait plus de temps. Le feu endommageait leurs stats de façon permanente. Le sommeil restait plutôt inoffensif. Mais la paralysie était le pire. Je haïssais la paralysie. Si vous étiez paralysés, vous aviez jusqu’à ce que la seconde barre se vide pour vous en occuper. Sinon, c’était permanent. Votre pokémon était paralysé à vie. Au bout d’un moment, je commençais à réfléchir à ce qu’il se passait vraiment. Pour les pokémon il n’était plus question de jouer. Ils s’empoisonnaient et se tuaient les uns les autres. Ca rendit le jeu beaucoup plus difficile et il devenait urgent de faire quelque chose si votre pokémon défaillissait. La réanimation n’était pas possible et vous deviez aller à un centre pour les soigner et s’occuper de leurs états. Dans le fond, c’est triste à dire mais ça m’a paru logique. Après tout, la Team Rocket était des criminels, pourquoi ne tuaient-il pas les personnages après les avoir battus ? Major Bob avait fait a guerre, donc il avait forcément utilisé des pokémon pour tuer. J’ai d’abord aimé l’orientation que prenait ce hack.

Vous aussi vous pouviez mourir de différentes façons. La Team Rocket pouvait vous tuer si vous perdiez face à eux. Et si vous étiez à court de pokémon en pleine nature, vous deviez retourner à un centre au plus vite. Seulement certains pokémon vous attaqueraient, comme Rattatac ou Arbok. Certains se contenteraient de vous blesser, mais les autres pourraient vous tuer instantanément. Dans les zones de hauts niveaux, vous aviez besoin d’être préparés, autrement vous mourriez. Vos pokémon pouvait aussi être tués par des attaque normales de la part des espèces les plus dangereuses, mais seulement dans des zones comme la Grotte Argentée ou la Route Victoire.

Quand vous mourriez, vous voyiez une courte cinématique regroupant les personnages de Bourg Palette et les champions d’arène que vous aviez battus, ainsi qu’un sprite ressemblant à un ministre, tous sur votre tombe derrière votre maison, suivi d’un fondu à la nuit. Une boîte de dialogue apparaissait alors disant "Ci-git Red... Dresseur Pokémon..." et votre âge.

Ai-je précisé que vous pouviez vieillir dans le jeu ? L’horloge du jeu n’était pas comme celle des versions Or ou Argent. A peu près toutes les 10 minutes dans la vraie vie, un jour passait dans le jeu, et les jours s’écoulaient même si vous ne jouiez pas. Je trouvais que c’était une très bonne idée, et j'aimais le fait que le personnage passe plus de temps dans le jeu. Il n’y avait pas de cycle jour/nuit, malheureusement. Peut-être parce que les jours auraient été trop courts. En tous cas, grâce à ça, tout était plus facile à capturer.

Je restait partagé sur le jeu pendant un moment. J’aimais son côté sombre, mais les scènes funèbres me dérangeaient, autant que les morts du joueur. A chaque fois que le personnage mourrait, vous voyiez un sprite représentant son corps, avec une boîte de dialogue disant "Vous sentez des ténèbres sans fin tout autour de vous". Je trouvais le texte de mauvais goût, mais l‘image du corps ensanglanté de mon personnage était traumatisante. Et les scènes funèbres étaient un peu trop morbides à mon goût.

Je fis de mon mieux pour rester en vie, et les choses restèrent normales jusqu’à la Tour Pokémon. Si vous connaissez bien les creepypasta sur Pokémon, vous connaissez l’histoire de Red tuant le Rattatac de Blue par accident lors de la bataille sur Océane. Dans ma version hackée, quand cette bataille a prit fin, Blue n'a rien dit, il s'est juste précipité en courant, ce que j’ai trouvé étrange.

Quand je le rencontrais dans la tour, il ne dit rien, et ne me défia pas. En descendant des escaliers, il dit juste cette simple phrase.

"Tu as tué mon Rattatac."

Il marqua une pause.

"Tu as tué mon ami."

Puis il finit de descendre les escaliers. J’étais un peu perturbé par ce changement soudain de ton, mais je continuais ma progression. J’avais le scope sylphe donc il n’y avait pas à s’inquiéter des spectres, à part les pokémon habituels. Tout se passa normalement jusqu’à ce qui aurait dû être la bataille avec Ossatueur.

A la place c’était le Rattatac de Blue. Et quelque chose n’allait pas. Il était putride, son corps était pourri, il lui manquait un oeil, on pouvait voir ses os, ce n’était pas une vue très plaisante. Je fis le combat aussi vite que je pus, mais c'était pour arriver à la pire chose possible.

Pour sa dernière attaque, l’action fut "???" et elle tua immédiatement mon Carabaffe. Je jurais de toutes mes forces, furieux et affolé. Il n’y avait pas eu d’avertissement, pas d’explication, rien. Je me dit seulement que le Rattatac voulait que je ressente la même douleur que j’avais causée à Blue.

Après le combat, Mr Fuji me fit un discours différent que dans le jeu original. Cette fois il me parla de mon pokémon et du destin cruel dont il avait souffert, à cause de l’esprit vengeur du fantôme. Une fenêtre apparut montrant mon combattant adoré étripé et pourri. J'étais triste. Mr Fuji me laissa sur une dernière phrase.

"Pourquoi fais-tu combattre les pokémon ? Ne vois-tu pas ce que ça leur fait ?"

Ça me fit réfléchir. Toutes les heures que j’avais passées sur ces jeux, tout ce temps perdu, et tous ces combats que j’ai livrés durant lesquels j’ai fait souffrir les pokémon que j’ai rencontré. Mais je me repris et me rappelais que c’était juste des lignes de 1 et de 0 mises ensemble par un esprit dérangé pour jouer avec mes émotions. Je persévérais, désemparé mais pas battu.

Le temps que j'atteigne le Conseil des 4, mon personnage était devenu un adulte. Il commençait à devenir plus lent, mais heureusement je pouvais voler grâce à mes pokémon. Je battais le Conseil des 4 après avoir stocké un maximum de soins pour garder mes pokémon sains et saufs, avant de combattre finalement Blue que je battais facilement. Encore une fois, aucun mot ne fut prononcé. Chen me félicita et réprimanda Blue. Tout ce que ce dernier trouva à dire fut "...". Je craignais que Blue ne commence à se lamenter, mais il s'en alla sans dire un seul mot.

Je me rendais à Johto et reçus un téléphone et un pokéquipement, c'était parfait. La région de Johto était comme Kanto, avec des pokémon sauvages de bas niveaux mais des dresseurs de hauts niveaux. Ça limitait les risques de mort et ce fut plus facile de se déplacer. Tout resta normal, jusqu'à ce que mon personnage atteigne 30 ans, juste après que j'ai battu Claire.

Je reçus un appel de ma mère. "Red, tu dois revenir à Bourg Palette. Le Professeur Chen est mort la nuit dernière". Mes bras en tombèrent. Ce fut un choc absolu pour moi. Mais après avoir volé jusqu'à Bourg Palette, près du labo, je vis une pierre tombale. En l'examinant, je m'aperçus qu'elle appartenait à Chen. J'étais détruit. Mais alors que je m'entraînais pour le combat final, mon perso avait environ 45 ans, je reçus un autre appel, mais de Blue.

Ma mère fut la victime cette fois-ci.

Je ne savais pas si j’étais perturbé ou terrorisé par ce qu’il se passait. En un niveau, ce hack était devenu incroyable, montrant la dévotion et les sacrifices que vous devez faire pour devenir un maître pokémon, en négligeant les gens autour de vous. Tout ça me fit penser à Red. Il a voué sa vie entière à devenir un maître pokémon, non ? Il n’est jamais tombé amoureux. Il n’a jamais eu de famille. Il n’a jamais eu que les pokémon pour le réconforter, pourtant il les a torturés chaque jours pour son plaisir. C’était un putain de jeu, et je me suis aperçu à quel point cette série était de la merde si vous arrêtiez pour vraiment y penser.

Tout ce que je voulais était en finir. J’ai grimpé jusqu’en haut de la Grotte Argenté, prêt à mettre fin à ce hack une fois pour toute. Je n’avais aucune idée de qui était l’adversaire final, puisque ça ne pouvait pas être Red, mais j’avais une intuition. Et j’eus raison.

C’était Blue. Et lorsqu’il me vit, il devint furieux

"Tu l’as enfin fait. Nous pouvons enfin en finir de tout ça. Tu m’as tout pris. Mon Rattatac, mon Titre et l’amour de mon grand-père. Voici ma chance de régler ça, une fois pour toute. Ça finit ici." Après ces paroles, le combat débuta.

Je n’étais pas prêt pour ce qui arriva. L’équipe de Blue était la même que celle qu’il utilise dans la dernière arène de Or et Argent, mais en plus fort. Mais finalement, je le battais à plates coutures. Et lorsque le combat prit fin, je vis trois points de suspensions apparaître tandis que l'écran s'assombrissait.

Après la bataille finale, je me réveillais encore à Bourg Palette. Je quittais ma maison et vis une troisième tombe près du labo. Mon cœur se serra. Je savais de qui il s'agissait. Sans aucun doute c'était Blue. La pierre tombale indiquait qu'il s'était suicidé.

Je vieillissais plus vite. En un jour j'atteignis 80 ans, ce qui fut étrange car mon personnage avait vieillit à un rythme constant jusqu'à maintenant. Le sprite de mon perso ressemblait au vieil homme de Jadielle. Et je pourrais dire que le créateur aimais le scénario de Creepy Black car la partie qui suit semblait en dehors de l'histoire. De temps à autre mon personnage se figeait et un boîte de dialogue s'affichait disant "Vous sentez un vent froid autour de vous" accompagné d'une faible cri. Je n'avais plus aucun pokémon ni aucun objet. Je ne pouvais pas aller dans les hautes herbes, j'étais éternellement bloqué à Bourg Palette, en attendant que quelque chose se passe. Après environ une demi-heure, mon personnage tomba et l'écran s'assombrit.

"Vous sentez des ténèbres sans fin tout autour de vous".

Je réalisais que mon personnage était mort.

Le jeu fit encore un fondu, affichant le sprite blanc de mon perso sur un fond noir. La musique de Lavanville commença à jouer, mais mais plus lentement et à un ton plus bas. Une boîte de dialogue apparut.

"Tu penses que tu es un maître Pokémon ? Tu ne sais rien. Toutes les vies que tu as détruites... tout le temps que tu as passé... toutes les amitiés que tu as brisées... tout ça pour rien ! Peu importe comment tu essaieras, tu ne seras jamais en paix. Il y aura toujours plus de pokémon à attraper, plus de dresseurs à combattre, plus de vie à tuer. Tu as échoué. Et ton temps est venu."

Le sprite de mon perso resta là, jusqu'à ce qu'il commence à y avoir des bruits. Ça me prit un moment pour m'apercevoir ce que c'était. Je réalisais que c'était les cris de chaque pokémon qui étaient morts durant ma partie, que ce soit à cause de moi ou des autres dresseurs, et bientôt je ne tardais pas à voir les images de chacun apparaître, tous plus terrifiants les uns que les autres. Le tout dernier fut Blue, suspendu à un arbre, et c'était effrayant car on entendait un faible grondement qui ressemblait presque à un rire. J'étais choqué à un haut point et je voulais juste que cette séquence de cauchemars s'arrête.

Ensuite les cris se mélangèrent et commencèrent à être plus rapide, à un ton plus élevé et plus déformés. Les bruits étaient insupportables et je baissais en urgence le volume lorsqu'un hurlement terrifiant me transperça à travers mes écouteurs au moment où l'écran devint noir. Un battement de coeur se fit entendre faiblement en arrière-plan alors que ce qui ressemblait à deux yeux brillants s'ouvraient au loin. Puis une main blanche vola vers moi pendant que cet horrible hurlement refit surface, me faisant tomber de ma chaise.

L'écran vira encore au noir, et l'émulateur bugga. Je fixais l'écran pendant un moment, réfléchissant à ce qui venait de se passer. Je relançais l'émulateur et essayais de charger ma dernière sauvegarde.

Elle avait disparue. Dès que j'avais fini le jeu la rom avait supprimé ma sauvegarde.

J'ai toujours pensé que les hacks comme Creepy Black était juste des histoires de mauvais goûts destinés à amuser les forumeurs de 4chan, mais après cette expérience, je n'ai plus jamais regardé Pokémon de la même façon. Ça avait du sens, vraiment. Vous passiez tout ce temps dans les jeux, blessant tout sur votre passage et causant toute cette souffrance, juste pour qu'une nouvelle génération apparaisse quelques années plus tard, rendant vains vos efforts. Ceci me dégouta de rejouer à Pokémon pour un moment. Je souhaitais avoir écouté mon ami.

Soyez prudents lorsque vous recherchez des roms Pokémon. Vous ne tomberez pas sur une version maudite, mais vous pourriez en trouver une comme celle-ci.
Auteur : adayofnights92
Traducteur : Peter Bee

Creepypasta originale ici

mercredi 18 mai 2011

Le retour d'Akumane

Ceci est la pièce maîtresse de l’affaire. Ce témoignage fut intégralement rédigé par le docteur K****** I***, psychologue professionnel depuis plus de quatorze ans dans la région de la Rochelle. Le docteur I*** a tenu à nous remettre lui-même son rapport et ses notes en mains propres, malgré le secret médical. Ce document doit rester confidentiel sauf en cas d’urgence.


«

18 Février 2011, 15 heures : Ouverture du dossier K****** M******.
J’ai reçu l’appel du lycée concerné il y a quelques heures. Le proviseur lui-même a tenu à me convoquer dans son établissement pour le traitement d’un cas bien particulier. Une fois dans son bureau, j’ai pris connaissance des caractéristiques de ma prochaine mission, puis je suis rentré pour écrire mon rapport. Le proviseur tient à ce que je note tout ce qui me paraît suspect, alors je dois également parler de tout ce que j’ai constaté ces derniers temps. Superstitions professionnelles.

Sujet : K****** est un jeune homme en terminale générale dans le lycée. Il loge en internat et aurait rejoint l’établissement en cours d’année, depuis trois mois déjà. Le personnel d’établissement le décrit comme un élève assez sérieux et motivé, et de bonne fréquentation. Ses professeurs décèlent parfois chez lui un certain absentéisme, mais il reste d’un naturel travailleur. Il possède en revanche un cercle d’amis très limité, et on le voit très rarement accompagné d’autres personnes. ( Photo du trombinoscope ci-jointe. )
Je n’ai pas encore été directement confronté à lui, étant donné qu’il se trouve actuellement dans un centre de détention, prisonnier sous une camisole de force.

Cas du sujet : Selon le directeur, K****** se trouvait dans les quartiers des élèves internes quand des témoins l’ont soudain vu se mettre à agir de manière agressive et incroyablement violente. Il aurait défoncé plusieurs lits à coup de meubles, éventré des matelas et surtout blessé trois de ses camarades dont un gravement. Plusieurs chambres ont été mises hors-service jusqu’à ce que la police n’intervienne et le neutralise. Personne ne l’a revu de nouveau après cet incident, mais les gardiens de la cellule dans laquelle il est enfermé depuis deux jours déclarent qu’il passe ses journées à essayer de passer à travers les murs recouverts de mousse. Personne n’a la moindre idée de ce qui a pu provoquer un tel changement de comportement chez lui, et c’est pour cette raison que j’ai été désigné pour ce cas.

J’ai réglé les détails de la consultation avec le directeur. J’ai insisté pour le voir en tête à tête seul, sans qu’il n’ait sa camisole de force ni aucune autre muselière de ce genre. Ce n’est pas ma méthode de parler avec les adolescents. La consultation aurait lieu demain dès 10 heures du matin. Je verrai ce qu’il en retourne et noterai ici mes observations.


19 Février 2011, 11 heures : Rapport 1.
La consultation vient de se terminer.

K****** semble être un garçon tout à fait normal. Nous avons commencé la discussion par les approches classiques, à savoir discuter un peu avec lui de ses antécédents. J’ai appris avec une certaine surprise qu’il était orphelin, et s’était inscrit de lui-même au lycée. Je demanderai confirmation au proviseur, mais je ne pense pas qu’il mentait. Il s’est montré très coopératif et n’a manifesté aucun signe d’hostilité tout au long de notre entrevue.

J’ai essayé de lui demander s’il avait des problèmes, ou s’il avait du mal à s’intégrer dans la société, par induction. Cependant, toutes les questions que je lui ai posées avec subtilité durant la conversation n’ont abouti à rien. Plus je parlais avec lui, plus j’avais de mal à saisir ce qui l’avait poussé à détruire des chambres de l’internat et d’agresser d’autres élèves. C’est assez rare que de jeunes gens arrivent à me poser de telles difficultés quand je m’occupe de leur cas. Généralement, les adolescents violents le sont à cause de problèmes sociaux, d’oppression parfois, et si cela s’accumule beaucoup trop, cela peut mener à ce genre de crises de folie passagère durant lesquelles ils expriment tout leur désespoir ou leur peur.
Mais ici, ce n’était pas le cas. K****** était totalement calme, patient, insouciant. Il répondait à mes questions avec docilité, parfois même en riant comme un enfant. Quand je lui ai finalement évoqué l’incident, il a tout bonnement nié les faits. Toujours avec cette étrange certitude dans son regard, comme s’il en était lui-même persuadé. La consultation a pris fin au bout d’une heure.

Pour le moment, je suis sur la piste d’une éventuelle schizophrénie. J’aimerais cependant éviter les grands mots pour le moment. Je l’ai remis entre les mains de la police, qu’il a suivi docilement une fois de plus. Je pense que mes doutes vont vers une confirmation, ou alors une induction en erreur que je souhaiterais éviter : je pense qu’il me faudra autre chose que de lui parler pour pouvoir tirer de bonnes conclusions et trouver les solutions à appliquer. Je vais mener ma propre enquête du côté du lycée, en parallèle avec les forces de l’ordre.


18 heures : Rapport 2.
Ce que j’ai appris cet après-midi me trouble.

K****** passait ses nuits dans sa chambre, avec un de ses camarades. Ils n’ont pas de chambres uniques et les élèves dorment de deux à quatre par chambre. L’examen de la pièce défoncée où il résidait autrefois ne m’a rien apporté de plus : son ordinateur portable était lui-même détruit, et je n’ai rien pu récupérer dessus. Le disque dur y est passé. Il n’y avait aucun autre indice.

Par ailleurs, le directeur m’a bien confirmé qu’il était orphelin : étant majeur, K****** pouvait cependant gérer son inscription seul dans l’établissement sans tuteur. Malgré les nombreuses questions que le proviseur dit lui avoir posées, il n’a pas pu en savoir plus sur son éventuelle famille antérieure. Le jeune homme semblait cependant déterminé à rejoindre le lycée, alors le chef d’établissement a fermé les yeux. Les frais de pensionnat seraient apparemment financés par un foyer d’aide aux enfants orphelins, non loin de là. Ce serait là où il résidait avant de rejoindre l’établissement.

Après cette discussion avec le proviseur, j’ai décidé de rendre visite au camarade de chambre de K******. Il avait été déplacé dans une autre loge, où il dormait seul. C’est à peu près là que j’ai commencé à apprendre des choses réellement étranges.
Le camarade m’a raconté tout ce qu’il avait vécu depuis qu’il dormait dans la même pièce que mon sujet. J’ai eu un peu de mal à comprendre ce qu’il me livrait, pourtant je suis certain qu’il ne mentait pas. Ce jeune homme aurait, depuis l’installation de K****** dans la même chambre que lui, commencé à faire des rêves récurrents. Des cauchemars plus précisément : il m’a détaillé tout ça avec une précision telle que c’était comme si les images et les sons étaient littéralement gravés dans son esprit. J’ai pris note de tout ça et je retranscris ici :

<< Dans ses cauchemars, il est debout dans un endroit complètement noir, et vide comme le néant. Cependant, malgré l’absence totale de lumière, il arrive à distinguer ses membres comme s’ils étaient éclairés. Je cite, « comme dans un jeu-vidéo ». Quand il essaye de marcher devant lui, il commence à entendre des cris étouffés, alors il n’ose presque jamais continuer. Il ne peut pas aller autre part qu’en avant, il ne peut même pas reculer : il est obligé d’avancer ou de rester immobile. Il fait ces cauchemars toutes les nuits, sans aucune exception, depuis que K****** dort à quelques mètres de lui dans la pièce. Il a de nombreuses fois tenté de faire nuit blanche ou de découcher, mais rien à faire : toujours il a été obligé de dormir au même endroit, et de faire les mêmes cauchemars. Il n’en a parlé à personne avant moi, tellement il avait l’impression que quelque chose le surveillait et qu’il n’avait pas le droit d’en parler tant que K****** était dans l’établissement. Depuis qu’il est parti au centre de détention, les rêves ont cessé. Une fois cependant, il avait essayé d’avancer le plus loin possible, pour voir ce qu’il y avait au bout du néant : les cris étaient devenus perçants au point qu’il avait l’impression que sa tête allait exploser, et il avait vu une forme abominable se détacher de l’obscurité juste devant lui. Au moment où il se réveillait, la forme lui fondait dessus en hurlant. Plus jamais il n’avait réessayé ensuite. >>

Il n’a pas osé m’en dire davantage, tellement son état de choc était perceptible. J’ai arrêté de le torturer avec ça. En ce samedi après-midi, les élèves ont bien droit de profiter de leur week-end tranquilles, surtout si celui-ci avait de durs tourments à raconter.
J’ai cependant interrogé les autres élèves qui dormaient à proximité de cette chambre avant de partir. Ça m’a troublé encore plus. Tous ceux qui passaient leur nuit dans un rayon de vingt mètres autour de K****** semblent eux aussi être hantés chaque nuit par ce genre de cauchemar. Je suis perplexe, pourtant tous me livrent les mêmes détails que cités précédemment.

Cela m’intrigue. K****** semble dégager une espèce d’aura qui prend prise sur ses camarades. Il doit y avoir quelque chose, une espèce de facteur qui provoque ces espèces de rêves envers ceux qui le côtoient régulièrement. Je pense que le meilleur test que j’ai à faire pour le moment est d’attendre la nuit, et de voir si moi aussi, j’ai ces visions. Après tout, je l’ai vu une heure complète ce matin, peut-être que cela va m’arriver aussi ? Ca m’étonnerait fortement, mais le directeur m’a bien demandé de noter tout ce qui me semblait suspect, et là, ça me le semble plus que jamais. Je vais également réserver une nouvelle consultation demain pour parler de tout ça avec lui.


20 Février 2011, 12 heures : Rapport 3.
Comme je m’y attendais, je n’ai pas fait de cauchemar étrange cette nuit. J’ai également posé la question à ma femme et ma fille, si elles n’avaient pas fait de rêves elles non plus : rien du tout de ce côté-là. Je savais bien que c’était un peu trop tôt pour tirer des conclusions hâtives. Cependant, j’allais devoir faire attention pour la suite.

En effet, la nouvelle consultation a pris une tournure franchement particulière, ce matin. K****** a de nouveau fait preuve d’un naturel calme, jusqu’à ce que j’évoque les cauchemars. Je lui ai demandé s’il en avait fait d’étranges, ces derniers temps. Il m’a alors demandé si je pensais à quelque chose en particulier. J’ai joué la carte de la prudence, et lui ai demandé s’il avait parfois l’impression de ressentir de la suffocation durant son sommeil, où une claustrophobie inhabituelle dans ses rêves. Au fil que la discussion s’épaississait, j’avais de plus en plus l’impression que K****** perdait son calme. Ce n’était sûrement qu’une hallucination, mais pendant une seconde, j’ai même cru que ses yeux étaient devenus complètement noirs tellement ses pupilles étaient dilatées. Je conservais mon sang-froid, quand enfin, je crûs avoir provoqué le changement de personnalité schizophrénique que je suspectais chez lui. Il s’est subitement levé de sa chaise et a plaqué les mains sur le bureau en hurlant des phrases à répétition. Je m’en souviens parfaitement :

<< C’est lui ! C’est le slasheur des rêves ! Il est venu parmi nous pour nous hanter !! >>

J’ai pris une mine étonné, puis sans faire le moindre geste, j’ai essayé de lui soutirer des renseignements en prenant discrètement des notes sous le bureau. Voici à peu près à quoi ressemblait notre conversation.

<< Le slasheur des rêves ? Qui est-il ?
- C’est celui qui vient d’un autre monde pour détruire tout ce qu’il s’y trouve ! Et il vous fera la peau à tous, sans exception !
- Pour détruire … Mais, pourquoi voudrait-il nous tuer ?
- Parce que c’est sa fonction ! C’est pour ça qu’il a été créé, et il désire s’en repaître !
- … Vous voulez dire que ce slasheur des rêves … a été créé par quelqu’un ?
- Oui, exactement ! Et c’est à cause de ce foutu quelqu’un qu’aujourd’hui, je suis tourmenté par cette saloperie !
- Parlez-vous des rêves récurrents ?
- Tout à fait ! Chaque nuit, sans exception, il vient me rendre visite et il cherche à me tuer ! Je ne sais pas ce qu’il attend de moi, mais il me tuera si je désobéis !
- Que devez-vous faire ?
- Rester dans le lycée. >>

Le reste de la discussion n’est pas des plus intéressants.
Ce fameux slasheur des rêves doit être une métaphore des plus grandes craintes de K******. Cependant, à mesure qu’il en parlait, j’avais la plus en plus nette impression que cette créature onirique existait réellement. En vérité, la consultation ne s’est pas terminée car je n’avais plus rien à lui dire. Je me suis senti très mal tout d’un coup. La voix de K****** qui répétait encore et encore sa hantise me donnait mal à la tête, et ça commençait à m’hypnotiser. Jamais un de mes patients ne m’avait autant fait peur de tout l’exercice de ma profession. Alors j’ai interrompu l’entrevue, et il est retourné en détention.

Je ne comprends pas. Ce n’est pas normal. J’ai pourtant déjà vu des cas bien plus graves que ça. Même un débordement émotionnel pareil de la part de mon sujet ne devrait pas m’affecter plus que ça, j’en ai bien vu d’autres. Je suis peut-être paranoïaque, mais j’avais l’impression qu’il y avait une présence derrière moi, qui s’intensifiait au rythme des paroles psalmodiées par K******. C’est superstitieux, mais je ne pouvais pas continuer la consultation comme ça.

Je suis un peu perdu. Je vais faire des recherches internet sur ce fameux slasheur des rêves. Peut-être que ce n’est pas une simple information montée de toutes pièces par K******.

13 heures :
J’ai eu beau chercher pendant une demi-heure sur la toile, rien à faire. Le slasheur des rêves n’existe pas ailleurs que dans l’imagination de mon patient. Tout cela commence à m’inquiéter sérieusement … Ca pourrait être un simple délire paranoïde qui aurait provoqué une schizophrénie chez lui, menant au final vers sa crise de folie. Mais cela n’explique en rien les cauchemars de ceux qui le côtoient. J’ai du mal à croire qu’ils pourraient me mentir.
Pareil pour K******. Pour l’instant, la seule explication rationnelle que j’ai est que ce jeune homme cherche à amuser la galerie en inventant de genre d’histoires surnaturelles. Un mythomane, pour être plus précis. J’ai besoin de parler plus en longueur avec lui pour découvrir ce qui se cache là-dessous.
Je pense que ce rapport va prendre des dimensions qui vont bien au-delà de la psychologie.


21 Février 2011, 6 heures :
Je viens de me réveiller. Impossible de fermer l’œil davantage.
Il y a une musique dans l’air. Des notes comme inversées. Je suis le seul à l’entendre, je le sais. Ca me pousse à bout. Il fait noir tout autour. J’ai à peine une lampe de poche pour m’éclairer. Je note en tremblant. Je le vois. J’ai froid.


21 Février 2011, 10 heures : Rapport 4.
Je ne sais pas ce qui m’a pris d’écrire ça dans mon rapport. Je devais encore être à moitié endormi. L’angoisse que j’ai ressentie était quand même assez poignante. J’avais l’impression d’entendre une mélopée de sons étranges, dans mon lit. Alors je me suis levé, et j’ai pris l’air. Puis, je me suis enfermé dans la cuisine, avec une lampe et mon rapport. Et j’ai écrit ça. Pas croyable.

Dans les ombres de la nuit, j’ai cru distinguer une forme étrange, comme un homme de très grande taille de l’autre côté de la table. Deux yeux blancs comme la craie me fixaient, sans iris ni pupille, mais je savais qu’ils étaient braqués sur moi. Parmi les notes de musique que j’entendais à demi-étouffées, j’avais aussi l’impression d’entendre des espèces de bruits métalliques, comme des outils qui l’on frotterait entre eux. Le plus étrange, c’est que je n’avais pas peur. Je devais être somnambule, j’imagine. Je me contentais de rester comme ça, assis sur la chaise, à écrire deux ou trois mots de temps en temps. Je me suis réveillé à 7 heures du matin, par ma femme qui m’avait retrouvé dans la cuisine, stylo à la main.

Je ne sais pas si ce sont les derniers événements qui me font cet effet, mais je commence à me sentir sérieusement patraque. Ma fille est partie à l’école, et ma femme au travail. Je ne me sens pas trop décidé à reprendre le mien tout de suite, alors je vais me reposer un peu.
Ce rapport commence à prendre des airs de journal intime.


11 heures :
Bon, ça suffit. Je vais reprendre mon enquête.
Tout à l’heure, j’ai été sur ma boite mail. A ma grande surprise, j’avais reçu un message à 6 heures du matin aujourd’hui même. L’heure où j’avais commencé mon rêve éveillé.
Immédiatement après l’ouverture du mail, ma messagerie s’est fermée toute seule sans que je ne clique sur quoi que ce soit. J’ai cru que c’était un virus, alors j’allais lancer un scan de mon logiciel anti-virus. Mais en fait, je me suis rendu compte que ma boîte de réception ne s’était pas fermée : elle s’était simplement réduite dans la barre des tâches. C’était bizarre quand même, mais j’ai rouvert ma messagerie d’un clic. Le mail avait disparu.
Par curiosité, je regardai la section des messages indésirables : et effectivement, il y avait un message reçu ce matin à 6 heures qui y siégeait. Cependant, contrairement au message qui avait disparu, il n’y avait ni l’adresse de l’envoyeur, ni aucune autre information. Juste le corps du message. Je ne me rappelle plus du titre qu’il avait précédemment. En tout cas, le message était relativement court.

<< Viens me voir dans la même salle qu’hier et avant-hier et je répondrai à toutes tes questions. Et n’oublie pas de prendre ton rapport, parce que tu risques d’y rajouter une couche. >>

Hier et avant-hier. Ca ne peut être que K******. Mais c’est impossible qu’il m’ait envoyé ça, à moins que quelqu’un ne l’ait aidé. Tant pis, autant voir ce qu’il en retourne. Je vais peut-être comprendre ce qui le hante réellement, et l’aider à se sortir de ses tourments.


13 heures : Rapport 5.
Je n’en peux plus. Jamais je ne suis tombé sur un cas aussi complexe.

Quand j’ai voulu réserver une consultation, on m’a dit qu’il y en avait déjà une de réservée pour 11 heures et demies. Pourtant, je n’avais rien réservé du tout.
K****** m’attendait déjà dans la pièce. Ce n’était plus du tout le même adolescent avec qui j’avais discuté ces derniers jours. Il me suivait des yeux dans le moindre geste que je faisais, en plongeant son regard dans le mien. Il a gardé la même position du début à la fin de l’entretien : le coude posé sur l’accoudoir, la tête contre le poing, avec un sourire bizarre sur l’expression. Je ne sais pas si je peux écrire « sadique » de manière totalement objective dans un rapport de psychologie. Même si ça n’y ressemble plus du tout, maintenant.

Je lui ai demandé ce qu’il voulait, alors qu’il ne me lâchait pas des yeux. Il n’y avait personne pour nous surveiller, et je me sentais vraiment en danger. Encore pire que la dernière fois. Son sourire s’est élargi, dévoilant des dents blanches et bien alignées. Quand elles sont apparues, j’ai presque cru qu’elles étaient pointues. Je me souviens de chacun de ses mots, qu’il avait dits avec un ton tel que c’était comme s’il avait voulu que ça reste gravé à jamais dans ma mémoire. Sa voix avait changé, au passage, on aurait plutôt dit celle d’un adulte.

<< C’est toi qui pose les questions ici, fouille-merde. Alors je t’écoute, sors-moi ton grand baratin de psychologue. >>

J’ai commencé par lui demander qui il était réellement.

<< T’as toujours pas compris ? Je suis le slasheur des rêves. Il semble que tu as fait des recherches sur moi pas plus tard qu’hier. >>

Il savait. Il me surveillait par je ne sais quel moyen. Pour essayer de le déstabiliser, je lui ai alors demandé qui était K****** M******, s’il n’était pas lui. Sa réponse m’a mis encore plus mal à l’aise.

<< K****** M****** n’existe pas. C’est un nom inventé de toutes pièces. Efficace. >>

J’ai commencé à m’emporter. Je n’en pouvais plus, et son regard me perçait toujours les yeux comme un faucon. Comme s’il avait le pouvoir de me faire perdre patience. Je lui ai demandé avec colère quelles étaient ses intentions.

<< M’amuser. C’est drôle de vous faire prendre cet état. Comme tous ces petits merdeux du bahut qui vont encore longtemps flipper leur race avant de crever. Je pense que toi, je vais t’épargner. Y’a pas mieux que la souffrance psychologique, tu devrais le savoir. Je vais encore longtemps m’amuser avec toi avant d’éclater tes rêves et te pourrir l’existence.

Et ils y passeront tous. Continue d’écrire sur tes putains de notes, je t’ai pas dit d’arrêter. Tu devrais vraiment voir à quoi ressemble ta sale tronche d’humain, c’est hilarant. Tu peux remercier le putain de corps qui est en train de parler. C’est à cause de lui que tout t’arrive. Ils mourront tous. De ma main. >>

J’ai rassemblé mon courage, puis j’ai déclaré que la consultation était terminée. Il a esquissé un sourire malsain. J’ai eu l’impression que mes tripes se renversaient.

<< J’espère que tu tenais à ta famille. >>

Chacun de ses foutus mots. Je me rappelle de chacun de ses foutus mots. Je vois encore sa tête d’adolescent comme possédé me regarder en esprit. J’ai l’esprit trop retourné pour réfléchir à quoi que ce soit. Je vais rentrer chez moi. K******, ou plutôt ce slasheur des rêves, est retourné au centre de détention.

»


Les rapports s’arrêtent ici. Les derniers témoignages d’I*** ne nous qu’oraux. Voici de quoi il en retourne.

Il est rentré chez lui à treize heures et demies. Sa femme était déjà rentrée à leur domicile de la Rochelle, et avait préparé le dîner. En entrant dans la maison, le médecin fit une macabre découverte.
Les deux corps de sa femme et sa fille baignaient dans une flaque de sang, sous la table de la cuisine. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il semblerait que ce soit la petite fille de * ans qui se soit emparée d’un couteau de cuisine et qui aurait éventré sa mère. Elle lui aurait alors retiré petit à petit les entrailles à l’intérieur du ventre, puis se serrait tranché la gorge. Lors de la découverte du corps par la police, suite à l’appel d’I***, des morceaux d’intestins ensanglantés et finement découpés étaient disposés sur la table, formant un message en majuscules.

« JE SUIS AKUMANE »

L’enquête de la police a immédiatement suspecté le père. Mais il n’y avait strictement aucune preuve de son inculpation dans ce sordide rite, et au final, seule la fillette aurait pu faire ça. Cette affaire a agité l’opinion publique comme jamais. On parlait de meurtre invraisemblable et de police incompétente, mais ce n’est rien comparé à l’image du message en intestins qui fit le tour du pays en une journée.

Le jour-même où l’on en parlait dans les médias, une dizaine d’étudiants se suicidaient en sautant de leur fenêtre au lycée. Trois d’entre eux se seraient même tranchés les veines avant de se défenestrer, et auraient écrit en grands messages de sang sur les murs de leur internat des messages complètement indéchiffrables. Quant aux blessés de l’affaire K****** M******, ils succombèrent tous brutalement de leurs blessures malgré les efforts désespérés des médecins qui les avaient pris en charge. Absolument aucune explication ne put être trouvée, même deux d’entre eux semblaient pourtant proche du rétablissement.

Le jeune K****** est également mort durant cette funeste journée. Selon ses gardiens, il aurait soudainement craqué sa camisole de force, puis se serait arraché les yeux à pleines mains. Il les aurait alors avalés, avant de se trancher les veines à pleines dents. Une mort subite et complètement invraisemblable, pourtant le fait était là.
L’affaire aurait pu être classée.

Cependant, l’autopsie de K****** a démontré une chose pour le moins inattendue, qui a permis d’établir un lien avec les événements précédents. L’analyse de l’ADN est formelle.
K****** M****** n’est autre que S****** H***, disparu six mois plus tôt dans le nord de la France. Les notes retrouvées sous les ruines de la maison carbonisée sont actuellement mises en relation avec toutes les informations ci-consignées pour déterminer ce qui a pu se passer.

Quant au docteur I***, il serait actuellement à bord d’un avion à destination du Japon. Ayant été lavé de tour soupçon au cours de l’enquête, il a été relâché. Ses derniers mots furent :

<< Je n’ai plus rien qui me retient ici, et j’ai atteint mon but. Je vais chercher les réponses à mes questions ailleurs. >>

Auteur : Lukeskywalker62

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