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mardi 18 juillet 2017

SAR (partie 4)

Salut tout le monde ! Je suis de retour de mon stage, et j’ai beaucoup d’histoires vraiment intéressantes à vous partager. J’en ai tellement que je vais les diviser en deux parties, ce post étant la première. J’aimerais bien toutes les mettre d’un coup, mais je n’ai pas encore pu toutes les écrire. Il ne s’est rien passé d’extraordinaire durant le stage, juste un accident avec un débutant que j’ai trouvé intéressant. Puisqu’il me semble que vous attendiez avec impatience ces histoires, je vais enchaîner sans plus tarder. Je les relierai toutes aux personnes qui me les ont racontées.

K.D : K.D est un vétéran qui est agent SAR depuis environ quinze ans. Elle se spécialise dans les missions de sauvetage en haute montagne, et est considérée comme une des meilleures dans son domaine. C’était une des plus enthousiastes à me raconter ses anecdotes, et étant donné qu’on était ensemble dans beaucoup d’exercices, elle a fini par m’en transmettre quatre qui m’ont vraiment marquée.

  • Elle m’a raconté la première lorsque je l’ai interrogée sur ses appels les plus traumatisants. Elle a secoué la tête, et m’a dit que les appels tragiques arrivaient plus fréquemment en montagne, puisque le risque d’accidents graves est plus élevé. Il y a à peu près cinq ans, un des parcs où elle travaillait a connu une série de disparitions. C’était une mauvaise année, m’a-t-elle dit, une des pires au niveau de la météo. Il tombait plus de trente centimètres de neige tous les deux jours, et quelques alpinistes sont morts dans des avalanches. Ils avaient averti les gens de ne pas s’écarter des sentiers battus, mais bien sûr il y en a toujours qui n’écoutent pas. Dans un cas en particulier, une famille entière avait été décimée, parce que le père pensait mieux s’y connaître que les gardes forestiers, et a emmené sa femme et ses enfants dans une zone à risques. Ils avaient des raquettes, et autant que K.D pouvait le supposer, ils s’étaient aventurés sur un pan neigeux qui devait avoir l’air solide, sans l’être réellement. Il a cédé sous leur poids, et cette famille a dégringolé sur plus de cent mètres. Ils ont atterri sur les rochers en bas, et les parents sont morts sur le coup. Un des enfants a subi le même sort, mais les deux autres ont survécu. Un s’en est sorti avec une jambe et des côtes cassées, tandis que l’autre n’avait presque rien, à part quelques contusions et une cheville foulée. L’enfant sauf a laissé son frère pour aller chercher du secours. K.D a dit qu’il n’avait pas fait un kilomètre avant qu’une tempête ne lui tombe dessus. L’enfant s’est arrêté et a essayé de se réchauffer, ou peut-être simplement de se reposer, et a fini par mourir de froid. K.D et ses collègues ont fini par retrouver la famille avec l’aide de témoins qui les avaient vus s’enfoncer dans la nature, et c’est elle qui a trouvé l’enfant mort de froid en cherchant du secours. Elle m’a dit qu’il avait commencé à neiger, juste assez pour cacher l’horizon, mais pas au point de rendre les recherches impossibles. Elle a vu une silhouette assise dans la neige, et elle l’a rejointe le plus vite possible. Elle m’a décrit en détail comment elle a d’abord réalisé qu’il s’agissait d’un enfant, puis, au fur et à mesure qu’elle se rapprochait, qu’il était mort, et enfin qu’il avait gelé dans une des positions les plus pitoyables qu’elle n’ait jamais vues. L’enfant était assis droit, avec ses genoux serrés contre sa poitrine. Il les entourait de ses bras, et sa tête était enfouie dans son manteau. Lorsqu’elle a retiré le manteau pour voir son visage, elle a constaté qu’il était mort en pleurant. Son visage était déformé, et les larmes avaient gelé sur ses joues. Elle a dit qu’il était affligeant de voir à quel point l’enfant était terrifié au moment de succomber à l’hypothermie, et en tant que mère, ça lui avait brisé le cœur. Elle m’a dit plusieurs fois combien elle espère que le père brûle en enfer en ce moment même.


  • Une autre de ses histoires traumatisantes qui m’a marquée lui est arrivée alors qu’elle n’était encore qu’une novice. On avait signalé à son équipe qu’un alpiniste expérimenté n’était pas rentré chez lui la veille. Sa femme était convaincue que quelque chose de grave était arrivé, parce qu’il rentrait toujours chez lui à l’heure. Ils sont partis à sa recherche, et ont dû escalader ce qui semblait être des pans très ardus de la montagne. Ils sont arrivés sur une zone relativement plate, et K.D a repéré du sang sur la neige. Elle a suivi la piste, et a commencé à trouver des petits morceaux de chaire. Elle n’était pas sûre de quelle partie du corps ils pouvaient provenir, mais plus elle progressait, et plus il y en avait. Cette piste de sang et de chaire la mène à un endroit abrité, en contrebas d’un versant, et c’est là qu’elle trouve l’alpiniste. Elle a dit qu’il y avait beaucoup de sang, bien plus qu’elle n’en avait jamais vu auparavant. Il gisait là, face contre terre, un bras tendu devant lui, comme s’il était mort en rampant. En regardant de plus près, elle voit qu’il est en partie éviscéré, ce qui explique la provenance des morceaux de chaire qu’elle a vu. Le type possède un pic à glace coincé dans un étui à sa hanche, couvert de sang. Ils ne pourront jamais savoir avec certitude ce qui s’est passé bien entendu, mais elle m’a expliqué comment elle voyait les faits : le gars a essayé d’escalader la paroi jusqu’à la zone de plat suivante, et il se servait d’un pic à glace pour grimper. Il est probablement tombé sur une aspérité friable, et il a chuté. Dans sa chute, ou au moment de l’atterrissage, il s’est empalé sur son pic, ce qui l’a éviscéré. Il s’est traîné au sol, en semant des morceaux de lui-même, et il est mort sous la falaise. Le gore ne la dérange pas tant que ça, mais je suppose que certaines des personnes qui l’ont aidée à s’occuper du corps ont dû vomir lorsqu’elles l’ont retourné et qu’une bonne partie de ses intestins se sont déversés.


  • Je lui ai dit que ça m’intéressait qu’elle me parle de ses expériences de disparitions complètes. Son regard s’est éclairé, et elle s’est penchée vers moi. « Tu veux entendre un truc vraiment bizarre ? » me demande-t-elle. Elle m’explique que lorsqu’elle a commencé, il y avait une affaire qui avait fait beaucoup de bruit dans la presse. Une famille était partie cueillir des baies dans une zone de la forêt assez proche de l’entrée du parc. Ils avaient deux petits garçons, tous deux de moins de cinq ans, et à un moment de la journée, l’un des deux disparait. Il y a une battue très importante, et ils ne trouvent rien du tout. C’est une autre de ces affaires où le gosse semble ne jamais avoir été sur les lieux. Les chiens se contentent de s’asseoir et ne reniflent rien, aucune trace de l’enfant n’est trouvée. Les recherches se poursuivent sur à peu près deux mois, mais finissent par être annulées. Six mois plus tard, la famille revient pour déposer des fleurs sur la stèle érigée à la mémoire de l’enfant. Ils amènent leur autre fils. Alors qu’ils posent les fleurs, ils perdent de vue le gosse pendant trois secondes à peine, et dans ce laps de temps ce dernier s’évapore dans la nature. Évidemment, les parents sont plus que dévastés. C’est déjà assez horrible de perdre un enfant, mais c’est inimaginable d’en perdre deux. La battue est énorme, une des plus grosses de l’histoire de l’État. Il y a environ trois cents volontaires qui inspectent la moindre parcelle du parc, à la recherche de l’enfant. Mais une fois encore, aucune trace de lui. Les recherches se poursuivent pendant à peu près une semaine, certains fouillent à des kilomètres de l’endroit où il a disparu. Et puis, presque deux semaines plus tard, un volontaire situé à presque trente kilomètres de la zone de recherches officielle nous contacte par radio pour nous signaler qu’il a trouvé le gosse. Ils ont supposé que l’enfant était mort, cependant le volontaire affirmait qu’il était non seulement en vie, mais aussi en bonne forme. K.D et son équipe vont récupérer le gamin, et ils ne peuvent en croire leurs yeux lorsqu’ils arrivent sur place : c’est effectivement l’enfant porté disparu. Ses vêtements sont propres, il n’a aucune trace de terre sur lui, et il ne semble pas traumatisé. Le volontaire explique qu’il l’a trouvé assis sur une souche, à jouer avec un petit fagot de brindilles tenues ensemble avec une sorte de vieille ficelle. K.D lui demande où il était passé, avec qui il était durant ces deux semaines, et l’enfant lui répond qu’il était avec « l’homme flou ». Alors K.D croit dur comme fer au bigfoot, donc elle devient toute excitée et lui demande ce qu’il veut dire par « flou ». Est-ce qu’il était poilu ? Mais l’enfant lui répond que non, il n’était pas poilu. C’était un « homme flou », et il décrit un homme qui serait de forme trouble, « comme lorsque tu fermes tes yeux mais pas complètement ». Il a dit que l’homme avait surgi des bois et l’avait emmené avec lui loin dans la forêt. L’enfant raconte qu’il dormait dans un arbre creux, et que l’homme flou lui donnait des baies à manger. K.D lui demande si l’homme était méchant, s’il effrayait l’enfant, et ce dernier lui répond que « non, il n’était pas effrayant. Mais je n’aimais pas qu’il n’ait pas d’yeux. » K.D me dit qu’ils ramènent le gosse à la base, et un policier le raccompagne en ville pour recueillir plus de détails sur ce qu’il s’est passé. Ce policier est un de ses amis, et elle m’a dit que l’enfant a raconté être gardé à l’intérieur de cet arbre, et qu’il recevait des baies dès qu’il avait faim. Il pouvait se promener dans un rayon bien défini, mais que s’il essayait d’aller plus loin, l’homme flou « s’énervait et hurlait très fort bien qu’il n’ait pas de bouche ». Lorsque l’enfant avait peur la nuit, l’homme flou « éclaircissait » et lui donnait le fagot de brindilles. Il a dit que l’homme flou voulait le garder, mais qu’il a dû le laisser partir parce qu’il n’était pas « le bon genre ». Il ne peut ou ne veut pas en dire plus que cela. Son témoignage a laissé les policiers perplexes, et les recherches pour son frère ont été renouvelées, sans résultats. Le gamin n’a aucune idée d’où son frère peut être, et personne ne l’a trouvé.


  • La dernière histoire que K.D m’a racontée est quelque chose qui lui est arrivé alors qu’elle s’est retrouvée séparée de son groupe de formation, quand elle était encore une novice. Ils apprenaient les bases de la haute altitude sur un versant bien cartographié de la montagne, et elle a dû aller au petit coin. Elle s’est éloignée d’une cinquantaine de mètres du groupe pendant la pause déjeuné, et elle a fait ce qu’elle avait à faire. Je vais utiliser ses mots exacts pour raconter la suite : « Donc je vais pisser, et quand j’ai fini je pars rejoindre le groupe. Mais j’ai à peine fait deux pas que je réalise n’avoir aucune idée d’où je me trouve. Et c’était pas genre « ah, j’ai pris un mauvais tournant ». Je veux dire que j’avais absolument aucune putain d’idée d’où je me trouvais. Si tu m’avais demandé, je pense pas que j’aurais été capable de te dire dans quel État on était. C’était un peu comme ce que je m’imagine que les amnésiques ressentent, tu vois ? T’es complètement perdue, et tu sais pas du tout quoi faire. Donc je suis restée là pendant un moment, à essayer de comprendre où diable est-ce que j’étais et ce que je devais faire. Mais plus je restais là, et plus je devenais confuse et déboussolée, donc j’ai commencé à marcher. Je me souviens avoir pris une direction au hasard. Mais ça ne fait qu’empirer, jusqu’à ce que je ne me souvienne même plus ce que je fais sur la montagne. Je me contente de patauger dans la neige, et puis je me mets à entendre cette voix. C’est presque comme si elle était dans ma tête. Comme si une grenouille pouvait parler, genre grave et rauque. Et elle ne cesse de me répéter « tout va bien, tout va bien, tu as simplement besoin de trouver quelque chose à manger. Trouve quelque chose à manger et tout ira bien, contentes-toi de continuer à marcher et trouve quelque chose à manger. Mange. Mange. » Donc je commence à chercher quelque chose que je peux manger, et je te jure que je n’ai jamais eu aussi faim de toute ma vie. C’était monstrueux, et je pense que j’aurais avalé tout ce que tu aurais pu me mettre sous le nez. J’avais perdu la notion du temps, et je n’avais aucune idée du temps que j’avais passé dehors lorsque j’ai entendu une véritable voix se rapprocher de moi. Je vais dans sa direction, et je tombe sur un autre agent SAR, qui a l’air complètement effrayé. Il court vers moi, en me demandant si je vais bien et ce que je fous ici. Et ce qui est flippant, c’est que pendant qu’il court vers moi, je me surprends à saisir mon couteau de chasse à ma ceinture. Je ne réfléchis même pas à ce que je fais, tout ce que je sais à ce moment c’est qu’il faut que je mange. Si je ne mange pas, je n’irai jamais bien à nouveau, donc je dois juste manger. Il me voit faire ce geste, et il recule immédiatement. Il me crie de poser mon couteau, qu’il ne va pas me faire de mal, et ça m’a fait comme un déclic. Tout d’un coup, je sais précisément où je suis, et je lâche le couteau. Je cours le rejoindre, et je lui demande combien de temps a durée mon escapade, en imaginant qu’il me dirait un truc comme une demi-heure. Mais il me dit que j’ai disparu pendant deux putains de jours. J’ai dépassé deux pics, et je me suis presque retrouvée de l’autre côté de la montagne. Si j’avais continué, j’aurais fini par m’aventurer dans environ cinq cents kilomètres de nature sauvage, et ils ne m’auraient jamais retrouvée. Il n’arrive pas à croire que je ne suis pas morte, et bien sûr je n’ai pas la moindre idée de quoi en penser. De mon point de vue il ne s’était écoulé que très peu de temps. Je ne dis rien, je me contente de le suivre jusqu’au point de rassemblement, d’où on me raccompagne à la base pour être transportée à l’hôpital. Une fois sur place, ils me font passer toutes sortes de tests, afin d’essayer de comprendre ce qui s’est passé. Le plus probable selon eux est que j’ai eu une sorte d’état de fugue étrange, ce qui ressemble un peu à une amnésie, ou une attaque bizarre qui m’a retourné le cerveau. Mais la vérité est qu’on ne sait vraiment pas. Ça ne s’est jamais produit à nouveau, mais crois-moi, depuis je ne reste jamais seule dehors. Les gens me charrient parce que je les force à m’accompagner quand je m’éloigne du groupe, mais je leur dis qu’il vaut mieux m’entendre pisser dans la neige que me perdre dans les montagnes glacées pendant deux putains de jours.


EW : La personne suivante à qui j’ai parlé est E.W, un ancien instructeur qui travaille maintenant comme secouriste. Il participe toujours aux opérations comme celle-ci pour nous filer un coup de main, mais il ne travaille plus à plein temps. Il s’était spécialisé dans la recherche des enfants perdus, il semblait avoir un sixième sens pour deviner où ils étaient allés. C’est une légende parmi les plus vieux vétérans, mais ça le gêne qu’on le complimente sur son travail. Il s’est assis avec moi un soir, lors du dîner, et on a fini par s’échanger des histoires. La plupart étaient assez banales, mais quand on en est venus à nos appels les plus bizarres, je lui ai parlé de mon ami qui était monté sur des escaliers. Il est devenu silencieux, et m’a demandé si j’avais entendu parler de ce petit garçon qui avait disparu de son parc il y a quelques années de cela. Je n’étais pas au courant, donc il m’a raconté cette histoire.
  • Ils étaient dehors, à la recherche de ce garçon de sept ans, Joey, qui avait disparu près d’une rivière. Bien entendu, la première hypothèse était qu’il était tombé et s’était noyé, mais lorsqu’ils ont amené des chiens, ces derniers ont mené les agents SAR loin de la rivière, vers une des parties les plus denses de la forêt. Quand on recherche des gens, on le fait selon un modèle de quadrillage, et on fouille chaque « carré » de fond en comble. Ce que l’équipe d’E.W a tout de suite remarqué était que le modèle qui se dessinait était très inhabituel. Les chiens sentaient l’odeur de Joey dans des carrés séparés, mais ne la retrouvaient pas dans les carrés adjacents. Si on le compare à un échiquier, l’odeur de Joey revenait sur les cases noires, mais jamais dans les blanches. Et ça, bien sûr, ça n’avait rien de logique, parce que comment ce gosse aurait pu sauter d’une case à l’autre sans laisser son odeur là où il passait ? E.W et son coéquipier sont arrivés dans un nouveau carré sur le quadrillage, et il a aperçu des escaliers une quinzaine de mètres plus loin. Il dit à son partenaire qu’ils ont besoin d’aller chercher à côté des escaliers, mais ce dernier refuse catégoriquement. Il explique à E.W qu’il avait juré de ne jamais s’en approcher, et que bien qu’ils étaient courants, il ne voulait pas prétendre qu’ils étaient normaux. Il dit à E.W qu’il resterait à portée de vue pendant qu’E.W les inspecte. E.W m’a dit qu’il était agacé, mais qu’il comprenait son pote, et qu’il ne l’a pas forcé. « Je suis allé jusqu’aux escaliers. Ils étaient petits, un peu comme ceux d’une cave. Je ne ressens rien de particulier à leur sujet,  les escaliers je veux dire, donc je n’ai pas spécialement peur. Je suppose que je suis comme tout le monde, je préfère ne pas trop y penser. Bref, je me rapproche, et je vois qu’il y a quelque chose sur la première marche, un peu roulé en boule. Mes cheveux se hérissent, parce que bien sûr tu espères toujours le meilleur scénario. Et on pensait trouver l’enfant en vie, parce qu’il n’avait disparu que depuis quelques heures. Mais j’ai tout de suite su que c’était lui, et qu’il était mort. Il s’était recroquevillé comme une petite boule sur la marche, en se tenant le ventre. Il avait l’air d’avoir terriblement souffert au moment de sa mort, mais je ne voyais pas de sang, sauf sur ses lèvres et son menton. J’ai prévenu les autres par radio que je l’avais trouvé, et on a ramené son corps à la base. Cette pauvre famille, ils étaient ravagés. Les parents ne parvenaient pas à comprendre comme il avait pu mourir, parce qu’il avait disparu depuis si peu de temps. Et pour couronner le tout, on n’avait pas de cause du décès claire, ce qui n’a fait qu’empirer les choses. J’ai supposé qu’il avait probablement mangé quelque chose d’empoisonné, puisqu’il se tenait le ventre quand je l’ai trouvé, mais je n’ai rien osé dire. C’est déjà suffisamment difficile d’avoir perdu son enfant sans qu’un stupide mec des SAR vous donne ses hypothèses sur la chose. Ils l’ont emmené, et je suis rentré chez moi en essayant de ne pas trop y penser. Je déteste trouver des enfants morts, tu sais. J’aimais ce boulot, mais c’est une des raisons qui m’ont fait arrêter. J’ai deux filles, et l’idée de les perdre était juste… » Il a marqué une pause à ce moment. Je ne suis pas super à l’aise avec les trucs émotionnels comme ça, et c’est toujours gênant de voir un homme pleurer, donc je ne savais pas trop quoi faire. Il a cependant fini par reprendre ses esprits, et il a continué. « On n’a pas toujours des nouvelles des médecins légistes sur les causes de décès. On n’a pas vraiment à savoir, je suppose, et parfois ils pensent que c’est illégal de nous en faire part, pour je ne sais quelles conneries de loi. Mais j’ai un ami qui travaille au département du shériff, et il ne rechigne pas à me filer des infos intéressantes quand je lui demande. Dans ce cas toutefois, c’est lui qui m’a appelé, environ une semaine plus tard. Il me demande si je me souviens de l’enfant, c’est bien sûr le cas, et il dit qu’il se passe des choses vraiment étranges. Il me dit « E.W, mec, tu vas penser que je suis dingue, mais le légiste a aucune idée de ce qui a pu arriver à ce gosse. Il n’a jamais rien vu de pareil. » Il a continué en m’expliquant que le médecin n’arrivait pas à croire ce qu’il avait vu en ouvrant l’enfant. Les organes du petit étaient comme du gruyère. Il y avait des trous très propres de la taille d’une pièce de monnaie dans chacun d’eux, à part son cœur et ses poumons. Mais son colon, son estomac, ses reins, et même un de ses testicules étaient bourrés des ces trous nets. Mon ami a dit que le légiste l’avait décrit comme si quelqu’un avait pris une perforatrice, et avait tout perforé, tellement ils étaient propres. Mais l’enfant n’avait pas une égratignure sur lui, aucune blessure d’entrée ou de sortie. Ce qui se rapprochait le plus de ça était le gars qui s’était rempli de chevrotine en nettoyant son fusil l’année dernière. Personne n’avait la moindre idée de ce qui avait pu être à l’origine de cet état. Mon ami m’a demandé si j’avais déjà entendu parler de quelque chose du genre, ou si on avait déjà eu un cas similaire par le passé. Mais je n’avais jamais entendu parler de quoique ce soit de semblable, et je lui ai dit que je n’allais pas lui être d’un grand secours. Autant que je me souvienne, le médecin a déterminé la cause de la mort comme une « intense hémorragie interne », ou un truc du genre, mais personne ne sait vraiment ce qui s’est passé. Je n’ai jamais pu oublier ce gosse. J’en fais des cauchemars parfois. Je ne laisse pas mes enfants aller dans les bois seuls, et quand on y va ensemble je ne les perds jamais de vue. Autrefois j’aimais ces endroits, dehors. Mais cette affaire, et quelques autres, leur ont retiré tout leur charme. » Le dîner était terminé, donc on a commencé à tout ranger, et à rentrer dans nos cabanes. Avant de nous séparer, il a posé sa main sur mon épaule, et m’a regardé de très près. Il m’a dit qu’il y a de mauvaises choses dehors. Des choses qui se fichent de savoir qu’on ait des familles ou des vies, ou qu’on puisse penser et ressentir des choses. Il me dit d’être prudente, et il s’éloigne. Je n’ai pas eu l’occasion de lui reparler, mais son histoire m’a marquée.


PB : Par un pur hasard, j’ai eu l’occasion de discuter avec un autre vétéran, P.B, qui est dans les SAR depuis des années. On était ensemble pendant un exercice de quadrillage, et on a pu échanger sur ce qu’on aimait dans le job, ce qu’on avait pu voir, et tout. A un moment, on est passé devant de vieux escaliers, mais ceux-ci appartenaient probablement à une vieille tour d’observation, étant donné l’endroit où nous étions. J’en ai profité pour lui dire que les escaliers m’intéressaient, et que j’aimerais en apprendre plus sur eux. Il est devenu un peu silencieux, et semblait hésiter à me dire quelque chose. Il a fini par me dire d’éteindre ma radio. Bien entendu, c’est quelque chose que nous ne devons absolument jamais faire, mais je l’ai éteinte, et il en a fait de même.
  • Il y a environ sept ans, me dit-il, il était de sortie sur un appel avec un bleu. Ils se trouvent dans une zone du parc qui possède un certain historique de signalements bizarres et de phénomènes étranges. Des disparitions, des histoires à propos de lumières dans les bois, des bruits inhabituels, ce genre de choses. Le bleu avait les jetons, et n’arrêtait pas de parler de « choses dans la forêt ». D’après P.B : « il ne cessait pas de parler du « Goatman ». Sans arrêt, « Goatman » ceci, « Goatman » cela. J’ai fini par lui dire qu’il y avait plein d’autres choses effrayantes dehors, qui étaient réelles, et qu’il ferait mieux d’oublier ces histoires de « Goatman ». Le novice voulait savoir de quoi je parlais, et je lui ai juste dit de la fermer et de continuer à marcher. On a franchi une petite crête, et il y avait des escaliers à une dizaine de mètres de nous. Le bleu s’arrête net, et reste planté à les fixer. Je lui dis « Tu vois ? Ça c’est quelque chose dont tu devrais avoir peur. » Il me demande ce que fout ce truc ici, et je sais pas trop pourquoi, je lui dis la vérité. Ou du moins ce qu’on m’avait dit être la vérité. J’aurais pu avoir beaucoup d’ennuis pour avoir fait cela, et je pourrais encore en avoir beaucoup en te le répétant. Mais tu es une gentille fille, et je veux que tu arrêtes de t’y intéresser. Tant que tu le peux. Donc je vais te dire ce que je sais, à condition que tu n’en souffles jamais un mot aux patrons. » Je lui ai répondu que je ne dirai rien, et il vérifie à nouveau que nos radios sont éteintes. « Quand j’ai commencé, il y avait moins de secrets à leur sujet, comme pour tout ce qui se passait là-dehors. On prévenait les gens avant même qu’ils ne soient embauchés qu’il se passait des choses étranges. J’imagine que le Service des Forêts en a eu marre du taux de démission, et qu’il voulait que les gens sachent dans quoi ils s’engageaient. Donc ils ont commencé à faire signer ces contrats aux gens les empêchant de raconter à la presse ce qu’ils allaient voir dans leur métier. Le SF ne voulait pas effrayer les populations, donc la dernière chose dont il avait besoin était des novices se précipitant aux journaux avec des histoires de fantômes et d’escaliers hantés. Mais finalement, ces contrats se sont révélés inutiles. Non seulement les gens ne voulaient pas parler de ce qu’ils avaient vu, mais ils ne le pouvaient pas. La presse a essayé de les interroger quelques fois, quand des enfants ou des randonneurs disparaissaient, et personne n’a rien dit. Je n’arrive pas vraiment à l’expliquer. J’imagine… qu’on ne voulait pas vraiment admettre que les choses allaient mal. C’est notre travail, de parcourir les bois toute la journée. On n’a pas besoin d’avoir la frousse, et le meilleur moyen d’éviter ça c’est de prétendre que tout va bien. Donc je vais te dire tout ce qui me vient à l’esprit, et après ça, je n’en reparlerai plus jamais. Et n’aborde jamais le sujet quand je suis là. Les escaliers sont aussi vieux que le parc. On a des archives qui remontent à des dizaines d’années où ils y sont décrits. Parfois les gens les montent, et rien ne se passe. Mais parfois… Ecoute, je n’aime vraiment pas en parler, mais parfois des choses vraiment terribles arrivent. J’ai vu un gars avoir sa main tranchée nette lorsqu’il a posé le pied sur la seconde marche. Il a voulu attraper une branche d’arbre, et c’est allé si vite. En un instant sa main n’était plus là. Une plaie totalement nette. On ne l'a pas retrouvée, et le gars a failli en crever. Une autre fois, une femme a touché des escaliers, et un vaisseau sanguin de son cerveau a explosé. Littéralement explosé, comme une bombe à eau. Elle a titubé vers moi, et tout ce qu’elle a pu dire était « Je crois que quelque chose ne va pas. » Elle s’est effondrée comme un sac de farine, morte avant de toucher le sol. Je n’oublierai jamais comment le sang s’infiltrait à l’intérieur de son œil. Avant qu’elle ne meure, je l’ai vu devenir rouge. Je l’ai vu, et il n’y a rien que je pouvais faire pour l’aider. On avertit les gens de ne pas s’approcher d’eux, mais il y a toujours au moins un imbécile pour le faire. Et même s’il ne leur arrive rien à eux, quelque chose de mauvais arrive toujours. Des gosses disparaissent alors qu’on est sur leur piste. Quelqu'un meurt le lendemain, coupé en deux, dans une zone entièrement sécurisée du parc. Je ne sais pas pourquoi, mais il se passe toujours quelque chose de mauvais. Je ne sais pas vraiment pourquoi ils sont là, mais ça n’a pas d’importance. Ils y sont, et si on était intelligent, on dirait aux nouveaux exactement de quoi ils sont capables. » Nous sommes restés tous les deux silencieux pendant un petit moment. Je n’osais pas parler parce que je n’étais pas certaine qu’il avait fini. Il avait l’air de vouloir dire quelque chose d’autre. Il a fini par reprendre la parole : « Tu as déjà remarqué comment on ne trouve jamais le même deux fois ? » J’ai acquiescé, en pensant qu’il allait poursuivre. Mais il est juste resté silencieux, en marchant avec moi, et il a fini par me raconter une histoire sur le plus gros cerf qu’il avait vu dans le parc. Je n’ai pas abordé le sujet à nouveau, et je ne lui ai pas demandé d’autres histoires. Il est parti du stage le lendemain. Apparemment il est parti avant le lever du soleil, en prétextant qu’il était malade. Personne n’a entendu parler de lui depuis.


Je vais m’arrêter là pour le moment. J’essaierai de poster la partie suivante dans les jours à venir, mais vu que c’est la fin de l’été, on est assez occupé. Merci pour votre intérêt constant les gars, vous avez vraiment éveillé cette curiosité en moi, que j’ignorais avoir !

Traduction : The Dude

Source
Partie 1
Partie 2
Partie 3

samedi 15 juillet 2017

La vie de Tommy

Tommy était un enfant tout à fait normal. Né dans un coin paumé de la France, il n'avait aucune caractéristique particulière. Fils de fermiers, qui aurait pu deviner la vie mouvementée qu'il allait mener. Voyez-vous, quand tommy a eu 5 ans, ses parents ont voulu lui faire plaisir, alors ils lui ont demandé ce qu'il voulait comme cadeau d'anniversaire. Le jeune Tommy avait juste répondu :

"Je veux une une balle de tennis noire" 

Les parents ne comprenaient pas ce choix, et ils s’efforçaient de demander au petit Tommy pourquoi il voulait un tel cadeau, mais celui-ci s’enfonçait dans un silence absolu à chaque question qui portait sur cette balle de tennis noire. Ils finirent par lui offrir l'objet de ses désirs pour son anniversaire. Alors qu'il avait déballé son cadeau et découvert cette petite balle noire, il avait pris une craie et avait inscrit un nom dessus : Raymond.

Le seul Raymond des environs était leur voisin, un vieux barbu qui réunissait tous les clichés du provincial bourru et bourré. Personne n'avait relevé ce geste anodin, pensant que c'était juste les actes d'un gamin. Mais le plus étrange, c'est que 7 jours après l'anniversaire du petit, le fameux Raymond était mort. Terrassé dans son sommeil par une crise cardiaque. tout le monde pensa à une coïncidence, et ça aurait pu l'être, si ça s’était arrêté là.

La vie avait continué, sans Raymond. Les 10 ans de Tommy approchaient, et, de nouveau, ses parents voulaient lui offrir un cadeau spécial, donc ils avaient commencé à sonder le petit écolier pour voir ce qu'il désirait. Vous l'aurez deviné, la réponse avait été la même que 5 ans auparavant :

"Je veux une une balle de tennis noire."

Ses parents étaient interloqués. Cela faisait des années que cette lubie n'était plus apparue. Que diable voulait-t'il faire de cette balle de tennis ? Encore une fois, ils l'avaient assommé de questions, mais aucune réponse n'était venu du petit Tommy. Et, encore une fois, ils s'étaient résignés. Et, juste après avoir soufflé ses bougies et déballé son cadeau, il avait de nouveau pris une craie blanche et avait noté un nom sur la balle : Paul.

Paul, c'était son grand frère. Il était plus vieux de 11 ans, et était parti étudier à la capitale. Se rappelant des événements d'il y a 5 ans, la mère de Tommy avait appelé en urgence son aîné, pour voir si tout allait bien. Et... tout allait bien. Enfin, pendant une semaine, car 7 jours après l'anniversaire du petit, les parents avaient reçu un coup de téléphone : Leur fils venait d'avoir un accident de voiture, et était mort sur le coup.

Cette fois, ça ne pouvait pas être une coïncidence. passé leur chagrin, ils avaient battu le pauvre Tommy pour avoir des réponses à leur questions : Pourquoi il voulait cette balle ? Pourquoi à chaque fois qu'il inscrivait un nom dessus, la personne mourrait ? Comment pouvait t'il prévoir ces morts ? Mais, même après ces interrogatoires musclés, Tommy ne disait rien. Quand on lui posait des questions, il semblait être ailleurs. Ce n'était plus Tommy, ce n'étais qu'une coquille vide. Les parents se sont donc promis de ne plus jamais approcher de balles de tennis de leur fils, convaincus qu'ils n'auraient jamais de réponse à leur questions.

Quoi qu'il en soit, la vie avait de nouveau repris son cours. Tommy était maintenant un adolescent de presque 15 ans qui croquait la vie à pleines dents. Il avait de nombreux amis et était apprécié de tous. Si bien qu'ils avaient décidé de lui offrir le cadeau de ses rêves pour son anniversaire. Après avoir sondé le principal concerné, il avait répondu à tous ceux qui lui avait posé la question :

"Je veux une une balle de tennis noire" 

Evidemment, ses amis se posaient des questions, et lui en avait posé davantage, qui se soldaient tous par un silence pesant. Comme c'est un cadeau qui rentrait dans les frais de tous et de toute façon, c'est ce qu'ils voulait, ils lui avaient offert cette fameuse balle tant voulue. Il l'avait déballé, puis avait prit une craie blanche et avait inscrit ce nom dessus : Jessica.

Il y avait plusieurs Jessica, mais la plus proche était une fille de leur classe, qui était assez timide et réservée. Ils ont d'abord pensé que Tommy en était amoureux et voulait lui offrir la balle, mais quand ils lui posaient la question, il ne répondait pas. Après quelques jours, ils ont abandonné l'idée d'avoir une réponse et ont oublié cette histoire.

Une semaine après, Jessica n'était plus présente aux classes. Après plusieurs jours d'absence, les élèves ont pu constater dans un journal local l'horrible nouvelle : L'adolescente avait été retrouvée dans la rivière voisine, morte. Elle avait été violée et battue, puis tuée et jetée là. Comme c'était encore des enfants, personne n'avait vraiment fait le lien entre la balle et les événements.

Les années passèrent, et Tommy était devenu un jeune adulte plein d'avenir. Il avait, comme son frère auparavant, emménagé à Paris pour poursuivre ses études. Pour son 20ème anniversaire, il était revenu au domicile familial, pour le fêter. Qu'elle ne fut pas la surprise des parents quand ils ont vu Tommy déballer une balle de tennis noire après avoir soufflé ses 20 bougies ! Ils avaient pourtant bien prévenu tout le monde de ne jamais lui acheter de cadeau de ce genre ! Enfin, pas tout le monde. Un invité de dernière minute, le nouveau voisin des parents de Tommy, avait cru bon de demander à celui ci ce qu'il voulait pour son anniversaire, car il n'avait jamais eu d'enfants et donc ne savait pas du tout quoi offrir à des jeunes de cet age la.

Le mal était pourtant fait. Tommy s'était emparé d'une craie et avait gravé un nom sur la balle : Diego.

Les parents étaient très tendus. Ils ne connaissaient pas de Diego. Ils ont demandé a Tommy s'il en connaissait un, et il avait répondu à cette question : Il n'en connaissait aucun. La malédiction était t'elle brisée ? Est ce que, depuis le départ, tout ceci n’était qu'une horrible coïncidence ? Les parents étaient soulagés.

Une semaine après, ils reçurent un coup de fil. C'était la tante de Tommy, qui leur disait que son petit fils était enfin né... mais qu'il était mort né. Les parents étaient désolés, mais, pris d'un doute insidieux, lui avaient demandé s'ils avaient quand même choisi un prénom pour le bébé. Et, en effet, ils en avaient choisi un : Diego.

Le cauchemar n'était pas fini.

Du haut de ses 24 ans, Tommy était un adulte des plus respectables. Il s'était marié, et avait un petit garçon de deux ans. La vie était belle, et il allait fêter ses 25 ans. Sa femme voulait le combler de bonheur, alors elle lui avait demandé ce qu'il voulait pour son quart de siècle. Et, vous l'avez deviné, il avait répondu :

"Je veux une une balle de tennis noire" 

Vous connaissez la suite, sa femme s’était posé des questions, lui en avait posé tout autant, silence de Tommy, etc. Quoi qu'il en soit, il avait déballé son cadeau, avait prit la craie et avait noté un nom dessus : Josiane.

Josiane, c'était le nom de sa belle mère. Comme ce n'était pas relevant, sa femme n'en avait parlé à personne, ni même à ses beau parents. Du coup, quand sa mère est morte une semaine après d'un AVC, personne n'a fait le rapprochement. Ce n'est que quand la femme de Tommy a parlé de la balle de Tennis noire à ses beaux parents quelques mois après qu'ils lui ont révélé toute l'histoire.

A l'approche de ses 30 ans, Le fils de Tommy voulait lui faire un cadeau, qu'il aurait payé de sa poche, avec ses propres économies. Il ne voulait pas en parler à sa mère, car il voulait vraiment que ce soit lui qui aille acheter le cadeau de son père, comme un grand. Il avait demandé à son Papa ce qu'il voulait, et il lui avait répondu :

"Je veux une une balle de tennis noire" 

Bien sur, le petit garçon n'avait pas l'âge de comprendre, donc si son papa voulait une balle de Tennis noire et qu'il pouvait lui offrir, ça lui convenait. Le jour de son anniversaire, Tommy avait donc déballé son cadeau, révélant une balle de Tennis noire, devant le visage effaré de sa Femme. Il s'était saisi d'une craie, et avait finalement écrit ce nom dessus : Tommy.

Sa femme savait bien ce qu'il allait se passer. Il n'y avait aucun autre Tommy dans leur entourage. Son mari allait mourir. C'était inévitable. Elle a donc prévenu les parents de Tommy de son affreux Destin. Ils avaient encore l’espoir que ce ne soi pas lui, mais durant la semaine qui a suivi son anniversaire, Tommy était tombé malade. Une maladie aussi soudaine que mortelle. Ses jours étaient comptés, selon le docteur.

Finalement, une semaine après, Tommy était sur son lit de mort. Sa famille était réunie autour de lui. Il ne lui restait que quelques heures, voire quelques minutes à vivre.

Dans une dernière tentative, ses parents lui avaient une nouvelle fois demandé :

Pourquoi il voulait ces balles de tennis noires ?
Qu'en faisait t'il ?
Pourquoi inscrivait le nom de personnes qui allaient mourir sur celles ci ?
Comment pouvait t'il prévoir leur mort ?

Et, à leur grand étonnement, Tommy semblait vouloir enfin leur répondre.
Il regarda ses parents dans les yeux et leur dit :

"Je voulais ces balles de Tennis noires parce que..." 

Avant de pouvoir finir sa phrase, il tourna la tête sur le coté, et mourut. 


jeudi 6 juillet 2017

Téléchargement

Ça fait quelques mois que cette histoire m'est arrivée, mais en fouillant dans mon ordinateur j'ai retrouvé quelques screens. Comme je n'en ai pas parlé à grand monde, je me suis dit que c'était le moment de le faire. Il est possible que quelques éléments ne soient pas exacts, vu que comme dit précédemment, ça commence à remonter un peu.

J'allais partir en vacances dans deux semaines, et je devais télécharger des films pour m'occuper pendant le trajet. J'ai donc cherché un site qui m'avait l'air plutôt fiable et j'en ai trouvé un avec des avis uniquement positifs.
« Et bah voilà, c'était pas compliqué ! » je me suis dit.
J'ai tapé dans la barre de recherche « Harry Potter à l'école des Sorciers », je l'ai sélectionné puis j'ai lancé le téléchargement. Ça a été plutôt rapide, au bout d'une demi-heure le téléchargement était complet et le film prêt à être regardé. Mais avant toute chose il me fallait vérifier si le film était complet et de bonne qualité. Je l'ai démarré et l'écran était simplement noir, la durée du film ne s'affichait pas. J'ai attendu, pensant que c'était le chargement, mais rien. J'ai ensuite monté le son, me disant que c'était peut-être un bug d'image, mais j'entendais juste un grésillement. J'ai donc fermé la fenêtre, en me disant que j'allais montrer ça à mon frère, génie informatique, le lendemain.



Le lendemain, j'ai appelé mon frère à la porte de sa chambre. Il est sorti, je lui ai expliqué mon problème, il m'a suivi et nous sommes rentrés dans ma chambre. J'ai allumé mon PC puis j'ai démarré le film. Il n'y avait toujours pas l'affichage de la durée du film, mais l'image me paraissait plus nette : on pouvait apercevoir légèrement quelques formes indescriptibles. De plus, le grésillement était plus audible. Mon frère ne comprenait pas. Il a regardé le site de téléchargement, le format de la vidéo, et des trucs que je n'ai pas compris mais apparemment, tout fonctionnait bien. J'ai donc éteint mon PC et je suis retourné à d'autres occupations.




Le jour suivant, j'ai allumé mon ordinateur pour aller voir des trucs sur Youtube. Mais en arrivant sur le bureau j'ai remarqué quelque chose : il manquait quelques items sur la barre des tâches, et certains étaient imbriqués dans d'autres ou juste à moitié disparus. J'ai voulu avertir mon frère, mais il était parti chez des amis. J'ai décidé de ne pas tenir compte de ces items et je suis allé sur Youtube. Plus tard, au moment d'éteindre mon ordinateur j'ai été piqué de curiosité et j'ai allumé la vidéo qui était censée être Harry Potter. L'image était encore plus nette : on distinguait plus de formes encore incertaines, comme une sorte d'ovale, au centre, sous un gros rectangle à plat, et derrière lui se trouvait une forme vraiment indescriptible. Le son était lui aussi plus net, on pouvait entendre comme des souffles. Je ne sais pas pour quelle raison, mais ça a commencé à m'effrayer, j'ai donc fermé la vidéo, éteint mon ordi, puis je suis parti.



Le jour d'après était encore un long jour d'ennui, et j'ai allumé mon PC pour trouver des occupations. Sur le bureau et la barre de tâches, tout avait disparu. Il ne restait que le raccourci pour la vidéo. J'ai donc cliqué, la fenêtre s'est ouverte et j'ai enfin pu comprendre quelques formes. La vidéo montrait une personne, assise à son bureau sous un lit en hauteur. Elle était vue de trois quarts et je ne pouvais pas voir ce qu'elle faisait : c'était en noir et blanc et de mauvaise qualité. Au coin de la chambre il y avait une grosse masse sombre que je n'arrivais pas à reconnaître. Je me demandais si la vidéo allait rester longtemps comme ça, puis j'ai remarqué qu'il n'y avait toujours pas de durée. Trouvant ça très louche, j'ai éteint mon ordinateur et je suis sorti en vitesse de ma chambre.


Cette nuit-là, j'ai fait énormément de cauchemars.


Je me suis réveillé tôt le matin et, impatient de voir si la vidéo avait de nouveau une meilleure qualité, je me suis installé à mon bureau, et j'ai allumé mon ordi ; j'espérais enfin découvrir de quoi il s'agissait. Une fois encore, seul le raccourci pour la vidéo était présent. Je l'ai ouverte, mais à nouveau l'écran était très sombre. Déçu, je me suis levé et j'ai allumé la lumière pour tenter des raccourcis avec mon clavier, comme Ctrl+Alt+Suppr. Quand je suis retourné m’asseoir, j'ai pu constater que la vidéo avait en fait démarré, et que le temps de chargement avait juste été plus long que d'habitude. J'ai donc regardé. D'abord, j'ai remarqué un changement. Un zoom avait été effectué. La personne assise devant le bureau avait l'air d'être un homme, et il regardait son ordinateur. La masse sombre au coin de la chambre, vers l'épaule droite de l'homme, semblait être une créature abominable. Elle était bossue, avait deux cornes de boucs de travers, de longues griffes à ses pattes avant et se tenait debout. Intrigué, j'ai pris mon portable sur mon bureau pour faire des recherches. Au même moment, j'ai pu repérer un mouvement sur la vidéo, mais le temps que je tourne ma tête vers l'écran, tout était redevenu stable. Je me suis recalé sur ma chaise, l'homme de la vidéo l'a aussi fait, en même temps.

C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à avoir peur. Pas une simple peur ou appréhension, mais la peur que l'on ne ressent qu'une fois dans sa vie. La peur qui vous tord le ventre au point que vous ayez envie de vomir. Celle qui bloquerait presque votre respiration. Celle qui hurle dans votre tête de partir mais qui en même temps vous cloue sur place. J'ai donc décidé de vérifier si ce que je pensais était vrai. J'ai levé mon bras gauche. L'homme de la vidéo a levé le sien aussi exactement au même moment. Pareil pour le droit, et tous les mouvements que j'ai essayés. J'ai lentement tourné la tête pour regarder au dessus de mon épaule gauche, là où devait se trouver la caméra ou l'outil qui me filmait. Il n'y avait que mon placard, dont la porte était entre-ouverte. J'ai hésité à aller voir, mais j'ai renoncé et j'ai à nouveau regardé l'enregistrement. C'est la que j'ai réalisé. La Bête était au coin de ma chambre sur la vidéo. Mon cœur battait à la chamade et j'ai tourné d'un mouvement sec ma tête vers le coin. Vide. J'ai regardé à nouveau l'enregistrement. La Bête était plus proche de moi, terrifiante, me regardant des ses yeux mal placés et pas symétriques. Ma respiration n'avait jamais été aussi rapide, ma vision s'embrumait et j'ai commencé à sangloter, mais je n'osais pas quitter l'écran des yeux, je ne voulais même pas cligner.
J'ai alors pris mon courage à deux mains, j'ai éteint mon ordinateur de force sans prendre le temps de fermer la vidéo, puis je suis parti en courant de ma chambre.



Je n'ai jamais voulu y retourner.

Récemment je suis retourné sur le site du téléchargement. Je voulais que ça n'arrive à personne d'autre, alors j'ai raconté en bref mon histoire dans les commentaires, j'ai donné des avertissements, mais quand le commentaire a été publié il affichait :
"WOW ! Ce site est superbe ! Les films sont de qualité incroyable, je vous le conseille à tous !!"
Alors si un jour vous téléchargez un film qui affiche un écran noir quand vous l'ouvrez, surtout ouvrez le tous les jours, il n'en sera que meilleur !



dimanche 2 juillet 2017

Fils unique

Quand j'étais petit, j'étais une vraie poule mouillée. J'avais peur de l'orage, peur des clowns, peur des aiguilles... Et, surtout, peur du noir. J'imaginais toujours que des monstres se tapissaient dans l'ombre une fois les lumières éteintes.

C'est pour ça que lorsque j’éteignais la lumière avant d'aller me coucher, je courais comme un fou vers mon lit afin de me réfugier sous la couette. Je pensais vraiment que ça pouvait me protéger, que c'était une bulle protectrice, un sanctuaire dans lequel aucun monstre ne pouvait pénétrer.

Même si je me faisais mal au pied en marchant sur des Lego, ou si je cassais mes jouets en courant, il fallait absolument que je rejoigne la couette le plus vite possible après avoir appuyé sur l'interrupteur, avant que les monstres ne m'attrapent.

Et, cette nuit-là, je pensais que c'était ça qui m'avait sauvé quand la grande silhouette d'une créature à plusieurs bras a ouvert la fenêtre et a pénétré dans la chambre. Je pensais que c'était le fait d'avoir réussi à me mettre sous ma couette avant qu'elle puisse m'atteindre qui m'avait sauvé.
Mais maintenant, je le sais. Ce qui m'a sauvé, ce n'est pas ma rapidité à atteindre mon lit.

Non.

Ce qui m'a sauvé, c'est le fait que mon petit frère a été plus lent que moi.


dimanche 25 juin 2017

L'easter egg Kostnica

Le texte que vous allez lire est tiré du site fmolympia.net, un forum de fans de Football Manager. Le site n'existe plus aujourd'hui, mais vous trouverez des traces de son existence si vous cherchez fmolympia sur Google.

La raison pour laquelle j'ai gardé ce texte est que j'avais appris la fermeture prochaine du site il y a plus de deux ans, et je voulais compiler les "meilleurs moments" du forum. Et ce texte en fait en quelque sorte partie.

Une petite précision avant de commencer : à la base ce post contenait des images dont j'avais sauvegardé l'URL, mais l'hébergeur (noelshack) les a supprimées depuis. ^

"Salut mes coquines, votre serviteur Jérémy est de retour, pour vous jouer un mauvais tour Et ce topic n'est absolument pas une tentative de faire oublier mon lamentable échec sur le topic des pronostics de la Ligue 1...hem...
Bon sans déconner : comme vous l'avez peut-être lu dans le titre, aujourd'hui je vais vous parler d'un easter egg dans Football Manager 2012.
et 
PUTAIN 
quel EASTER EGG ! 
Alors oui je sais, FM n'est pas réputé pour ça, et de toute façon vu sa communauté de joueurs, un truc caché ne le reste généralement pas longtemps. Mais là, je pense que j'ai découvert un truc inédit.
Vous vous souvenez peut-être de Soccer AM, un club paumé en Angleterre qui ne contenait que des joueurs au nom plutôt fun, des photos de mecs vraisemblablement pas sportifs, et même des joueurs féminins. Je vous renvoie vers le topic qui parle du sujet ; pour faire court, cet easter egg était un clin d'oeil plutôt amusant à une émission de télé en Grande Bretagne.
Hé bien là, c'est du même acabit. Accrochez-vous, et découvrez avec moi le merveilleux club de Kostnica !
Alors en revanche je vous préviens : Kostnica, ce n'est pas très drôle. Je pense qu'il s'agit d'un jeu de piste, une énigme un peu étrange, ou un truc du genre. Mais c'est clairement moins drôle que Soccer AM, d'ailleurs je n'ai toujours pas trouvé à quoi cet easter egg faisait référence. Mais on y reviendra.
Kostnica est un club polonais. Comme Soccer AM, ce club ne participe à aucune compétition, ne fait aucun transfert, BREF, il n'interagit pas du tout avec les autres équipes du jeu. Kostnica est juste caché dans la liste des clubs de Pologne. Cependant on le remarque assez vite à son logo : une croix huguenote, au format radicalement différent des logos des autres clubs.
C'est un premier détail, mais la suite est étonnante. Le club a aussi des joueurs.
BEAUCOUP de joueurs...
Plus de 200 ! Et attention, pas des faux joueurs grisés ou des regens*, non non non, des vrais putain de joueurs rentrés dans la base de données du jeu, à la main ! Ça prouve que quelqu'un tenait à laisser des infos importantes dans la liste des joueurs, sinon il se serait pas fait chier à créer tout ça pour rien. La personne qui a fait cet easter egg a poussé le vice jusqu'au bout : chaque joueur a une date de naissance, des stats, une photo, une nationalité (90% du temps, ce sont des polonais, quand même)...
Tenez d'ailleurs, parlons-en des photos. D'habitude une photo de joueur dans FM, c'est le deuxième truc le plus dégueulasse du monde après la bouffe anglaise. Mais là, non. Les photos sont cleans, de bonne qualité, pas d'expression du visage ridicule, pas de coupe de cheveux extravagante...mais il y a un problème.
Non seulement les joueurs ne posent vraisemblablement PAS pour la photo, comme si ça venait d'une autre image qu'on aurait découpé, ou comme si on les avait photographié à leur insu ; mais en plus, la quasi-totalité des joueurs ont tout sauf le profil d'un joueur de foot. On trouve des vieux, des très jeunes, et même des filles. Comme à Soccer AM oui, mais là c'est plus varié.
Autre détail intrigant : certains joueurs n'ont pas de nom de famille. Ce dernier est remplacé par une série de "?????". Je ne sais pas si c'est un indice supplémentaire ou un bug, mais à mes yeux ça ne fait qu'épaissir le mystère.
Bon, d'accord, c'est très bizarre, mais ça ne s'arrête pas là ! Chaque "joueur" a aussi une date de naissance...mais ces dates ne font aucun sens. Le joueur le plus "âgé" est censé être né il y a 15 ans, mais certaines dates sont beaucoup plus récentes. Certains joueurs sont représentés par des photos de vieillards, et pourtant, ils sont censés avoir 2 ans et demi si on s'en réfère à leur date de naissance...
D'une manière générale, je pense que ces dates représentent autre chose que la vraie date de naissance des joueurs. Ça fait certainement partie du jeu de piste que le mec essaye de faire, mais moi, je n'y comprends rien.
C'est pour ça que je me tourne vers vous : tous ensemble, décortiquons cet easter egg et trouvons la solution, ce vers quoi elle nous mène. Apparemment, je suis le premier à avoir trouvé ce club, ils n'en parlent pas sur fmeurope ou fmbase, donc si on résout l'énigme avant tout le monde, on deviendra célèbres !"
*joueurs générés aléatoirement par le jeu


Ça, c'était le post de Jérémy. Maintenant je vais vous parler de ce qu'il s'est passé ensuite, de nos petites recherches personnelles, et de ce qu'on a trouvé.

Après ce post, le topic était rempli de réactions en mode "mais de quoi il parle cui-là" ou encore "tu déconnes Jérem". En effet, on a tous cru à un canular ou à un topic à la noix, car dans NOS versions de FM12, on ne trouvait pas le club.

J'ai contacté Jérémy via Steam, je lui ai demandé comment il avait fait un fake aussi réussi, mais lui me soutenait que ce n'était pas un fake, et qu'il n'avait rien trafiqué. J'avais des doutes, alors je lui ai demandé si, PAR HASARD, il n'avait pas installé un mod sur FM. Là, de fil en aiguille, il a fini par m'avouer qu'il n'avait pas acheté FM, mais qu'il avait téléchargé un crack.

Et c'est là qu'on a commencé à faire des découvertes intéressantes.

Le site d'où provient la version crackée de FM est chomikuj.pl, un site d'hébergement de fichiers dans la veine de MegaUpload, très fréquenté, mais où tout est uniquement en polonais. Aussi, tu dois être inscrit pour uploader des choses sur ce site, donc tu n'es pas totalement intraçable.

Jérémy a retrouvé la page du mec qui avait uploadé le crack de Football Manager. Apparemment, ce mec était spécialisé dans les versions piratées de jeu ; il avait aussi mis à disposition Burnout, Splinter Cell, et d'autres trucs dans le même style. Là, on a commencé à se demander si Kostnica n'était pas une erreur volontairement introduite dans la base de données pour empêcher les copies du crack (vous savez, comme les fausses villes sur certaines cartes pour gauler les plagiaires).

La page était toujours active apparemment, mais comme on ne comprenait pas grand chose à ce qui était écrit, on a utilisé Google Traduction pour nous repérer. C'est là qu'on a remarqué quelque chose qu'on aurait dû voir depuis le début. Quelque chose d'évident, mais qui m'a laissé pantois pendant quelques minutes quand on l'a découvert.


Là le délire devenait malsain. J'ai téléchargé la version crackée depuis chomikuj.pl puis, je suis allé chercher Kostnica. Cette fois, j'en avais le cœur net : ce n'était pas une blague de la part de Jérémy, il est trop nul en info pour faire ce genre de chose.

J'ai regardé la liste des joueurs et j'ai cherché, sur Google, les noms de certains d'entre eux, pour voir si ça nous avancerait. La plupart du temps, ça renvoyait des sites d'infos en polonais ou des pages Facebook...rien de concluant. Mais pour l'un d'entre eux, un certain "Krzysztof Olewnik", j'ai trouvé une page Wikipédia, et des photos, plein de photos.

http://pl.wikipedia.org/wiki/Sprawa_zabójstwa_Krzysztofa_Olewnika


D'après le peu que j'ai compris, c'est une victime de meurtre, rien que ça. Mais à partir de cette page Wikipédia, j'ai pu recouper les infos. Déjà, la photo dans le jeu correspond à une des photos que j'ai trouvées en tapant le nom du mec (celle que j'ai mis ci-dessus). Ensuite, la date de naissance du jeune homme, dans le jeu, est le 5 septembre 2003, ce qui correspond en réalité...à sa date de décès.

J'ai vérifié avec d'autres noms, et le peu que j'ai trouvé confirmait ma théorie : Kostnica contient les noms, les photos et les dates de décès de plus de deux centaines de gens...que je soupçonne, d'ailleurs, d'avoir tous été assassinés. Pour le coup, le club porte bien son nom, c'est une véritable morgue virtuelle.

Le mystère était donc partiellement résolu, mais plusieurs questions, encore aujourd'hui, restent sans réponse.

Notamment, on ne sait toujours pas qui est réellement le mec derrière tout ça, ni pourquoi il a ressenti le besoin de créer une liste de gens assassinés. Mon hypothèse est que Kostnica est l'oeuvre d'un geek polonais qui voulait rendre hommage à des gens morts tragiquement, cependant rien n'étaye cette thèse plus qu'une autre. D'après Jérémy, ce serait plutôt le tableau de chasse d'un tueur à gages, ce qui n'est pas impossible. Mais là non plus, pas beaucoup de preuves.

Si je poste ça ici, à mon tour, ce n'est pas pour nous faire aider dans nos recherches (qui sont au point mort depuis un moment), mais pour vous mettre en garde.

Vers la fin de la liste, on trouve plusieurs personnes dont la date de décès n'est pas encore passée à l'heure où j'écris ces lignes. Soit ma théorie est foiré, soit ça veut dire que leur mort est "prévue". Parmi ces gens pas encore morts, on trouve un petit groupe d'une dizaine de personnes qui ont toutes, exactement, la même date de décès.

Troublant ? Oui.

Surtout que dans ce petit groupe de gens, il n'y a que des noms français.




vendredi 16 juin 2017

Numéros maudits

Je travaille en tant que formateur dans le plus important réseau de télécommunication du monde, j'ai eu l'occasion de travailler dans différentes boites et dans différents pays et j'ai eu l'occasion de me forger une solide expérience ainsi qu'une solide réputation, je dois vous avouer que je suis connu pour ma fiabilité et mon sérieux, je ne dis pas ça pour vous vendre quoique ce soit, mais pour essayer de vous faire prendre conscience que je ne me permettrais pas de vous divulguer ces informations si ce n'était pas important.

Dans une boite de télécommunication, on est amenés à ouvrir et fermer des lignes, c'est généralement rapide et toujours efficace, du moins presque toujours, certains numéros refusent tout simplement de disparaître.
Les numéros que je vais vous présenter ne sont pas des numéros pour le "fun" comme cela peut être le cas pour le numéro du jeu Five Night At Freddy's 1-(701)347-1936 que vous pouvez appeler pour frissonner sans risques, mais des numéros entourés de mystère et de récits concordants à propos des entités qui vous décrocheront voir même... Qui vous appelleront. Le point commun de tous ces numéros est qu'il n'y a pas de trace de la création de ces lignes auxquelles ils sont rattachés et que nous sommes toujours à la recherche d'un moyen de les couper, de plus certains de ces numéros n'apparaissent pas sur les factures téléphoniques.

Attention : Dernier avertissement avant que je ne vous les donne, je vous les livre pour vous prévenir, ne vous avisez pas de les appeler ou de décrocher à leur appel, la liste des personnes disparues après être entrées en contact avec ses numéros est juste trop longue pour prendre des risques.

1 : 666-666-6666 où 1-666-666-6666

Depuis des années des gens signalent recevoir des messages effrayants provenant de ces numéros, l'associant au diable dans leurs témoignages et indiquant dans certains cas qu'il n'apparaît pas sur leur facture.

Voici un de ces témoignages : "On rentrait à la maison en voiture une nuit, quand un de nos amis a reçu un appel sur son téléphone qui indiquait (666) 666-6666. Il n'a pas décroché et on a même commencé à plaisanter sur le fait que le diable l'appelait depuis une cabine téléphonique de l'enfer, puis quelques minutes après l’icône d'un message vocale est apparu sur son téléphone.
C'était le son le plus bizarre que j'ai jamais entendu, on aurait dit une espèce de voix dissonante avec plein d’interférences, on arrivait à peine à reconnaitre certains mots, mais ils ont suffi à nous glacer le sang, puis le message vocal s'est supprimé de lui même et plus bizarre, il n'y a jamais eu de trace de ce numéro sur sa facture.

2 : 999-9999

Selon certaines légendes urbaines en Thaïlande, 999-9999 est un numéro maudit, si vous l'appelez et faites un vœu, il se réalisera, mais quoiqu'il arrive vous mourrez après coup dans un horrible accident.

3 : Les chiffres rouges

Depuis l'apparition de la couleur sur les téléphones, des chiffres rouges lors de certains appels ont été signalés, vous ne pouvez pas appeler mais faites bien attention, au Pakistan des campagnes de prévention sont effectuées pour éviter que les gens ne décrochent à l'appel de ces "numéros maudits" ou "appels mortels".
Apparemment, si vous y répondez, vous entendrez un signal haute fréquence qui déclenchera une hémorragie cérébrale et vous fera mourir instantanément, des douzaines de cas ont déjà été signalés.

4 : 090-4444-4444

Ce numéro est connu au Japon comme étant le "numéro de Sadako", si vous l'appelez, vous êtes censés pouvoir entendre des bruits inquiétants, il est dit que quiconque appelle ce numéro meurt dans la semaine dans un accident.

5 : 0888-888-888

En Bulgarie, on dit que quiconque se voyant attribué ce numéro maudit meurt dans d'horribles circonstances, son premier propriétaire est mort d'un cancer quasiment instantané tant il a été foudroyant, le deuxième s'est pris une balle dans la tête en pleine rue et le troisième a subi le même sort, alors en formation chez Mobitel à l'époque et sous pression, nous avons du cessé d'attribuer ce numéro.
Depuis ce jour, toute personne tentant d'appeler ce numéro entend un message pré-enregistré signalant qu'il n'est pas attribué.

6 : 666

Dans les pays occidentaux et plus précisément aux USA, selon ce que l'on peut en voir sur youtube, des légendes urbaines concernant le numéro 666 circulent, il est dit que si vous l'appelez, c'est le diable en personne qui vous répondra.
Beaucoup de personnes signalent avoir essayé d'appeler ce numéro, mais les résultats ne sont jamais les mêmes, certains disent qu'il ne se passe rien, d'autres qu'ils entendent la berceuse de leur enfance quand d'autres encore disent avoir entendu l'enfer lui-même.

7 : 1(207)404-2604

Quand vous appelez ce numéro, un numéro différent vous rappelle trois fois en laissant des messages effrayants, le premier sont des cris désespérés, le deuxième une chanson glauque et le dernier des chuchotements.

8 : Appeler les morts

Des enfants des années 70 en Grande-Bretagne ont tous fourni des témoignages concordants à propos d'un numéro que l'on pouvait appeler gratuitement à partir de cabines téléphoniques, quand on l'appelait, on pouvait entendre sans arrêt "aidez-moi, aidez-moi, Susie est en train de mourir".

Voici certains de ces témoignages : "En 1975, à l'âge de 9 ans, certains de mes amis avaient insisté pour que l'on s'entasse dans une cabine téléphonique et que l'on appelle un numéro gratuit composé de 0, de 1 et de 2, il y a eu une tonalité, puis on a entendu une voix sans vie dire "aidez-moi, aidez-moi, Susie est en train de mourir" encore et encore, parfois la voix disait "aidez-moi, aidez-moi, Susie est en train de se noyer", c'était toujours la même voix vide. "

"Je me rappelle rentrer avec d'autres enfants dans une cabine téléphonique, pour entendre l’étrange message "Susie est en train de mourir", je ne me souviens plus du numéro."

"Je me souviens de l'horrible voix de quand j'étais petit et qu'on jouait avec les cabines téléphoniques, selon ce dont je me souviens, on mettait une pièce dans le téléphone et on composait le 20 20 20 20 et la voix de l'autre côté était distordue mais audible et disait "aidez-moi, aidez-moi, Susie est en train de mourir", ce qui nous faisait toujours prendre nos jambes à nos cous. "

vendredi 9 juin 2017

Prière du soir

Ma petite fille est très pieuse. Depuis sa plus tendre enfance, sa mère et moi l'avons orientée vers la foi en Dieu et lui avons donné une éducation catholique. De ce fait, tous les soirs, elle fait sa prière avant d'aller se coucher. Un simple notre Père, suivi de ces quelques mots :


"Mon Dieu, veillez sur ma maman et mon papa." 


Mais, alors que j'allais entrer dans sa chambre pour aller lui souhaiter bonne nuit, un soir, elle était en pleine prière. J'ai attendu un peu devant la porte qu'elle finisse pour ne pas la déranger. L'habituel notre Père, puis, les quelques mots habituels. Enfin, pas cette fois. Quelque chose avait changé :


"Mon Dieu, veillez sur ma maman et mon papa. Et accueillez mon tonton près de vous." 


Je suis rentré et je lui ai demandé pourquoi elle avait parlé de son oncle dans sa prière. Elle m'a juste répondu qu'elle ne savait pas, ça lui était venu comme ça. Je n'avais pas insisté plus que ça, mais le lendemain matin, on a retrouvé le frère de ma femme mort chez lui. Foudroyé par une crise cardiaque.
J'ai immédiatement fait le lien avec la prière de ma fille de la veille, mais ça ne pouvait être qu'une coïncidence. Alors j'ai gardé tout ça pour moi.
Pendant la semaine qui a suivi, j'ai écouté à la porte de la chambre de ma famille ses prières, et, Dieu merci, elle ne disait que les mots habituels. Enfin, jusqu'à la semaine dernière, où, à nouveau, elle a ajouté quelque chose :


"Mon Dieu, veillez sur ma maman et mon papa. Et accueillez mon papy près de vous." 


Comme mon beau-père était déjà mort, j'ai immédiatement téléphoné à mon père pour lui demander si tout allait bien. Il m'a assuré que oui, il se sentait en pleine forme, et qu'il était content que je m'inquiète pour lui. J'étais soulagé de voir qu'il n'avait rien qui laisserait présager à une mort imminente, mais je n'ai quand même pas dormi de la nuit.
Le lendemain, mon téléphone a sonné très tôt. Mon père était décédé durant la nuit. D'une crise cardiaque. Je n'en revenais pas... Ce n'était donc pas une coïncidence. Ma fille pouvait prévoir la mort d'un proche. Je ne savais pas par quel miracle ou malédiction. La mort de mon beau-frère, ainsi que celle de mon père, m'avait profondément choqué. Je n'ai parlé de la capacité de ma famille à personne, de toute façon, personne n'allait me croire. Je n'en ai même pas discuté avec elle, ma fille ne savait sans doute pas la portée de ses paroles.
Puis, avant hier, alors que je faisais ma prière avec elle, elle a de nouveau recommencé.


"Mon Dieu, veillez sur ma maman. Et accueillez mon papa près de vous." 


Je l'ai regardée avec de grands yeux ébahis. Les larmes ont coulé le long de ma joue. Ma fille m'a demandé ce qu'il n'allait pas. Je l'ai serrée dans mes bras en lui disant que ce n'était rien, avant de la mettre au lit.
Je me suis préparé cette nuit-là, j'ai fait la paix avec moi-même. J'ai vécu une vie honorable, pieuse. Je savais que c'était le paradis qui m'attendait. J'ai fait mes adieux à ma femme, à ma fille, sans leur révéler mon destin imminent . J'ai passé la nuit à prier... et je me suis finalement endormi. Pour me réveiller le matin, frais comme un gardon.
Je n'étais pas mort ! Peut-être que mes prières m'avaient sauvé. Je remerciais Dieu, et j'embrassais ma femme, qui était toute blême.
Je lui ai demandé d'un ton jovial :


"Et bien, qu'as-tu ? On dirait que tu as vu un fantôme !". 


Elle m'a répondu, d'une voix triste :


"J'ai quelque chose à te dire... Quelqu'un a appelé ce matin. Ton frère est mort d'une crise cardiaque cette nuit..."